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Full text of "Cours d'études militaires, ...: Cours de topographie ... destiné aux officiers, aux sous ..."

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HARVARD COLLEGE LIBRARY 




BOUGHT FROM THE INCOME OF THE FUND 

BEQUEATHED BY 

PETER PAUL FRANCIS DEGRAND 

(1787-1855) 

OF BOSTON 

FOR FRBNCH WORKS AND PERIUDICALS ON THE EXACT SCIENCES 

AND ON CHEMISTRY, ASTRONOMY AND OTHER SCIENCES 

APPLIED TO THE ARTS AND TO NAVIGATION 




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COURS 



D'ÉTUDES MILITAIRES 



COURS DE TOPOGRAPHIE. 



. 1 



PARIS — IMPRIMERIE L. BAUDOIN ET C% RUE CHRISTINE, 2. 



COURS D'ÉTUDES MILITAIRES 

Pu s;. POIROT 

Ckt Je btUillH 11 I3I< rifiMil 4'iiliiMti 



, COURS 

DE 

TOPOGRAPHIE 

■ËDIGÉ 

eonfomément lu iosfa^etlona et progrunne oiDistJrleti 
du 30 septentre UU. 

un OFFICIERS. lUI SOUS-OFFiaERS PROPOSËI POUR l'inUKElEIT 

ET AUX ENGAGÉS CONDITlOraEIS D'ON AH 



Qnatiièiiie édition «agmentée 
A.-v-eo a ? l flsui'es dans la tex 



PARIS 

LIBRAIRIE MILITAIRE DE L. BAUDOIN ET C« 

UlRAlUl-iDITEUnB 

Sdccesseubs db I. DUMAINE 
Rii« et Pftsaftga Dauphlne, ao 

1883 



jj OJx y 5" y . ^ 5 



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AYERTISSEMENT 



DS LA QUATRlàMB âOITION. 



D'après la circalaii*e, toujours en vigueur, du 30 sep- 
tembre 1874, relative à renseignement de la topographie 
dans les corps de troupe , « un cours de topographie et 
de lecture des cartes doit être professé aux officiers, aux 
soas-officiers proposés pour Tavancement et aux engagés 
conditionnels, conformément aux instructions jointes 
à cette circulaire, et d'après un programme qui est 
obligatoire , à l'exclusion de tout autre , dans les corps 
de troupe ». 

La première édition de cet ouvrage ayant été rédigée 
en suivant, point par point, le programme ministériel, 
n'a pas été sensiblement retouchée pour les éditions 
suivantes; dans celle-ci, l'auteur a cru devoir, dans 
l'intérêt de ses lecteurs, faire quelques additions dont 
nous donnons le détail ci-après : 

Dans le texte (p. 119 et suiv.)» on a ajouté, dès la 
troisième édition, une étude sur les seuils géographiques 
et topographiques, expression qui a besoin d'être expli- 
quée par des citations pour être bien comprise. 

On a également donné (p. 191 et suiv.) des explica- 



— 2 — 

lions plus détaillées au sujet de rorientation avec la lune 
et avec la boussole. 

En ce qui concerne le premier mode d'orientation , 
l'auteur a tenu à compléter la rédaction primitive , de 
manière à prémunir contre deux erreurs qui existent 
dans plusieurs ouvrages traitant de ce moyen d'orien- 
tation^ et qu'il y a intérêt à ne pas laisser propager dans 
les corps. 

On enseigne, par exemple, que pendant la pleine lune, 
notre satellite marque la direction du sud à minuit, 
renseignement qui est à peu près exact le premier jour 
de cette phase, mais qui entraînerait une erreur d'orien- 
tation de près de 48«, si on l'appliquait au dernier jour 
de la même phase. 

C'est également une erreur très commune et confirmée 
par ces mêmes ouvrages , que , pendant son premier 
quartier, la lune a la forme d'un croissant, dont les 
pointes sont à gauche. Or, le croissant, avec cornes à 
gauche, appartient en entier à la phase de la nouvelle 
lune, tandis que le premier quartier comprend les sept 
jours pendant lesquels la lune grossit vers la gauche de 
moitié à plein. 

En consultant le petit tableau ajouté dans cette nou- 
velle édition, à la page 321, on évitera les deux erreurs 
importantes qui viennent d'être signalées. 

A ces modifications faites dans le texte ^ on a ajouté, 
à la fin de l'ouvrage, plusieurs notes et tableaux com- 
plémentaires qui donnent : 

1® Un tableau assez complet de cartes topographiques ^ 
chorographiqnes et géographiques françaises et étran- 
gères, classées par échelles et par pays; 



' - 3 — 

i^ Quelques détails sur le plan^rélief du Dépôt de la 
guerre ; 

3^ L'emploi du curvimètre pour la mesure des dis- 
tances sur la carte; 

4^ Les signes conventionnels d'un état-major général 
d'armée et des états-majors y troupes et services d'un 
corps d'armée , tableau extrait , avec autorisation , du 
chapitre xix de VAide'tnémoire d^ artillerie; 

5^ L'emploi du pantographe pour la copie, Tagran 
dissement et la réduction d'une carte ou d'un dessin ; 

6^ Un tableau y avec figures, des phases de la lune^ 
pour servir aux exercices d'orientation; 

1^ Quelques données complémentaires sur la mesure 
des distances à cheval; 

8o L'emploi du télémètre pour la mesure des dis- 
tances ; 

9^ L'emploi du baromètre pour la mesure des hau- 
teurs 9 moyen très pratique qui mérite d'être sérieuse- 
ment recommandé. 



^ 



I 






AYERTISSEMENT 



DB LA PRBMIÉHB ÉDITION* 



Le Cours de topographie qui devait figurer dans mon 
Cours d'études militaires à Tusage des engagés condi- 
tionnels d'un an, allait être livré à l'imprimeur, lorsque 
parurent les Programmes et les Insiructiàns pour rensei- 
gnement de la topographie dans les corps de troupes. Par 
une heureuse coïncidence, les leçons que j'avais profes- 
sées aux volontaires de mon régiment avaient été faites 
entièrement dans l'esprit des nouvelles instructions mi- 
nistérielles, et, sous ce rapport, j'aurais pu me dispen- 
ser de remanier mon travail; mais la circulaire du 
30 septembre 1874 ayant fait connaître que le pro- 
gramme, destiné aux officiers et aux sous-officiers pro- 
posés pour l'avancement, convient aussi aux engagés 
conditionnels, qu'il doit être professé à l'exclusion de 
tout autre, et que, dès 1875, MM. les généraux inspec- 
teurs devront s'assurer qu'il a été suivi, j'ai cru être 
utile à mes camarades et aux engagés conditionnels, en 
retouchant et en complétant mon Cours de manière h 
lui faire suivre pas à pas le programme réglementaire. 

La subdivision de chaque chapitre en leçons n'a pas 



— 6 - 
été établie, le professeur devant apprécier lui-même le 
temps qui lui est nécessaire pour traiter chacune des 
parties du programme. D'ailleurs, les instructions mi- 
nistérielles ne donnent, à ce sujet, que des indications 
générales, et reconnaissent que le nombre des séances 
ne saurait être fixé d'une manière invariable. 

Quant à la méthode d'enseignement à adopter, elle 
doit être désormais uniforme dans tous les corps, et 
c'est pour guider ies officiers directeurs qu'on a repro- 
duit ici les programmes et les instructions du 30 sep- 
tembre 1874. 

Parmi les ouvrages que j'ai consultés, je citerai parti- 
culièrement : 

Bertrand. — Traité de topographie et de reconnaisione^M militaires . 
Bonrcet (le général). — • Mémoire tur les reconnaissances militaires 
(Extrait do Journal des Seienees militaires, 4827). 

De Brack (le géDéral). «- Avant-Postes de eawileriô légère. 

Hennecpiin. — Cahiers de dessin top^graphique. 

Klipffel. — Cours de fortification (autographie). 

De Lalobbe. — Cours de topographie élémentaire, 

Mnret et Levasseur. — La Lecture des plans et cartet topogra^ 
phiques, 

Paris- — Traité de tactique appliquée (traduit d« TaU^mand). 
Pirévost. — Emploi des chemins de fer à la guerre. 
Toureng. — Entretiens sur la pratigw des petites opérations de la 
guerre (autographie). 

Trinipiier. — La Pratique de la tepagtapMe, 

Vandevelâe. — La Taetique appliquée «u terrain. 

Un of&cier d'ôtat-major. — Manuel dee connaissances militaires 
pratiques. 

'•* — Instruction sur la lecture des cartes topo graphiques. 

'*• — Agenda d'étaê-major. 

*** — Encyclopédie moderne. 

E. Reclus. — la Terre. Nonyelle géographie aaiyerselle. 

Niox . — Notions de géologie. 



Je désire que mon Cours viennent s'ajouter aux nom- 
breux ouvrages déjà publiés sur la matière, pour con- 
tribuer à répandre dans l'armée la science topogra- 
phique, qui est la base de toutes «les opérations mili- 
taires, car le succès à la guerre dépend en grande partie 
du bon emploi et, par suite, de la connaissance du 
terrain. 



L'AOTKUB. 



— 9 — 



CIROULAIRE 



PROGRAMMES ET INSTRUCTIONS 



(Extraft da Journal milUaire of/ieiêl, partie réglemeotaire, 
n* 70» 2* semestre, 4874). 



(Envoi de programmes et (Timtructiofu pour tensêigiïemênî 
de la topographie dans les corps de troupes), 

Paris, 30 septembre 1874. 

Général, la lecture et l'emploi des cartes topographiqnes ont ac- 
quis aujourd'hui une importance exceptionnelle et sont devenoi un 
élément indispensable de l'instruction militaire pour tons ceux qui 
sont appelés à conduire une troupe. 

Des cours et des conférences de topographie et de lecture des 
cartes sont faits aux officiers et aux sous-officiers dans les corps, et 
donnent pour la plupart d'assez bons résultats. 

Afin de rendre ces études plus efficaces et le mode d'enseigne- 
ment plus uniforme, il est essentiel que les officiers directeurs 
soient bien fixés sur ce qu'ils doivent professer, et qu'ils aient, 
comme guide, entre leurs mains, un programme complet des ma- 
tières à enseigner. 

Aujourd'hui que les cartes topographiques de presque tous les 
pays de l'Europe ont été publiées, l'enseignement de la topographie 
dans les corps de troupes doit consister dans une explication dé- 
taillée des procédés graphiques usités pour la représentation du 
terrain et dans des exercices pratiques appropriés, plutôt que dans 
l'exposé d'une méthode théorique de levés réguliers d'une applica- 
tion presque impossible en campagne. 

C'est d'après ces principes qu'a été rédigé le programme du 
Cours de topographie. 

Ce programme est divisé en deux parties : 

La première, destinée aux sous-officiers et même aux caporaux 
ou brigadiers, a pour objet la lecture élémentaire de la carte au 
moyen de tableaux ou d'atlas donnant les dessins des signes con- 
ventionnels, et au moyen de quelques exercices pratiques. Douze 

Topographie. 1 



— id — 

», dont qa»tT« »é^ulxs sur le terrain suffisent i cet enseigne- 

. deuiièmo partie, destinée ans officiers et sui sons-officiers 
)séi pour l'avancement, coDTient (uissî aux engagés condition- 
i'aa an. Elle comprend Tingt levons, dont onze sur le terrain. 
s deux parties sont accompagnées chacune d'une instruction, 
Dsiant plus particuUèrement an professeur, sur la maaière 
iliquerle prograoune d'enseignement. 

cours de topograpiiie et de tei^ore des cartes, professé d'après 
ogramme, derieni, dès aujourd'hui, obligatoire, à l'exclusion 
Qt antre, dans les corps de troupes. • 

t. les génâraox inspecteors s'assureront qu'il a été snjri et me 
t connaître, dés 1875, dans le compte rendu des inspections 
■aie», le résultat de son application. 
cevez, ete. 

Le VUt^Préiident du Cotueil, 
Minaire de la jjucrrt, 
Signé : G*' £. de Cissbt. 



Vrogranme du cours iUmentaire de lecture de» carten 
topogra^ique». 

I cours élénwntaira de lecture des cartes topographiques (pour 
iQS-olBciers et caporaux) peut Etre fait au mojeu des Cahiers 
!3>in topographiqae de M. Henne^uin, on bien de l'Allas é\i- 
aire de topographie de M. Wachter, en complétant l'enseigoe- 
des matières qu'ils reafermcat par les exercices suivants ; 
ude des signes conventionnels de la planimâtrie et du figoiiS 
ormes du terrain à l'aide du plan en relief. 
Lercices d'orientatioo et de lecture de la carte sur le terrain. 
scription d'une roote. d'un cours d'eau, d'une porliaii de ter- 
d'apris la carte, et vérification sur le terrain. 



cours devra être fait le plus simplement possible, en le déga- 
\ de tontes considérations scientifiques étrangères aux élèves. 



I 



- 11 - 

Les premières leçons seront consacrées à exécuter la copie des 
signes conventionnels relatifs à la planimétrie, sans s'astreindre à 
copier les dessins artistiques qui ne servent qu'à rappeler l'aspect 
des objets. — L'officier directeur expliquera, en même temps, la 
signification des termes employés pour les voies de communication, 
les eaux et les moyens de les franchir, etc. 

Il s'attachera à faire saisir le rôle des courbes horixontales à 
l'aide du plan en relief ou bien d'un objet qu'il pourra couper par 
tranches. Il s'aidera des profils pour faire comprendre l'équidis- 
tance des courbes. 

Il fera voir comment on peut remplacer les courbes par des ha- 
chures, et montrera la manière de représenter, au moyen de cour* 
hes ou de hachures, un mamelon, un col, une vallée, une croupe. 

Il devra faire remarquer, en même temps^ toutes ces diverses 
formes du terrain sur le plan en relief. 

Il enseignera, comme r^e générale pour la représentation du 
terrain au moyen de courbes, que plus les courbes sont rappro- 
chées, plus les pentes sont rapides, et iaversement, et, pour la re- 
présentation du terraia au moyea de hachures, que plus la teinte 
est foncée, plus la pente est rapide ; plus elle est pâle, pins la 
pente est douce. — Il ne parlera point des diapasons de hachures. 

Il donnera des explications simples sur la copstmction des 
échelles, mais en évitant de parler des échelles composées, qui sont 
très-rarement employées en topographie. 

Lorsque les éléments de la planimétrie et du figuré du terrain 
seront suffisamment compris, l'officier directeur enseignera la lec- 
ture de la carte en s'aidant d'abord du relief. 

Il fera rechercher la distance entre deux points, soit à vol d'oi- 
seau, soit en suivant le chemin qui réunit ces deux points. U exer- 
cera aussi les sous- officiers et caporaux à tracer la ligne de partage 
entre deux cours d'eau, à trouver la ligne de défilement sur les 
hauteurs, etc. 

Pour terminer l'instruction, des exercices de lecture de la carte 
seront faits sur le terrain. On enseignera comment, à l'aide de la 
carte, on peut s'orienter, se diriger d'un point à un autre. 

L'officier directeur fera voir la manière dont les pentes et acci- 
dents de terrain sont représentés ; il exercera les sous-officiers et 
caporaux à l'évaluation à vue des distances, en rectifiant d'après la 
carte. 

n donnera encore, comme exercicoi à faire la description, d'après 
la carte, d'une route, d'un ruisseau, d'une portion de terrain 
choisi dans les environs de la garnison. On se transportera ensuite 
sm> le terrain pour vérifier le travail. 

Les leçons nécessaires pour l'enseignement du cours élémentaire 
de lecture des cartes peuvent être réparties ainsi qu*il suit : 



— 12 — 

Pour la planiméirie 5 leçons. 

Pour le figuré des formes duterrain. 3 — 
Pour la lecture de la carte 4 -^ 



Total. .. . 12 leçons dont 4 sur le terrain. 



Ile PARTIE. 

Programme du cours élémentaire de topographie» 



I. -~ NOTIONS PRÉLIMINAIRES. 

Topographie, -— Définition et objet. 

Verticale, plan horizontal. Projection d'un point, d*une ligne, d'un 
objet sur un plan. 

Cartes. •— Ce qu'on entend par cartes : cartes géographiques, 
cartes topographiques et plans. 

Echelles, — - Définition; construction d'une échelle graphique 
simple ; usage. Echelles généralement employées. 

11. — DÉSIGNATION ET REPRÉSENTATION DES OBJETS A LA SURFACB 

DU SOL. 

Planimétrie» — Son objet. 

Eaux courantes, — Fleuve, rivière (source, fontaine, lit, rive^. 
berge, amont, aval, barrage, étiage, embouchures, bouches, deltu, 
estuaire), ruisseau, torrent, glacier, canal (écluse, bief, digue). 

Eaux stagnantes, — Lac, étang, lagune, marais, marécage, 
mare, tourbière, rivière, marais salant, saline. 
Manière de représenter les eaux. 

Moyens wités pour franchir les eaux, — Pont en pierre, en bois, 
en fer, pont suspendu (culée, pile, arche, tablier)^ pont de bateaux, 
pont-levis, passerelle, pont de pontons, pont volant, bac, bac à 
traille ; gué pour piétons, gué pour voitures. 

Manière de représenter ces divers objets. 

Voies de communication. — Route, chemins (en déblai, en rem- 
blai, en corniche; carrefour, patte^'oie, étoile, rond-point), 
sentier. 



— 13 — 

Classification des routes et chemins* 

Chemin de fer (tunnel^ viaduc, passage à niveaii» en dessus, en 
dessous.) 

Mode de représentation employé pour les commanications. 

Lieux habités, eonttruetions, — Habitations isolées (chAtean, 
église, temple, chapelle, mosquée, marabout ; gare, station ; ferme, 
métairie, borde, censé, chalet ; briqueterie, tuilerie, fabrique, usioe, 
manufacture, fonderie, forge, scierie ; télégraphe, phare ; moulin à 
vent, à eau; tour, ruine). 

Hameau, village, bourg ; ville ouverte, fermée, fortifiée. 

ligne de retranchements, fort, redoute, batterie ; borne, poteau, 
croix, calvaire, signal géodésique, clocher signalé. 

Mode de représentation. 

Cultures, terrains boisés et détails du soî, — - Terres labourables, 
vignes, prés, prairies, pâturages, vergers ; jardins, parcs (clôtures : 
murs, haies, fossés) ; forêts et bois (haute futaie, taillis, clairière, 
éclaircie^ lisière) ; arbres isolés, buissons, bruyères, broussailles ; 
friches, landes; sables, dunes, galets; carrière, fondrière, trou; 
escarpement, arrachemenis, falaises, rochers). 

Mode de représentation. 

Signes conventionnels administratifs, — Limites d'Etat, de dé- 
partement, d'arrondissement, de canton et de commune. 
Préfecture, sous-préfecture, canton. 

Ecritures. — Forme et grandeur des caractères suivant l'impor- 
tance de l'objet. 
Abréviations. 



in. — ^ ÉTUDE ET FIGURÉ DES PORIISS DO TCRRAIlf. 

Notions préliminaires, — Pente d'une ligne, d'un plan ; pente du 
terrain. 

Altitude, plan de repère, cote, commandement ou relief, diffé* 
rence de niveau. 

Nivellement ; ce qu'on entend par nivellement. 

Formes diverses qu'affecte le terrain, — Plaines, élévations, dé- 
pressions. 

Elévations. — Montagne, mont, aiguille, dent, pic, dôme, bal- 
lon, piton, puy ; chaîne de montagnes, nœud, massif, contre-fort, 
chaînon. Colline, monticule, mamelon, tertre, butte, ondulation, 
rideau, pli de terrain. 

Sommet, cime, point culminant, crét, crête, arête, plateau. 

Col, port, ligne de partage. 

Flancs, versants, revers, pentes, ressaut, gradin, croupe. 

Pied, base. 



— 14 — 

DépreitUm», — - Vallée, vallon, yal, combe, ciiqne. 
Tèie de yallée, flancs, berges, thalweg. 
Gorge, due, cluse, étranglement, ravin. 

Manièrei dwenes de représenter les formée et le relief du terrain. 

Figuré du terrain au moyen de pkme en relief, — Mode de re- 
présentation excellent ponr apprendre la lecture des cartes topogra- 
phiqoes. 

Emploi det cotes pour figurer le terrain. — Système incomplet et 
défectueux. 

Figuré du terrain au moyen de courbes. -^ Courbes horison- 
tales ou de niveau ; propriétés de ces courbes. Courbes horizontales 
éqnidistantes ; avantage de ces courbes. — Eqoidistance générale- 
ment adoptée suivant l'échelle. 

Equidistance plus petite en pays de plaines, plus grande en pays 
de montagnes. 

Représentation an moyen de courbes horizontales éqnidistantes 
d'un mamelon, d'une croupe, d'une vallée, d'un col. 

Figuré du terrain au moyen de hachures. — - Ligne de ptos 
grande pente d'un terrain (chemin suivi sur une pente par une 
goutte d'eau) ; propriétés des lignes de plus grande pente. 

Hachure ou projection d'une ligne de plus grande pente. 

Emploi des hachures pour remplacer les courbes. 

Représentation d'un mamelon, d'une croupe, d'une vallée, d'un 
col. Représentation des rochers et des escarpements. 

Figuré du terrain au moyen de courbes et de teintes. — Avan- 
tages de ce procédé de représentation. 

Trouver la cote d'un point entre deux courbes. Tracé d'un profil. 

Montrer les différentes formes du terrain, sur des cartes à di- 
verses échelles, en pays de plaines, de collines et de montagnes. 

lY. — LECTURE ET EMPLOI DE LA CARTE» 



Exercices de lecture de la carte à faide du plan en reliefs •« Me- 
sure des distances ; recherche des lignes de partage, des lignes de 
défilement. 

Recherche de l'horizon visible d'un point donné. Indication qu'on 
peut tirer de l'étude de la carte sur les ressources d'une région 
d'après la configuration du terrain et la nature des cultures. 

Exercices de lecture de la carte sur le terrain. — S'orienter à 
l'aide de la carte, trouver le point où l'on est, se transporter à tel 
endroit, etc 

Exercices de description du terrain adaptée la carte et vérification 
sur le terrain. 



— 15 — 

Emploi de la earle pour préparer r$xé€uHùm du pêHkê ^fkm- 
tûms du service en campagne, — - Placement d'une graDd'garde, te 
petits postes, des sentinelles ou vedettes. 

Conduite d'nn détachement. 

Emploi de la earte pour le choix d^un campement, pour tit&hUi" 
sèment d*un cantonnement, «^ Yérificatkia sur le terraio de cha- 
cune de ces études. 

Reporter sur la carte les petites opérations exécutées sur k ter- 
rain. 

Y* — EXÉCUTION D*UN LEVÉ A YIW, d'uH CftOOmS. 

NéeeigUé pour tout officier de pouMtk exècukr un Inè à pue. 

Détermination des distances. -» Mesure des distanees au pas. 
Etalonner le pas ; construction d'une échelle de pas. 

Mesure des distances par le temps employé à les pareoorir à 
pied ou à cheyal. 

Mesure des distances au moyen du son. 

Estimation des distances à vue ; données générales fournies par 
l'expérience. 

Emploi d^instruments simples pour Vexécution d'un levé à vus, — 
(Carton, boussole, double décimètre), pour l'exécution d'un croquis 
(carnet et crayon). 

Exécution d*un levé à ima, «* Mesura d'une première direction 
au pas sur une route ou un chemin autant que poesible en ligne 
droite. Orientation du carton sur cette direction au moyen de la 
boussole. Mesure des distances au pas en cheminant sur les direc- 
tions principales. Détermination par la méthode d'intersection des 
points importants à droite et à gauche. 

Méthode des recoupements ; procédé des alignements. 

Eyalnation à vue des hauteurs. — Figuré du relief du terrain am 
moyen de courbes, en s'attaehant à donner les formes générales et 
les commandements relatifs des hauteurs. 

Exécution d'un croquis. — Mesurer les distances en cheminant, 
placer les objets à droite et à gauche en évaluant les distances à 
vue ; indiquer les pentes an moyen de courbes. Stationner sur les 
points élevés pour bien voir les lignes du terrain. Terminer tout 
levé en indiquant l'échelle et marquant la ligne Nord-Sud. 

Exercices sur le terrain. 

VI. '— RECONNAISSANCES. 

Utilité des reconnaissances pour compléter les renseignements four» 
nis par les cartes. 



— 16 — 

Beeonnaissanee d*une route. — Direction générale ; points prin- 
/'ipaux qu'elle relie ; mode de construction : payée, empierrée» en 
remblai^ en déblai ;. largeur, état d'entretien ; pentes. Embranche- 
ments. Objets remarquables que l'on rencontre : villages, fermes, 
châteaux, maisons isolées ; ouvrages d'art, bois, défilés. 

Reconnaissance d'un chemin de fer. •— Direction générale. A 
quelle grande ligne appartient la section reconnue. Points impor- 
tants qu'elle met en communication. Nombre de voies, stations, 
voies de garage, quais d'embarquement. Ponts, viaducs, tunnels, 
déblais et remblais. Ressources (charbon, eau, matériel). 

Communication télégraphique. 

Reconnaissance d'un cours d'eau, d'un canal, — Direction, lar- 
geur, profondeur, rives (commandement), ponts, gués, bateaux; 
navigable ou non, écluses et barrages. 

Reconnaissance d'un bois, d'une forêt, — Etendue, forme, na- 
ture du bois (taillis, haute futaie), clairiôre, Usiére; routes et 
chemins. 

Reconnaissance d*un château, d^une ferme, d*une maison isolée. — 
Epaisseur et mode de construction des murs, nombre d'étages, 
ouvertures, toiture, cours, jardins, clôtures (murs, fossés). Res- 
sources. 

Reconnaissance d^un hameau^ d'un village» — Position ; forme ; 
mode de construction des maisons, toitures ; enceinte (jardins, 
murs, fossés) ; places ; édifices ; population ; nombre de maisons. 
Ressources pour le logement et la nourriture. 

Reconnaissance d'une vallée, — Direction, étendue ; largeur ; 
boisée, cultivée, couverte , coupée de ravins ; nature du fond. 
Pentes. Villages et maisons ; communications. 

Reconnaissance d'une hauteur. — Sommet de la hauteur : forme 
et configuration ; boisé, découvert ; commandement. 

Flancs : pentes accessibles à l'artillerie, à l'infanterie ; routes et 
chemins qui gravissent les pentes ; ressauts, gradins. 

Pied de la hauteur : boisé, découvert, coupé ; villages, maisons ; 
chemins^ ravins. 

Reconnaissance d'un défilé, — Longueur, largeur ; praticable ou 
non aux différentes armes ; nature des parois (rochers, terrains 
escarpés, boisés), configuration des débouchés à l'entrée et à la 
sortie. 

Reconnaissance d'un pont, — Situation, longueur, largeur, con« 
struction, solidité; nombre de piles. 

Exercices de reconnaissances sur le terrain. 



— 17 — 

imtruction sommaire sur la manière âHa'ppliquer U ^ogwmmê 

du Cours de topographie. 

Aujourd'hui que les cartes -topographiques de presque tous les 
pays d'Europe ont été publiées, il n'est pas indispensable que les 
officiers de troupe sachent exécuter un leyé régulier, mais il est de 
toute nécessité qu'ils soient en état de lire très-exactement une 
carte quelconque et de pouvoir faire un levé à vue ou simplement 
un croquis^ qui peuvent être très-utiles pour compléter une carte. 

Le cours de topographie est destiné à atteindre ce double but : 
lecture de la carte, exécution d'un croquis. 

Le programme est divisé en 6 chapitres : le premier traite des 
généralités ; les trois suivants ont pour objet la lecture et l'emploi 
de la carte ; les 5* et 6* ont trait à l'exécution des croquis et des 
reconnaissances. 

L'officier chargé d'enseigner s'attachera à donner des explica- 
tions simples, sans formules, ni calculs, en cherchant surtout à 
parler aux yeux et à l'intelligence. 

Dans la leçon sur les généralités, il s'aidera du fil à plomb pour 
faire comprendre ce que Ton entend par verticale, plan horizontal 
et projection. Dans les explications sur les échelles, il évitera de 
parler des échelles composées, qui sont très-rarement employées en 
topographie. 

Pour le chapitre II , relatif à la planimétrie, l'officier chargé du 
cours montrera comment sont représentés sur le tableau des signes 
conventionnels, les particularités et les détails de la surface du sol, 
et expliquera les termes les moins connus qui se rapportent soit aux 
eaux ou aux moyens de les franchir, soit aux voies de communica- 
tion, aux lieux habités ou aux cultures. Il fera voir la valeur des 
écritures par la forme et la grandeur des caractères employés selon 
l'importance des objets que l'on veut désigner. 

Les matières relatives à ce chapitre n'offrent aucune difficulté et 
pourront être apprises facilement en copiant on même seulement en 
examinant les signes conventionnels relatifs à la planimétrie 

L'officier chargé d'enseigner devra, pour les leçons du chapi- 
tre m, se procurer un relief ou bien en exécuter un lui-même avec 
de la terre glaise ou de la cire molle. 

Il expliquera, le plus simplement possible, les notions de pente 
d'une ligne, d'un plan. Pour faire saisir ce qu'on entend par alti- 
tude, il supposera que le niveau de la mer se prolonge sous les 
terres ; il définira le nivellement sans parler des instruments ou des 
calculs qui peuvent servir à Texécuter. 

Il montrera sur le relief ce que l'on entend par mamelon, col, 
vallée, croupe, thalweg, et expliquera les principales expressioM 
4u langage topographique relatives aux formes du terrain. 

1. 






— 18 - 

Pour bien faire comprendre la signiiScation et l'emploi des cour- 
bes horizontales ou de niveau, il fera voir à l'aide du relief com- 
ment, dans rhypothèse de l'inondation générale, l'eau, en se reti- 
rant, découvrirait successivement les sommets, puis les cols, les 
vallées, en dessinant des courbes de niveau qui, par leurs contours, 
leurs inflexions et leurs sinuosités, indiqueraient les formes diverses 
du terrain. Il parlera de l'avantage des courbes horizontales équi- 
distantes et enseignera, comme règle générale relative à la repré- 
sentation des pentes, que plus les courbes sont rapprochées, plus la 
pente est rapide et inversement. 

Il expliquera comment on peut remplacer, dans la représentation 
du terrain, les courbes par des hachures ; il fera voir que la ha- 
chure est la projection de la portion de ligne de plus grande pente 
entre deux courbes et que la ligne de pins grande pente d'un ter- 
rain n'est autre chose que le chemin parcouru par une goutte d'eau 
en glissant du sommet au pied de la pente. 

Il montrera, comme principe général, pour la lecture du figuré du 
terrain an moyen des hachures, que plus la teinte formée par les 
hachures est foncée plus les pentes sont roides, plus cette teinte est 
pâle et blanche plus les pentes sont douces. 

Il fera saisir ce qu'on entend par coupe verticale ou profil, en 
faisant une section dans de la terre glaise ou dans un objet facile à 
couper. 

Il terminera les leçons dit chapitre III en mettant sous les yeux 
des officiers des cartes de terrains variés à différentes échelles, et 
fera remarquer comment, suivant la grandeur de l'échelle, les 
formes et le relief du sol se trouvent représentés. 

L*étude et le figuré du terrain forment une des parties les plus 
importantes du Cours de topographie ; on s'attachera donc à bien les 
faire comprendre au moyen d'explications simples et en s'aidant 
toujours du plan en relief ou du terrain lui<-môme dans les envi- 
rons de la garnison. 

La lecture et l'emploi de la carte constituent le chapitre lY du 
programme. 

La lecture de la carte sera faite d'abord ftu moyen du plan en 
relief, en faisant remarquer comment les formes du terrain, les 
accidents du sol sont rendus sur la carte ; on fera ensuite cet 
exercice sur le terrain, en le parcourant la carte è la main. C'est 
ar la comparaison souvent répétée de la carte et du terrain que 
es officiers s'habitueront à comprendre la manière dont les formes 
et les pentes du terrain sont représentées sur les cartes, et qu'ils 
pourront s'exercer à l'évaluation des distances et à l'estimation à 
vue des hauteurs. Comme exercice de lecture, on décrira, par la 
seule inspection de la carte, une portion choisie des environs de la 
garnison et l'on contrôlera le travail en se transportant sur le ter- 
rain. — On préparera aussi, à l'aide de la carte, les petites opéra- 
tions du service en campagne et l'on vérifiera les études sur le ter- 



l 



- 19 — 

rain. Les officiers s'exerceront en même temps à figurer, au moyen 
de signes convenus, les troupes sar la carte. 

Les quatre premiers chapitres du programme indiquent tout ce 
que l'on doit savoir pour bien comprendre et lire les cartes topo* 
graphiques et en tirer tous les renseignements qu'elles renferment ; 
les officiers devront s'exercer à les étudier, surtout sur le terrain» 
en profitant des promenades militaires, des grandes manoBQTret» 
des voyages, etc 

Il a été dit que tout officier devait être à même de pouvoir, eo 
campagne, exécuter un levé à vue ou un croquis. La petite bous* 
sole est le seul instrument de topographie qu'il y ait Ûeu de con- 
naître pour cet objet. -» Avant de commencer les exercices sur le 
terrain, il sera nécessaire d'étalonner le pas sur une route kilomé- 
trée ou mesurée, et d'établir une échelle de pas. 

Pour éviter la confusion dans les lignes du dessin, il y a quel- 
quefois avantage à se servir de plusieurs crayons pour faire un 
levé. On emploie le bleu pour les eaux, le rouge pour les construc- 
tions et les communications, le vert pour les bois, le crayon ordi- 
naire pour le figuré du terrain et des écritures. 

Dans les travaux de révision de la carte de France, on 16 sert 
du rouge pour les objets à ajouter et du jaune pour ceux à 
effacer. 

On ne peut donner des règles fixes pour rexëcation des levés à 
vue et des croquis. C'est surtout par des exercices souvent répétés 
sur le terrain que les officiers parviendront à faire rapidement on 
croquis suffisamment exact. 

Le figuré des hauteurs ne doit être entrepris que lorsque les ob- 
jets de la planimétrie ont été à peu près tous mis en place. On 
doit avec soin figurer les pentes par des éléments de courbe» sans 
s'astreindre à continuer les courbes d*une extrémité à l'autre du 
levé. Plus le terrain paraît rapide, plus les courbes doivent être 
rapprochées ; plus la pente est douce, plus on doit les espacer. 

Il est nécessaire que tout croquis porte, en même temps que 
l'échelle^ une ligne d'orientation Nord-Sud, que Ton trace dans un 
angle du dessin. 

On pourra, comme exercice, au début, enseigner aux officiers à 
compléter et à rectifier un levé où l'on aura omis à dessein quel- 
ques détails de la planimétrie et du figuré du terrain, ou bien sur 
lequel on aura donné à ces objets des directions ou des positions 
fausses. 

Le chapitre VI et dernier traite des reconnaissances. 

Les cartes topographiques, même les plus détaillées, ne peuvent 
point donner tous les renseignements qui se trouvent sur le terrain ; 
les reconnaissances spéciales sont donc indispensables pour complé- 
ter les indications fournies par les cartes. Les officiers devront être 
exercés sur le terrain à ce genre de travaux. Ils s'attacheront. 



— 20- 

daiM les rapports sur les reconnaissances à être clairs, concis ti 
précis. 

Le nombre de leçons pour l'enseignement du cours de topogra- 
phie ne saurait être fixé d'une manière invariable. Pour guider les 
officiers chargés du cours, on croit devoir donner, comme indica- 
tion générale^ en supposant les leçons de i heure dans le cabinet et 
de 2 heures sur le terrain : 

Pour les chapitres I et II. . . . 2 leçons. 

— III 3 — 

— IV. .... . 7 levons dont 5 sur le terrain. 

— V 4 — 3 — 

— VI 4 — 3 — 



Total. . . 20 leçons. 



t 



COURS 



DB 



TOPOGRAPHIE 



CHAPITRE le'. 



NOTIONS PRÉLIMINAIRES. 



Oéflnltlons* 

Topographie. — La topographie est une branche de la 
science géographique. Celle-ci se divise en trois parties 
principales : la géographie, la chorographie et la topo- 
graphie, 

La géographie (gê, terre, graphô, je décris) a pour 
objet la description d'une grande étendue de la terre. 
Cette description est d'autant plus succincte que la par- 
tie du globe qu'on étudie est plus considérable. 

La chorographie (chorâ, contrée) décrit, avec plus de 
détails que la géographie, une contrée particulière, un 
département, une province, en négligeant toutefois les 
accidents naturels ou artificiels du sol qui n'ont pas une 
importance majeure^ ainsi que les voies de communica- 
tion secondaires. 

Les connaissances géographiques et chorégraphiques 
peuvent servir pour la direction d'ensemble à donner 
aux opérations militaires; mais, lorsqu'il s'agit d'étudier 
une portion restreinte de terrain pour y disposer des 
troupes, pour les y faire marcher sur toutes les voies 
qui la sillonnent, ou pour y attaquer un ennemi en posi* 



tion, ces connaissances deviennent insuffisantes, et l'on 
est obligé d'avoir recours à une troisième science appelée 
topographie, n'embrassant le terrain que dans une petite 
étendue, mais donnant tous les détails indispensables 
'"'■'" à la configuration naturelle da sol et aux modi- 
; qu'y ont apportées les travaux des hommes. 
wgraphie {topos, lieu) a donc pour objet la des- 
exacte et détaillée d'un terrain de médiocre 
.Cette description comporte : î" l'exécution d'un 
l" la rédaction d'un mémoire descriptif dans le- 
fait figurer tous les renseignements qui peuvent 
e certaine utilité et que le dessin ne fournit pas, 
le mode de construction des bâtiments, l'état 
es de communication, la nature du fond d'un 
eau, sa vitesse, etc. 

ssin topographique ne saurait être une image 
{ue semblable au tableau d'un paysagiste, ce 
I représentation étant trop difUcilf et ne donnant 
me d'ensemble du terrain, sans en préciser les 

alors aux procédés géométriques qu'on a recours 
urer le terrain. 

Les éléments de la géométrie sont 
donc indispensables à connaître pour 
l'étude de la topographie, et on les rap- 
pellera, au besoin, dans le développe- 
ment du cours. 

Notions de géométrie.— Une ligne ver- 
ticale, ou simplement une verticale, est 
la direction que pi'end le fil à plomb 
tf». !)• 

Un plan est une surface sur laquelle 
une r^gle droite peut s'appliquer dans 
tous les sens sur toute sa longueur. 

Un pion horizontal est un plan perpen- 
diculaire à une verticale. 



^ 



Pig, 2. 



— 23 — 

La sarface des eaux tranquilles, considérée sur une 
petite étendue, est un plan horizontal. 

Tous les plans parallèles à la surface des eaux tran- 
quilles sont horizontaux. 

Toute ligne située dans un 
vlan horizontal est elle-même 
horizontale. 

Un plan vertical est un plan 
qui passe par une ligne verti- 
cale. 

On appelle projection hori- 
zontale d^ un point A, l'endroit 
a où la verticale qui passe par 
ce point vient rencontrer un 
certain plan horizontal P pris comme plan de repère 

(fig- 2)- 

En topographie, on prend comme plan de repère la 
surface de la mer, qu'on suppose tranquille et prolongée 
au-dessous des terres (fig. 3). 

Fig. 3. 






Ainsi, les différents points du terrain TE sont projetés 
sur la surface AB, qui est le prolongement du niveau de 
la mer, et qu'on peut considérer comme un plan sur 
une petite étendue, bien que sa forme générale soit sen- 
siblement celle d'une sphère. 

La projection horizontale d'une ligne est déterminée 
par la projection horizontale des divers points de cette 
ligne (fig. 4). Si c'est une ligne droite AB^ il suffit de dé- 
terminer la projection de ses deux, points extrêmes ; si 



> 



— n — 

c'est une ligne courbe CDE, il faut déterminer la pro- 
jection d un plus grand nombre de points. 

Pi^, 4. 




Il est facile de remarquer qu'une ligne F6 qui se 
trouve dans un plan horizontal, se projette en vraie grau- 
deur fg sur le plan de repère, tandis qu'elle se projette 
en raccourci fg\ lorsqu'elle a une position FG' qui n'est 
pas horizontale {fig. 5). . 

Fig. 5. 




On rendra ce fait sensible, en déterminant, sur une 
table, la projection horizontale d'une règle placée dans 
diverses positions. 

Le professeur s'aidera du fil à plomb pour faire com- 
prendre ces diverses définitions en parlant aux yeux. Il 



— 2o — 

fera voir une verticale; il montrera dans quelle position 
se trouve un plan perpendiculaire à la verticale» c'est- 
à-dire un plan horizontal; il fera observer qu'une balle 
ronde reste en équilibre sur un plan horizontal, parce 
que la pesanteur l'attire perpendiculairement à la sur* 
face de ce plan ; enfin, il déterminera la projection hori- 
zontale d'un point et celle d'une ligne, en faisant passer 
le fil à plomb par ce point ou par les différents points 
de la ligne, et en marquant la trace de la petite balle 
sur le plan de repère horizontal. 

La projection horizontale d'une surface quelconque se 
représente par la projection des principaux points qui 
la limitent. 

La projection horizontale d'un objet est la projection 
de sa surface. 

D'après ce qui précède, on voit qu'on saura trouver 
la projection horizontale de tout ce qu'on remarque h la 
surface d'un terrain quelconque, lorsqu'on saura déter- 
miner la projection horizontale d'une série de points. 

Bien qu'il soit très-facile de comprendre, d'après les 
définitions qui précèdent, ce qu'est la projection hori- 
zontale d'une ligne ou d'une surface du terrain, on peut, 
je crois, rendre ces notions plus compréhensibles, en 
prenant un morceau d'élastique large AB que Ton fixe à 
ses extrémités sur une surface horizontale, et qu'on sou- 

Pig. 6. 



lève ensuite de manière à lui faire prendre la position 
ACB (fîg. 6). Il est aisé de faire voir, en lâchant l'élas- 
tique, que la ligne AB, projection de ACB, n'est autre 
chose que la ligne ACB qui s'aplatit en se rétrécissant, 
de manière à occuper la longueur horizontale AB. 



- 'îù — 

A l'aide de cette image,OQ comprendra facilement aussi, 
que la projection d'une élévation du sol serait la figure, 
dessinée sur le plan horizontal par toutes les lignes du 
terrain, si la surface de ce dernier était élastique et que 
)e soulèvement du sol cessât tout d'un coup d'exister. 

Cartes. — Dans les sciences géographiques, la repré- 
sentation d'une portion de la surface de la terre par des 
procédés géométriques, se nomme carte. 

Suivant l'étendue du terrain dont elles sont l'image, 
et suivant la quantité des détails qui y figurent, les 
cartes sont dites : géographiques, chorographiques ou to- 
pographî'ques. 

Les cartes topographiques servent de base à l'établisse, 
ment des autres cartes; elles doivent reproduire les 
principaux détails du terrain. 

La réduction et l'assemblage de plusieurs cartes topo- 
graphiques donnent une carte chorographique. La réduc- 
tion de la carte de Fétat-major français à l'échelle du 

^an QQQ et la nouvelle carte de France du génie mili- 

taire au ^^ ^^ , sont des cartes de ce genre 

Les mêmes opérations, appliquées à des cartes choro- 
graphiques, donnent une carte géographique^ dite aussi 
carte générale. 

Les détails qui figurent sur ces diverses cartes, varient 
nécessairement en raison inverse de l'étendue du terrain 
qui s'y trouve représenté.. 

En topographie, on emploie la méthode des projec- 
tions horizontales pour représenter le terrain. On nomme 
alors plan la figure géométrique qui serait formée, sur 
le plan de repère, par les projections horizontales des 
différentes lignes du sol. 

Par analogie, on donne le même nom à la carte, c'est- 
<i-dire h la réduction du plan aux dimensions du papier. 



— 27 — 

Les travaux topograpbiques exécutés sur le terrain 
s difT^eWeni levés de plans. 

Êobellea. 

Définitions.-^ Quel que soit le peu d'étendue du ter- 
rain dont la représentation est faite sur une carte, il est 
impossible de donner, aux lignes du dessin, les mêmes 
dimensions que celles des lignes correspondantes du sol. 
Si l'on veut dessiner, sur une feuille de papier de 
1 mètre, un chemin en ligne droite ayant 1000 mètres 
de longueur, il faudra porter sur la carte des longueurs 
1000 fois plus petites que celles du terrain. Sur la même 
feuille, on ne pourra figurer une longueur de 10,000 
mètres, qu'en représentant les lignes naturelles par des 
lignes 10,000 fois plus petites. 

Il est évident qu'une carte ne saurait être l'image 
fidèle d'une portion du sol, qu'à la condition que toutes 
les lignes du terrain soient réduites dans une même pro- 
portion pour être transportées sur le papier. 

Le rapport qui existe entre les longueurs d'une ligne 
quelconque du dessin et de la ligne correspondante do 
terrain, porte le nom d'échelle ou échelle numérique. 

Ce rapport s'exprime par une fraction ordinaire dans 

laquelle le numérateur indique la longueur prise sur Ir 

plan topographique, et le dénominateur, la longueur 

correspondante sur le sol. 

Ainsi, dans les deux exemples qui viennent d'être 

1 1 

cités, les échelles sont j^ et ïqqqq. 

Connaissant l'échelle numérique d'un dessin, il est 
facile de passer des longueurs mesurées sur le papier à 
celles du terrain, et réciproquement. Si, par exemple, 
on veut connaître la longueur naturelle que représentent 

2 centimètres, sur une carte faite à l'échelle du ^g-^gg. 

on la trouve au moyen d'une simple règle de trois. 



— 28 — 

1 mètre sur la carte représente 10,000 mètres sur le 

lorrain. 

i iO 000 

r^ ou 0™,01 sur la carte représente ' ou 100™ 

sur le terrain; 

0°i,02 sur la carte représentent 200 mètres sur le ter- 
rain. 

On trouve aussi facilement quelle est la longueur gra- 
phique correspondant à 600 mètres, par exemple, à l'é- 
chelle du ^ : 

Une ligne de 20,000 mètres sur le terrain est repré- 
sentée par 1 mètre sur la carte ; 

1 



1 mètre 



210,000' 



600 mètres. ...... ^-g^ = 0-,03 

Ce calcul montre incidemment, que Y échelle numérique 
d'une carte représente la valeur graphique d'un mètre de 

terrain^ puisque 1 mètre est représenté par sâoôq à Té- 

On comprend sans peine combien il serait fastidieux 
d'avoir constamment recours au calcul, quelque simple 
qu'il fût, pour passer des dimensions naturelles aux di- 
mensions graphiques ou réciproquement. C'est pourquoi 
l'on a construit, sur chaque carte, une figure, appelée 
échelle graphique, qui permet de résoudre le problème 
par une simple mesure. 

On distingue deux espèces d'échelles graphiques : 
ï échelle simple et V échelle composée. 

Construction d'une échelle graphique simple. 

Pourconstruireuneéchelle8imple,oncherched'abord, 
par le calcul, la longueur graphique, on longueur du 




o 
o 
o 



^3 



- 2J - 

dessin, correspondant à une longueur naturelle de 100 
ou de 1000 mètres; puis on trace une ligne droite, sur 
Pig. 7. laquelle on porte, vers la droite, à partir 
d'un point marqué zéro, des longueurs 
de 100 en 100 mètres, si le dessin est 
à grande échelle, et de 1000 en 1000 
mètres, si Téchelle est faible {fig.leiS), 
A gauche du zéro, on porte une même 
longueur qu'on divise en 10 parties éga- 
les. L'origine des longueurs est le point 
marqué zéro. 

Les divisions de la ligne sont figurées 
par un petit trait perpendiculaire et sont 
accompagnées d'un nombre qui exprime 
la quantité de mètres correspondant à la 
portion de la ligne comprise mitre le trait 
et le zéro. 

Le cinquième et le dixième Irait per- 
pendiculaire, à droite ou à gauche de 
l'origine, sont un peu plus longs que les 
autres. 

Les petites divisions qui se trouvent h 
gauche du zéro, ne sont pas toutes numé- 
rotées; pour éviter la confusion, on ne 
les inscrit que de deux en deux, ou 
même de cinq en cinq. 

On fait ressortir Porigine des longueurs 
graphiques, en soulignant, par un trait 
un peu fort, la portion de la ligne qui 
est à droite du zéro. C'est ainsi qu'on 
a construit les échelles des figures 7 
et 8. 

les longueurs 



à 






I 



-=« 



f 



% 



4 



I 



I 



T^8 



A l'échelle du ^^, ^^ , 

ab, bc, cd, etc., sont prises égales à 
1 centimètre qui représente 100 mètres; 



- 30 



les longueurs à gaucae du zéro sont dix fois plus petites 
et équivalent à 10 mètres. 



%. 8. 



I 



«oO 



-S 



4 

A l'échelle du tâ-qâa > les longueurs 

^/» f9i 9^> etc., ont été prises égales à 
2 centimètres et demi, qui représentent 
1 kilomètre; les longueurs à gauche du 
zéro sont dix fois plus petites et figurent 
100 mètres. 

Usage de l'échelle simple. — Pour me- 
surer, avec l'échelle simple, la distance 
réelle qui sépare deux points, figurés 

sur une carte au tôt^ , on prend leur 

écartement à l'aide d'un compas; puis 
on met la pointe de gauche sur le zéro 
en a (fig. 7), et l'on remarque, par 
exemple, que l'autre pointe aboutit entre 
c et d, c'esl-à-dire entre 200 et 300 
mètres, ce qui indique que la distance 
est comprise entre ces deux limites. 

On place alors la pointe de droite au 
point 200, et, si celle de gauche aboutit 
h la division marquée 80, on en conclut 
que la distance mesurée est 280 mètres. 
Si la pointe de gauche tombait entre 
les divisions 40 et 80, on apprécierait à 
l'œil les unités de mètres. 

L'opération inverse, qui consiste à 
chercher la longueur graphique corres- 
pondant à une distance mesurée sur le 
_ terrain, se fait d'une façon aussi simple* 

^ Erreur graphique. — Dans la mesure 

des longueurs à l'aide d'un compas, on considère, comme 
inappréciables, des longueurs plus petites que la cin* 









£_1 






- 31 — 

quième partie du millimètre, c'est-à-dire 0",0002. C'esl 
ce qu'on appelle Yerreur graphique. 

En mesurant des distances sur le terrain, on pourra 
donc négliger toute longueur correspondant à une ligne 
graphique plus petite que 0",0002, à l'échelle avec 
laquelle on opère. D'après cela, on verrait aisément que 
iCs distances doivent être appréciées : 

à 0°^S0 près à l'échelle de ^, 
— 1 mètre — 

_ 2 — — 



_ 4 — 
— 8 — 
—16 — 



5000' 
i 
10,000' 

1 

20,000' 

_J 

40,000' 

i 
80,000 



Construction d*une échelle graphique composée (!)• 

L'échelle simple ne donne que deux espèces d'unités, 
soit les centaines et les dizaines de mètres, soit les unités 
de mille et de centaines, ou, s'il s'agit d'échelles très- 
grandes non usitées en topographie, les dizaines et le^^ 
unités. 

Les plus petites divisions de l'échelle n'y sont généra- 
lement pas inférieures à 1 millimètre; de telle sorte qu'on 
ne mesure pas les longueurs de la carte avec l'approxi- 
mation correspondant à l'erreur graphique de 0",0002. 



(I) L'étude de ces échelles comptées n'est pas comprise dans le fro- 
gramme ministériel da 30 septembre 4874 ; elle n'est obligatoire ni pour 
les offieiers ni ponr les engagés conditionnels d'un an. Le tracé et l'usage 
de ces échelles ont été donnés ici, comme des renseignements qui peuvent 
être utiles dans quelques races circon^lanccs. 



Fia- 9. 



Lorsqu'on veut obtenir cette approximation, on em- 
ploie dès échelles composées qui 
donnent, indépendamment des 
deux espèces d'unités de lon- 
gueurs marquées sur les échelles 
simples, les unités dix fois plus 
petites. Une échelle de ce genre 
prend, pour ce motif, le nom 
d'échelle des dixmes, c'est-à-dire 
échelle des dixièmes. On la 
nomme aussi quelquefois échelle 
à transversales. 

Pour tracer cette échelle, on 
divise la ligne des distances 
comme dans une échelle simple 
(/îy. 9); on mène ensuite, aux 
deux extrémités de l'échelle, des 
perpendiculaires AC, BD, sur 
lesquelles on porte dix longueurs 
égales qui peuvent être quelcon- 
ques, mais qu'on prend habi- 
tuellement de 0",002; on se sert 
de ces divisions pour mener dix 
parallèles à la ligne dea distances 
CD; on divise, comme cette der- 
nière, la ligne AB qui est à la 
partie supérieure de l'échelle; 
puis on joint les points de divi- 
sion par des perpendiculaires, 
dans la partie de la figure située h 
droite duzéro,el par des obliques, 
dans la partie située à gauche 
de ce même point. Ces obliques sont tracées, enjoignant 
une division inférieure o, par exemple, à la division supé- 
rieure F, qui suit la division Ë correspondant & o; elles 
sont donc parallèles entre elles. 



Il II 'ij 

1 







Échelle t 



4Ô/iÔ5 



- 33 - 

D'après la construction même de l'échelle, on voit que 
les portions de parallèles interceptées par les lignes oE 

et oF du triangle oFE, représentent le^, les ^..., les ^ 

d'une des divisions situées à gauche du zéro. On indique 
leur valeur à droite de la verticale oE. Le triangle ACG, 
qui est pointillé sur la figure, n'étant pas utile, est géné- 
ralement efifacé. 

Usage de téchelle composée. — Pour mesurer la dis- 
tance de deux points, dont l'écartement est représenté sur 
la carte par une certaine ouverture de compas DL, on 
opère d'abord comme avec une échelle simple, et Ton 
voit que la longueur graphique DL correspond à une ligne 
naturelle comprise entre 3400 et 3300 mètres ; on re- 
monte ensuite les deux pointes de compas en les main- 
tenant parallèlement à la ligne des distances CD, celle 
de droite suivant la perpendiculaire 3000; et, lorsque la 
pointe de gauche rencontre Tintersection/de deux lignes, 
on lit la distance 3470 mètres. 

En effet, DL = m/= l'ouverture du compas; Im = 
/n + n70 + m70 ; In = Ko= 400mètres; w70 = oD = 
3000 mètres; et les deux triangles semblables on 70 et 

oFE donnent la proportion ^ == ^ , dans laquelle 

FE= 100 mètres par construction et --v^Tq V^^ <^on- 

struction, ce qui donne n 70 =70 mètres. La longueur 
totale est donc 3000 -f 400 -f 70 = 3470 mètres. 

Réciproquement, si Ton voulait trouver la longueur 
graphique correspondant aune longueur naturelle quel- 
conque, 3470 mètres, par exemple, on mettrait les deux 
pointes du compas sur la ligne horizontale 70, on arrê- 
terait celle de droite sur la perpendiculaire 3000, celle 
de gauche sur l'oblique 400; et l'ouverture du compas 
/m, ainsi déterminée, serait la longueur demandée. 

Les échelles des dixmes ne s'emploient qu'avec les 
cartes qui ont été faites avec une grande précision. 



— 34 — 

Échelles mitées en topographie. 

Les échelles plus grandes que le xr^gj? sont usitées en 

ortification, mais pas en topographie ; celles qui sont 

plus petites que le jâjtqqâ ne donnent plus que des 

cartes chorégraphiques ou géographiques. 
Dans les cartes topographiques, on emploie, en 

France, Téchelle de s^ââ P^^^ l^s levés des places, des 
villes et d'une portion très-restreinte d'une route. 

L'échelle degjrrg est employée dans les mêmes circon- 
stances que l'échelle précédente, lorsqu'on veut lever 
autour des places ou des villes une plus grande étendue 
de terrain; on s'en sert aussi pour les plans des champs 
de bataille. 

L'échelle de Jqqqq est la plus usitée pour les recon- 
naissances diverses qui n'embrassent pas une étendue 
trop considérable de terrain. 

Si l'on veut faire un plus grand levé, on emploie 

l'échelle de ^Q^m* ^'^^' ^^ véritable échelle pour les 
itinéraires. 

L'échelle de tk-q^ ^ ®*^ employée pour le levé de la 
carte de France. 
L'échelle de ^^ est celle dont on se sert pour 

graver la carte de France qui a été levée à une échelle 
double. 

Division du cour». 

Décrire et représenter le terrain, le lire sur une carte, 
en exécuter le levé, enfin, savoir compléter par des re- 



— 35 - 

connaissances et par la rédaction de mémoires descrip- 
tifs les indications données par les cartes, sont toutes 
les opérations que comporte l'étude de la topographie. 

Elles serviront de base à la division du cours, ainsi 
que la classification suivante des différentes parties du 
terrain. 

En langage ordinaire, le terrain c'est le sol lui-même; 
dans la langue militaire, c'est non-seulement le sol, 
mais tous les objets fixes, naturels ou artificiels, qui le 
couvrent, et qui peuvent avoir une certaine importance 
au point de vue de la guerre. 

Dans un terrain quelconque, on peut donc distinguer 
deux parties principales : 

i^ Les objets qui se trouvent à sa surface ; 

2® Les formes de la partie solide du sol. 

D'après ce qui précède, et conformément au pro- 
gramme ministériel, on étudiera d'abord la dénomi- 
nation à donner aux objets qui se trouvent à la surface 
du sol et leur mode de représentation. Ce sera l'objet 
du chapitre II, intitulé : Désignation et représentation des 
objets à la surface du sol. 

Le chapitre III, intitulé : Etude et figuré des formes 
du terrain , fournira les mêmes indications pour les 
formes de la partie solide du sol. 

Le chapitre IV enseignera la lecture et temploi de la 
carte, ainsi que les procédés d'orientation; 

Le chapitre V, Yexécution d'un levé à vue et cTu 
croquis. 

Enfin, le chapitre V/, intitulé : Beconnaissatices, indi- 
quera la manière de rédiger les mémoires et de com- 
pléter, pour une portion déterminée du terrain, les ren- 
seignements fournis par la carte. Il donnera en outre, 
sur l'étude du terrain, au point de vue général, toutes 
les indications qui n'auront pu figurer dans les cha- 
pitres précédents. 



— 36 — 



CHAPITRE II. 

DÉSIGNATION ET REPRÉSENTATION DES OBJETS 
A LA SURFACE DU SOL. 



Phnimétrie. — Dans une carte topographique, on dis- 
tingue deux parties principales, la planimétrie et le ni- 
veUemenU 

La planimétrie est la représentation de tous les points, 
lignes, surfaces Ou objets quelconques qu'on remarque 
à la superficie du sol, abstraction faite de leur relief, 
c'est-à-dire tels qu'ils seraient vus par .uii observateur 
qui s'élèverait assez haut au-dessus du terrain, pour que 
ce dernier lui parût complètement plat. 

Le nivellement est la représentation du relief du ter- 
rain. 

Les signes qui, d'après des conventions généralement 
adoptées, servent à représenter les divers objets du 
terrain ou les différentes formes du relief, portent le 
nom de signes conventionnels de planimétrie ou de nivel- 
lement. 

Dans ce chapitre, il ne sera question que des signes 
conventionnels de planimétrie. 

Parmi les cartes topographiques, les unes sont colo- 
riées; les autres, et c'est le plus grand nombre, sont 
faites au crayon, ou, lorsqu'elles sont gravées, à l'encre. 

On s occupera principalement des cartes non colo- 
riées. Les signes conventionnels qu'on y emploie varient 



^ - 37 - 
suivant le degré de réduction du terrain ; toutefois, ceux 

des échelles supérieures ou égales au 57^^^?^?^ ^^ dif- 

2l}|00l} 

fërent, que par les dimensions, des signes conventionnels 

adoptés avec l'échelle du . Ce sont ces derniers 

qui seront donnés, en indiquant aussi la manière dont 
quelques-uns d'entre eux sont modifiés, autrement que 
dans leurs dimensions, pour le 40,000« et pour le 
80,000®, parce que les cartes d'état-major, qu'on a le 
plus fréquemment entre les mains, sont faites à ces 
dernières échelles. 

OBIBTS DU TnaAIN. 

Dans ce Cours, on a classé, sous le nom d'objeU du 
terrain, tous ceux qui donnent au sol l'apparence de la 
vie, et sans l'existence desquels le terrain serait com- 
plètement nu. 

On peut les diviser en trois catégories : 

40 Les eaux qui coulent ou qui séjournent à la surface 
du sol; 

30 Les voiei de communication, qui facilitent l'accès 
du terrain; 

30 Les couverts du sol, qui, avec les accidents naturels 
du terrain, permettent de dérober les troupes à la vue 
de l'ennemi et sont en même temps défavorables à la 
marche, qu'ils retardent ou rendent impossible. 

C'est dans cet ordre qu'on va définir les termes les 
moins connus qui se rapportent aux objets du terrain, 
et qu'on donnera les signes conventionnels de la plani- 
métrie. 



2. 



Dans les eaux, on distingue ; 1" les mers; 2" les eaux 
courantes ; Z" les eaux, stagnantes. 

Mers. 
jrands récipients des caus qui coulent à la siir- 
1 sol, sont les mers. 

énumérer les noms géographiques, donnés aux 
lies formes du sol baignées par la mer, on peut 
uerque les côtes forment une série de saillants et 
.rants, appelés caps ou golfes, et que les premiers 
a général, le prolongement des chaînes de mon- 
ou des collines qui séparent les bassins des diffé- 
ieuves, tandis que les derniers correspondent 
rement à l'embouchure des principaux cours 

letits golfes accessibles aux vaisseaux se nomment 
les très-petits golfes accessibles seulement aux 
s se nomment anses, baies ou criques. 
ppelle barres, des atterrissements qui se forment 
des côtes, k l'endroit où la vague qui recule, 
avoir battu la rive , rencontre la vague qui 
•s. 

ppelle dunes, des monticules assez considérables 
forment, avec les sables de la mer, sur certaines 
ù règne presque toujours le même vent. Suivant 
tion de la côte et la direction du vent, les dunes 
ent sur la terre ou sur la mer en formant de 
chaines parallèles à la cAte. 
; ainsi que les dunes du golfe de Gascogne ont 
>uvertun grand nombre de localités qui existaient 
?en âge, tandis que, sur les côtes françaises et 
de la mer du Nord , les dunes éloignent de plus 
> les liiuiles du continent. 



— 39 — 

Dans ces dernières régions, le terrain conquis, qui est 
situé entre les dunes et les anciennes côtes, ne se trou- 
vant pas mouvementé, de manière à déterminer d'une 
façon régulière l'écoulement des eaux , celles-ci n'ont 
d'issue que par des passages creusés dans les dunes et 
fermés par des écluses qu'on ouvre h marée basse. Ces 
écluses sont des objets importants au point de vue 
militaire : on élève souvent des forteresses pour les 
protéger. 

Les falaises sont des rochers escarpés, taillés en pré- 
cipices sur les bords de la mer. Telles sont les falaises 
de Normandie, dont l'élévation varie de 100 à 150 mètres. 

Eaux courantes. 

Les cours d'eau sont naturels ou artificiels. 

Ces derniers se nomment canaux ; les autres sont 
désignés des noms suivants : fieuve^ rivière, ruisseau, 
tarrentf glacier. 

Le fleuve se jette directement dans la mer. Une rivière 
n'est que l'affluent d'un fleuve ou d'une autre rivière. Le 
ruisseau ne diffère de la rivière que par son importance. 

Le torrent est le ruisseau d'un pays de montagnes : 
son débit varie considérablement suivant les saisons et 
devient quelquefois nul en été. 

Les glaciers sont d'énormes amas de neiges, qui cou- 
vrent certaines montagnes élevées ou qui s'accumulent, 
par suite d'avalanches, dans les vallées hautes, et d'où 
sort un courant d'eau qui est souvent la source d'un 
fleuve ou d'une grande rivière. 

L'origine d'un cours d'eau prend le nom de source et 
quelquefois celui de fontaine; ainsi la Sorgues sort de 
la fontaine de Vaucluse. 

L'embouchure d'un fleuve est le point où il se jette 
dans la mer; lorsque cette embouchure est multiple, on 



. — 40 — 

lui donne aussi le nom de bouches. C'est ainsi qu'on dit 
r embouchure de la Loire, les bouches du Rhône, les 
bouches de TEscaut, les bouches de la Meuse. 

La portion de terre triangulaire, comprise entre deux 
bouches d'un fleuve, se nomme delta, par analogie avec 
la forme de la lettre grecque à qui porte ce nom. Ainsi, 
entre les deux bouches de Damiette et de Rosette, se 
trouve le delta du Nil. 

D'une façon générale, on donne le nom d'esiuaire k 
certaines sinuosités du littoral qui sont recouvertes d'eau 
h la marée montante; par analogie, on donne le mëma 
nom au petit golfe que forme généralement l'embou- 
chure d'un fleuve. 

On nomme confinent, le point où un cours d'eau se jette 
dans un autre. Le cours d'eau tributaire est dit l'affluent 
du cours d'eau principal. 

Dans un cours d'eau, on appelle lit, le terrain où les 
eaux sont ordinairement rassemblées. 

Le fond est la partie inférieure du lit. 

Les rives sont les parties du sol entre lesquelles un 
fleuve est encaissé. On les désigne aussi sous le nom de 
berges lorsqu'elles sont escarpées, sous le nom de talus 
lorsqu'elles sont en pente douce, et sous le nom de 
grèves lorsqu'elles sont plates. 

Les rives d'une rivière s'appellent de préférence bords. 

Les rives se nomment rive droite ou rive gauche, suivant 
la direction du cours. 

Un point est situé en amont d'un autre, quand il se 
trouve plus rapproché que lui de la source; il est situé 
en aval, dans le cas contraire. 

Lorsque les matières, entraînées par un cours d'eau 
rapide, se déposent dans une partie de son lit, elles y 
forment un atterrissemént appelé banc de sable ou île. 

A l'embouchure de certains fleuves, le dépôt du limon 
se produit sous le choc de la vague et du courant, et les 
atterrissements deviennent quelquefois assez considé- 



ï 
^ 



— 41 — 

râbles pour intercepter Teinbouchure du cours d'eau ; 
ils prennent alors le nom de barres. 

La profondeur d'un cours d'eau varie suivant les 
saisons. On nomme éiiage son niveau pendant les plus 
basses eaux (littéralement pendant Tété). L'étiage est 
généralement indiqué sur une arche de pont. 

Les €(mx sont dites moyennes ou hauiu , suivant Télé- 
vatioD de leur niveau par rapport k l'étiage. 

L'augmentation du volume des eaux se nomme cme. 
Les crues peuvent être naturelles ou artificielles. Ces 
dernières sont généralement produites par des bat^ 
rages qui sont fixes ou mobiles. Les barrages fixes 
sont construits en maçonnerie ou en bois. Les barrages 
mobiles sont composés de piles en maçonnerie, qui 
servent à maintenir un système de poutrelles, super- 
posées horizontalement ou placées verticalement. Dans 
ce dernier cas, le barrage est dit à aiguilks, du nom 
donné aux petites poutrelles. Les barrages à aiguilles 
sont surtout employés dans les rivières canalisées. Avec 
eux, on peut faire varier très-rapidement la différence 
de niveau entre l'amont et l'aval, en enlevant ou en re- 
mettant un plus ou moins grand nombre d'aiguilles. Ces 
barrages peuvent aussi être couchés complètement au 
fond du lit en très-peu de temps; dans ce cas, les piles 
seules apparaissent au-dessus du niveau de l'eau. 

Un barrage mobile, composé d'une porte se mouvant 
verticalement entre deux coulisses au moyen d'une cré« 
maillère ou d'un système semblable, se nomme vanne. 

Les vannes servent b retenir ou à lâcher à volonté les 
eaux d'un étang, d'un canal, d'une écluse ; elles ne sont 
souvent que de petites portes pratiquées dans un barrage 
plus grand. 

Lorsque la crue naturelle des eaux est considérable, 
elle produit une tnmdaUon en faisant sortir le cours 
d'eau de son lit. Pour empêcher les inondations des 
fleuves qui y sont sujets, on est souvent obligé de leur 



- 42 — 

donner, en certains points, des rives artificielles qu'on 
nomme digues. 

On produit aussi quelquefois des inondations factices, 
comme moyen de défense (inondation de la Seille), 
ou comme moyen de fertilisation, en barrant un cours 
d'eau. 

Saigner une inondation, c'est faire écouler les eaux 
qui la produisent, soit à l'aide d'un canal de dérivation, 
soit par la destruction de l'obstacle qui les retient. 

On appelle remous, ou eaux mortes^ des courants cir- 
culaires qui forment tourbillon dans certaines parties 
d'un cours d'eau. 

Lorsque le lit d'un fleuve ou d'une rivière change 
brusquement de pente, les eaux font une chute qu'on 
appelle aussi cascade ou cataracte, suivant son impor- 
tance. 

Un cours d'eau est dit navigable, lorsqu'il peut porter 
des navires et des bateaux. Il est flottable^ quand il peut 
porter des radeaux et des trains de bois. 

On appelle canal^ un cours d'eau factice à pente très- 
faible, destiné à permettre le passage des bateaux ayant 
des dimensions déterminées. 

Les grands canaux servent, en général, à établir des 
communications par eau entre deux cours d'eau natu- 
rels séparés par des élévations de terrain (Exemple : 
le canal de la Marne au Rhin). D'autres longent un cours 
d'eau dans les parties qui ne sont pas navigables et 
portent le nom de canal latéral à telle rivière ; quelques- 
uns réunissent deux points d'un fleuve ou d'une rivière 
pour en éviter les grands coudes ( Exemple : le canal 
Saint-Maur, le canal de Saint-Denis et une partie du 
canal de l'Ourcq). 

Le lit d'un canal est divisé en une série de portions 
horizontales appelées biefs, ayant des différences de ni- 
veau les unes par rapport aux autres et commimi- 
quant entre elles à l'aide d'écluses. Le bief supérieur ou 



— 43 — 

arrière-bief est la partie du canal qui se trouve en amont 
d'une écluse; le bief inférieur ou som-bief, celle qui est 
en aval. Il y a aussi des écluses aux débouchés des réser* 
voirs qui servent à alimenter un canal. 

Les canaux et les rivières canalisées sont bordés par 
un chemin de kahge, où marchent les chevaux qui tirent 
les bateaux. 

La largeur des canaux est augmentée en certains 
lieux, qui prennent le nom de gares ou de ports, suivant 
leur importance. 

Lorsque le niveau des eaux d'un canal est plus élevé 
que le terrain avoisinant, les rives de ce cours d'eau 
sont formées par des digues, sur lesquelles passent les 
chemins de halage. 

Un tunnel est une percée, faite dans une hauteur plus 
ou moins considérable, pour donner passage à un canal 
ou à une ligne de chemin de fer, et quelquefois à ces 
deux espèces de voies de communication. 

Eaux stagnantes. 

Les amas d'eau qui séjournent dans certaines dépres- 
sions du sol, sont les lacs, les étangs, les marais, les 
marécages, les mares ou flaques d'eau, etc. 

Les lacs sont en général plus grands que les étangs; 
néaninoins, il n'y a pas de règle iSxe pour le choix de 
l'une ou de l'autre dénomination à donner à un grand 
amas d'eau dormante; il faut le désigner comme le font 
les habitants du pays. 

Les lacs ou les grands étangs se trouvent ordinaire- 
ment dans le voisinage des chaînes de montagnes ou 
sur les montagnes elles-mêmes. Ils sont souvent traver- 
sés par des cours d'eau, comme le lac de Genève, et 
donnent quelquefois naissance eux-mêmes à des cours 
d'eau, comme Tétang de Lindre, d'où sort la Seille. 

On donne particulièrement le nom d'étang h un lac 



^ u — 

artificiel, destiné à d^servir des usines ou à aournr des 
poissons; dans ce dernier eas> on le nomme aussi 
vivier. 

Lorsqu'un étang est fait pour alimenter des canaux, 
il s'appelle de préférence réservoir. 

Les lagune» sont des espèces de lacs qui se forment 
vers l'embouchure de certains fleuves charriant beau- 
coup de limon. Ces lacs sont ordinairement limités par 
les atterrissements successifs que dépose le fleuve et qui 
éloignent progressivement son embouchure. Les lagunes 
les plus célèbres sont celles de Venise. 

<te donne aussi quelquefois le nom de lagune à une 
flaque d'eau située dans un marécage. 

Les marais sont des lacs peu profonds, dont les eaux 
sont remplies de joncs, de roseaux ou d'autres plantes. 

Les maréeagei sont des marais qui commencent à se 
-Uessccuer. 

Les prairies marécageuses sont celles qui se trouvent 
sur des terrains fangeux. Il est quelquefois dangereux 
de s'y engager. 

Les mares ou flaques d'eau sont des amas d'eau peu 
profonds, qui séjournent pendant un certain temps, 
après de grandes pluies ou après une inondation, dans 
les petits enfoncements d'un sol glaiseux et accidenté. 

Un trou bourbeux prend le nom de bourbier. 

Les tourbières sont d'anciens marais, comblés par les 
débris des végétaux qui y poussent, et qui forment, en 
se décomposant, une substance spongieuse, brune ou 
noirâtre, qui est combustible, et qu'on utilise, pour cela, 
sous le nom de tourbe. 

Il est dangereux de traverser, surtout à cheval, des 
terrains de ce genre. 

Certaines tourbières sont recouvertes d'eau. D'autres, 
et c'est le plus grand nombre, sont sèches* 

Un rizière est un champ semé de riz. 

Le riz ne croît que sur un sol humide ou au moins 



1 



— 4a — 

susceptible d'être inondé à volonté. Dans certains pays 
même, comme en Chine, les rizières sont de véritables 
iles flottantes formées avec des nattes de bambous recou- 
vertes de terre , de sorte que les racines de la plante 
reçoivent constamment le contact de Teau. 

Les marais salants sont des marais artificiels peu pro* 
fonds, dans lesquels on fait arriver les eaux de la mer. 
pour en recueillir le sel marin par évaporation. 

Ces marais affectent des formes variables; mais, 
d'une façon générale, on peut dire qu'ils se composent 
d'une série de réservoirs, entourés de petites digues 
et disposés de manière que l'eau salée passe de l'un à 
l'autre, en se condensant de plus en plus. Le premier 
réservoir, qui est le plus grand et le plus profond, s'ali- 
mente dans la mer par un canal, muni d'une écluse ou 
d'une vanne. 

Les salines sont les lieux où Ton extrait le sel gemme, 
qui se trouve, dans certaines régions, à l'intérieur du sol. 

Le sel gemme se retire quelquefois, par blocs, dans des 
galeries de mines ou dans des carrières à ciel ouvert ; 
mais ce dernier cas est très-rare. Habituellement le 
sel gemme s'obtient par l'évaporation artificielle d'eaux 
provenant, soit de sources salées naturelles, soit de lacs 
salés souterrains, qu'on produit artificiellement , en 
faisant arriver, sur les couches de sel gemme, de l'eau 
qu'on retire ensuite avec des pompes, lorsqu'elle est 
saturée. 

Manière de i*epré«enter les eauiu 

Mers et eaux courantes. 

Eaiix filées, — Les cours d'eau importants sont repré- 
sentés par deux traits qui figurent les rives, et dont 
l'écartement varie avec la grandeur de l'échelle (figAl). 

La représentation des eaux de la mer et des eaux 

3 



— re- 
courantes, sur les cartes topographiques non teintées, se 
fait au moyen de petits traits parallèles à la cAte ou aux 
rives, en diminuant l'inten- 
Ftg. <o. c4«. gjj^ des lignes et en les écar- 
I tant davantage à mesure 
\ qu'où s'éloigne des bords. 
F C'est ce qu'on appelle filer 
les eaux. Les rives ouest et 
nord d'un cours d'sau, dans une carte dont le cadre est 
orienté, sont en outre marquées par des traits renforcés 
ijig. 10 et M). 

Dans les lies, ce sont au contraire les parties sud et 
est qui sont renforcées {fig. M). 

tig.M. 



Règle générale pour le renforcement de certaines lignes. — 

En général, toutes les fois qu'il y a lieu de renforcer 





K,. IJ. 


> 





certaines lignes d'un objet quelconque du terrain, on 
suppose que la lumière est dirigée sous un angle de 




- 47 — 

50 grades, en partant du coin supérieur gauche de la 
feuille ; et alors, la partie qui ne reçoit pas directement 
les rayons de lumière, est renforcée. 

Ce sont les côtés est et sud pour les objets pleins, teK 
que les maisons, les îles, etc.; ce sont les côtés opposés 
pour les objets creux, comme le lit d'une rivière {fig. 12). 

Pig, 43. 




Source. 



I 



F%9 44. 



%. 46. 



Bétails divers, — La source d'un cours d'eau se re- 
représente par une courbe fermée très-fine (Jig* 13), 

La direction du courant est mar- 
quée par une flèche (fig. 14). 

Une ancre indique le point où 
un cours d'eau devient navigable 

{fig^ ^5). 

Une petite figure, représentant 
soit un gouvernail g, soit un avi- 
ron â, fait connaître le point où la 
rivière est flottable (fig. 16). 

Les berges escarpées sont dessi-» 
nées à l'aide de petits traits paral- 
lèles, d'après le système employé 
pour représenter les talus dans une route encaissée 
{fig. 70 et 19). 

Les barrages d'un cours d'eau j, 
et les écluses d'une rivière cana- ^^ 

Usée se représentent à peu près ssfEgŒflAi 
en perspective (fig. 17). 

Le barrage à aiguilles est figuré 



i 



Ftf . 46. 



par ses piles et, s'il y a lieu, par i ^ a [TTf 
l'écluse aui l'accompagne (fia. ^ 



Pig, 47. 



Fig. 48. 



18). 

Ruisseaux. — Le ruisseau s'indique par un simple 
trait, qui grossit en approchant du confluent, et dont 



— 48 — 

les sinuosités empêchent qu'on ne le 'confonde avec un 
sentier {fig. 19)» 

Fig. 49. 




Les arbres qui bordent un cours d'eau sont repré- 
sentés par des points. 

La ligne de réunion des eaux, dans un ravin où il n*y 
a pas de ruisseau, se représente par un simple trait noir, 
même sur les cartes coloriées. 

Canaux, — Sur la carte d'état-major, les canaux na- 
vigables se représentent par un gros trait, entouré de 
deux traits fins, qui laissent, entre eux et le premier, 
deux petits espaces blancs figurant les chemins de halage. 
Vécluse s'y représente par ses portes, le sommet de 
l'angle que forment celles-ci étant tourné du côté de 
l'amont. Le canal se rétrécit à l'endroit où se trouve 
récluse. Le dessin doit faire ressortir cette particularité. 

L'élargissement du canal indique une gare ou un port. 
Le tunnel se trace en gros pointillé {fig, 20). 

Fig, 20. 




iûûp^f LfzËT 



Les digues qui bordent un canal ou un cours d'eau, 
sont indiquées par deux lignes parallèles, à droite et à 
gauche desquelles des hachures figurent les talus. Les 
lignes parallèles représentent la chaussée qui est sur la 
digue (fig, 21). 

A l'échelle du 10,000% on dessi'ie les bords du canal 



1 



- 49 — 

par deux traits parallèles et on file les eaux ; dans ci) 
cas» les digues ont une largeur assez grande sur le pa- 

Fîg 24. 




JinAlt 






pier. Les canaux sont fréquemment bordés d'arbres qui 
sont indiqués par des points sur la carte (fig. 21). 

Un trait noir un peu renforcé représente un petit ca- 
ria/ d'irrigation {fig. 22). 

Fig. 22. 



Le simple fossé est figuré, à l'échelle du^ .^ q , par 
deux traits fins parallèles et assez rapprochés {fig, 23), 

Fig. 23. 




et à Téchelle du 



, par un trait noir moins foncé 



40,000 

que le canal d'irrigation {fig. 23). 

Eaux stagnantes. 

Eaux hachées. — Les eaux stagnantes des &«, des 
étangs^ des marais et des prairies marécageuses, sont 
hachi'es, c'est-à-dire qu'elles sont représentées par des 



— 50 — 
PiS.U. lignes droites parallèles entre elles et 
^—^^^ un peu plus serrées sur les'bords nord 

^^^^^^ et ouest, qui sont situés dans l'ombre par 

^^^^F hypothèse {fig. 24). 

Quelquefois on aie les eaux des lacs et des grands 
étangs. 

Les maraà se représentent, comme des eaux sta- 
gnantes, pap des traits parallèles au milieu desquels on 
dessine des touffes d'herbe, selon la convention qui con- 
cerne les prairies et qui est indiquée plus loin (fig. 25). 

Pi9.i&. 



Les prairies marécageuses se dessinent comme les 
marais, mais les signes conventionnels de la prairie y 
dominent. 

Ftg.U. 



— M - 

Les tourbièrei se dessinent comme des marais, dans les 
parties non exploitées, et par la forme des excavations 
qu'on y fait, dans les parties exploitées {fig. 26}. 

Les rizières, en raison de l'humidité du sol où elles se 

Fig. «1. 



trouvent, se représentent comme de petits marais sé- 
parés entre eux par des digues en terre. L'initiale R sert 
aussi quelquefois k désigner leur emplacement. 
Les marais salant» se représentent d'après ta forme de 



leurs réservoirs. Les eaux s'y trouvent hachées et les 
digues de séparation sont interrompues sur certains 



-1 



points, de manière à montrer la communication qui est 
établie entre les divers réservoirs. 

Les rares salines qui s'exploitent à ciel ouvert se re- 
présentent comme il sera expliqué plus loin pour les 
carrières. Dans les autres salines, on dessine simple- 
ment les ouvertures des puits et les bâtiments qui ser- 
vent à Texploitation. 

Moyens usité» pour fk*ancliir certains obsta- 
cles et particulièrement les cours d'eau* 

Pontf viaduc, aqueduc, — Lorsqu'une voie de commu- 
nication rencontre un cours d'eau ou certaines dépres- 
sions du sol, elle les franchit en passant sur des ou- 
vrages d'art auxquels on donne le nom général de pont, 
si l'obstacle est un cours d'eau, celui de viaduc, s'il 
réunit les deux flancs opposés d'un ravin ou d'une autre 
dépression, et celui de pont-canal ou aqueduc, si la voie 
de communication est un canal. On donne aussi le nom 
d*aqueduc à des constructions souterraines ou exté- 
rieures, qui permettent de conduire des eaux d'un point 
h un autre. Le pont étant le type de ces trois espèces 
d'ouvrages d'art, c'est sur lui qu'on va donner quelques 
détails. 

Ponts. — Dans un pont, on distingue : 4^ les piles ou 
supports, qui prennent le nom de palées lorsqu'elles sont 
formées avec de simples pieux; 2® les arches; 3® le ta- 
blier, qui se compose de plusieurs travées, lorsqu'il y a 
plusieurs arches dans le pont; 4^ les culées ou massifs 
en maçonnerie qui servent d'appui au pont, à sa ren- 
contre avec les rives. 

D'après leur mode de construction et leur importance, 
les ponts peuvent être classés de la manière suivante : 

Les ponts en fer ou en fonte, les ponts en pierre et les 
ponts en bois avec ou sans piles en pierre, ayant tous le 
tablier empierré ou pavé; 



— 53 — 

Les ponts-kvîs de divers systèmes avec abords en 
pierre ou en bois ; 

Les ponts suspendm^ c'est-à-dire ceux dont le tablier 
est soutenu par des câbles en fils de fer et non par des 
arches. Le pont suspendu est divisé en deux par une 
pile^ lorsqu'il a une assez grande longueur. La solidité 
de sa construction varie, suivant qu'il doit donner pas- 
sage aux voitures ou seulement aux piétons. 

Les ponts-levis et les ponts suspendus ont le tablier 
en bois. 

Tous les ponts dont il vient d'être question sont fixes 
et permanents. 

Il y en a d'autres qui ont un caractère essentielle- 
ment provisoire, qu'on appelle d'une façon générale 
ponts mobikSy et parmi lesquels figurent les ponts mili- 
taires, auxquels on donne le nom de leurs supports. 
Tels sont : 

Les ponts de bateaux : ils exigent au moins 0^,50 de 
profondeur du cours d'eau et des rives peu escarpées; 

Les ponts de pontons : ils sont formés avec les bateaux 
réglementaires des équipages de ponts; 

Les ponts de radeaux d'arbres ou de tonneaux : ils 
ne peuvent être établis qu'avec des rives basses, et lorsque 
la vitesse du courant est inférieure à 2 mètres; 

Les ponts de chevakts, dans lesquels des chevalets en 
bois font l'office de piles : ils ne se construisent que sur 
un fond ferme et uni, dans un cours d'eau ayant au maxi- 
mum 3 mètres de profondeur etl™,80 de vitesse; 

Les ponts sur pilotis, dans lesquels les piles sont for- 
mées de gros pieux solidement enfoncés, nommés pilotis. 
Un tel pont ne s'établit aisément que sur un fond, à la 
fois solide et pénétrable, dont la profondeur n'excède 
pas 3 mètres à 3™,50. 

En campagne, les troupes établissent encore d'autres 

ponts plus élémentaires que ceux qui viennent d'être 

cités, tels sont : 

3. 



- 54 - 

Le9 ponts de gaèiom {t) : ils sont formés de gabions 
disposés dans le fond de la rivière, puis surmontés de 
fasciacs ou gros fagots et d'un plancher; 

Les ponts de charrettes à 2 roues, dans lesquels les ti- 
mons de deux voitures sont croisés en l'air et fortement 
attachés, de manière à pouvoir supporter une traverse T, 
qui sert d'appui aux poutrelles P et P* du tablier 

(fia- 29), 

Ftj. ». 



Les ponts de voitures à 4 roues ; ils sont formés par 
l'établissement d'un plancher sur la partie supérieure 
des voitures, placées dans le cours d'eau. 

Les charrettes à deux roues et les chariots du parc de 
l'artillerie sont particulièrement propres à l'établisse- 
ment des deux dernières espèces de ponts. 

Les ponts de charpente sont établis avec des corps 
d'arbres, jetés d'un bord à l'autre d'un cours d'eau peu 
large. 

Les ponts provisoires, établis par une année en cam- 
pagne. peuvent être facilement détruits ou détériorés par 



(i) La itbion ast en grand panier cylindrique sans fond, formé d'en 
cigfonnage et qui, rempli de terre ou de toute autre matière impénê- 
trable aux ptojeclilcs, est beaucoup ciuploji en forlillutiani 



— 55 — 

de gros corps flottants. On les protège, en général, au 
moyen de pièces de bois reliées entre elles par des 
chaînes, de manière à former une ligne continue, oblique 
au courant, à laquelle on donne le nom à' estocade. Chaque 
pièce de bois de Testacade est formée par la réunion de 
plusieurs arbres. 

Pour terminer la nomenclature des ponts» citons ea« 
core : 

Les ponts tournants, qui sont destinés à s'ouvrir, en 
pivotant sur un axe vertical, pour donner passage à des 
bateaux ; 

Lés ponts roulants ou à coulisses^ dans lesquels le ta- 
blier, au lieu de tourner, se retire en arrière en glissant 
sur des roulettes; 

Le pont volant est une portion de pont, établie sur 
deux grands bateaux et retenue à l'extrémité d'un cor- 
dage, qui est fixé à une ancre, mouillée en amont. Ce 
petit pont se transporte d'une rive à l'autre par l'action 
même du courant sur les flancs des bateaux, que l'eau 
frappe obliquement. On l'emploie pour passer des rivières 
larges et rapides. 

Les trois derniers ponts peuvent être classés dans la 
catégorie des ponts mobiles. 

La passerelle est un pont léger pour les piétons; le 
ponceau est un petit pont en pierre d'une seule arche. 

Autres moyens de passage des cours d*eau. — Quelque- 
fois, les voies de communication qui coupent un cours 
d'eau, ne sont pas assez importantes pour exiger l'éta- 
blissement d'un pont; dans ce cas, on a recours à d'autres 
moyens de passage : tels sont le bac ordinaire, le bac à 
traille, le passage de bateaux et les gués. 

Le oac est un bateau plat, rectangulaire, dont le fond 
se relève aux becs, de manière k permettre l'embarque- 
ment et le débarquement des chevaux et des voitureSé 



- 86- 

Oû fait traverser le cours d'eau h un bac ordinaire, en 
halant sur un câble, tendu d'une rive à l'autre. On n'em- 
ploie ce moyen de passage que dans les rivières ayant un 
faible courant. Quelquefois, le bac est relié au câble par 
une4)ride, passée dans une poulie qui peut glisser le long 
de ce câble. Dans ce cas, en maintenant le bac oblique- 
ment à la direction du courant, à l'aide d'un gouvernail, 
on a une espèce de pcmt volant qui prend le nom de bat 
à traille. 

Les points fixes où s'établissent les bacs et les pas- 
sages de bateaux, doivent présenter une grande facilité 
d'embarquement et de débarquement. 

On nomme ^u^s, les passages naturels d'un cours d'eau. 
Ils se trouvent aux points, d'un accès facile, où le fond 
du lit s'exhausse sur une certaine largeur et se4rouve 
ferme et uni, de manière à permettre à des hommes, ù 
des chevaux ou à des voitures de passer d'une rive à 
l'autre. 

Les gués se trouvent toujours dans les parties droites 
des cours d'eau; en effet, lorsqu'une rivière forme un 
coude, le courant vient buter contre la rive A, qui To- 

Fiq, 30. 




blige à changer de direction, la ronge, y produit une 
berge ou un talus, et en même temps creuse le lit du côté 
de cette rive, toutes choses qui sont contraires à Texis- 
tence d'un gué {fig. 30). Dans les terrains d'alluvïon ou 
de transpo7% les gués sont généralement situés en aval 
d'un coude de la rivière. 



— 57 — 



Manière de représenter le« olJet« du terrain 
qu'on emploie pour firanchlr h 



i 



Pig, r.i. 



ai — y 



_ A. 



Le pont en fer est représenté i 
par deux doubles traits nonren- ^ -^ 
forcés. S'il a des piles, elles sont 
dessinées, suivant leur espèce, 
comme il va êlre indiqué (/î^. 31). 

Le pont en pierre a chacun de I f 

ses parapets représenté par deux ^i;:^'^^ — ''— ^- *" ^. ^^ 
traits parallèles, parmi lesquels le " 
trait extérieur est renforcé. 

Les extrémités des piles en 
pierre y sont figurées par de petits 
triangles non teiptés intérieure- ' 
ment (fig. 32). 

Le pont en bois avec piles en 
pierre se trace de même; mais 
deux simples traits indiquent les , 
parapets (fig. 33). 

Le pont tout en bois diffère du 
précédent par les piles. Chacune 
d'elles se représente à l'aide de 
deux petits rectangles entièrement 
noirs qui flanquent le pont à droite 
et à gauche (fig. 34). 



î 



Fig, 33. 



* !• 



Fig.U. 



F%g, 35. 




Fig. 36. 



i tK. 



\^ 



Fig. 37. 






Fig. 38. 



n-- 



"l"- -u 



Ft^. 39. 



[ 



— S8 — 

La partie d'un pont qui 
forme pont-levis s'indique par 
deux traits qui se croisent 
diagonalement. 

Dans la figure 38, le pont- 
levis se lève d'une seule 
pièce; dans la figure 36, 
une partie du pont se lève 
à droite, l'autre à gauche. 



Dans les ponts suspendus^ 
le tablier est représenté par 
deux lignes pointillées, qui 
sont seules lorsque le pont 
est destiné aux piétons {fig. 
37), et qui renferment deux 
autres lignes continues, s'il 
sert aux voitures {fig. 38 et 
39). 






Les piles élevées qui sup- 
portent les câbles de fils de 
fer, sont construites sur les 
rives ou sur le lit même du 
fleuve; elles sont dessinées à 
l'emplacement qu'elles occu- 
pent, soit comme de simples 
piles {fig. 37 et 39), soit 
comme une construction en 
maçonnerie qui occupe toute 
la largeur du pont au-dessus 
du tablier {fig. 38 et 39). 



— 59 — 



Les ponts de bateaux et les 
ponts de pontons ont le ta- 
blier indiqué par deux lignes 
pleines parallèles; leurs sup- 
ports, qui sont plus nom- 
breux que dans les autres 
ponts, diffèrent entre eux par 
leurs extrémités, qui sont 
pointues pour les bateaux 
(fig. 40) et carrées pour les 
pontons (fig. 44). 



1 



Pig. 40. 



JO. 



f U ' H tJ-W LT U - 



Fis. 4f 



Le pont tournant se repré- 
sente à peu près tel qu'il 
apparaît, en indiquant^ par 
un pointillé, la partie du ta- 
blier mobile qui repose sur 
le sol, ainsi que le cercle, 
décrit par ce tablier' lors- 
qu'on ouvre le pont (fig. 42). 



Le pont volant est figuré 
au moyen ^e ses parties es- 
sentielles, ancre, cordage, 
fragment de pont de bateaux 
{fig^ 43). 




Fig. 42. 



ft 



Fig 4V 



Fig. 4V. 



l'h. 45. 



Fig. 43. 



Fig. 48 



Ft^. 47. @ 





— 60 - 

Généralement, le cordage du 
pont volant est soutenu par 
deux petites nacelles, qu'on re- 
présente souvent au lieu de 
Tancre qui est invisible (fig. 
44). 



Le bac ordinaire {fig. 45) et le 
bac à traille {fig. 46) se distin- 
guent à la seule inspection du 
dessin. La corde y est tracée en 
pointillé. 



Le passage de bateau s'indique 
par un simple bateau retenu au 
rivage {fig. 47). 



Le gué avec passerelle est re- 
présenté par un trait plein et 
par un trait pointillé {fig. 48); 



Le gué pour les voitures, par 
deux traits pointillés {fig. 49). 



. _ Le gué pour les piétons ei fom 

*^* ' (- \ leschçvaux non attelés est figuré 

par une seule ligne pointilléc 



Fig. 60. 



{fig. 50). 



I 



I ~ 61 — 

l 

a. — > VOIES DE GOMMUIVaG/kTIOlV. 

Nous ne nous occuperons ici que desvoies de commu- 
nication par terre, les autres ayant été implicitement 
étudiées au sujet des eaux. On examinera successivement 
les voies de communication ordinaires et les chemins de 
fer. 

Voies de communlcsatton ordinaires* 

En France, les voies de communication sont classées 
de la manière suivante, d'après leur importance : 

Les routes nationales, les routes départementales, les 
chemins vicinaux, les chemins d'exploitation et les sen- 
tiers. 

On peut ajouter à cette classification les chemins mi- 
litaires et les routes stratégiques. 

Routes nationales. — Elles sont construites et entre- 
tenues par rÉtat, et se divisent en trois classes : 

Celles de première classe relient la capitale à la fron- 
tière; elles ont 14 mètres de largeur; 

Celles de deuxième classe font communiquer la capi- 
tale à un chef- lieu de département; leur largeur est de 
12 mètres ; 

Celles de troisième classe établissent les communica- 
tions entre deux chefs-lieux de départements; elles ont 
10 mètres de largeur. 

Routes départementales. — Elles sont construites et en- 
tretenues par les départements, servent à relier un chef- 
lieu de" département à un autre point important, et ont 
une largeur de 10 mètres. 

Chemins vicinaux, — Les chemins vicinaux sont des 
chemins légalement reconnus, qui servent à établir la 
communication entre plusieurs communes et qui sont 



— 62 — 

entretenus par elles, pour les parties qui traversent leur 
territoire. 

On les divise en deux catégories, suivant leur impor- 
tance : 

1® Les chemins de grande communication, dont la lar- 
geur est de 6 à 8 mètres, et pour lesquels le départe- 
ment donne, en général, des subventions ; 

2^ Les chemins vicinaux proprement dits, dont la lar- 
geur varie de 4 à 6 mètres. 

C'est à tort qu'on désigne encore certaines voies de 
communication sous le nom de chemins ruraux ou com- 
munaux. Elles doivent toutes être dénommées chemins 
vicinaux. 

Chemins d'exploitation. — Ils ont une largeur variable 
et sont, comme Tindique leur nom, destinés à faciliter 
l'exploitation des terres. 

Quelques-uns sont empierrés et bien entretenus ; mais 
la plupart d'entre eux sont établis en terrain naturel, et 
deviennent très-difficiles pendant les mauvais temps. 

Dans les autres pays de l'Europe, les routes et les che- 
mins sont classés, suivant leur importance, d'une façon 
analogue h ce qui vient d'être dit pour la France. 

Sentiers. — Les sentiers sont plus ou moins bons, sui* 
vaut qu'ils sont destinés aux bêtes de somme ou simple- 
ment aux piétons. 

Chemins militaires. — Les chemins militaires sont des 
voies ordinaires qui sont construites par des troupes, 
pour la facilité des communications entre elles, soit sur 
un champ de bataille, soit dans des pays où les routes 
ordinaires font défaut. 

Les premières ont un caractère tout à fait provisoire; 
les secondes sont, au contraire, construites avec autant 
de soin que les autres routes. Leur largeur est variable; 
mais elle doit être de 5 mètres au minimum, pour per- 
mettre le croisement de deux voitures. 



-G3-. 

Route stratégique. — La route qui relie une série d'ou- 
vrages détachés d'un camp retranché, se nomme route 
stratégique. Telle est la route qui relie les forts de Ro- 
mainville, de Nôisy, de Rosny et de Nogont à Test de 
Paris. 



Définitions diverses relatives aux voies de communication. 

Chaussée et accotements. — Dans une route, on dis 
tingue la chaussée, qui est la partie bombée de la route 
où passent les voitures, et les accotements ou bas-côtés^ 
qui sont deux voies en terre naturelle destinées aux pié- 
tons, et qui, aux environs des grandes villes, sont de 
véritables trottoirs. 

Les routes nationales et les routes départementales 
sont toujours bordées de fossés, dont les talus sont sou- 
tenus par les racines des arbres qu'on plante, presque 
toujours, sur les bords des grandes voies de communi- 
cation. 

Embranchement. — Le point où une route se détache 
d'une autre se nomme embranchement; le même nom 
est donné à la route la moins importante. 

Fij. 54. 




Ainsi Best Fembranchement des deux routes AB, BG; 
et BC est un embranchement de la route AB {fig. 51). 



La rencontre de deux chemins qui se 
omme carrefour (étymotogie : quatre 




lire quatre fourches) ou eroisie de* che- 

~ Étoile. — Le point P, où plusieurs 
, ou allées se rencontrent, prend ordinai- 




de palte doie et s'appelle de préférence 
3uve dans un terrain boisé (/îj. 53). 
— Fréquemment, l'emplacement d'une 
d'une étoile est marqué par une pelite 
î R appelée rond-point (fig. 54), 



— 65 — 

Nature de la chaussée. — Les chemins ou les routes se 
distinguent aussi par la nature de la chaussée. Celle-ci 

Fig, 54. 




>ir^ 




peut être pavée en pierres plates ou en gros galets, em^ 
pterrée, ferrée ou macadamisée. 

L'expression ferrée, appliquée k une route, doit être 
évitée, pour qu'il n'y ait pas de confusion possible entre 
une route empierrée et une voie ferrée, c'est-à-dire un 
chemin de fer. 

Les routes macadamisées sont celles qui sont con- 
struites d'après le système de l'Écossais Mac-Adam, et 
dont le fond se compose de pierres concassées, réunies 
par des calcaires en poudre jouant le rôle de mortier. 

Les voies de communication pavées, empierrées ou 
macadamisées sont généralement praticables par tous 
les temps lorsqu'elles sont entretenues. 

Il n'en est pas de même des chemins établis en terrain 
naturel. 

On améliore ces derniers, en leur donnant du bois 
pour assise, ce qui se fait souvent pour les chemins mi- 
litaires, dans les régions où les pierres font défaut. Les 
chaussées prennent alors le nom de chaussées de rondins 
ou de fascines, suivant le cas. 

Dénomination des voies de cotnmunication d'après le ter- 
rain quelles traversent. — La voie est plate, lorsqu'elle 
traverse un terrain à peu près horizontal; 



La voie est encaissée, lorsqu'elle se trouve dans une 
tranchée creusée dans le sol ; dans ce cas, on dit aussi 
qu'elle est en déblai, en tranchée, en contre-bas, ou bien 
on la dénomme ckemtn creux; 

La voie est en chaussée ou en remblai, lorsqu'elle do- 
mine à droite et à gauche le terrain naturel, auquel elle 
est reliÉe par deux talus ; 

On appelle routes en levées, celles qui sont construites 
entièrement en remblai; 

p. ^„ Vneroule en comicke, à revers oa 

à /îa/ic rfe cofcau, est celle qui con- 
tourne ou qui longe à découvert le 
versant, ou revers d'une élévation, 
de manière que partout le déblai 
correspond au remblai {fig. 55). 
Généralement, les voies de com- 
munication qui gravissent une 
hauteur à flanc de coteau, forment 
des lacets qui dimmuent la roideur de la pente; dans ce 
cas, on a une route ou un chemin en lacet. 



1" Boutes nationales avec ou sans arbres. — Elles se 
représentent, aulO,000», par deux doubles traits, parmi 
lesquels les traits intérieurs sont renforcés. Au 40,000°, 



elles se dessinent de même, mais avec une largeur 
moindre (^g, 56). 
Au SO.OOO*. on les représente par un trait iin et par un 



— 67 -- 

trait renforcé au sud ou à l'est, suivant la conventiou 
indiquée pour la figure 12 (/î^. 87). 

Fig, 67. 



Les arbres sont indiqués par des points placés sur le 
bord de la route. 

2<> Routes départementales, — Elles se représentent 
comme les routes nationales, mais en ne renforçant au- 
cun trait (fig. 58 et 59). 

Vig, 58. 



TÛO&O 



Pig. 59. 



Z^ Chemins de grande communication, — Ils se repré- 

Vig, 60. 



■ ■ ■ I I »— ^^^F^^MW^P^^. 



fig. 64 . 



w ^»' - y ■ • y ^ - i — ■■ »■ T"^ ■ «^ 



sentent par deux traits parallèles, dont l'un est renforcé 
aux échelles supérieures à celle du 40,000« {i^g, 60 et 61). 



- 08 — 

4® Chemins vicinaux ordinaires. — Au 10,000«, ils sont 
représentés par deux traits parallèles, Tun plein, l'autre 

'Fig, 62. 



pointillé. Au 20,000«, au 40,000^ et au 80,000% les di- 
mensions seules diffèrent {fig, 62) . 
5® Chemins d'exploitation, — Au 10,000», ils sontfigu- 

Fig. 63. 

•_ -*»•»-«*•*«*«. 



gurés par deux traits parallèles pointillés (fig. 63); au 
40,000« et au 80,000% par un seul trait plein {fig. 64). 

Fig. 6t. 



6<> Sentiers pour bêtes de somme. — Au 10,000% ils so 
représentent par un trait plein assez fin (fig. 65); au 



Fig. 65. 



40,000« et au 80,000®, par une ligne alternativement 
composée de petits traits et de points {fig. 66). 



Fig. 66. 



7<> Sentiers pour les hommes. — Une ligne pointilléo 
les représente à toutes les échelles {fig. 67). 



- 69 - 

Fig. 67. 



8^ Chemins a mulets^ servant de grande commumcatum 
en pays de montagnes. — Ils se tracent comme les sen- 
tiers pour bêtes de somme, à l'échelle du 40,000«, avec 
une ligne pointillée parallèle {fig. 68). 

Ft^. 68. 



9® Anciennes votes romaines. — Elles sont dessinées, à 
toutes les échelles, comme les chemins d'exploitation 

Fig. 69 



au 10,000«, mais avec des éléments de lignes un peu 
plus longs (fig. 69). 

10^ Routes ou chemins en chaussée, encaissés, 

Fig. ÎO. Fig. 71. 

d 

à revers. 

Fig. 72. 

Lorsqu'une route est en chaussée (fig. 70), encaissée 

(fig. 71) ou à revers (fig., 72), les talus qui forment les 

4 



— 70 — 

déblais ou les remblais, sont marqués par de petites 
hachures, qu'on trace toujours en partant du sommet 
des talus et en les effilant vers le bas de la pente, c'est- 
à-dire dans la direction où les terres ont une tendance 
à couler. 

Ainsi, dans la route encaissée, les hachures sont des- 
sinées en partant des lignes a 6 et ce?, qui sont celles où 
les talus du déblai se raccordent avec le sol naturel; 
tandis que, dans les routes en chaussée, les hachures 
descendent des deux côtés de la voie. 

La route à revers est dessinée en déblai d'un côté, en 
remblai de l'autre. 

La ligne de raccordement des talus déblayés avec le 
sol naturel est marquée par un trait renforcé irrégulier 
{fig, 71 et 72). 

11® Chaussées pavées, macadamisées, en rondins, — Sur 
les cartes à grande échelle, la route joavee se distingue 
par deux petits traits parallèles, tracés au milieu de la 
chaussée, parallèlement aux bords de la route (fig. 73). 

Fifj. 73. 



Une ligne pointillée, au milieu de la chaussée, indique 
que la route est macadamisée {fig, 74). 



Fig. 74. 



^T'sr-.' 



Deux lignes parallèles, tracées au milieu de la voie 



et coupées transversalement par de petits traits perpen- 
diculaires, indiquent une chaussée en rondins (fig, 75). 

Fig. 75. 

■ — - — , 

rrira i âT nmrrr m^71'TinmU i»uuf]!r;v P u» i .ii r nn i' .i:^viL i i.iH i : i ii: iii ii i » i M»m in iv ' i i ;i ii i r - v - Tn: "' - ^ 

Remarque. Pour mieux faire ressortir les voies de 
communication sur une carte topographique, l'espa- 
cement des traits parallèles qui les figurent, tout en 
variant avec Téchelle, se trouve toujours plus grand que 
ne le comporte celle-ci. Ainsi, au 80,000% une route 

départementale ne devrait avoir que -r- de millimètre de 

largeur, tandis que l'espacement de ses deux traits sur 

le dessin est de -r- de millimètre. 

Glieiiiiiis de fer* — Mocle de représentation* 

Les chemins de fer sont à double ou à simple voie. 
Ils franchissent les obstacles au moyen de ponts, de tun- 
nels ou de viaducs, dont la définition a déjà été donnée. 

Au iO,000« et au 20,000% la voie se représente par 
deux traits parallèles, coupés par des traits perpendi- 
culaires simulant les traverses (Jig. 76); au 40,000* et 

Fig, 76. 

«'" I i [ 1 1 1 1 1 1 1 1 M I H 1 1 1 n 1 1 1 1 1 1 1 1 - - ~ ' .^-r f m m 1 1 1 1 1 1 1 1 ii 1 1 1 1 1 1 1 1 1 . i n 

au 80,000®, par un trait fort, à droite et à gauche 

Fig, 77. 



^ ' AO9fi0^ „ Tunnel' 



duquel sont placés, en alternant, des points carrés figu- 
rant les poteaux télégraphiques {fig. 77). 



— 72 — 

Lorsqu'une voie de communication ordinaire ren- 
contre une ligne de chemin de fer, elle la franchit, soit 
en dessus, soit à niveau, soit en dessous. 

Le dessin représente le passage à niveau par les deux 
voies qui se coupent sans s'interrompre (fig. 78). 

Fig, 78. 

OU' vuxditC'- 




t:j wj i hh i I mn ii h ^ 



Dans le passage en dessus, la partie de la voie ferrée 
qui est sous le pont de la route, est invisible ; on ne la 
trace pas, et les parapets du pont sont dessinés paral- 
lèlement à la route. L'inverse a lieu dans le passage en 
dessous. Le viaduc est représenté par ses deux parapets, 
c'est-à-djre par deux lignes parallèles àjavoie ferrée.. 
Dans la carte de Tétat-major, les points carrés ne 
figurent pas sur les viaducs {fig. 78). 

Les tunnels se représentent en pointillant la yoie 
(fig. 76 et 77). 

Les parties d'un chemin de fer qui sont en déblai, en 
remblai ou en corniche, sont indiquées comme pour les 
routes ordinaires. 

III. — GOUVC^ItTS mj SOI^ 

Les couverts du sol sont naturels ou artificiels^ suivant 
qu'ils sont l'œuvre de la nature ou celle de l'homme. 

Couverts naturels. Indépendamment des mouvements 
de terrain dont il sera question au chapitre III, les cou- 
verts naturels sont les produits de la végétation libre, 
comme les forêts, les bois, les bruyères, etc. Par ana- 



- 73 — 

logie, on peut classer aussi les produits de la culture 
dans cette catégorie, et on peut y rattacher, pour ordre, 
certains détails du sol , tels que les dunes, les fon- 
drières, etc. 

Counerts artificieh. Les principaux couverts artificiels 
du sol sont : !<> les lieux habité i et les constructions; 
2<> les ouvrages de fortification; 3^ les clôtures; 4® les 
excavations artificielles du sol et les travaux sou- 
terrains. 

Cette division ne sera pas rigoureusement adoptée 
dans l'exposition qui va suivre. On la modifiera confor- 
mément au programme ministériel et on examinera suc- 
cessivement : lo les lieux habités et les constructions , 
y compris celles de fortification ; 2® les cultures, les ter- 
rains boisés et les détails du sol. 

Ueus babités et oonatrncttoo»* — deur mode 

de repréaeiitaitlon* 

Les lieux habités se distinguent en habitations isolées, 
hameaux, villages, bourgs ou villes. 

Les habitations isolées ofirent une très-grande variété. 
Il ne sera question ici que de celles qui se représentent 
d'une façon particulière ou de celles dont la définition 
n'est pas très-connue. 

Une maison isolée est représentée d'après la forme de 
sa projection horizontale; les côtés sud et -. 
est y sont renforcés; et l'intérieur, rempli *^* 
de hachures transversales à 80 grades sur * **'*^''* 
les dessins aux grandes échelles, se trouve ^^^ 
complètement noir sur les cartes d'état- 
major {fig. 79). 

Un château se représente comme une maison isolée, 
d'après la forme de sa projection horizontale (fig. 80). 

Au 10,000% Yéglise est dessinée avec la nef, le chœur 
et le transsept, ce qui lui donne la fome d'une croix ; 

4; 



- 14 — 
3 est figurée par un simple petit cercle 



3 chapelle est figurée sans transsept. Au 
représente par un petit cercle, surmonté 



1 



on trace une crois dans l'iatérieur de 

chapelle. 

! dessinent d'une façon analogue. 
;t un temple musulman. 
s sont des temples rustiques ou des châ- 
les, desservies par les religieux maho- 
.entcenom. 

'ésentation des temples musulmans, le 
ïce la croix, 
lemin de fer est plus importante que la 

se trouve ordinairement construite sur, 
! la voie, tandis que la gare est établie 
Cette particularité est reproduite par le 



Et souvent composée de trois corps de 
,n mur, au milieu desquels se trouve une 



— 75 — 

cour. C'est ce qui la fait représenter ordinairement 
comme l'indique la fig. 84. 

La métairie est une petite ferme ; la borde est une 
petite maison de campagne. La métairie porte quel- 
quefois le nom de censé ; mais cette expression est pea 

Fig. 84. Fig, 85. 





usitée» Un buron est une cabane de pâtre en Auvergne. 
La bastide est le nom qu'on donne à une maison de cam- 
pagne dans la Provence, particulièrement aux environs 
de Marseille. 

Le chalet est une maison de plaisance construite en 
bois. Deux petits traits figurant le toit servent à le dis- 
tinguer [fig, 85). 

On nomme fabriques^ des ateliers ou des établissements 
industriels qui n'exigent pas l'emploi de grandes ma- 
chines. Telles sont les briqueteries, les tuileries, etc. 

La manufacture est une fabrique ayant une grande 
importance, employant beaucoup d'ouvriers, beaucoup 
de capitaux et des machines considérables; telles sont 
les manufactures d'armes, de porcelaines, etc. On re- 
présente une manufacture par la forme ordinairement 
rectangulaire de ses bâtiments et par un petit drapeau 
(/î</. 86). 

Fig. 86. Fig, 87. 




gjggS^S 



On appelle généralement usine y l'ensemble des bâti- 
timents, des ateliers et des appareils d'un établissement 



— 76 — 

important dans lequel on utilise le feu ou l'eau pour 
exécuter des ouvrages d'art ou d'industrie. 

La fonderie est une usine où Ton fond les métaux pour 
en faire des objets utiles. Elle se distingue par une roue 
dentée, surmontée d'une ligne sinueuse paraissant si- 
muler une colonne de fumée {fig, 87). 

La forge est une usine où se fabriquent le fer et Tacier I 

ei où l'on tire ces métaux en barre. On la reconnaît, sur 
le dessin, aune roue dentée, surmontée d'un drapeau placé 
obliquement {fig, 88). 

Dans la scierie, la roue dentée qui sert ordinairement 
à représenter les usines, est accompagnée d'une petite 
scie {fig. 89). 

Fig, 88. Fig, 89. JPt^. 90 



@1 





La verrerie se rdconnaît à un petit verre à pied 

^fig. 90). 

Les fabriques et les usines qui n'ont pas de signes 
conventionnels particuliers, se distinguent par une indi- 
cation écrite en toutes lettres ou par des abréviations, 
qui seront données à la fin de ce chapitre. 

Une station de télégraphe aérien se reconnaît aux deux 
branches, servant d'indicateurs, qui sont placées sur la 
maison du guetteur {fig, 91). 

Fig.^\, Fig.n, 







Un sémaphore est une espèce de télégraphe à signaux, 
établi sur une côte ou dans un port. 






— 77 — 

Les phares se distinguent par des cercles non teintés, 
placés dans la construction et simulant les tours (Jig, 93). 

Dans le moulin à vent, deux petits traits croisés fi- 
gurent les ailes mobiles. Si le pied du moulin est en bois, 
il est carré; s'il est en pierre, on lui donne la forme 
d'une tour (fig. 93). 



Pig. 93. 



Pig. 9Ï 



En boU 



En piem 






Une simple roue dentée, à côté d'une maison située sur 
un cours d'eau, représente un moulin à eau (fig. 94). 

Le Signe conventionnel d'une tour se compose de devx 
cercles concentriques (fig, 95). 



Fig. 95. 



Fig. 96. 



@ 



./•i::::>--i 






*1 ! 1 



t-v:_...j «... uJ 



Les ruines ont la forme de leur contour tracée en ligne 
pointillée {fig. 96). 

Pig. 97 




On nomme hameau, la réunion de quelques maisons 
qui dépendent d'une commune. 



— 78 — 

Le village est une agglomération de maisons qui est 
assez grande pour constituer une commune, administrée 
par une municipalité. 

Pour représenter un hameau ou un village, on des- 
sine les principales voies de communication; puis, on 
trace les maisons isolées et, s'il y a lieu, les pâtés de 
maisons, qu'on coupe de hachures, aux grandes échelles, 
ou qu'on teinte en noir, sur les cartes d'état-major 
(As. 97). 

Le àourg et la ville ne différent du village et ne diffè- 
rent entre eux que par leur importance, tant au point de 
vue de la population qu'au point de vue administratif. 
Les maisons y sont, en général, plus groupées que dans 

Fig. 98. 




les villages. Sur le dessin , à toutes les échelles, les 
pâtés de maisons sont limités par les voies de communi- 
cation et recouverts de hachures. On fait ressortir les 
édifices publics par une teinte plus foncée. 

La vilk OMverfe est celle qui n'a pas de mur d'enceinte 
(Jig.n). 

Dans la ville fermée, le mur d'enceinte est représenté 



— 79 - 
par un trait fort, parallèlement auquel on trace extérieu- 
rement une autre ligne non renforcée (fig. 99). 



La vt'/fe/orïi/tâ; se représente comme une ville fermée 
dans laquelle l'enceinte est composée de front» de for- 
lificatioo, généralement basUonnés. 



Il est nécessaire d'avoir quelques notions de fortifîca- 
lion pour bien comorendre le tracé de l'enceinte fortifiée . 



— 80 — 

On se contente habituellement d'y représenter le para- 
pet par deux lignes, dont une est renforcée, le fossé 
par sa contrescarpe c, enfin, la limite extérieure du 
glacis g. Le dessin doit aussi faire ressortir la rue r qui 
longe intérieurement les pieds du talus de la fortifica- 
tion, et qui porte le nom derwe militaire (fig, 100). Quel- 
quefois, on place sur les glacis les signes conventionnels 
de la prairie, et dans les fossés, les mêmes signes ou 
ceux des eaux, suivant le cas. 

Si Tenceinte comprend d'autres ouvrages de fortifica- 
tion, on les représente d'une façon analogue. 

Fig. m. 

Un cimetière est figuré par sa clô- 
ture, dans rintérieur de laquelle on 
trace des croix et, s'il y a lieu, des 
allées (/îfl'. 101). 
Une â'gne de retranchements se représente d'après la 
forme qu'elle affecte et d'après les conventions qui 
viennent d'être indiquées pour une enceinte fortifiée. 
Souvent, on se contente de dessiner, par un trait un 

Fig. 402. 



1 





Fig, 403. 





peu fort, la direction de la ligne de feu, et de marquer le 
fossé par un trait fin. C'est ainsi qu'on a représenté les 



— al- 
ignes continues des figures 102, 103, 104 et la double 
igné à intervalles de la figure 105. 

Fig. 404. 













fig. 40S. 

A 



.-.--/^\ . 






' A 



Dans cette dernière figure, les lignes pointii^ées ser- 
vent à indiquer le mode de flanquement des faces et des 
flancs des divers ouvrages ; mais elles ne figureraient 
pas sur un dessin topograpbique. 

Pig. 406. 




Les différentes parties des retranchements se repré- 
sentent d'une façon plus détaillée dans les cartes spé- 
ciales. Le cours de fortification complétera sur ce point 
les indications qui précèdent. 

5 



— 82 — 

Le fort est un ouvrage fermé de fortification, dans 
lequel les faces, composées de fronts baslionnés ou po- 
lygonaux, se représentent de la même manière que l'en- 
ceinte d'une ville fortifiée {fig. 106). 

La même règle est observée pour la représentation to- 
pographique des autres ouvrages de fortification, et par- 
ticulièrement des ouvrages fermés appelés redoutes 

(fig. 107). 

Fig. <07, Fiq. 108. 




f 



Dans un levé, exécuté rapidement» on se contente de 
tracer la ligne de feu du retranchement {fig. 108). 

On ne saurait s'étendre davantage sur cette question, 
sans empiéter sur le cours de fortification. 

La carte d'état-major des environs de Paris, au40,000e, 
peut servir de modèle, relativement au mode de représen- 
tation des enceintes bastionnées et des forts. 

On y trouve même une ligne de retranchements et des 
redoutes, si l'on suit une ligne brisée, passant par les 
forts situés sur le plateau de Romainville, puis descen- 
dant sur le canal de l'Ourcq et longeant ensuite ce cours 
d'eau et le canal de Saint-Denis. Dans ce trajet, c'est 
entre le fort de Romainville et le canal, qu'on remarque 
la ligne de retranchements. 

Une batterie de canons se représente par un simple 
trait, figurant l'épaulement, derrière lequel on dispose 
des canons {fig. 109). On dessine aussi l'épaulement par 
deux traits, dont l'un est renforcé; et l'on indique les 
embrasures à l'aide de petits triangles alternativement 
blancs et noirs {fig. 110). 



— 83 — 

Dans la batterie de mortiers^ de petits cercles» placés 
en arrière de l'épaulement, figurent les mortiers (figAU). 

Ft>. 409. Fif. 440. «jf. 444. 



-î^î^^^^îîîA ^ImWA^ 



Aux grandes échelles, une borne est représentée 
par un petit cercle, au milieu duquel se trouve un 
point (fig. 112) ; un poteau, par un petit point carré 
semblable à ceux qui figurent le long d'une voie de che- 
min de fer au 40,000* ; une eolorme, par un petit cercle 
rempli de hachures {fig. 113); un obélisque, par un carré 

Pig.U% Ft^. 443. Fig.Ui. Fig. Ub, 

® • fsi 9 



figurant le piédestal et renfermant un autre carré à 
moitié ombré, qui représente la projection d'une pyra- 
mide (fig. 114). 

Un puits est dessiné comme une tour; mais ou ajoute, 
dans le cercle intérieur, de petites hachures horizontales 
fignrant de l'eau (fig. 115). 

Une fontaine se dessine comme un massif en maçon- 
nerie, sur les cdtés duquel on ajoute deux petits traits 
parallèles (fig. 116). 

Une croix se représente d'après sa forme ; un calvaire^ 
par une croix sur un socle en maçonnerie [fig. 117). 

%, 446. %. 447. Pig.iiH. fij. 449. 




Les signaux géodésiques qui ont été établis pour le 
levé de la carte de l'état-major, ou bien les em place- 



- 84 - 

it, sont désignés par de petils 

quels se trouve un point {fig. 118). 

'est-k-dire ayant servi de signal 

i, sur les cartes au 40,000* et au 

placé au milieu du cercle qui sert 

(fîg. 119). 

^e, dans l'intérieur d'un village, 

re avec le signe de la borne, qui, 

d'état-major, n'a que la grosseur 



boisés et détails du sol. — 
de représentation. 

Cultures. 

S et les divisions de culture ma- 
ellement représentées par aucun 

signe conventionnel sur les 
cartes non coloriées. On les 
trouve cependant figurées quel- 
i^uetbis par des éléments de 
ligue, dirigés suivant les sillons 
(Jig. 120). Quand on fait un 
levé, on les indique par les 
initiales T. L. Leur contour est 

rait fin, sur lequel on dessine 

a lieu. 

Les vignes basses sont indi- 
quées par des lignes pointillées, 
autant que possible parallèles 
au contour, qui lui-même est 
figuré par un trait noir léger 
(fig. 121). 
Aui ' grandes échelles , on 

ceps représentés par des S, en- 



- 85 — 

roulés autour de petits traits verticaux, figurant les écha- 
las {fig. 422). 

Les vignes hautes au arbustives^ p- ^2^ 

c'est-à-dire celles qui montent après 
des arbres et dont les sarments se f $ ^ s » tf « « « « 
confondent avec les branches de ces * * ♦ * J î î î î J 
derniers, se rencontrent fréquem- î î î « î • 

ment dans le Midi. Dans ce cas, le 
terrain est divisé en bandes, alternativement labou- 
rables et plantées de vignes. 

Les parties labourées se représentent d'après la con- 
vention indiquée précédemment; et 
les vignes, par de petits points ronds, %• *î3. 

réunis par des espèces de guirlandes .^^,^.^^^,^.. 
{fig. 123). Ce mode de représenta- 
tion est assez usité dans les cartes 
italiennes. Sur un levé, l'initiale V 
sert à signaler les vignes. 

Les prés et les prairies ne diffèrent que par leur éten- 
due; ils se trouvent, en général, sur des terrains frais et 
humides. On les dessine par un pointillé très-serré, 
simulant les brins d'herbe {fig. 124). j^i^. 424. 

Dans les prés humides, on dessine wa^^ 



r — «»-—_rjn. — «.'»« »..— «^ 



quelques flaques d'eau. jgp^^l^îff ^^ 

En levant un terrain, on indique 11111^^ 
les prairies par 1 initiale P. 

he^ pâturages ou pacages diffèrent des prairies, en ce 
que les fourrages que produisent celles-ci, sont des- 
tinés à être fauchés; tandis que, dans les pâturages, ils 
sont consommés sur place par les bestiaux. 

Les signes conventionnels des pâturages sont les 
mêmes que ceux des prés, mais le pointillé en est moins 
serré. 

Les vergers sont représentés par un pointillé représen- 
tant des arbres disposés en quinconce, et, s'il y a lieu, 
par les clôtures qui les entourent {fig. 125). . 



"iia 



— 86 — 

Sur un levé, les initiales \e marquent leur emplace- 
ment. 

Les jardins sont coupés par de petites allées, qui les 
divisent en un certain nombre de parties où l'on des- 
sine, soit des prés, soit des bois, soit des terres la- 



Fig. m. 



Fig. 126. 



■ ■ ' : I ■ 

• •••••••'• 

• ••• ••••• 

• •••••..« 

• •■•• • •• • • 

■ • « 

• «•••■••■ 

• «••• •• •« 



• • • » . 

• •' . * . 



l'ii'iï.Mir,',''!, 






1 



->s.f.' 






bourées (fig. 126). L'initiale J les indique dans un levé. 
Les parcs sont des bois, plantés de main d'homme et 
généralement clos. On y trouve certaines parties dis- 
posées comme les jardins. Un parc se représente donc 
comme les bois et les jardins, mais les bois y dominent. 
Suivant sa nature, la clôture est figurée comme il va 
être indiqué. 



Clôtures. 

Les clôtures sont des couverts artificiels du sol, des- 
tinés à séparer entre eux, soit des jardins, soit des cours, 
soit des champs, soit des parcs. Ces clôtures peuvent 
être en fer, en pierre, en terre ou en bois. 
Les clôtures en fer sont généralement établies sur une 

assise en pierre de taille. On ne les 
, rencontre qu'autour de certaines habi- 
tations de plaisance : telles sont les 
grilles d'un château. 

Les clôtures en pierre sont les murs. 
Un trait renforcé les représente en topo- : 
li graphie (/îflf. 127). 



Fig. 427. 





— 87 — 

Les clôtures en terre sont de deux espèces, les clôturée 
en fossés et les clôtures en levées de terre. jPt^. 4tt. 
Aux grandes échelles, ces clôtures sont ^ 
dessinées comme il a été indiqué, à propos î "^""^-^^ 
des canaux, pour les fossés et pour de S ^l 

petites digues. Sur les cartes de l'état- ^ -^ 

major, les fossés se tracent en éléments de ligne (fiy. 
128); et les levées déterre, en lignes pleines non renfor- 
cées (fig. 129). 

Les principales clôtures en bois sont les ^. ^^ 
clôtures en planches jointives, les palis- 
sades, les palanques et les haies. Il y a 
deux espèces de haies : la haie vive y faite 
avec des arbustes enracinés qui sont géné- 
ralement épineux; et la haie morte ^ construite avec des 
ronces mortes, des pieux, des planches et des fagots. 

Les clôtures en planches sont marquées, /^•fl'« <30. 
à toutes les échelles, par un trait moins . ^^ ^^^ 
foncé que pour les murs. P j 

Les clôtures en haies se représentent par i „ , ^ | 
un petit feuille en ligne droite, au milieu 
duquel des points noirs représentent des arbres {fig. 
130). 

Dans les cartes de Tétat-major, la haie %• <5<' 
ressemble à un pointillé d'une vigueur de 
teinte inégale {fig. 131). 

Terrains boisés. 






Les terrains boisés se représentent par un feuille, qui 
est plus épais vers la lisière, près des clairières et au 
bord des chemins, et qui est entremêlé de points et de 
petits ronds. La forme et Tintensité du feuille varient avec 
l'étendue du terrain, avec la hauteur des plantations et 
avec les essences des arbres. 

L'initiale B les indique dans un levé. 



Les forêts sont des terrains boisés d'une Irès-grandfl 
étendue. Le feuille y est trè»-foncé (jlg. 132). 



Le toix diffère de la forôt par sa superficie, qui ne dé- 
passe pas quelques hectares. Le feuille y est moins noir 
que dans la forêt {fig. 133). 

Le bosquet ou le bocage est un bois très-petit. 

Lorsque le bosquet se réduit à quelques arbres, il 
poite le nom de bouguet d'arbres. 

Les forêts ou les bois sont sauvages ou incultes, lors- 
qu'ils ne sont pas exploités d'une façon régulière par 
des coupes bien entendues, faites k des époques déter- 
minées; dans le cas contraire, ils sont aménagés. 

Dans une forêt aménagée, on appelle réserve, les arbres 
qu'on n'abat pas dans une coupe. 

Suivant le degré de hauteur des plantations d'un bois, 
ce dernier porte les noms de futaie, de taillis ou de 
fourré. 

La futaie est un bois composé de grands arbres, parmi 
lesquels on ne fait des abatis, au fur et h mesure de la 
croissance des arbres, que pour donner de l'air à ceux 
qui restent. 

On appelle haute futaie celle dont les arbres ont une 
centaine d'années. 

Le feuille de la futaie est épais (/îg. 134). 

Le taillis est un bois épais qu'on ne laisse croître qu'à 
une certaine hauteur, et que l'on coupe, à intervalles ré- 



glés. Le feuille en est moins épais que pour la futaie 
{Jig. 134). 

Les jeunes arbres d'un taillis proviennent du rejet des 
souches et des racines. Le recru est précisément le bois 
qui pousse après une coupe. 

Lorqu'on laisse se développer quelques arbres au mi- 
lieu d'un taillis, celui-ci se nomme taUlù compote ou 
taillis sous fulaie. 

Un fourré est un taillis ou un jeune bois couvert de 
broussailles, dans lequel les branches des arbres s'en- 
trelacent de manière à le rendre impraticable. Un même 
bois peut présenter dans son étendue des futaies, des 
taillis et des fourrés. 

Au point de vue des essences des arbres, les terrains 
boisés peuvent être dénommés boit verlt ou boit fetàUua. 

tf. 134. 



Les bois verts sont plantés d'arbres résineux (sapin, 
pin, cèdre, etc.), conservant leurs feuilles pendant toute 
l'année et croissant en hauteur sans donner de recru, 
ce qui empêche d'en faire des taillis. 

Les bois feuillus sont composés d'arbres qui perdent 
Leurs feuilles pendant les saisons froides de l'année 
(chênes, hêtres, châtaigniers, ormes, etc.). 



— 90 - 
Ces dernières essences donnent facilement des rejets 
ou recrus et produisent les taillis et les fourrés. 

Les bois verts se distinguent des bois feuillus par de 
■" ■ ' ' ;es d'étoiles 



rbres dans 
) feuille la 

[U'il y reste 

tel, friches, 

pdes points 
ançaises et 
r une touffe 

) très-petite 

}s et arides 

s lesquelles 



Iques rares 
les A*. 



Fig.id^, 



„i,ii.. . ^•■■.'■ ai..- •.,,. W".'." •-.r.*" 

• ......11... * . -jÊjNo- • ■ •^«rv.MÙv 

:»-T -T-"'- "■■•-y.. ■■.■....".■■:■* 



— 91 — 

Les broussaïUes se dessinent à peu près comme les 
bruyères, mais avec un pointillé 
de prairies beaucoup plus clair- 
semé (/î^. 136). 

Les friches sont des terrains 
qu'on ne cultive pas et où ne 
croissent que des herbes et des 
broussailles. Elles se représen- 
tent, en conséquence, par quel- 
ques pointillés de prairies et par quelques feuilles très- 
légers, c'est-à-dire à peu près comme des broussailles, 
mais avec une teinte générale 
plus faible (/îgr. 137). 

De grandes plaines arides, sa- 
blonneuses et généralement ma- 
récageuses, où ne croissent que 
des plantes inutiles comme les 
fougères, les roseaux, les bruyè- 
res, les ajoncs, et où, pendant 
plusieurs kilomètres, on ne rencontre ni un grand arbre, 
ni une pierre, portent le nom de gieppe$ en Russie et 
celui de landes en France. 

Les landes se représentent par une teinte générale 
de pointillé sable, au milieu de laquelle on remarque 
quelques flaques d'eau, quelques touffes d'herbe et 
des broussailles (fig. 138). 



Pig. 437. 






I. 






"-•.?>*tiA\J'^'*"- 



»rjilt«~u» ' 



"i.JtM%.i^' 



-..^•^«i^lÇ** «.11. 



^SNkivUi»^. '-:', 






Pig. 438. 




SableSf galets, dunes, — Les sables se représentent 
par un pointillé rond très-léger (fig, 139). 

Les galets, par un pointillé plus fort et irrégulier 
(fig. 139). 



- 92 — 

Les sables s'indiquent dans les levés par l'initiale S. 

Les diaies sont marquées par de petites hacliures qui 
donnent l'idée de lear relief, d'après les conventions qui 
seront indiquées au chapitre suivant (fig. 13^. 

Fig. «9. 



JSxedvaiion» artificielles du toi et travaux Bouierraim. 
— Parmi les excavations artificielles du sol , les unes 
sont souterraines, les autres se font à ciel ouvert. 

Celles-ci sont en général des carrières d'où l'on extrait 
du plâtre, du marbre, de la pierre, du gravier, du 
sable, etc. Elles prennent, suivant le cas, des noms par- 
ticuliers, tels que plâtrière, marbrière, sablière, sablon- 
nière, etc. 

Les carrières affectent généralement la forme d'un 
entonnoir, ouvert d'un côté pour l'accès des voilures. 

Les excavations souterraines, dues aux travaux des 
hommes, sont : les carrières à cavage, dans les gâteries 
desquelles on descend au moyen de poils , les mines 
exploitées, les aqueducs souterrains, les tunnels, les gale- 
ries de mine défensives ou offensives, etc. 

Ces dernières galeries sont employées dansun siège, les 
unes pourdétruire par explosionlestravauxderassaillant, 
les autres pour eontre-battre les mines de l'adversaire. 



r 

r 





\ — D3 - 

Les carrières ordinaires sont figurées par leur orifice, 
Fi 440 ^"^^^^ duquelon mène intérieurement de 
petites hachures perpendiculaires effilées 
ifig. 140). 

Les travaxix souterratnSy tels que les aque- 
ducs, se représentent en pointillé comme les 
ruines. 
Les fondrières se représentent comme des carrières, 
dans le fond desquelles on hache des flaques 

Fig,m. ^j'çau. 

Les trous sont figurés comme des car- 
rières; mais on y trace plusieurs rangées de 
hachures, si c'est nécessaire, afin de dimi- 
nuer la partie plane qui se trouve au fond 
et que le dessin doit laisser en blanc {fig. 141). 

Escarpements, arrachements^ falaises^ rochers, — Une 
pente très-roide porte le nom A* escarpement. 

L'escarpement régulier se représente par des hachures 
régulières très-rapprochées et effilées dans le sens de la 
pente. Tels sont les escarpements qui bordent les routes 
en déblai, en remblai ou à revers (/îj. 70, 71, 72). L'o- 
f rigine supérieure de l'escarpement est indiquée par un 
i: trait renforcé et irrégulier, à peu près perpendiculaire 
i aux hachures {fig. 71 et 72). 

On nomme arrachements, les espèces de déchirures 
qui se remarquent dans un sol bouleversé. Les escarpe* 
ments irréguliers dans lesquels se trouvent ces arra- 
chements, se représentent comme des escarpements 

! Fig. m. 



^nWiffffK^fW^^^^^^^'^if^^^^^ 



m 



réguliers, au milieu desquels on dessine les arrache- 
ments par de gros traits noirs ayant la direction des fis- 
sures du sol (fig. 142). 



— 94 - 
Les falaises, qiii sont d(is escarpements laillés à pic 
sur certaines côtes de la mer, se représentent par des 
lignes parallèles à leur base, coupées très-fréquemment 
par des lignes très-foncées, à peu près verticales, qui 
représeotent les fentes des rocbers [fig. 143). 

Ffj. U3. 



1 




Les rochers plats des bords de la mer se dessinent, h 
l'effet, par des lignes brisées qui en tracent lescontours, 
et auxquelles on mène quelques hachures perpendi- 
culaires très-courtes (/îj. 144). 



La représentation des rochers et des escarpements 
qu'on remarque accidentellement sur les élévations, sera 
donnée au chapitre in. 



Dans les cartes coloriées, les conslruetitms en maçon- 
ttene, murs, maisons, ponts de pierre, etc., sont tracées 
h l'encre rouge ; les hachures sont remplacées par une 
ternie carmin. 



— 98 — 

Les cours d'eau et les étangs sont tracés au bleu de 
Prusse et, s'ils sont assez grands, on y met une leinle 
bleue qui décroît d'intensité des bords au milieu. 

Pour Yeaudemer, on ajoute au bleu de Prusse un peu 
de gomme-gutte, ce qui donne un bleu verdAtre. L'inté- 
rieur des bassins des marais salants reçoit la teinte eau 
de mer. 

Les autres teintes conventionnelles principales sont 
lès suivantes : 

Terres labourables. — Terre de Sienne brûlée et un 
peu d'encre de Chine. Quelquefois on ne les teinte pas. 

Prés et rizières. — Vert bleuâtre. — Bleu de Prusse 
mêlé avec une faible partie de gomme-gutte. 

Bois. — Jaune verdâtre. — Gomme-gutte mêlée à une 
faible partie de bleu de Prusse. 

Vergers. — Vert franc. — Gomme-gutte et bleu de 
Prusse en égale quantité. 

Vignes, — Violet. — Bleu de Prusse , carmin et un 
peu d'encre de Chine. 

Sables, dunes. — Jaune orangé. — Gomme-gutte avec 
un peu de carmin. 

Galets. — Teinte de sables ternie avec de Fencre de 
Chine, et travail à la plume indiqué aux signes conven- 
tionnels. 

Friches. — Panaché de sable et de verger. 

Bruyères. — Panaché de carmin pâle et de vert-pré. 

Broussailles. — Panaché de vert-bois et de vert-pré. 

Marais. — Teinte générale de vert-pré, avec des flaques 
d'eau en bleu pâle dégradé. 

Prairies marécagey^ses, — Comme les marais, avec 
moins de bleu. 

Jardins. — Les allées restent en blanc et les carrés 
reçoivent des teintes variées de terre labourée, de vignes, 
de prés, de vergers et de bois. 

Toutes ces teintes doivent être légères. 



IV. — aiCHVES COnrVENXIOMIWEUB ADMI- 
IVlfllXRA.XIIi« EX ÉCRITURES. 

Pour terminer l'élude des signes conventionnels de 
pUnimétrie qni a èlê faite dans ce chapitre, on va indi- 
quer les signes administratifs, les écritures et les abré- 
viations usités dans les cartes topographiques. 

Signes conventionnels administratifs. — Sur les cartes 
de l'état-major, la litniie d'étal est indiquée par une 
ligne, alternativement composée de croix et d'éléments de 
ligne {fig. 14S), à laquelle on ajoute, sur les cartes colo- 
riées, un liséré jaune pour la France, un liséré bleu foncé 
pour les autres pays. 

Fig. itë. 



La limite de département est tracée avec une série d'é- 
léments de ligne (fig, 146) et avec du bleu léger. 



La limite d'arrondissement est dessinée par des élé- 
ments de ligne, séparés les uns des autres par deux petits 
points ronds [fig. 147), el avec du rouge. 



La limite de canton est indiquée par une ligne, aller- 



— 97 — 

nativement composée de deux gros points ronds et de 
deux petits (fig. 148), et par un liséré vert. 



La limite de commune se trace par une ligne poin- 
tillée, qui est peinte avec du minium, sur les cartes co- 
loriées (/î^'. 149). 

Fig. U9. 

Les chefs-lieux de département, d'arrondissement et 
de canton se distinguent par les signes suivants : 

tPF{ PRÉFECTORE. 



SOUS-PRÉFECTURB. 




© 



CANTOIf. 



Ecritures. — Les écritures d'un dessin doivent être 
très-soignées. 

Les noms des cours d'eau et des voies de communica- 
tion s'écrivent parallèlement à leur direction, de façon 
qu'on puisse les lire sans retourner la carte; les autres 
noms, particulièrement ceux qui désignent les lieux 
habités, s'écrivent, en général, parallèlement au bord 
supérieur du cadre, et à droite des objets lorsqu'il s'agit 
de localités. 



Les dimensions et les formes des lettres de l'écriture 
varient avec ta grandeur de l'échelle et avec l'impor- 
tance de l'objet désigné. 

Le dépôt de la guerre a adopté cinq types de lettres : 

LA CAPITALE DROITE. 
LA CAPITALE PENCHÉE. 
La romaine droite. 
If a ^anuâae ■penëtwe. 

L'italique. 

L'agenda d'état-major donne, pour les principales 
échelles et d'après les conventions adoptées par le dépôt' 
de la guerre, le taàleau des caractères et des hauteurs des 
écritures employées pour désigner les différents objets 
du terrain; il n'a pas semblé qu'il fût utile d'en repro- 
duire les indications dans ce cours. 

Abréviatiùns. — On trouvera ci-après le tableau des 
abréviations adoptées par le dépôt de la guerre pour 
les cartes topographiques françaises (1). 



OBSEBVATIOK, 

L'étude du chapitre ii sera complétée par la reproduc- 
tion des différents signes conventionnels de la planimé- 
trie et par des exercices d'écriture avec les cinq types 
de lettres réglementaires. 

On peut trouver des modèles de dessin dans cet ou- 
vrage ou dans les deux premiers Cahiers de dessin topo- 
graphique de A. Hennequin ; les modèles de lettres et de 
chiffres peuvent être pris dans tous les livres imprimés. 

(1) Ce Isbleau, graié pour l'inilrucfto» éiémvntair» lur la lopegra- 
pki», t été mis obligeiDinisnt h ma dispoaillaD par l'auteur de celle 
instroctiop, U. le comniADdsal Roiiby. 



— 9D - 



VBREVL\TIONS DEXA CARTE DE FRANCE A . 



80. OOO 



Abbf^. 



AivuAnd^- 

Ancf- 

Aq^ 

Ai^ 



_ Abbaye^. 
- Abbaye^. 
Aiguille^. 
^Ancieny, 



Aiuienrte^. 
-Aqaedac^ 
Afbre^. 



Arb^Siyh — Aiii^ Siynalé^. 
Aub <?* Aubaye^. 



B, 



BaVf^- 



Bl^Berc : - 

B"^ ^ 

BV}^ 

BV^, 

B"!^ - 

B^- 

^f«i 

B'f^ 

Br^ 



Briif}^^ 
Bf 



\M. 



Bf^^ 



Bois . 



Batterie^. 
Bouche-. 



^ Borde.. 



Bdoédère^. 
-.Beryerie, 

Battide< 

. Barùt* 



Bossiiiy. 



Bastion/. 
^BuroiU 



Buisson^, 
Baraque^ 



Barrière., 



Briqueterie^ 
~j~> JBtis » 



Busses. 



Balise^. 



C. 



Cab±. 



Cap. 

Cabaret. 

-Cahaitt. 

- Cnnal^^ 

.^CortaL. 



Carrt 



Carrefr- 
Cayr—. 
Ch. 



Carrière^ 

.-^Carrtfbur. 
yCayolar. 



Ch.. 



Chât.- 
Ch/^ 
Ch"^- 
Ch^- 



— Chaïune. 
ChdteoMC 



chf^cL : 






cf — 



Colontbr~ 

CT" 

Couof — 
C^ 



^Châtcàiu 
-Chaussée^ 
CfunÙRjéct 
..Chapelle^ 

ChàieL 

-^Chentiiu 



Chap^Chap{l Chapelle^ 

Ck^ ■ Chaùte^ 



Cheminée^ 

— Champs, 
.dmelitrtâ 

- Citadelle* 

Qx>Ù£.. 

Gmûl, 



Colombier. 
Canton/. 



Càuoent» 
—ûibaiic* 



— 100 — 



cr 

a^ 



o^ 



c^- 



CT. 






Donv: 



iT.- 
EcV 



EcV^Eo. 
SffTt — 



Emh^, 
E.Afùv 



^Cônumint^ 
CommunaL 
^Comjnjunt< 
Cour. 



Carr^ur. 
, Carrière.. 



Cense^. 



CaïUoru 



.Croix. 



Dommne^ 

DêparUmentalet 

Di^ue^ 

Donuxine* 

Douane.. 

Lomairu* 




Est-. 

Ecurie^. 

Edose^ 

Efflise^. 

. Embcurcadère^ 
_ Embouchure.. 
Eau Minérale.. 

Frmi/^j^. 

Etang, 



Etablissement, 

Etang, 

Etoile^. 



Fab^— 
FauhS. 



rri. 



F'^ 



FonL^^ 
F'^L- 
Ff— 
F.^_ 



G^^ 



^^ 



tU 



GSt^ 



C^^ 



G"f^ 
GLfL, 



^ab.'L 






I&^ 



Imp^ 



-Fabrique^ 
Faubourgs 
Faubourg, 

Ferm£^,' 

Forge^. 

FUxufe^,, 

Fermj^', 



.Fantaùie^ 
.Fontaine^ 
Fonderie^, 

Forêt. 

Fort. 



Grand.. 



Grande., 
_ Gorge^. 
.Grange.. 
-Grand. 



Grande^, 
-Glader. 



Mtèap. 



ffantecau 

% 

matt. 



Haide.. 



Hautes. 
^ Hauts. 



lUf. 



Impériale^ 



r 






/r. 






lag^ 



Lot.. 



Loo'. 



re- 






M. 






Maimf'. 
Aféii^ 



rt^ 



Mi'. 



^ 101 — 






XaC'. 



Zù 



Lta, 



-Zagunu 
Zoiiiudô'. 
Zantk^ 



Zocalure', 



ZeOe., 



Mas. 



—. MaltubtrU^, 

Aîamtfbuiure^. 

• Masure^. 

Mélairici 

, ' Monia^nt^ 

Mèitùriti 

MouUm 

Meufuis. 

Maisofi^. 



Mf Marais. 

m!' Mont. 



N. 

Natl^^ 



N.E^ 



JSf^, 



Jf,0. 



O.. 



0¥. 



F. 



Ph 



Rf^Fel. . 

Pf- 

F^ 

F^ 



F^. 
F^^ 



Jfant. 



JValùffiaU^ 
- UoujôeatL 



.Notrtf'J^ain^. 

Nord/'Est, 

Nouotiler, 

^Nord'Onut. 



.Onsttm 



Ony, 



Farc d^htstùuix^ 
/fc. 



.Fapeteriet 
^Favillon. 



Fr^eciurt^ 
— Fassage^* 

Fhar», 

FlaUaxu 



Faoillotu 



fi^udrene^. 

FkUU 

Fvnt. 



FUtU. 
.FifùUeK 
-Fàrie* 
.FasU^ 



Ft^UD'Jt^ BxU dt^Douanj^. 
F^r i*- FyramidM^ 



— 102 — 



R.— 



^Quartier, 
z^ Rivière. 



R. 



RaissfoiJL. 
Rue. 



Rcut.. 



^Radeon. 
-Radeaw. 



RR°^ 
R^— 
R^Ff-— 
R^ 



.Ruisteofù 
—RoruL 



RefTuL'Jhint^» 
Rioiire. 



Réd.Redi*'^ 
R?L^ 






Rtmh?^ 
R^ 



«T.- 



Sat^ 



ce- 



Stdp\ 
Sqprt 



Sént>*. 






RedotUe* 
—Rocher. 



Rdr^ Reirancheinent. 

R^ Ravina. 

R^ Remise^, 



.Riaitre^ 
.^Raùu/. 
Roahine, 
RafoiC', 



Sud^. 



SaJUne- 

Salpêtrerie. 
Sapinière' 
Sderie^. 



.Sud>Est 



Sentaphoreri 
^ Séminaire^ 
^Sud'ûuest- 



Som} . 



.Sommet. 



. SouS'Bnéfecture . 
'Seunt . 



S,^ 



St^'J^Stat'^- 



T^ 



liul* 



mt 



u^ 



Vac^. 
Vf— 

v^ 






jrs. 



Sain/e^ 



Staiion 



Ttoftnerte^ 



Télégraphe. 

Télégraphe. 

Tuilerie. 

Torrent. 

Tour. 



nUUrie» 



Usiner 



Vacherie 

^Vallée, 

^Vwiér 



-VaUoiv 
VèfTtrit 
^ Vieil» 



U^titerffond' 



— 103 — 



CHAPITRE IIL 



ÉTUDE ET FIGURÉ DES FORMES DU TERRAIN. 



Notions préliminaires* 

Pente, — La pente d'une ligne droite est rinclinaison 
de cette ligne sur un plan horizontal. Elle s'exprime de 
deux manières : 1® en indiquant, en degrés ou en grades^ 
l'angle que forme la ligne inclinée avec sa projection 
horizontale (1); 2° en faisant connaître de combien on 
s'élève ou on s'abaisse, en parcourant cette ligne, pour 
un certain trajet horizontal. 

Ainsi, la ligne AB ayant pour projection horizon- 
tale BH, et ces deux lignes formant un angle de 20" ,5 
dans le triangle rectangle AHB, la pente de AB est de 
20«' ,S (fig, 150). On dit aussi qu'elle est de {, parce 

Fig, 460. 




que, en gravissant BA sous l'angle de 20»^ ,5, on monte 
verticalement de 1 mètre (AH = 1™) pour 3 mètres de 
trajet horizontal (BH = 3°*). AH étant la hauteur du 
triangle AHB, et H B sa base, on peut donc exprimer la 
pente d'une ligne AB par une fraction ordinaire ayant pour 



(1) La circoDférence est divisée en 360 degrés oa en 400 grades. 



— 104 — 

numérateur la hauteur et pour dénominateur la base du 
triangle rectangle qui sert à déterminer graphiquement 
la projection de cette ligne : 



Pente = t 
b 



C'est ce rapport de la hauteur à la base qui est em- 
ployé pour exprimer la pente des talus dans la fortifica- 
tion. Une simple inspection de la figure 181 fait voir que. 



fig. ibi. 



en augmentant la pente d'une ligne, le rapport qui sert 
à l'exprimer augmente aussi. En effet, dans la position 
horizontale BA, il n'y a pas de différence de niveau 
entre les extrémités A et B de la ligne A B, et la pente 

h 
est nulle: -g = -r-g = 0. Dans la position inclinée BA', 

A' H' 
la pente de la même ligne est -^^ > 0. Dans la posi- 

A^H" 
tion plus inclinée BA", la pente est -ôûf» fraction 

A' H' 
qui est plus grande qjae -gr^, parce que le numérateur 

est plus grand et le dénominateur plus petit dans la pre- 
mière fraction que dans la seconde. 

Cette explication sera rendue sensible aux yeux, en 
plaçant une règle sur une table horizontale, en la faisant 
pivoter dans un plan vertical autour d'une de ses extré- 
mités, et en déterminant, à l'aide d'un fil à plomb, les 
deux quantités dont le rapport sert à exprimer la pente 



. . 3 



— 105 — 

de cette règle dans chacune de ses positions succes- 
sives. 

La pente d'un plan est Tinclinaison de ce plan sur un 
autre plan horizontal. Elle s'exprime par la mesure de 
la pente d'une de ses lignes de plus grande pente 

De toutes les lignes qu'on peut tracer par un point B, 
pris sur un plan incliné^ celle qui forme le plus grand 
angle avec sa projection horizontale est dite ligne de plus 
grande pente {fig» 452). 



Fig. 46«. 



Pig. 453. 





En examinant la figure ISS» dans laquelle le plan 
A DE F est supposé horizontal, on remarque que cette 
ligne de plus grande pente est la perpendiculaire B A à 
la charnière horizontale des deux plans. En effet, si cette 
charnière est perpendiculaire à la ligne AB, elle se 
trouve perpendiculaire au plan vertical passant par cette 
dernière ligne et par suite à la projection horizontale AH 
de AB, projection qui est comprise dans ce plan. Il en 
résulte que la projection HA' de toute autre ligne BA' 
est oblique à la charnière et par conséquent plus grande 
que la projection À H de AB; donc, la pente de AB, 

BH 

exprimée par le rapport jg , est plus grande que la 
pente de toute autre ligne telle que BA', exprimée par la 

Topographie. 6 



— 106 - 

fraction tt??; par suite, la perpendiculaire BA à la 

charnière AD est la ligne de plus grande pente passant 
par le point B. 

On rendra ces explications sensibles en plaçant, sur 
une table horizontale, un carton rectangulaire à charnière 
ou bien un livre dont la couverture ne déborde pas les 
tranches du papier {fig. 152 et 153). En ouvrant plus ou 
moins la couverture supérieure d'un de ces objets, on 
montrera ce qu'on entend par angle de deux plans, par 
ligne de plus grande pente et par pente d'un plan. On 
fera obsen'er ensuite que les bords A B et A F, perpen- 
diculaires à la charnière AD, coïncident d'abord lorsque 
le carton ou le livre est fermé; puis, en ouvrant la cou- 
verture, que le bord AB s'élève verticalement au-dessus 
de A F, et qu'il se projette, par conséquent, toujours sur 
cette dernière ligne. Enân, on rappellera que l'inclinai- 
son de B A sur A F s'exprime par la valeur de l'angle B A F 

ou par le rapport jg , et que, par convention, les 

mêmes quantités servent à exprimer la pente du 
planABGD. 

On montrera de même que la ligne de plus grande 
pente passant par un point quelconque M du plan, est 
celle que suivrait une goutte d'eau ou une bille ronde^ 
abandonnée en ce point à l'action de la pesanteur. 

Pour compléter les notions qui précèdent, il est bon 
de remarquer que toutes les lignes^ tracées sur le plan 
incliné perpendiculairement à une ligne de plus grande 
pente, sont horizontales, puisqu'elles sont parallèles à 
la charnière horizontale; et réciproquement, qu'une per- 
pendiculaire menée, dans un plan incliné, à une hori- 
zontale de ce plan, est une ligne de plus grande pente. 

Une surface quelconque pouvant être considérée 
comme une série de petites surfaces planes, l'observation 
qui précède peut donc s'appliquer aux lignes de plus 



; 



— 107 — 

grande pente et aux lignes horizontales tracées sur le 
terrain. Il eh résulte que la reproduction, sur le dessin, 
d'un certain nombre de lignes de plus grande pente 
d'une surface quelconque du sol, permet de tracer des 
lignes horizontales de cette surface et réciproquement. 
Cette remarque trouvera son application dans l'étude de 
la représentation des formes du terrain à l'aide de sec- 
tions horizontales et à Taide de hachures. 

La pente d'un terrain est l'inclinaison générale, sur 
rhorizon, de sa surface supposée plane. La pente d'un 
terrain incliné varie fréquemment d'un point à un autre. 
En un point donné, elle a pour expression la valeur de 
la pente d'une ligne droite joignant, par le chemin le 
plus court, le pied au sommet de l'élévation. Cette ligne 
est une ligne de plus grande pente de la surface du sol 
supposée plane. 

La pente générale d'une ligne quelconque du terrain 
est celle de la ligne droite qui joint ses extrémités. 

Une pente est ascendante ou descendante^ suivant le 
point d'observation. 

La pente peut être uniforme ou variée; convexe, lors* 





l 
I 



qu'elle forme te dos {fig. 154); concave, dans le cas con- 
traire (fig. 1B8); douce ou escarpée. 

Lorsque l'inclinaison du sol atteint 30"',5, c'est-à- 
dire la pente de \ environ, on dit que la pente est en 
talus. 



— 108 — 

Limites des pentes accessibles aux différentes armes (1). 
— L'expérience a déterminé la relation qui existe entre 
la pente d'un terrain et l'emploi qu*on peut y faire des 
troupes. 

Sur les pentes inférieures à 8" ou à î^> les évo- 
lutions de toutes les armes se font aisément; toute- 
fois la charge de cavalerie est pénible en descendant. 
Au delà de cette pente, les voitures non enrayées ont 
peine à se mouvoir. 

L'artillerie de campagne ne manœuvre pas et la cava- 
lerie cesse de charger sur une pente qui dépasse lO^^B 
ou g. 

Les plus fortes pentes que des cavaliers isolés puissent 
gravir sont celles de 28■^ un peu plus faibles que \. 

L'homme debout et le mulet gravissent encore les 
penteâ de 33®^ ou de g environ. En s'aidant des mains, 
le tirailleur peut monter des pentes de46»',8 ou de ^. 

Cotes de niveau. — On a vu, au chapitre I«', que la 
topographie représente les objets du terrain en les pro- 
jetant horizontalement sur un plan de repère ou plan de 
comparaison, qui est le niveau de la mer, supposé tran- 
quille et prolongé sous les terres. Ce plan a été choisi, 
parce qu'il laisse au-dessus de lui presque tous les 
points du terrain. 

On nomme altitude à!xiji point, son élévation au-dessus 
du niveau prolongé de la mer. Cette élévation s'appelle 
généralement cote de mVmw ou simplement cote, quelque 
soit le plan de repère. 

Si l'altitude d'un point A est 48 mètres, cela signifie 
que la distance verticale de ce point à sa projection a 
sur le niveau de la mer, prolongé sous les terres de T 
en E, est égale à 48 mètres {fig, 186 et 157). 



(i ) On indique ici les pentes accessibles anx différentes armes, pla- 
tôt qn'aa chapitre des reconnaissances, parce qu'il doit en être question 
plusieurs fois dans le développement du Cours. 



— 103 — 

Un point a d'une carte topographique, à côté duquel 
on met un nombre indiquant son altitude, est appelé un 
point coté (fig, 156). 

Pig. 466. 

\9 



Flan àe repèrt 
liorixontal 




Ainsi, l'indicalioa . 45 se dénommera point coté ^^, 

En langage militaire, on nomme commandement ou 
reltefà'wne hauteur, son élévation au-dessus du terrain 
avoisinanl. 

On donne aussi, d'une façon générale, le nom de re/iJp/ 
à l'ensemble des élévations et des dépressions du terrain. 

La différence de niveau de deux points est la différence 
entre leurs altitudes ou leurs cotes. Elle sert aussi à ex- 
primer le commandement d'un point sur un autre. 




Le nivellement est la représentalion du relief du terrain 
au moyen de certains signes conventionnels. Cette repré- 
sentation est basée sur la connaissance des cotes de 
niveau. Avant d'en entreprendre l'étude, on va passer 

6. 



— 140 — 

en revue les principales dénominations qu'on donne aux 
diverses formes du terrain. ' 

FORIOSS DIVERSES QU' AFFECTE LE TERRAIN. 

Les différentes formes de la partie solide du sol peu- 
vent être classées dans trois catégories, les plaines^ les 
élévations et les dépressions. 

D'une façon générale, on appelle mouvements ou acci- 
dents de terrain, les élévations ou les dépressions qu'on 
remarque à la surface du sol. 

Plaines* 

Une étendue assez grande du sol ne présentant aucun 
mouvement de terrain important, porte le nom deplaincy 
si elle est située dans des régions basses; elle se nomme 
plateau^ si elle se trouve sur des hauteurs. 

Fig. 468. 




Si la surface d'un plateau affecte une forme légèrement 
concave, elle reçoit le nom de combe (cumbê, cavité), lors- 
qu'elle est généralement desséchée, et s'appelle fon- 
drière, lorsque cette forme concave est le résultat d'un 
effondrement du sol qui, a produit un gouffre où crou- 
pissent les eaux {fig. 158). Les fondrières peuvent se 
trouver aussi bien dans les plaines sablonneuses et dans 
les anfractuosités des montagnes que sur les plateaux 
ordinaires. Elles ont moins d'étendue que les combes. 



— m — 

Ces dernières peuvent être assimilées à de petites vallées 
et se rencontrent souvent dans les cirques élevés, comme 
on le verra plus loin. 

Les plaines se nomment bruyères, iteppes ou landes, 
dans les circonstances indiquées au chapitre précédent. 

Élévations* 

Les élévations du sol prennent des noms différents 
suivant leur importance. 

Montagnes. — On appelle monts ou montagnes, des élé- 
vations considérables de la surface du sol. Leur relief 
doit être de 300 mètres au moins (1). 

Au pluriel, ces deux expressions ont une même signi- 
fication. La première sert à désigner ordinairement les 
élévations dont le nom propre est masculin; on l'emploie 
sans la préposition de; exemple : les monts Durais. La 
seconde expression s'applique plutôt aux élévations dont 
le nom propre est féminin; elle est toujours suivie de la 
préposition de; exemple : les montagnes des Alpes. 

Au singulier, ces deux noms ne sont pas employés 
dans les mêmes circonstances. L'expression montagne 
est prise dans un sens plus abstrait que l'expression 
mont; la première peut se passer d'un nom propre; la 
seconde doit toujours en être suivie. C'est ainsi qu'on 
dira: J'ai exploré la montagne; J'ai traversé le mont 
Cenis. La dénomination mont s'applique surtout h un 
point culminant d'une chaîne. 

On nomme ptc une élévation de forme conique qui 
domine, d'une manière très-saillante, soit une plaine, soit 
plus généralement un système de montagnes. 

Le pic se nomme aiguille et quelquefois corne, si sa 



(4) Les chiffres qa'oD donne ici, ne marquent pas d'une façon absolue, 
mais approximatiîe, la limite entre les différentes espèces d'éléTations . 



— 112 — 

forme est pointue; dent, si elle est anguleuse; dôme ou 
ballon, â elle est arrondie en forme de dôme. 

On donne aussi plus particulièrement le nom d'ae- 
guilles ou A' aiguillons aux découpures aiguës, dessinées 
par les rochers qui se trouvent au sommet de certaines 
montagnes, telles que les Alpes. 

Le piton est le nom donne, surtout aux Antilles, à une 
pointe élevée, stérile et bordée de précipices, qu'on re- 
marque sur une montagne. 

Les puys sont des pics tronqués qu'on rencontre dans 
les montagnes de nature volcanique, particulièrement en 
Auvergne, et qui présentent ordinairement, à leur som- 
met, une concavité formée par le cratère d'un ancien 
volcan. 

Les montagnes sont rarement isolées dans la nature : 
elles sont généralement groupées et reliées entre elles, 
de manière à former un massif montagneux, auquel on 
donne le nom particulier de chaîne de montagnes, lorsque 
les élévations qui la composent, ont une direction bien 
déterminée. 

On nomme chaînon, une série de hauteurs qui se dé- 
tachent d'une chaîne de montagnes, et qui prennent, à 
une certaine distance, une direction sensiblement paral- 
lèle à l'axe de cette chaîne, en formant ainsi une grande 
vallée parallèle à la chaîne principale. C'est ainsi que les 
Apennins peuvent être considérés comme un chaînon des 
Alpes : ils limitent au sud la vallée longitudinale du Pô. 

On nomme contre-forts d'une chaîne de montagnes, 
des élévations qui s'en détachent à peu près perpendicu- 
lairement, comme pour l'arc-bouter. Lorsqu'ils ont une 
certaine étendue et qu'ils ne rencontrent pas de vallée 
longitudinale, ils se prolongent souvent jusque sur les 
côtes de la mer et forment la ceinture des vallées trans- 
versales. 

Les subdivisions latérales des chaînes et des contre- 
forts se nomment rameaux. 



- 113 — 

Dans un massif montagneux, on appelle rueud, le pomt 
de jonction de plusieurs chaînes de montagnes. Ce nœud 
affecte généralement la forme pyramidale, a une grande 
élévation, et se désigne en géographie sous le nom de 
mont **•. 

Collines. — Les collines sont des élévations dont le 
relief varie de 150 à 300 mètres. Telles sont les collines 
de Normandie, celles du Nivernais. Lorsqu'une élévation 
de ce genre est isolée, elle se nomme monticule. On dé- 
signe sous le nom de coteau, soit un appendice d'une 
colline, soit un de ses versants lorsqu'il est cultivé. 

Hauteurs, — Les mouvements de terrain moins élevés 
que les collines sont désignés sous le nom général de 
hauteurs. 

On nomma mamelon^ une hauteur isolée ayant une 
forme généralement arrondie, mais variable, et dont 
Télévation se trouve comprise entre 150 et 50 mètres en- 
viron. Une hauteur semblable, mais d'une élévation 
moindre, s'appelle tertre ou butte. 

Lorsque les hauteurs sont longues et peu élevées, on 
les nomme ondulations, rideaux, plis ou dos de terrain. 
Telles sont les ondulations qui relient le plateau de 
Langres aux collines du Nivernais. 

Différentes parties] d'une élévation. — Si l'on parcourt 
dans sa longueur une série d'élévations continues, mon- 
tagnes, collines ou hauteurs, en suivant toujours la par- 
tie la plus élevée, à droite et à gauche de laquelle 
s'écoulent les eaux de pluie ou de source, les parties 
latérales de l'élévation s'appellent les versants, les revers, 
ou les pentes, et la ligne suivant laquelle les versants se 
raccordent se nomme arête, lorsqu'il s'agit d'une mon- 
tagne, crête, ligne de faîte ou ligne de partage des eaux, 
pour des élévations ayant moins d'importance. Cette 
ligne peut se comparer au faîte d'un toit ou d'une tente- 
abri. 



— 114 — 
• Les crêts sont des arêtes rocheuses très-allongées, 
comme celles qu'on rencontre en grand nombre dans le 
(Commandant Roubt). 

i le raccordement des versants se fait sousun angle 
1 dit que la hauteur se termine en dos d'âne ou en 
poisson; quand il se fait h l'aide d'une surface 
>sez étendue, il donne lieu à un plateau. 
[u'une élévation, considérée isolément, affecte la 
'une pyramide, la ligne de faite est réduite à un 
ui est appelé point culminant, et qui prend spé- 
iit le nom de cime pour une montagne, et celui 
tet pour d'autres hauteurs. 
omme aussi sommet la partie culminante d'une 

)pelle pied ou base d'une élévation quelconque, 
t où les versants rencontrent un sol horizontal 
ant plus qu'une pente très-légère. 
ilëvement brusque d'une argte ou d'une crête se 
par le nom de ressaut, lorsqu'il n'est pas assez 
nt pour prendre un nom particulier tel que mont, 
melnn, etc. 




odulations du sol dans le sens vertical qui don- 



— 115 — 

ne/it lieu à des pentes alternativement douces et escar- 
pées, fonnent ce qu'on appelle des gradins (fig. 459). 

Croupe. — La croupe est nn mouvement de terrain 
présentant une surface convexe, semblable à celle d'un 
livre entrouvert dont le dos serait incliné du côté opposé 
à l'observateur, et tourné vers lui. 

On y distingue les deux versants, suivant lesquels l'eau 

Pig.iGO. 




de pluie s'écoule, et qui se raccordent par une ligne, 
appelée ligne de partage des eaux ou ligne de faîte, qui 
joue le même rôle, relativement à la croupe, que la ligne 
de même nom dans une série de hauteurs (fig. 160). 

La croupe prend plus particulièrement le nom d'épe- 
ron, lorsqu'elle forme une saillie <iscarpée qui s'arrête 



— 416 - 

brusquement sur la côte, où elle produit en général un 
cap ou promontoire. Le même nom se donne également à 
une croupe escarpée qui se détache dans une série de 
hauteurs. Tel est l'éperon du Rothe-Êerg, que le combat 
de Spicheren a rendu célèbre. 

Col. — Un col est une dépression dans la ligne de 
faîte ou de partage des eaux d'une série de hauteurs ; 
autrement dit, c'est le point où la crête d'une ligne de 



Fig. m. 




( jB IC 




hauteurs s'abaisse, pour donner passage d'un versant à 
l'autre. 

Ainsi les points B, D, F, de la ligne de faîte 
OABGDEFGH sont trois cols (fig. 161). 

Une selle de cheval montre assez bien la forme d'un 
col en B {fig. 162). Dans la langue allemande, les deux 
expressions col et selle sont synonymes. 

La main fermée, le dos tourné vers l'observateur, 
montre à celui-ci trois cols A, B, G, situés entre les pre* 
mières articulations des doigis (fig. 163). 

Dans les Pyrénées, le col prend le nom déport; dans 
le Jura, celui de pertm's. 



Lorsqu'un col se resserre beaucoup et se trouve en- 
caissé par deux hauteurs escarpées, ou le nomme difili. 




Vallée. — La vallée est un mouvement de terrain pré- 
sentant une surface concave, comme celle d'un livre 
entr'ouvert dans lequel on lit en le maintenant incliné. 

On y remarque les deux flanci ou berget, qui se réu- 




nissent suivant une ligne appelée thalweg (chemin de la 
vallée), ou qui s'y raccordent à l'aide do plans légère- 



— 118 — 

nient inclinés, appelés ^/acw {fig. 164 et 165). C'est au 
thalweg que viennent se réunir toutes les eaux qui 

Fig. 465. 




s'écoulent des flancs. Cette ligne est généralement mar- 
quée par un cours d'eau et porte quelquefois le nom de 
fil d'eau. 

On donne plus particulièrement le nom de vallée aux 
mouvements de terrain qui sont formés par la rencontre 
des deux versants opposés de montagnes ou de collines 
élevées. 

Le val est une vallée assez peu étendue et peu évasée. 
Tel est le val d'Andorre. 

Lorsque les élévations qui forment la vallée sont de 
moindre importance et accessibles, on a un vallon. 

Si ces hauteurs sont resserrées et escarpées, la vallée 
se nomme gorge ou ravin, suivant que le thalweg est ou 
n'est pas accessible. Le ravin qui est habituellement 
inondé, se nomme ravine. 

Lorsque les flancs d'une vallée ou les contre-forts qui 
s'en détachent, viennent tourmenter le cours d'eau par 
leur rapprochement, ils produisent un étranglement. C'est 
ainsi que le Rhône, à son entrée en France, est étranglé 
par le rapprochement intime du Jura et des monts cal- 
caires de la Savoie. 

L'espèce de cul-de-sac par lequel se terminent ordi- 
nairement les vallées, du côté où les cours d'eau prennent 
leur source, se nomme tête de vallée. La tête de vallée a 



— 119 — 

souvent son origine sur la ligne de partage des eaux 
d'une série d'élévations, en un point où cette ligne offre 
une dépression appelée col. C'est pourquoi la tête d'une 
vallée porte aussi le nom de col de la vallé . 

Le point où une vallée se déverse dans une autre, s'ap- 
pelle bouche de la vallée. 

Seuil (j). — Lorsque, dans une ligne de partage, hautes 
chaînes de montagnes, plateaux ou marécages, séparant deux 
systèmes hydrographiques, il se trouve une brèche ou dépres- 
sion telle que les eaux d'un des bassins puissent s*écouler en 
partie dans Tautre, soit d'une façon naturelle, continue ou pé- 
riodique, soit encore d'une façon artificielle au moyen de bar- 
rages ou de canaux, ce col prend le nom particulier de seuil. 

Le seuil est donc une dépression dans une ligne de partage 
des eaux, par laquelle peut s'effectuer naturellement ou artifi- 
ciellement^ d'une façon continue ou périodique, la communi- 
cation par eau d'un bassin à un autre. 

Dans un sens plus général, on peut aussi définir le seuil un 
point où un cours d'eau, un lac ou un marais a, a eu ou pour- 
rait avoir, par suite d'une crue ou d'un léger déblaiement du 
sol, un douole épanchement dans deux directions différentes. 

Des exemples feront mieux comprendre ces définitions. 

On trouve, dans les plaines basses et marécageuses, un 
grand nombre de seuils par lesquels le double épanchement 
des eaux se fait continuellement vers deux bassins. Ce phéno- 
mène est surtout remarquable dans les marais de Pinsk, en 
Volhynie, qui servent de source commune à divers affluents de 
la Yistule, tributaire de la mer Baltique, et du Dnieper, tribu- 
taire de la mer Noire. 

Au sud du lac Michigan, entre les systèmes fluviaux du 
Saint-Laurent et du Mississipi, se trouve une très-forte dé- 
pression par où passe actuellement le canal de Chicago et par 
où, même avant la construction de ce canal, de petites embar- 
cations pouvaient quelquefois passer du bassin du Saint-Lau- 
rent dans celui du Mississipi. Avant la construction du canal 
de Chicago, il y avait là un exemple remarquable d'un seuil 
par lequel une partie des eaux d'un bassin s'écoulaient natu- 
rellement, à l'époque des crues, dans un bassin inférieur. 



(h) Pqar la rédactioD de cet article, on a principalement consaltéles 
divers ouvrages d'Elisée Reclus et les notions de géologie du capitaine 
Niox. 



— uo — 

On peut citer en France des exemples du même genre, mais 
sur une plus petite échelle. Ainsi, aux environs de Mœurs (voir 
la feuille n» o7 de la carte de Tétat-major), le Grand-Morm, 
affluent de la Marne, alimente d'une partie de ses eaux la Su- 
perbe ou ruisseau des Auges, affluent de F Aube. Ce double 
épanchement des eaux du Grand-Morin se faisait autrefois 
naturellement ; depuis Tappauvrissement des sources , il se 
fait artificiellement à l'aide d'un barrage. 11 y a donc là un seuil. 

Les seuils de cette nature prennent aussi quelquefois le nom 
de portage dans les pays où le système des communications est 
encore à l'état primitif comme dans certaines parties de l'Amé- 
rique du Sud, parce que, lorsqu'on y voyage dans l'intérieur 
des terres, on est quelquefois lorcé, pour abréger la route, de 
faire un portage, c'est-à-dire de porter son canot d'une rivière 
à une autre. Le même nom de portage est aussi donné à l'en- 
droit d'un fleuve ou d'une rivière où la navigation est inter- 
rompue par une chute d'eau ou par des obstacles qui obligent 
à porter au delà de ce point les canots et leurs chargements. 
Dans les pays civilisés, cette expression est peu connue, parce 
que des canaux ou des systèmes d'écluses permettent d'éviter 
l'opération longue et difficile du portage. 

C'est encore un seuil le point où un cours d'eau se divise, 
soit pour se déverser dans deux grands bassins différents, 
comme le haut Orénoque, soit pour embrasser un massif mon- 
tagneux, comme le font les deux bras du Dihing avant de se 
jeter dans le Brahmapoutrah, comme le faisait autrefois le 
Rhin, au seuil de Sargans, en Suisse, lorsque ce fleuve écoulait 
une partie de ses eaux par la vallée des lacs de Walenstatt et 
de Zurich. 

Comme exemples de seuils de partage par où la communi- 
cation des eaux d'un bassin à l'autre se fait à l'aide de canaux, 
on peut citer : le seuil de Sérapéum que ti'averse le canal de Suez 
entre le lac Timsah et les lacs amers ; le col ou seuil de Nau- 
rouze que traverse le canal du Midi, entre la Garonne et 
l'Aude ; la dépression de la vallée du Bar et le seuU de Saveme 
où passe le canal de la Marne au Rhin ; les dé[)ressions que 
suivent le canal d'Orléans et le canal de Briare qui unissent les 
bassins de la Loire et de la Seine; etc. 

A Faverges (feuille 169 de la carte de l'état-major) se trouve 
également un bel exemple de seuil. 

Citons aussi les divers seuils de Voued MeUih, de KHz et d*AS' 
loudje qui séparent les schotts ou schkas de l'Algérie et de la 
Tunisie, et dans lesquels il suffirait de creuser des tranchées 
pour créer une mer intérieure dans cette région des chotts, en 
y amenant les eaux de la Méditerranée (voir le rapport du com- 
mandant Roudaire sur la mission des chotts et la carte qui y est 
annexée). 



— 121 — 

Une remarque importante à faire c'est qae les plus fortes dé- 
pressions des lignes de faite séparant deux bassins continus, 
autrement dit leurs seuils de partage, correspondent aux points 
où ont lieu les changements brusques de direction des deux 
cours d'eau ou quelquefois d'un seul d'entre eux, ce qui est 
confirmé par les exemples cités précédemment. 

Dans les descriptions géographiques ou lopographigues, on 
emploie cfuelquefois le mot seuil dans d'autres acceptions que 
celles qui précèdent. C'est ainsi qu'Elisée Reclus, en décrivant 
les Portes de fer du Danube, doone ce nom aux bancs de roche 
sur lesquels glisse le fleuve en traversant cet immense défilé, 
les comparant ainsi aux seuils des portes ordinaires. C'est 
sans doute une comparaison de ce genre qui a fait donner le 
nom de seuil à l'un des défilés de la chaîne des Bauges (voir 
la feuille 178 de la carte de l'état-major). 

Cirque; Combe; Cluse. — Ventonnotr est une excava- 
tion entourée de hauteurs de tous côtés. Ce mouvement 
de terrain porte aussi le nom de tt^ou. Lorsque l'entonnoir 
a une grande étendue, il se nomme cirque. On en trouve 
beaucoup dans les Pyrénées, où ils portent le nom de 
ouks; tel est le fameux ouïe deGavarnie, où les touristes 
vont admirer la belle cascade du gave de Pau. 

Il est rare qu'on rencontre dans la nature des enton- 
noirs ou des cirques complètement fermés. Ces formes 
de terrain ont généralement une issue, qu'on indique 
lorsqu'on en fait la description. C'est ainsi qu'on dira 
que la route nationale de Versailles à Saint-Cloud, après 
avoir gravi la butte de Picardie, descend dans un petit 
entonnoir n'ayant d'issue que dans la direction du nord- 
est (voir la carte d'état-major du département de la 
Seine). L'espèce de grande cuvette au fond de laquelle 
se trouve Paris peut être comparée h un vaste cirque 
présentant diverses issues, et sur les bords duquel sont 
en partie établis les nouveaux forts. 

Les grands cirques elliptiques du Jura ont en général 
leur fond sensiblement bombé dans toute leur longueur, 
de sorte qu'il existe, entre le soulèvement intérieur et les 
bords du cirque, deux espèces de vallées étroites qu'on 



— 122 — 

appelle combes, et où se trouvent généralement quelques 
cultures. Parfois, les eaux s'amoncellent dans ces vallons 
et forment ce qu'on appelle des lacs de combe. 

Ces mêmes cirques du Jura sont disposés par gradins 
1(3S uns au-dessus des autres, depuis la plaine de la Saône 
jusqu'au sommet de la montagne, et ont leur grand axe 
dans la direction de la chaîne. Les eaux, pour s'écouler 
d'un cirque dans un autre, ont été obligées de briser la 
cloison qui les sépare, et coulent ainsi entre des parois 
à pic très-rapprochées formant de véritables abîmes. 

D'une façon générale, on nomme due, dus ou cluse, 
ces vallées de fracture qui traversent perpendiculaire- 
ment les arêtes parallèles d'une chaîne de montagnes et 
produisent des ravins excessivement profonds et escar- 
pés. Telle est la cluse du Doubs, en amont et en aval du 
fameux saut dû Doubs. 

Le défilé profond, qu'on appelle cluse, est quelquefois 
traversé par une roule, taillée dans une de ses parois 
latérales; il prend alors, dans certains pays, le nom de 
porte. Telles sont les Portes de fer dans l'Atlas, entre les 
provinces de Gonstantine et d'Alger; telles sont aussi les 
Portes de fer, défilés par lesquels le Danube franchit le 
mur transversal des Carpathes. 

MANIÈRES DIVERSES DE REPRÉSENTER LES FORMES 

DU TERRAIN. 

Mouvements de terrain élémentaires. — La variété des 
sites, dans les pays accidentés, laisse supposer tout 
d'abord que les mouvements de terrain varient à l'in- 
fini ; cependant, en examinant ces derniers attentivement 
on voit qu'ils peuvent se réduire à deux principaux : la 
croupe et le vallon. 

Le professeur rendra ce fait sensible aux yeux de ses, 
élèves au moyen d'un relief en plâtre, en bois ou en 
cire, dont il dénommera les différentes parties, et sur 



Fi^. 167(4). 




— 123 — 

lequel il fera voir la décomposition de tous les accidents 
naturels du sol en croupes et en vallons. 

Les topographes considèrent aussi, comme mouve- 
ments de terrain élémentaires, le mamelon^ le col et Tcn- 
tonnoir , bien que ces derniers 
soient décomposables en croupes 
et en vallons. 

Le mamelon le plus simple peut 
être considéré comme la réunion 
de deux croupes (fig, 167). 

Le col peut être considéré topo- 
graphiquement comme la ren- 
contre de deux croupes et de deux vallons. L'inspection 
de la figure 161, mais surtout Texamen d'un col sur un 
relief, fait voir en effet : 1® que le col B est le point do 
jonction de la croupe ABL et de la croupe CBM ; 2o que 
les deux croupes, en se rencontrant, déterminent laté- 
ralement deux vallons V et V; et 3° que le col B est en 
même temps le point le plus bas de la ligne de faîte ABC 
et le point le plus haut de la route qui joindrait un ver- 
sant à Tautre en suivant les 
thalwegs des deux vallons la- 
téraux V et V. Cette dernière 
remarque peut aussi se faire 
sur la selle de la figure 162, 
dans laquelle le col B est à la 
fois le point le plus bas de la 
ligne ABC et le point le plus 
haut de la ligne DB£. 

Une simple explication, donnée à Téiève avec le relief 
d un col sous les yeux, lui gravera parfaitement dans 
Tesprit cette propriété du col, d'être à la fois la ren- 
contre de deux croupes et la tète de deux vallons. 



Fig. 468 (4). 



■^y. 



'"^'/.. 




(4) Les figures 466, 469 et 470, qui existaient dans les tirages précé- 
dents, ont été snpprimées avec intention. 



— 12i — 

Il est facile de voir que Ventonnoiripeui être considéré 
comme la réunion de deux ou de plusieurs vallons 

{fig. 168). 

Les explications précédentes prouvent qu'il suffira de 
savoir représenter les croupes et les vallons, et acces- 
soirement les mamelons et les cols, pour pouvoir figurer 
sur le dessin toutes les formes du terrain. 

Les cinq procédés indiqués dans le programme minis- 
tériel pour la représentation du relief du terrain, sont les 
suivants : !<> figuré du terrain au moyen de plans en relief; 
2® au moyen de cotes; 3** au moyen de courbes; 4<> au 
moyen de hachures ; S'» au moyen de courbes et de teintes. 

On va les examiner successivement. 



Wtguré du terrain au moyan de plana 

en relief* 

Reconnaître les objets d'un terrain sur une carte 
plane ne demande que la connaissance de certains 
signes conventionnels, parlant facilement aux yeux et 
représentant des objets déterminés; mais comprendre 
les formes du terrain sur cette même carte plane, à 
l'inspection des signes conventionnels du nivellement, 
exige toujours un certain efTort de Tintelligence, qu'il 
est bon de supprimer pour ceux qui débutent dans 
l'étude de la topographie. 

C'est ce qui a fait adopter, pour renseignement de 
cette science, les plans en reliefs dans lesquels les éléva- 
tions et les dépressions du sol sont représentées telles 
qu'elles sont sur le terrain, mais réduites à l'échelle 
adoptée. Ces plans permettent de faire bien comprendre 
les diverses expressions du langage topographique rela- 
tives aux formes du terrain, et ils facilitent beau- 
coup l'étude de la lecture des cartes, en donnant les 



— 125 - 

moyens de comparer très-facilement ks différentes formes 
du terrain avec leur mode conventionnel de représentation. 

On conçoit aisément que, en raison de leur prix de 
revient, de la difficulté de leur construction, de leur 
poids et de leur volume, les reliefs ne sauraient rem- 
placer les cartes, et qu'il faut seulement employer les 
premiers pour faciliter l'enseignement de la lecture de 
ces dernières. 

La construction du plan en relief d'un terrain donné 
se fait au moyen des renseignements fournis par une 
carte sur les formes du sol; de sorte qu'elle ne saurait 
être bien comprise que lorsqu'on connaîtra les signes 
conventionnels du nivellement employés sur les cartes. 
Lès signes les plus usités sont les cotes, les courbes hori- 
zontales et les hachures, 

Emploi des coteiB pour 0§piirep le terrain» 

Sur une carte topographique, la planimétrie donne les 
projections horizontales des points principaux du terrain, 
mais elle ne fait pas connaître l'élévation de ces points 
au-dessus du plan de repère; de sorte qu'une ligne 

Pig. 471. 




droite ab, située sur ce plan, peut être la projection 
d'une ligne droite horizontale de même longueur A B, 
d'une ligne droite A'B' inclinée sur l'horizon ou d'une 
ligne brisée A^'B", se trouvant dans un même plan ver- 



7. 



— 126 — 

tical que ab, ces diverses lignes pouvant être, du reste, 
plus ou moins élevées au-dessus du plan de repère 
(fig. 171). 

Les cotes de niveau ont précisément pour but de fixer 
la position, dans l'espace, des différents points du terrain 
dont la projection est représentée sur le plan topogra- 
phique. Un point A, dont la projection horizontale a est 
donnée par la planimétrie, se trouve déterminé lorsqu'on 
connaît, en outre, son altitude ou sa cote. 

En cotant le point a, c'est-à-dire en mettant sa cote, 
45 par exemple, à côté de la projection a qui figure sur 
le plan, la représentation du point A du terrain est com- 
plète (fig. 156). 

On conçoit aisément que le relief d'un mouvement de 
terrain quelconque A B C D est suffisamment représenté, 
si Ton a coté un grand nombre de ses points (fig. 172)c 

mg, m. 




-^^ ^ l, h^^^^'^ 



Mais cette manière d'opérer, employée avec avantage en 
fortification pour indiquer la différence de niveau des 
différentes lignes d'un retranchement, surchargerait 
beaucoup une carte topographique et ne permettrait de 



— 127 — 

voir la forme du terrain qu'au moyen d'un travail d'ima- 
gination considérable. 

C'est pourquoi Ton a eu l'idée de réunir, par des 
lignes continues, les points qui ont les mômes cotes, par 
exemple les points cotés SO, 55, 60, 70, 72 {fig. 472). 



lî'l^uré du terrain au moyen de courbe»* 

Cette méthode offre plusieurs avantages : 
1» Elle permet de supprimer tous les chiffres qui sur- 
chargeraient le dessin, en n'inscrivant qu'une seule cote 
pour chaque courbe (fig. 173); 

rig. 473. 




2o Elle fait connaître l'altitude d'un nombre infini de 
points, tous ceux qui sont sur des courbes se trouvant 
cotés par ce seul fait; 

3^ Elle laisse voir, au premier coup d'œil, la forme 
générale du terrain. 

En effet, il est facile de reconnaître que la figure 
A B C D M, déterminée de cette manière, est une hauteur 
isolée ayant une forme généralement arrondie, autre- 
ment dit un mamelon. 

Courbes de niveau ou sections horizontales, — Ces diffé- 
rentes courbes, dont tous les points sont situés à une 
même hauteur au-dessus du niveau horizontal des eaux 



— 128 — 

de la mer, sont donc horizontales elies-mèmes. Chacune 
d'elles est la ligne que tracerait sur le sol le niveau des 
eaux de la mer, s'il venait à s'élever d'une hauteur égale 
k l'altitude de cette courbe, par exemple de 60 mètres 
pour la courbe cotée 60. C'est en considérant ces courbes 
de nivellement à ce point de vue, qu'on les nomme courbes 
de niveau, 

La courbe de niveau 60 peut aussi être considérée 
comme la Jigne qui serait tracée sur le terrain, si, avec 

Fig. iU 




ThojèeUon, néAÂiite'^cuue. 
dur^n^sion^ de-jL'jechelle, dicdej^uu 




un immense couteau, on coupait le sol horizontalement 
à 60 mètres au-dessus du niveau de la mer prolongé. 
C'est pourquoi les courbes de niveau portent aussi le 
nom de sections (c'est-à-dire coupures) horizontales. 



i 



- 129 — 

D'après ce qui vient d'être dit, les courbes de niveau 
ou sections horizontales d'un mouvement de terrain, 
sont des courbes imaginaires qui seraient effectivement 
tracées sur le sol, si une inondation venait à couvrir 
successivement les différentes parties du terrain, ou si 
l'on coupait ce dernier horizontalement à des hauteurs 
déterminées. 

Ces courbes étant horizontales, se projettent en vraie 
grandeur sur le niveau de la mer, et le plan topogra- 
phique, en les réduisant aux dimensions de l'échelle, 
leur conserve la même forme qu'elles avaient réellement 
sur le terrain; de sorte que la forme des courbes de ni- 
veau sur le dessin fait connaître les ondulations du soi 
dans le sens horizontal (fig. 174). 

Lorsqu'on commence l'étude des signes convention- 
nels du nivellement, on éprouve généralement une assez 
grande difficulté à suivre, par la pensée, le tracé des 
courbes de niveau sur la surface du sol, en supposant 
une inondation ou des sections horizontales. 

Pour rendre cette opération imaginaire sensible aux 
yeux, le professeur se procurera un petit relief en bois, 
ayant la forme générale d'une demi- gourde, et qu'il est 
facile de construire avec de petites planches superposées, 
dont les angles, représentés en pointillé dans la figure 176, 
sont abattus de manière que les pentes soient continues, 
et non pas en forme de gradins. 

Ce relief renferme les quatre mouvements de terrain 
élémentaires principaux, deux mamelons B, D, plusieurs 
croupes, deux vallons et un col C, que les élèves ont 
déjà appris à reconnaître par leurs formes. 

Ces planches, réunies par deux vis BF et DG, peuvent 
se séparer en retirant les vis. 

Si l'on veut représenter ce relief, en imaginant le ter- 
rain coupé horizontalement à différentes hauteurs, il 
suffit de séparer successivement chaque planchette du 
relief, en commençant par la plus large, et d'en tracer 



i 



— 130 — 

le contour avec de im craie ou avec un crayon, à l'em- 
placement où chacune de ces planchettes se projette, 
lorsqu'on retire celles qui sont au-dessous d'elle. 

Fig 476. 




En projetant ainsi successivement chaque section ho- 
rizontale sur le plan de repère, comme on projetterait 
l'un dans Fautre les cercles d'une ancienne crinoline, 
on obtient la représentation, à l'aide de courbes, des 
mamelons b et rf, des vallons V et V', du col c et de 
plusieurs croupes telles que ba, bc, etc. 

Avec ce relief, on figurerait de même le tracé des cour- 
bes sur le sol par une inondation qui, couvrant d'abord 
tout Je relief, s'abaisserait progressivement, découvrant 



— 131 — 

ainsi d'abord la planche 5^ puis les planches 4 et 4 bis, 
puis successivement les planches 3, 2, 1. 

Le niveau de l'eau, à chacun de ces diflférents mo- 
ments, peut être représenté par une feuille de papier, 
découpée à jour suivant chacune des courbes tracées sur 
le relief en bois. 

A défaut de ce relief, on peut donner des expli- 
cations analogues à l'aide de la moitié d'une poire ou 
d'une pomme de terre, qu'on découpe en tranches pa- 
rallèlement à la base. 

La représentation des formes du terrain à l'aide des 
projections horizontales des courbes de niveau, se com- 
plète en cotant chacune de ces courbes. 



Equidistance; ses avantages. 

Equidistance naturelk. — Pour faciliter la lecture des 
pentes d'un mouvement de terrain, on a jugé nécessaire 
de ne représenter, sur la carte, que les projections 
d'un certain nombre de sections horizontales ayant entre 
elles une même différence de niveau, par exemple 



8 mètres à l'échelle de 



C'est cette différence de 



/)/./ 



d W 



loooo* 

niveau constante entre les cour- 
bes horizontales d'un dessin 
topographique, qu'on nomme ) / i3 

equidistance ou equidistance na- 
turelle. 

Il est facile de démontrer 
que, pour une certaine equi- 
distance, la pente diminue lors- 
que Técartement horizontal des 
courbes augmente, et récipro- 
quement. En effet, a b et de 
étant deux courbes équidis- 
tantes de 5 mètres et dont les 
projections sur le plan topographique sont espacées de 





— 132 — 

la longueur ad, l'angle de peate est l'angle Dad d'un 
triangle rectangle, construit avec la projection horizon- 
tale ad pour base, et avec l'équidistance 5 mètres pour 
hauteur (fig. 176). 

Si respacement des courbes augmente et devient égal 
à ad\ l'équidistance restant la même, on voit que l'angle 
de pente D'arf', déterminé comme l'angle Darf, est plus 
petit que ce dernier. 

L'examen de la figure 177, dans laquelle ABGD est 

Pis. 177. 



nS^ 




la ligne de faîte d'une croupe ayant 60 mètres d'éléva- 



- 133 — 

tion^ fait voii* aussi que Técartement horizontal des 
courbes équidistantes de 8 mètres varie en raison in- 
verse de la pente; tandis que, si les courbes ne sont pas 
équidistantes, mais qu'on se contente, par exemple, de 
tracer celles qui sont cotées 85, 60, 80, 118, il est diffi- 
cile, à première vue, de reconnaître où se trouvent les 
pentes les plus roides. 

En observant la même figure 177, on voit que les on- 
dulations du terrain dans le sens vertical, comme celles 
que forme la croupe ABCD, sont d'autant mieux mar- 
quées que réquidistance est plus petite, autrement dit, 
qu'il y a plus de courbes tracées- 

En effet, si l'on suppose qu'on ait pris une équidistance 
de 20 mètres, au lieu de 8, pour représenter la croupe 
ABCD, les seules courbes qui figurent sur le plan sont 
celles qui sont cotées 85, 78, 98 et 118; or, on voit 
qu'elles sont à peu près également espacées, ce qui laisse 
supposer, à tort, que la pente est régulière. Les courbes 
équidistantes de 5 mètres seulement font bien mieux 
ressortir les gradins successifs formés par la croupe en 
question. 

En résumé : 

1«' principe. — Sur une carie topographique, les courbes 
de niveau doivent être équidistantes verticalement, pour per» 
mettre d'apprécier, au premier coup d*œily les variations de 
pente. 

2® principe. — L'écartement des courbes de niveau équi- 
distantes indique le degré des pentes : plus ces courbes sont 
espacées hotnzontalement sur la carte, plus la pente du ter- 
rain est douce; plus elles sont rapprochées, plus la pente est 
roide, 

3* principe. — Les sinuosités du sol, dans le sens verti^ 
cal, sont dautant mieux représentées que f équidistance est 
plus faible, 

La connaissance des divers principes relatifs à l'équi- 



— 134 — 

distance est indispensable h posséder; mais la démons- 
tration théorique qui vient d'en être faite, pourra être 
avantageusement remplacée par des explications données 
sur le relief lui-même. En coupant le relief en tranches 
inégalement distantes et en traçant, sur le tableau ou 
sur le papier, les courbes ainsi obtenues, on fera com- 
prendre le premier principe. 

On peut aussi faire remarquer aux élèves que, lorsque 
le niveau de l'eau baisse d'un mètre dans un cours d'eau 
ayant produit une inondation, le terrain avoisinant est 
mis à découvert sur une grande étendue, parce* que sa 
pente est faible; tandis que la même baisse de niveau, 
lorsque la rivière est contenue dans son lit, ne découvre 
qu'une surface de berges d'autant plus petite que les 
talus sont plus escarpés. Cette simple observation suffira 
pour faire comprendre le deuxième principe. 

En coupant, en tranches plus ou moins larges, un relief 
présentant des ondulations dans le sens vertical, et en 
traçant les projections des courbes ainsi déterminées, on 
rend sensible le troisième principe. 

Équidtstance graphique. — L'équidistance naturelle, 
réduite à Téchelle du dessin, prend le nom à'équïdistance 
graphique. 

Ainsi, à l'échelle de 73^^, l'équidistance naturelle 
étant égale à 5 mètres, l'équidistance graphique sera 
égale à 5 X Tôïïfô = nsï de mètre ou un demi-milli- 
mètre. 

4® principe. — L'équidistance graphique est constante 
et égale à un demi-millimètre, sur toutes les cartes topogra- 
phiques françaises autres que les cartes d'état-^iojor, dans 
lesquelles cette equidistance est égale à un quart de milli- 
mètre. Ce principe est conventionnel. 

Le calcul fait connaître que l'équidistance naturelle, 
correspondant à l'é^quidistance graphique adoptée, est : 






— 135 — 



A l'échelle de : ^ir. 



«6A0 

sooo 

1_^ 

10000 



SOOOO 



40000 



80000 



2 ,50 
5 



10 
10 
20 



(Carte d'élat-major.) 
Idem. 



En règle générale, pour trouver l'équidistance natu- 
relle, employée avec une échelle quelconque supérieure 
à rrir:; et ayant l'unité pour numérateur, il faut diviser le 



40000 



dénominateur de l'échelle par 2,000, ou, ce qui donne 
le même résultat, séparer trois chiffres à la droite du 
dénominateur et prendre la moitié du nombre ainsi ob- 
tenu. Exemple : à l'échelle de j^y Téquidistance est 
égale à la moitié de 10 | 000 ou 5 mètres. Pour les cartes 
d'état-major au ^5^05 et au —5, on sépare trois chiffres 



et on divise par 4 pour avoir l'équidistance. 

5® principe. — Sur des dessins faits à des échelles diffé- 
rentes, mats ayant la même équidistance graphique, les 
mêmes pentes sont représentées par des courbes également 
espacées. 

En effet, supposons qu'une route s'élève de 20 mètres, 

Fig. 478. 



L 



d^Jt£. 



00 



en pente régulière, pour un trajet horizontal de 400 mètres ; 
cette fraction de route sera représentée, au ~^, par 
une longueur ûô = 4 centimètres, et au ~^^ par dl 
= 2 centimètres {fig. 178). 



— 136 — 

D'un autre côté, Téquidislance étant 5 mètres au 7^, 
10 mètres au ^j^, et la différence de niveau des deux 
extrémités de la route étant 20 mètres, les sections ho- 
rizontales diviseront la ligne a 6 en quatre parties et la 
ligne rf/ en deux parties égales, c'est-à-dire que l'espa- 
cement des courbes sera le même (1 centimètre) sur les 
deux cartes topographiques, faites à des échelles diffé- 
rentes. 

L adoption d'une équidistance graphique constante a donc 
le grand avantage de permettre d* évaluer les pentes par 
fécartement des courbes de niveau ^ sans qu'Usait nécessaire 
de s'occuper de l'échelle du dessin, 

Écartements des courbes correspondant à différentes 
pentes. — Un calcul excessivement simple permet de 
trouver les écartements des courbes correspondant aux 
différentes pentes, soit avec l'équidistance graphique 
de un demi-millimètre, soit avec celle de un quart de mil- 
limètre. 



Pente» : 



1 £ 3 1 1 1 1 

î 10 5 2 3 6 12 



Limites I Tirail- ^•?;"«i"^ CaYaliers ^^^"^^ A'"";"« toitures 

I ia»-. debout 5, .._ en et non 

pour : j leurs. ^^ ^^^^^^ isoles. ^^^^^ ^^^^,^^.^ ^^^^^,^^^ 

Ecarlement \ 
des courbes! 

distance \ 
de0»0005./ 

Ecarlement \ 

avec \ 

réqui- I 

dislance f 

0.00025 W*"" ^/^6"" ^^Z^^"- V2" 3/4" 4«H/2 3- 
employce L environ 

dans la cartel ^/^ 

d'élat- 

major. 



— 137 — 

Variatïoris de féquidùtance graphique dans les pays 
plais ou très-accidentés, — Dans les pays plats, lorsque 
le sol présente des ondulations importantes qui ne se- 
raient pas figurées à l'échelle du dessin, si on employait 
Féquidistance graphique de un demi-millimètre, on se 
sert quelquefois d'une équidistance graphique égale à 
un quart de millimètre, ce qui réduit Féquidistance na- 
turelle de moitié. 

Be même, dans les pays accidentés où les courbes de 
niveau seraient trop rapprochées avec Téquidistance de 
un demi-millimètre, on emploie une équidistance gra- 
phique égale à 1 millimètre, ce qui double Téquidistance 
naturelle. 

Dans ces divers cas, il ne faut pas omettre d'indiquer 
sur le dessin l'équidistance employée. 

Représentation des mouvements de terrain élémentaires 
au moyen de courbes horizontales. 

On a déjà vu, à l'aide du relief en bois, comment les 
différents mouvements de terrain élémentaires sont re- 
présentés au moyen de courbes de niveau. Quelques 
explications supplémentaires sont nécessaires. 




Crouve. — Dans la croupe, les points a, i, c,d, où les 



— 138 — 

coarbes changent brusquement de direction, et qu'on 
appelle points de rebroussement, déterminent la ligne de 
faîte (fig, 179). A partir de celte ligne, les courbes 
s'évasent. 

Si la courbe la plus élevée, dont la cote 65 est un 
multiple de Téquidistance, ne se trouve pas exactement 
au sommet de la croupe, on trace une autre courbe 
pointillée 67, qui suit le sommet des versants. Il en est de 
même pour le pied de la hauteur. 

Principe. — Za ligne de faîte d'une croupe est ligne de 
moindre pente quand on l'observe de haut en bas; elle est 
ligne de plus grande pente quand on l'observe de bas en 
haut. 

Si l'on suit la ligne de faîte de haut en bas, on voit 
que cette ligne est celle qui a le moins de pente. 

En effet, à la seule inspection de la figure 179, on 

voit que ai est > ae; bc > bf; cd > cg. Or, ces 

lignes sont les projections horizontales de lignes du 

terrain dont la pente est représentée par le rapport 

h équidistance ou 5"* .. , * j i v 

-r = — A—-, — |— ^ — TT- ; par suite, la pente de la ligne 
b projection horizontale ' ^ ' ^ ® 

gm gm 

AB du terrain = —r : celle de AE = — ; et, comme 

ab ^ ae ' ' 

5 5 

ab est plus grand que ae,-T est < — ; donc la pente de 

AB est plus petite que la pente de AE. 

La même démonstration convient aux autres fractions 
de la ligne de faîte. Par conséquent, cette ligne est 
ligne de moindre pente en descendant. 

Les eaux, suivant toujours les pentes les plus roides, 
s'écoulent nécessairement à droite et à gauche de la 
ligne de faîte, qui, pour cela, a été appelée ligne de par^ 
tage des eaux. 

Si Ton suit la ligne de faîte de bas en haut, on re- 
marque, au contraire, qu'elle est, sur tout son parcours, 
la ligne de plus grande pente. 



— 139 — 

Vallon, — Le vallon se représente comme la croupe ; 
mais les courbes enveloppées y ont des cotes inférieures 
aux courbes enveloppantes, tandis que dans la croupe 
le fait opposé se produit. 

Le thalweg suit les points de rebroussement des 
courbes. 

On démontrerait, comme pour la croupe, le principe 
suivant ; 

Pig. 480. 




Principe : Le thalweg est ligne de plus grande pente en 
descendant, et ligne de moindre pente en montant, 

G* est pour cela que les eaux descendent le long des 
thalwegs, et que les chemins les suivent pour gravir les 
hauteurs. 

Moyen pratique pour distinguer, sur le dessin, une 
croupe d*un vallon, — Si le mouvement de terrain n'est 
pas coté, il est impossible de faire cette distinction, à 
moins que la direction d'un cours d'eau ou d'une route, 
suivant la ligne de rebroussement, ou que tout autre 
indice, ne fasse connaître l'existence d'un thalweg. 



— 140 — 

Ainsi, dans le mouvement de terrain MN {fig, 181), 
la ligne abcd peut aussi bien être la ligne de partage 
d'une croupe que le thalweg d'un vallon. 

Fig. ^%^. 




Lorsque les courbes sont cotées, il suffit de remar- 
quer, comme il a* été dit précédemment, si la cote d'une 
courbe enveloppante est plus forte que celle de la courbe 
enveloppée. On peut aussi prendre deux points A et B 
ou A' et B' sur une même courbe de niveau, et les sup- 
poser joints par une ligne droite. Si cette ligne ne coupe 

Fig. 482. Fig. 483. 





pas le sol, comme dans la figure 182, on a un vallon, 
tandis que, dans le cas contraire, on a une croupe {fig. 
183). 

Mamelon. — Le mamelon se représente par des courbes 
fermées. Il peut être formé par la réunion d'un certain 
nombre de croupes et de vallons. Le sommet des pentes 



— 141 — 

est indiqué en pointillé, s^il n'est pas marqué par une 
courbe de niveau {fig, 184). 

Ft>. 484. 




Il en est de même du pied. 

Le tertre peu élevé s'indique par une simple bande de 
hachures, tracées comme il sera expUqué plus loin. 
Entonnoir. — L'entonnoir se représente comme le 

Pig. -185. 




mamelon, mais les courbes enveloppées ont les cotes les 
plus faibles. 
Il est facile de voir que le mamelon ne saurait se 



8 



— 142 — 
distinguer de l'entonnoir, si les courbes n'étaient pas 
cotées. 
Quelquefois, un entonnoir se trouve à la partie supé- 



Fig. 486. 




rieure d'un plateau ou d'un mamelon, comme dans les 



— 143 — 
combes él dans les anciens volcans éteints, tels que ios 
puys de l'Auvergne; dans ce cas, il faut soigneuseme.it 
observer les cotes, pour reconnaître si la carie repré- 
sente un simple mamelon {fig. 186), un petit plateau 
avec une combe {fig. 187); ou un mamelon avec qq 
puy (fig. 188). 

Col. — Topograpbiquement parlant, on a vu que le 
col est formé par la rencontre de deux croupes. 

La croupe A, en rencontrant la croupe B, forme le 
col G, qui est au point le plus bas des lignes de faite AC 
et GB, et au point le plus élevé des thalwegs CV et 
CV (fig. 189). 

Pig. (89. 




Les flancs des vallées latérales sont formés par les 
versants des croupes. Les courbes de même niveau qui 
se rencontrent, comme les courbes 20 et 30, sont inter- 
rompues aux points de rencontre et raccordées en forme 
de courbe, comme cela existe dans la nature. Les parties 
des courbes qu'on a pointillées dans la ligure précédente 
ne sont pas tracées sur le des^in. 



— 144 — 

Le col géométrique G est, en général, le centre d'une 
petite surface horizontale, qu'on trace par des lignes 
pointillées de, ef, fg, gd parallèles aux courbes de 
niveau. 

Une cote 36 indique l'altitude exacte du col. 

Brusque changement de pente, — Lorsqu'un brusque 
changement de pente se produit, entre deux sections ho- 
rizontales, sur un mouvement de terrain quelconque, une 
carte, faite avec précision, indique cet accident par une 
courbe ou section intermédiaire, pointillée et cotée; c'est 




ce qui a été fait, dans la figure 190, pour la représentation 
de la croupe ABGDË, dessinée au ~^j et sur laquelle 
on remarque un brusque changement de pente au point 
coté 73. 



— 145 — 



■ilguré du terrain au moyen de liacliurea* 

La représentation des mouvements de terrain au moyen 
des courbes de niveau est excellente; cependant, afin de 
donner plus d'expression au relief du sol et de le rendre 
plus frappant pour les yeux, on remplace quelquefois les 
courbes par des hachures. 

Hachures, — Les hachures sont des lignes tracées per- 
pendiculairement à deux courbes consécutives et limitées 
à ces lignes. On a vu, dans les notions préliminaires de 
ce chapitre, que c'est une des propriétés des lignes de 
plus grande pente d'être perpendiculaires aux courbes 
horizontales tracées sur le terrain. Les hachures sont 
donc des lignes de plus grande pente. Il est, du reste, 
facile de prouver, par une démonstration analogue à 
celle qui a été employée pour faire connaître les pro- 
priétés de la ligne de faîte d'une croupe ou du thalweg 
d'un vallon, que les hachures, étant les lignes les plus 
courtes qu'on puisse mener d'une courbe horizontale 
à une autre, sont des lignes de plus grande pente, c'est- 
à-dire qu'elles représentent les directions que suivraient 
des gouttes d'eau ou des billes rondes, roulant à la 
surface d'un mouvement de terrain, s'il n'y avait pas 
d'aspérités pour les faire dévier. On fera voir, sur une 
partie unie du relief en bois, qu'une bille ronde tombe 
toujours perpendiculairement aux courbes horizontales 
qui y sont tracées. 

Écartement et grosseur des hachures. — Loi du quart. 
— Les hachures sont écartées entre elles du quart de 
leur longueur, et leur grosseur augmente à mesure que 
leur longueur diminue, tout en restant uniforme pour 
une même hachure. 

De cette loi conventionnelle et des principes énoncés 
précédemment, en parlant de l'équidistance, découlent 
les principes suivants : 

8. 



- 146 - 

|er Principe. — Sur des cartes ayant la même équidis- 
tance graphique , une même longueur de hachure correspond 
à une même pente y quelles que soient les échelles employées, 

2® Principe. — La pente d*un terrain est d'autant plus 
roide, que la teinte formée par les hachures qui la repré^ 
sentent est plus foncée. 



Tracé des hachures entre les courbes. 



« 




Fig. m. 



\\\ 



!• Pour observer la loi du quart, on trace d'abord 

deux hachures A et B, espacées d'une 

quantité égale à la hauteur de la 

III 1111 hachure; on divise Tinte rvalle en 

"^ deux par la hachure G, puis on divise 

chacun des deux intervalles par une 

iic^ • • • nouvelle hachure D et E; on connaît 

alors Tespacement à donner aux 
autres hachures, tant que Técartôment des courbes ne 
varie pas (fig, 191). 

2o Si le dessin est fait au crayon, les courbes sont 
tracées très-légèrement, de manière à disparaître; s'il 
est fait à Tencre, on trace les courbes au crayon seule- 
ment, et on les efface ensuite après avoir dessiné les ha- 
chures. 

Les courbes de niveau étant destinées à disparaître, il 
est nécessaire d'en conserver la trace pour pouvoir re- 
trouver facilement les cotes des points du terrain ; aussi 
est-il de règle de ne pas mettre, dans le prolongement 
les unes des autres, les hachures qui aboutissent aux 
deux côtés d'une même courbe MN (Jig. 191). Il faut, en 
outre, terminer les hachures exactement aux courbes 
qui limitent chaque tranche. 

3" Les hachures sont des lignes droites, lorsque les 
courbes entre lesquelles elles sont tracées sont paral- 
lèles; mais, lorsque ces courbes sont divergentes ou con- 
vergentes, les hachures, pour continuer à être perpen- 



- 147 - 
diculaires aux courbes, doivent être courbes elles- 
mêmes (Jig. 192). 

Fig. in. 



4P Les hachures qui terminent une pente, soit au som- 
met, soit an pied, doivent être légèrement effilées pour 
marquer le raccordement avec le sol horizontal. 11 en 

est de même des hachures qui se trouvent aux points de 
rebroussement des courbes; elles doivent, en outre, être 
légèrement courbées dans la direction de la ligne de 
rebroussement et interrompues de manière El laisser res- 
sortir en blanc, soit les lignes de faite, soit les thalwegs, 
qui sont des lignes de moindre peute par rapport aux 
hachures (fig. 193). 

Fig. m. 



5" Lorsque deux courbes successives, telles que A B 
et CD, sont trop éloignées l'une de l'autre sur une partie 
de leur tracé, on intercale, pour faciliter le tracé des 
hachures, une ou plusieurs courbes au crayon, qui sont 
destinées à disparaître, et qui sont suffisamment nom- 
breuses pour se rapprocher du parallélisme. Telle est 
la courbe EF (Jig. 193). 



- 148 - 

Les hachures sont coupées à ces fragments decourbes 
auxiliaires, et ilfautavoir bien attention, dans l'apprécia- 
tion des bauteurs avec les hachures, de distinguer les 
courbes auxiliaires des courbes de niveau. Ainsi, la 
6gure précédente étant dessinée à l'échelle du -j—, où 
l'équidistance est 5 mètres, on pourrait croire, à pre- 
mière vue, en suivant la ligne NM, que la différence de 
niveau entre N et M est égale à qualre équidistances ou 
20 mètres, alors qu'il n'y en a réellement que 3 ou 
15 mètres, ainsi qu'on peut s'en rendre compte en ob- 
servant le mouvement de terrain de D en M. 

6o Les hachures sont interrompues sur la partie plane 
d'un col et effilées (fig. 194), 

Fij. m. 



T> Lorsqu'on rencontre un brusque changement de 
pente, on fond la teinte en grossissant, sur ce point, une 

Fig. (96. Fig. t%. 

MmmM 



I 



■Il 



extrémité des Jiachures les plus espacées (fig. 191), 
ou mieux, en mtercalant, dans ces hachures, des frag- 



ments de ligne placés du cûLé de la pente la plu» forte, 
comme l'indique la figure 195. 

8" Les hachures, comprises entre une section de ni- 
veau et une section intermédiaire, s'espacent d'api*s 
l'écartement qu'auraient les deux courbes de niveau con- 
sécutives, si la pente se prolongeait [fig. 196). 

C'est ce qui a Heu généralement au sommet d'une hau- 
teur, autour d'un col, etc 

Fij. 197. 



C'est d'après les conventions précédentes qu'ont été 
dessinés le mamelon de la figure 197, la croupe do la 
figure 198, le vallon de la figure 199 et le col de la fi- 
gure 194. 



- ISO - 

Limites det pentes représentées par des hachures espacées 
suivant la loi du quart. — On considère comme horizon- 
tales et l'on ne représente pas les pentes plus faibles que 
~, c'est-à-dire celles pour lesquelles l'écartemenl des 
courbes serait de 32 ou de 16 millimètres, suivant qu'on 
emploie l'équidislance graphique de un demi ou de un 
quart de millimètre. 

Lorsque l'écartement des courbes est inférieur à 
% millimètres, les hachures ne sont plus espacées sui- 
vant la loi du quart, parce qu'elles se trouveraient très- 
serrées et produiraient une teinte trop foncée, sous 
laquelle disparaîtraient les détails. Dans ce cas, on 
espace toujours les hachures de un demi-millimètre> et 
on les renforce d'autant plus que le pente est plus roide. 

Représentation des escarpements et des rochers. — Lors, 
qu'une pente atteint l'inclinaison de f, qui est la pente 
naturelle des terres, et qui correspond à un écartement 
des courbes de un, de un demi ou de un quart de milli- 
mètre, suivant qu'on emploie une de ces trois équidis- 
Pig. 200. tances graphiques, les hachures sont 

g . figurées comme des escarpements, 
■ c'est-à-dire qu'elles sont effilées en 
1 forme de point d'exclamation et 

i semblables à celles qui représentent 

g les talus d'une route encaissée ou 

m en chaussée. On y joint quelques 
traits irréguliers très-noirs et quelques hachures trans- 
versales foncées, indiquant les fissures du sol (fig. 200). 
Un mouvement de terrain dont la nature est rocheuse, 
peut avoir des pentes plus roides que celle des terres 
coulantes. Ces pentes se dessinent alors comme des es- 
carpements, à l'aide de hachures très-courtes et très-ser- 
rées au milieu desquelles on trace, à la plume ou au 
crayon, un dessin irrégulier représentant les fissures du 
terrain et pouvant, lorsqu'il est fait piir une main exer- 



cée, donner une idée très-claire de la nature rocheuse du 
sol (fig. 201). 

Fig. «H. 



Tracé des hachures sur les cartes de rétat-major au 
i^ c' «" ïïm- — Sur la carte de l'état-majop, les ha- 
chures indiquent les pentes par la vigueur de ta teinte ; 
mais le nombre des courbes, qui paraît avoir guidé le 
graveur dans le tracé de ces hachures, est pris arbitrai- 
rement; de sorte qu'on commettrait généralement des 
erreurs assez grandes, si l'on calculait les difTérences de 
niveau d'après le nombre des bandes de hachures. Il 
vaut mieux, lorsqu'on veut connaître l'élévation d'une 
hauteur, chercher deux points cotés, l'un au sommet, 
l'autre au pied de la pente, et prendre' la différence des 
cotes. 

Interruption des courbes et des hachures. ^ Sur une 
carte topographique, les courbes ou les hachures régu- 
lières sont interrompues lorsqu'elles rencontrent des 
voies de communication ordinaires ou ferrées, des lieux 
habités, ainsi que tout ce qui produit des escarpements 
sur les pentes du terrain, comme les carrières et les frag- 
ments de rochers {fig. 202). 

Cotes portées sur une carie. — Les cotes portées sur la 
carte de l'élat-major sont les élévations au-dessus du ni- 
veau de la mer. 

Lorsqu'on fait un dessin topographique et qu'on ne 
connaît l'altitude d'aucun point, on choisit des cotes ar- 



— 152 — 

l)iit aires, mais assez fortes pour que les parties les plus 
basses du terrain soient cotées au-dessus de zéro. 

Fig. 202. 




Avantages et inconvénients de la représentation des mouve- 
ments de terrain par des courbes ou par des hachures. 

Lorsqu'on ne peut examiner une carte que très-rapi- 
dement, ou lorsqu'on veut se faire une idée de Taspéct 
général d'une grande étendue de terrain, les hachures 
frappent mieux les yeux et donnent plus rapidement 
ridée du relief que les courbes de niveau; mais celles-ci 
ont le grand avantage de permettre, bien plus facilement 
que les hachures, d'apprécier l'élévation des divers points 
remarquables du sol; et, à ce point de vue, les cartes 
dessinées avec des courbes sont bien plus recherchées 
que les autres, toutes les fois qu'on doit faire une étude 
sérieuse et détaillée d'un terrain. 



Fleuré du terrain au moyen cle courbes 

et de teinte»* 

io Système de la lumière verticale. — Le figuré du ter- 
rain au moyen des hachures est basé sur l'hypothèse 



^ 



Fig 203. 



de la lumière verticale, qui éclaire d'autant moins une 
pente que celle-ci est plus inclinée. En effet, d'après ce 
système supposé d'éclairage, une 
surface horizontale AB reçoit le 
maximum de lumière, représenté 
par le faisceau de rayons LABM ; 
la même surface, inclinée sur l'ho- 
rizon, est éclairée par un faisceau 
de rayons lumineux plus petit que 
LABM, et qui diminue à mesure 
que la pente augmente {fig. 203) : 
LAB"M'' < LAB'M' < LABM. 

D'après les conventions topogra- 
phiques, la teinte formée par les 
hachures rend parfaitement l'effet 
de la lumière verticale, puisqu'elle 
est d'autant plus foncée que la 
pente du terrain est plus roide (2® 
principe, relatif aux hachures). 

On conçoit aisément que les hachures peuvent être 
i*emplacées, dans la même hypothèse, par une teinte à 
l'encre de Chine, dont l'intensité augmenterait avec 
la roideur de la pente, autrement dit, avec le degré de 
rapprochement des sections principales. 

Cette teinte lavée est plus avantageuse que celle des 
hachures, parce qu'elle laisse mieux voir les différents 
détails de la planimétrie, qui disparaissent sous des ha- 
chures serrées ; mais, si elle était employée seule, elle 
aurait l'inconvénient de ne pas permettre de retrouver 
la trace des courbes de niveau équidistantes. 

Aussi, avec le lavis à l'encre de Chine, laisse-t-on sub- 
sister les sections principales, en les traçant à l'encre. 
De cette façon, ce mode de représentation donne, à la 
fois, l'effet pittoresque des hachures, la clarté des détails 
de la planimétrie et l'exactitude géométrique du figuré 
du terrain à l'aide de courbes. 




Topographie. 



9 



1 



— 484 — 

Ce moyen de représenter le terrain, étant indiqué dans 
le programme ministériel da 30 septembre 1874, se 
trouve dès lors réglementaire, et, vu ses avantages, doit 
être recommandé particulièrement. 

Dans un dessin au crayon, la teinte h Tencre de Chine 
peut être remplacée par une teinte à l'estompe. 

2<> Système de la lumière ohHque. — Le figuré du terrain 
au moyen de courbes et de teintes combinées se fait aussi 
en supposant la lumière venant du nord-ouest et éclai- 
rant le terrain obliquement sous un angle d'environ 
80«' ou 4S*. 

Les parties des dépressions et des élévations qui se 
trouvent ainsi, par hypothèse, dans l'ombre et dans la 
pénombre, sont recouvertes d'une teinte plus ou moins 
foncée suivant le degré de leurs pentes. 

Ce système produit des effets très-piltoresques^j mais 
il exige un assez grand talent de dessinateur. 

3° Méthode hypsometri^. — Un troisième système 
pour représenter le terrain à l'aide de courbes et de 
teintes^ e*est la méthode hypsométrique. 

Vhypsoméirie est, comme son nom l'indique. Tari de 
BQiesurer les hauteurs. 

La représentation du terrain par la méthode hypso- 
métrique a pour but de faire apprécier, par la vigueur 
de la teinte, non pas les pentes du terrain, mais Téléva- 
tioïi d§ ses différentes parties : Pl^s la hauteur est grande^ 
pius la teinte est forte. 

Ce principe est appliqué par le dessin de la manière 
suivante : Si l'on veut représenter le mamelon M par la 
méthode hypsométrique, on met une teinte légère d'encre 
de Chine dans Tintérieur de la courbe la plus basse ; 
quand elle est sèche, on en met une deuxième de môme 
intensité dans l'intérieur de la courbe suivante; on la 
laisse sécher comme la première, et Ton en met une troi- 
sième dans la courbe supérieure {fig. Î04) (4). De cette 

< — ! — l ■ ■ ■'< . -I ... - ■ » ■ 1 J ! a ' 

(i) Ea raison des exigences de la gravare, chaque teinte partielle 



I 



— 153 — 
manière, la teinte est d'autant plus renforcée, qu'elle est 
tracée buf une section horizontale plus élevée, ce qui 
permet, à la seule inspection de la teinte qui est au 
sommet de deux hauteurs M et N {fig. 204 et 20S), de 



Fi$. m. 




distinguer quelle est l'élévation qui commande l'autre, 
ce qui ne se voit, sur les cartes d'état- major, qu'en 
comptant avec beaucoup de difiiculté, et souvent sans 
exactitude, le nombre des équidistances par le nombre 
des bandes de hachures. 
La méthode hypsométrique a, eu outre, l'avantage^de 



Fig. 2oe. 



Fig. Î07, 



permettre de distinguer, sans le secouis des cotes, les 



d'enero da chine s i^i rcprtsciilâo, «am les figures 304, 206, W6 et VÏJ, 
par un« teinte de hacharcs jgatemcnt espacées. 



— 156 — 

croupes et les vallons, et, en général, de reconnaître la 
direction des pentes, soit ascendantes, soit descendantes. 
Ainsi, la figure 206, dans laquelle la courbe enveloppée 
renferme la teinte la plus forte, représente une croupe, 
^andisque la figure 207, où les teintes sont disposées en 
;ens inverse, représente un vallon. Pour toutes ces raisons, 
un système de courbes et de teintes hypsométriques faci- 
"^te beaucoup la lecture des cartes, puisque le degré de 
rapprochement des courbes donne la valeur des pentes, 
tandis que l'intensité de la teinte indique l'élévation du 
lerrain et laisse toute leur clarté aux détails de la pla- 
nimétrie. 

Trouver la cote d'un point situé entre deux courbes, — 
Ce problème fait partie des exercices de lecture des 
cartes, dont il sera question au chapitre IV. 

On le donne néanmoins ici, pour suivre la progression 
tracée par le programme réglementaire. 

Pour résoudre ce problème, on mène effectivement, 
ou par la pensée, la hachure bc qui passe par le point a, 
dont on cherche la cote {fig. 208) ; d'après la position 

riy, 203. 



a,^ 




J^ 



du point a sur cette hachure, on détermine ensuite ap- 
proximativement, ou par un calcul très-simple, la diffé- 
rence de niveau entre le point donné et une des extré- 
mités de la hachure. 

Ainsi, dans l'exemple choisi, a est à peu près aux 
deux tiers de la hachure cb, h partir de la courbe 30; 
et, comme Téquidistance est 10 mètres, la cote de 

{i=304-|-10=:36,50 environ. Un calcul exact don- 



— 187 — 
nerait r^ = -77; , ar étant la différence de niveau avec !c 

oc 10' 

pointe. 
On mesure ac= 29™, éc=:45™; et alors ^ = ^ ; 

d'où X = 6"»,44; par conséquent, la cote de a est 
36™,44. 

Profil, — Coupe. — Élévation. 

Sur certaines cartes, figurent des dessins complémen- 
taires qui portent les noms de profil, de coupe et dVJé- 
vation; il est donc important d'en connaître la signifi- 
cation. 

Si l'on suppose un terrain coupé verticalement sui- 
vant une direction A 6, la représentation, à l'échelle du 
dessin, de la ligne suivant laquelle la surface du sol a 
été coupée, s'appelle le profil suivant A B (Jig. 209). 

Fig. 209 




On l'obtient en prenant, sur une ligue a6 = AB, des 
longueurs ac, €d\ d'e\ etc., respectivement égales aux 
fractions de la ligne A B,. comprises entre les différentes 
courbes horizontales, et en menant, aux points de divi- 
sion, des perpendiculaires égales aux différences de 



— 188 — 

niveau des points correspondants du terrain, par rap- 
port au point le plus bas du profil. 

En ajoutant au profil l'indication des différentes cou- 
ches du terrain, la figure prend le nom de coupe (fig, 
210). 

Fiff, 240. 




Les profils et les coupes peuvent être faits suivant une 
ligne courbe ou brisée comme la route HKL; mais ils 
sont développés sur une droite. 

Le professeur fera saisir ce qu'on entend par profil et 
par coupe, en faisant une section verticale dans un relief 
en terre glaise, dans une moitié de pomme de terre ou 
de poire, ou dans tout autre objet formant relief et facile 
à couper. 

Les profils, exécutés dans un terrain peu accidenté, 
ne font pas toujours ressortir suffisamment les variations 
de pente, par suite de la faible différence de niveau qui 
existe entre les points où s'opèrent les changements de 
pente; pour mieux accuser ces derniers, on construit 
alors les profils, en prenant pour les hauteurs une 
échelle deux ou trois fois plus grande que pour les pro- 
jections horizontales. On obtient ainsi un profil sur- 
haussé, tel que aBGJ){fig. 211), dans lequel les pentes 

Fig.'iH. 





sont exagérées, mais laissent mieux voir les ondulations 
du sol. 
Dans les profils de hautes montagnes, où les projec- 



— 189 — 

tioUs horizontales 6ont, aa contraire, trèj'-petlteêi rtla< 
tivement aux hauteurs» on prend quelquefois, pdur les 
dimensions verticales du profil, une échelle deux ou trois 
fois plus petite que pour les dimensions horizontales. 

Fig. 242. 



On obtient ainsi un profil surbaissé ab'c'dt {fig. Î12), 
dans lequel les pentes sont diminuées. 

Généralement, un profil surhaussé ou un profil sur- 
baissé est accompagné du profil naturel correspondant. 

L'élévation du terrain suivant une certaine ligne est 
la projection de ce terrain sur un plan vertical passant 
par cette ligne, comme le plan est la projection du sol 
sur une surface horizontale. 

L'élévation représente assez bien la vue pittoresque 
qui s'offrirait h l'œil d'un observateur placé horizontale- 
ment en face du terrain, et assez loin pour que toutes 
les lignes du sol qui s'offrent & son regard lui parussent 
situées sur un même plan, qui est le plan d'élévation. 

L'élévation ne diffère du plan que par la position sup< 
posée de l'observateur. 

Lorsqu'on représente, sur une carte, l'élévation d'un 
terrain dont les mouvements sont disposés en étage, il 
faut choisir son plan d'élévation, de manière que les 
hauteurs les moins grandes se trouvent les plus rappro- 
chées de l'observateur. 

Ainsi, sur la carte ABCD, l'élévation suivant le bord 
AB du cendre laisse voir les deux hauteurs M et M', tan- 
dis que l'élévation suivant CD ne montrerait que la 
hauteur M (fig. 213). 



1 



— 160 — 

On renara ce fait sensible, soit en plaçant le relief en 
bois dans diverses positions par rapport à i'observa- 

Fig. 243. 




leur, soit en représentant l'élévation de divers objets 
posés sur une table les uns derrière les autres, et ayant 



— 161 — 

des hauteurs différentes (livres couchés, encriers, livres 
debout, etc.). 

Un profil du terrain suivant une ligne convenablement 
choisie frappe souvent l'œil aussi bien qu'une élévation : 
ainsi, le profil suivant MM' donne une image semblable 
à celle de l'élévation suivant GA. 

Lorsqu'on commence l'étude de la lecture des cartes, 
il est bon de s'exercer à tracer des profils de routes ou 
de mouvements de terrain, ce qui familiarise avec la 
lecture du nivellement, et permet, en outre, de mesurer 
les longueurs réelles de lignes inclinées du sol, dont la 
carte ne donne que les projections horizontales. 

On peut aussi s'exercer avec fruit à dessiner quelques 
élévations, pour se rendre compte de la vue qu'on aurait 
d'un certain point assez éloigné du terrain qu'on étudie. 



Exécution d'un plan en relief* 

Pour terminer ce chapitre, on va indiquer succincte- 
ment la manière d'opérer pour construire le relief d'un 
terrain dont on possède la carte topographique. 

Les procédés les plus simples, et que chacun peut 
employer très-facilement, sont : la construction par gra- 
dins, la construction par profils et la construction par 
points. 

Dans la constructïonpar gradins^ oniéchlqwe les diff*é- 
rentes sections principales sur la carte, et Ton découpe, 
suivant ces courbes, des morceaux de carton ou de bois 
ayant une épaisseur égale h l'équidistance graphique, 
c'est-à-dire habituellement un demi-millimètre. 

On suppose ces feuilles découpées dans la même posi- 
tion relative que les courbes de la carte, et l'on obtient 
ainsi un relief à gradins ou maquette, qu'on complète en 
remplissant les petits vides triangulaires avec de la cire 
molle, de la terre glaise, du mastic de vitrier ou du 

9- 



— 162 - 
plâtre, de manière à donner aux pentes du relief la con- 
tinuité qu'elles ont sur le terrain {fig. 214). 

Lorsque le sol est peu accidenté, on augmente l'épais- 
seur des feuilles de carton ou de bois, et l'on a ainsi un 
relief surhaussé. C'est ce qui a été fait dans la fi- 



Fig. SU. 




i de montagnes, où l'équidistance graphique 
lillimètre, on pourrait prendre des feuilles de 
>a de un quart de millimètre, ce qui donnerait 
urbaissé. 

truclwn d'un relie f par profils s'emploie moins 
lent que la précédente. Elle consiste h décou- 
des feuilles de carton ou de bois, plusieurs 
tcés dans les directions principales du terrain, 
ces profils verticalement dans des positions 
isactement semblables à celles des lignes de la 
ant lesquelles ils ont été pris, et à remplir de 
!8 intervalles qui séparent les divers profils, 
L opère en fortification pour construire le pa- 
1 ouvrage de campagne, après l'avoir profilé. 
est naturel, surhaussé ou surbaissé, suivant 
is profils employés. 



- 163 — 

La construction d'un relief par points est rapide, mais 
pas très-précise. Elle consiste à piquer, sur la projec- 
tion horizontale de chaque point important, une petite 
pointe, une épingle ou une petite cheville en bois ayant 
exactement, à Féchelle employée, une hauteur égaie à 
l'altitude de ce point. Le sommet de toutes ces verticales 
sert à déterminer la surface du relief. 

OBSERVATIONS. 

L'étude des formes du terrain sera complétée par des 
promenades topographiques, dans lesquelles on s'exer- 
cera à donner aux différentes parties du terrain les noms 
qui leur conviennent. 

Les mouvements de terrain que les environs de la 
garnison ne renferment pas, devront être modelés sur 
des reliefs grossiers, construits avec de la terre glaise, 
avec du mastic ou avec de la cire molle. 

Les commençants seront exercés à représenter par 
des courbes, par des hachures et même par le procédé 
des courbes et des teintes, les différentes formes d'un 
terrain imaginaire, ou mieux ^ celles d'un relief mis 
entre leurs mains. 

Le professeur complétera l'enseignement du présent 
chapitre en mettant, sous les yeux des officiers ou des 
engagés conditionnels, des cartes de terrains variés à 
diverses échelles. 

Il leur montrera comment les différentes formes du 
terrain y sont représentées en pays de plaines, de col- 
lines et de montagnes, suivant qu'on emploie une échelle 
plus ou moins grande. De cette comparaison de diffé- 
rentes cartes, il devra faire ressortir l'application des 
principes relatifs au tracé des oourbes et des hachures, 
ainsi que la nécessité de modifidri dans e^rtains cas, 
Féquidistance graphique. 



.OBidUkAMHaMa 



^m^ 



CHAPITRE IV, 



LECTURE ET EMPLOI DE LA CARTE. — ORIENTATION. 



Lorsqu'on connaît les signes conventionnels de la 
planimétrie et du nivellement, on possède toutes les no- 
tions nécessaires à rintelligence des cartes topogra- 
phiques; mais ce n'est qu'en faisant un fréquent emploi 
de ces cartes, que la lecture en devient facile. On ne 
saurait donc trop recommander aux officiers, aux sous- 
officiers et aux engagés conditionnels, de se livrer fré- 
quemment à des exercices du jgenre de ceux qui vont 
ôtre indiqués. 

Les exercices de lecture des cartes topographiques 
peuvent se diviser en trois catégories principales : 

I. Lire une carte en la comparant à son plan en 
relief; 

IL Lire une carte sans la comparer au terrain ni à 
son plan en relief; 

ni. Faire la comparaison du terrain et de la carte. 



!• — Exercices die lecture de la carte à l'aide 

du plan en rellefW 

On a vu, dans le chapitre précédent, que la construc- 
tion des plans en relief avait surtout pour but de faci- 
liter la lecture des cartes, particulièrement en ce qui 
concerne le nivellement. Les premiers exercices de lec- 



- 165 — 

ture des formes du terrain devront donc être faits, autant 
que possible, à Taide d'une carte topographique et de 
son plan en relief. H sera dès lors très-facile de remar- 
quer comment les différentes pentes et comment les di- 
vers accidents du sol, dont le relief donne la réduction, 
se trouvent représentés sur le dessin. La comparaison 
des formes et des pentes du terrain avec les signes con- 
ventionnels du nivellement est, d'ailleurs, ordinaire- 
ment facilitée par l'existence de courbes de niveau 
tracées sur le relief lui-même. Parmi les plans en relief, 
construits de cette façon avec cartes d'étude complémen- 
taires, on peut citer ceux de M. Bardin, ancien profes- 
seur à l'Ecole polytechnique et ceux d'un de ses élèves 
M. C. Muret. 

L'étude des cartes, faite par ce procédé, ne saurait 
être très-variée, par suite du petit nombre de plans en 
relief dont on dispose généralement. Les exercices les 
plus fréquents d'étude du terrain seront donc faits, soit 
en lisant simplement des cartes topographiques, soit en 
comparant les cartes et le terrain qu'elles représentent. 
C'est sur ces divers genres d'exercices qu'on va donner 
quelques détails. 



II» — Exercices die lecture die la carte, 
sans comparatoon airec le terrain» 

lo Lire la planimétrie. 

Les premiers exercices de lecture doivent être simples. 
On étudiera d'abord séparément la planimétrie d'une 
petite portion de la carte, en s'attachant à bien se rendre 
compte de la signification de tout ce qu'on y remarque, 
et en se reportant pour cela, s'il y a lieu, aux signes 
conventionnels de la planimétrie. 

On s'exercera, en outre, à préciser les directions par 
rapport aux points cardinaux, et à mesurer des dis- 



1 



— 166 — 

tances sur la carte» à l'aide de l'échelle graphique, puis 
à les apprécier rapidement sans avoir recours à Téchelle. 

Observation relative à la mesure des distances sur une 
carte représentant un pays accidenté. D'après la définition 
même de la planimétrie» les lignes du terrain sont repré- 
sentées en topographioi comme si elles étaient vues par 
un observateur placé verticalement au-dessus d'elles, h 
une hauteur suffisante pour que le sol lui parût hori- 
zontal. • 

Il en résulte qu'une route ABGDE qui suivrait une 
direction bien déterminée, par exemple la direction nord- 
esty sans s'en écarter ni à droite ni à gauche, mais qui 
franchirait en même temps un terrain accidenté^ serait 
vue par l'observateur, comme une ligne droite allant du 
point A au point E (fig, 215). C'est donc cette ligne AE 



^iie la carte a représentée en ae; et lorsqu'on mesure 
la valeur de ae, d*après l'échelle, on trouve évidemment 
la longueur naturelle AE, qui est plus petite que la 
ligne brisée ABCDE, suivie par la route sur le terrain. 
On sait que ces longueurs du terrain, réduites ainsi à la 
distance horizontale qui sépare leurs extrémités, sont 
les projections horizontales des lignes naturelles du sol. 

Une carte cesserait d'être la représentation exacte 
d'un terrain, si, au lieu de donner les projections hori- 
zontales des lignes du sol, elle donnait leurs longueurs 
réelles. L'exemple suivant va le démontrer. 

Supposons quatre points, A, B, G, D| situés sur un ter- 
raiti horizontal et réunis par des chemins qui se coupent 



— 167 — 

à angle droite de manière à dessiner un carré dont les 
eôtéa aient 100 mètres de longueur {fig. 916)* 

Fig, 216. 




iOÛ 



à dJi 




Sur une carte faite à Téchelle du dixomillième, ce ter** 
rain sera représenté par un petit carré abed, qui aura 
1 centimètre de côté et qui sera exactement semblable à 
la figure tracée sur le sol. 

Supposons maintenant que les quatre points A, B^ G» D, 
ne changent pas de place, mais que la route AD fran- 
chisse un mamelon M, qui allonge le trajet de 20 mètres 
(A'M'D', profil de la route = 120«») ; dans ce cas, si l'on 
figure sur la carte le chemin AMD par sa longueur réelle, 
le côté aéF^ qui représente ISO mètres sur le terrain, 
devient plus grand de 3 millimètres que le côté ad, qui 
représente la projection AD, c*esl*à-dire 100 mètres. 

Le point D du terrain se trouve donc supposé déplacé, 
alors qu'il n'a point changé de position, et la figure for- 
mée par la réunion des quatre points a, b,c, d' du dessin, 
n'est plus un carré et, par conséquent, n'est plus sem- 
blable h la figure ABCD du terrain. 

Cet exemple prouve la nécessité de ne porter sur la 
carte que les projections horizontales des diverses lignes 
du terrain, si l'on veut que les figures, dessinées par ces 
lignes^ soient semblables à celles qu'on trace sur le 
oapier. 



— 168 — 

Lorsqu'on voudra connaître de combien s'augmente 
réellement la longueur d'une route qui monte ou qui 
descend, il suffira d'examiner les signes conventionnels 
de nivellement, qui expriment la pente des diverses par- 
ties de la route, et d'en déduire les longueurs réelles» 
comme on le verra dans la suite de ce chapitre (pro- 
blème 1)» 

go Lire le nivellement 

Le terrain dont on a lu la planimétrie sera ensuite 
étudié au point de vue du relief. Il faudra tout d'abord 
trouver Téquidislance correspondant à l'échelle; puis, 
on recherchera quels sont les points de même niveau 
qu'un point désigné, et quelle est, de deux positions, 
celle qui commande Tautre; on s'exercera à reconnaître 
promptement les lignes de faîte, les thalwegs et les lignes 
de défilement, c'est-à-dire celles qui se trouvent un peu 
en arrière des lignes de partage, et où les troupes com- 
mencent à être abritées des vues de l'ennemi, occupant 
certaines positions déterminées; on décomposera les 
grands accidents du terrain en mouvements élémea- 
taires, tels que croupes, vallons, mamelons, cols; on 
suivra exactement la direction des courbes ou des bandes 
de hachures, pour se rendre compte des ondulations du 
sol dans le sens horizontal; on examinera l'écartement 
des courbes, la longueur ou la teinte des hachures, pour 
connaître les ondulations dans le sens vertical, la valeur 
des pentes et, par suite, les parties du sol qui cessent 
d'être accessibles aux différentes armes. 

Ces diverses opérations seront d'autant plus faciles, 
qu'on les aura faites préalablement sur un plan en relief 
muni de sa carte. 

Pour des raisons qui ont été indiquées au chapitre 
précédent, il ne faudra pas, lorsqu'on lira la carte d'état- 
major, se régler sur le nombre des sections horizontales 



- 469 — 

apparentes pour calculer les différences de niveau : il 
est préférable de se guider sur les cotes qui accompa- 
gnent certains points placés dans les plaines et sur les 
hauteurs, 

3* Lire la pUmimétrie et le nivellement dans une 
reconnaissance sur la carte. 

Après avoir lu séparément la planimétrie et le nivel- 
lement d'un terrain, on fera de petites reconnaissances 
sur la carte. 

Pour une rivière, on déterminera la direction du cou- 
rant à Taide des cotes ou à l'aide des courbes, à défaut 
de flèche indicatrice; on décrira la nature des rives, les 
principaux points de passage, le terrain que traverse le 
cours d'eau, les localités qu'il arrose, etc. 

La reconnaissance d'une voie de communication se 
fera de même : on suivra la route, en notant les distances 
qui séparent les points principaux, en indiquant tout ce 
qu'on rencontre et tout ce qu'on aperçoit à droite et à 
gauche, en qualifiant le caractère du terrain parcouru, 
en désignant les parties encaissées, en chaussée, à flanc 
de coteau, ainsi que les montées et les descentes. Pour 
cette dernière observation, il est bon de faire les re- 
marques suivantes, qui découlent de l'étude du nivelle- 
ment : Les rouies parallèles aux courbes de niveau ou per-- 
pendictdaires aux hachures, sont horizontales; celles qui 
suivent une direction opposée gravissent, au contraire, 
le terrain sous sa pente la plus forte; enfin, plus l'angle 
formé par la route et par les courbes s'éloigne de Tangle 
droit, plus la pente est douce. 

Dans ces reconnaissances sur la carte, il faudra, de 
temps en temps, s'arrêter aux points importants, tels 
que les embranchements, les changements brusques de 
direction, les sommets des hauteurs, pour essayer de se 
rendre compte de la vue pittoresque qui s'offrirait à 



— no -. 

Lœil 8λ au lieu de chelaiiaer sur la carie» on marchait 
sur le terrain lui-même. 

40 Etudier 9ur la carte une grande étendue de ieffnùi. 

Ces exercices élémentaires de lecture des cartes de- 
vront être complétés par des êladès d'ensemble faites 
sur une assez grande étendue de terrain. Il faudra re- 
marquer immédiatement les grandes coupures du terrain, 
reconnaître la vallée principale et les voies de commu- 
nication, en distinguant celles qui sont parallèles au 
thalweg, celles qui lui sont perpendiculaires ou obliques, 
et, parmi ces dernières , celles qui suivent les vallées 
secondaires et qui coupent la ligne de partage des eauK 
de la vallée principale. En parcourant ensuite la ligne 
de faîte de la ceinture, on observera les points culmi- 
nants, les grands plateaux favorables aux rassemblements 
de troupes, les dépressions que traversent les routes, le 
degré de roideur des pentes des deux versants, etc. On 
complétera cette lecture d*ensemble par Tétude des val- 
lées secondaires, dont il est important de noter, au point 
de vue militaire, les directions parallèles ou conver- 
gentes. 

Lorsqu'on veut apprécier d'une façon générale une 
grande étendue de terrain, ôû recherche surtout des 
cartes à faible échelle. 



III» — BxercicMMi d^ lecstut^ «le Itt earte 

muv le terfaln* 

Les exercices précédents ont besoin d'êtrô complétés 
par d'autres, dans lesquels l'observation du terrain 
s'ajoute à la lecture de la carte, et qu'on peut réduire à 
trois principaux ; 

1« Faire une reconnaimmce éeHted'aprèe h carte et la 
contrôler eur k terrain ; 



— 171 — 

2^ Suivre sur le terrain un itinéraire tracé â l'avance 
sur une carte; 

3* Suivre ou tracer sur la carte un chemin arbitraire'- 
ment choisi sur le tcfrain. 

Les exercices de cette nature pourront être faits 
d'abord dans des directions connues, puis, autant que 
possible, en pays inconnu. 

Dans la première opération, la reconnaissance écrite 
est faite comme il a été dit précédemment; ce genre 
d'exercices de lecture doit être répété jusqu'à ce que la 
vérification, faite sur le terrain, constate que la carte a 
fourni tous les renseignements qu'elle peut donner. 

Pour exécuter les deux dernières opérations, il faut 
savoir à tout moment s'orienter, de manière à pouvoir 
placer les lignes de la carte dans des directions paral- 
lèles à celles du terrain, ce qui s'obtient, avec la plupart 
des cartes, en plaçant le bord supérieur de la carte dans 
la direction du nord et le bord inférieur dans la direc- 
tion du sud, à moins qu'une flèche, placée dans un coin 
du dessin, n'indique une autre direction pour la ligne 
nord-sud. 

La carte étant orientée, il suffit, pour exécuter un des 
deux exercices précités, de reconnaître le point de dé- 
part sur le dessin et de suivre alors, sur le terrain et sur 
la carte^ des longueurs égales dans les mêmes directions, 
les distances étant appréciées sur le dessin à l'aide de 
l'échelle, et sur le terrain par une mesure directe faite au 
pas ou de toute autre manière. En agissant ainsi, on 
pourra préciser, à chaque instant, sur la carte, le point 
du sol où Ton se trouve. 

Chemin faisant, on comparera les détails de la plani- 
métrie et du nivellement avec le terrain lui-même ; et 
cette comparaison, tout en habituant à se figurer rapide- 
ment l'aspect du terrain à l'inspection de la carte, sert 
elle-même de procédé d'orientation. 

En effets si, étant arrivé au point À de la route que je 



— 172 - 

parcours, j'aperçois, sur ma gaucne, un vallon, au bas 
duquel se trouve un village V, et dont le thalweg est suivi 
par un chemin à peu près perpendiculaire à la route, 
je n'hésite pas à reconnaître que j'occupe, à ce moment, 
le point coté 70 sur ma carte (fig. 217); plaçant alors^ 

Fig. 247. 



: 




exactement les directions de mon papier parallèlement 
aux directions correspondantes du terrain, je me trouve 
de nouveau orienté. Cet exemple fait voir que, dans ces 
exercices, il suffit souvent de s'orienter au point de dé- 
part, et que, en cheminant, la comparaison de la carte 
et du terrain suffit à assurer l'orientation du dessin. 

Savoir s'orienter est d'une importance si grande, non- 
seulement pour faciliter la lecture des cartes et l'exécu- 
tion des levés topographiques sans instruments, mais 
encore pour se guider dans les grandes comme dans les 
plus petites opérations du service en campagne, qu'on 
indiquera, à la fin de ce chapitre, les principaux pro- 
cédés d'orientation. 

Dans les promenades sur le terrain avec la carte, il 






— 173 — 

faut souvent s'arrêter sur des positions où la vue est 
assez étendue; puis, après avoir orienté le dessin, faire 
un tour d'horizon et reconnaître, sur Iç terrain, les 
points visibles principaux indiqués par la carte, tels que 
les localités, les cours d'eau, les chemins, les bois, les 
mouvements de terrain, etc. C'est seulement par de 
nombreux exercices de ce genre qu'on arrivera à se 
former le coup d'œil, de manière à reconnaître promp- 
tement, sous la forme apparente et variable que leur 
donne la perspective, les mouvements de terrain qu'on 
est habitué de lire, sur la carte, au moyen de leurs pro- 
jections horizontales, c'est-à-dire comme si on les 
voyait verticalement au-dessous de soi. 

Problèmes sur la lecture des cartes. 

La lecture des cartes peut exiger la résolution de cer* 
tains problèmes siriiples, tels que les suivants : 

1<> Trouver la pente et la longueur d*une ligne droite 
joignant deux points A et 5, dont les projections 2ietb 
sont cotées (fig. 218). 

. * . t • ' » • 



On mesure la dislance horizontale a é = 360 mètres, 
on cherche la différence de niveau, 48 mètres, entre les 
deux points, et l'on a par définition : Pente AB = ~^ = g. 

La longueur de la ligne du terrain s'obtiendra, en 
mesurant ou en calculant l'hypoténuse d'un triangle rec- 
tangle ayant 360 mètres de base et 45 mètres de hauteur. 

2° Tracer une pente donnée sur un terrain dont le nivel- 
lement est représenté par des courbes. 



— 174 — 

Il s'agit, par exemple, en partant du point A, situé au 
pied du mamelon M, de gravir la hauteur avec une pente 
égale à ri* le dessin étant fait à l'échelle de j— (fig. 219). 

Fig. m^ 




A l'échelle employée, Téquidistance est 10 mètres; 
par conséquent, la pente de ,^ correspond, entre deux 
courbes, à un trajet horizontal donné par l'équation 

g ou — = 7f i d'où X = 120°^. Avec un rayon de 6 mil- 
limètres, représentant 120 mètres è l'échelle du 20,000% 
on décrit des arcs de cercle de A en B, puis de B en C; 
et la ligne ABC a la pente demandée. 

3<> Reconnaître si, d'un point choisi sur une earie tûp(h 
graphique, on verra un autre point qui est séparé du pre^ 
mier par un obstacle. 

Le terrain considéré étant de petite étendue, on ne 
s'occupera pas de la disparition des objets éloignés par 
suite de la courbure de la terre. 

Pour résoudre ce problème, il faut observer les cotes 
des deux points et celle de l'obstacle; et alors la question 
peut se poser ainsi : 

Du point a, coté 50, verra-t^on un point è, coté 30, 
qui est séparé du premier par un obstacle, coté 40 
(/î^. 220)î 

En construisant le profil suivant a b, on verrait de 
suite que Tobstacle ne masque pas le point B à l'obser- 
vateur placé en A, ni le point A à l'observateur placé 
enB. 



- 175- 

Sans exécuter un profil, on peui se conteater de eon* 
struire un petit triangle rectangle A a 6, ayant pour base 

Fig, 2i0. 




Profil suivaivt ot à 



a A et pour hauteur la différence de niveau dea d^ux 
points A et B, SQ mètres; de marquer le point o sur la 
base ab; et de voir si une perpendiculaire c G égale h 
10 mètres, différence de niveau entre G et B» ronoontre 

la ligne AB de Tespace {fig. 221). 




Généralement, ces constructions graphiques na seront 
pas nécessaires pour résoudre le problème. Ainsi, dans 
l'exemple choisi, on voit immédiatement que les différen- 
ces de niveau entre a et c et entre e et i étant les mêmes, 
les points A et B seront seulement masqués Tun à 
l'autre, si l'obstacle G est plus rapproché du point le plus 
bas B que du point le plus élevé A, ce qui n'a pas lieu. 

Ce problème permet de résoudre le problème plus 
général donné par le programme réglementaire sous 



— 176 — 

l'énoncé suivant : Recherche de l'horizon visible (Tun 
point donné, (j). 

4<> Chercher t échelle ou téquidistance omise sur une 
carte 

Lorsqu'une carte ne porte pas d'échelle, on compare 
une dislance bien connue, ou mesurée à cet effet, avec 
la ligne correspondante du dessin ; l'échelle est expri- 
mée par le rapport de ces deux grandeurs, la longueur 
de la carte étant prise pour numérateur. 

Exemple : Longueur sur la carte = 0™,046; longueur 
correspondante, mesurée sur le terrain = 920 mètres ; 

• Échelle = ?::î^ = -*L- = -i_ 

9i0 920,000 20000* 

Lorsque Téquidistance n'est pas indiquée, on prend la 
différence de niveau entre deux points cotés; on compte 
combien il existe entre eux de bandes de hachures ou de 
zones comprises entre des sections principales, et la di- 
vision de ces nombres Tun par l'autre donne Téquidis- 
tance. 

Exemple : Cote de A =75; cote de B = 55; nombre 
de tranches de hachures = 4; ' 

Équidistance ='I^SzE = ^ = 5 mètres. 

Si les cotes étaient par exemple 78 et 52, on calcule- 
rait comme si elles étaient 75 et 55, puisque les équidis- 
tances, en topographie, sont ordinairement 5 ou des 
multiples de 5. 

Il est bon de rappeler ici que, dans les cartes d'état- 
major, les hachures sont tracées arbitrairement et ne 
fourniraient aucune indication exacte pour le calcul de 
Téquidistance, tel qu'il vient d'être indiqué. 

(i) Pour cela, il sufflt de tracer dn point d'observation nne série de 
profils dans les directions principales du dessin, et de mener ensuite, 
comme dans la figure 220, des tangentes aux courbes de profil pour dé- 
terminer les parties du terrain qui sont visibles. 



— 177 - 



Quelques appUcatton» mllltalreii des ei 
cieefli de lecture de« cartes* 



\ L'étude de la carte peut fournir les premiers rensei- 
gnements statistiques relatifs aux ressources supposées 
d'une région, en bois, en eau, en grains, en fourrages, 
.*en bestiaux, etc., d'après la configuration du terrain, 
:^ d'après la nature des cultures et d'après l'importance et 
le nombre des lieux habités. 

On peut aussi utiliser les cartes topographiques pour 
la préparation des petites opérations du service en cam- 
pagne. 

Dans le service des avant-postes, on déterminera, 
d'après l'inspection de la carte, la position supposée des 
troupes en présence et, par suite, l'emplacement des 
postes de soutien, des grand'gardes, des petits postes 
et des sentinelles ; puis on vérifiera, sur le terrain, si le 
choix des positions, assignées à chaque fraction, est une 
bonne application des prescriptions du règlement. 

Comme exercice de marche, on choisira sur la carte 
et l'on décrira le meilleur itinéraire à suivre par un dé- 
tachement, marchant à proximité de l'ennemi et ayant 
une mission déterminée; on fera ressortir les disposi- 
tions de marche de l'avant-garde, de l'arrière-garde et 
des flanqueurs, en raison de la nature du terrain à par- 
courir, suivant la force du détachement et d'après la 
direction supposée de l'ennemi. 

On peut aussi faire exécuter à ce détachement une 
petite opération de combat défensif ou offensif, en indi- 
quant, d'après l'inspection de la carte et d'après les dis- 
positions de l'ennemi, la répartition la plus convenable 
des troupes dans les diverses phases de l'engagement, 
et en vérifiant, par l'observation attentive du terrain lui- 
même, si les indications de la carte ont été bien com- 

10 



- 178 - 

prises et ont été un guide sûr dans la préparation de la 
manœuvre de guerre. 

Le choix du terrain le plus convenable pour rétablis- 
sement d'un camp ou d'un cantonnement, dans le voisi- 
nage au loin de Tennemî, peut également se faire à 
l'aide de la carte. On examine ensuite, sur le terrain, si 
les positions ont été bien choisies au point de vue de 
rhygiène, des communications, des approvisionnements 
locaux, particulièrement en ce qui concerne le bois et 
rêau, et surtout au point de vue delà proximité des po- 
sitions à occuper eu cas d'attaque, s'il s'agit d'un camp 
de marche dans la zone d'action de l'ennemi. 

Comme application de la connaissance de la lecture 
des cartes, on peut aussi s'exercer à reporter sur la 
carte les petites opérations exécutées sur le terrain, 
qu'elles aient été ou non préparées à l'avance dans le 
cabinet. 

Pour ne pas trop surcharger le dessin, il faut avoir 
soin de ne représenter les positions des troupes qu'aux 
moments principaux de l'action. 

Signes conventionnek des troupes. 

Les signes conventionnels, adoptés pour figurer les 
troupes sur les champs de bataille, peuvent être em- 
ployés pour les représenter dans les petites opérations 
du service en campagne. 

La position d'un bataillon, d'un escadron ou d'une 
batterie se représente, avant le combat, par un rectangle 
pointillé ; au premier moment de l'action, par un rec- 
tangle plein entièrement teinté; au deuxième moment, 
par un rectangle décomposé en triangles alternativement 
blancs ou teintés, les bases de ces derniers se trouvant 
du côté de la ligne de bataille; au troisième moment, 
par deux rectangles teintés encadrant un rectangle 



— 179 — 

blanc. Dans ces divers cas, le côté des rectangles qui 
regarde l'ennemi se trouve renforcé. 

Le bataillon d'infanterie se distingue par un petit signe 
figurant un drapeau flottant légèrement. L'escadron est 
moins long et plus large que le bataillon ; un petit guidon 
sert à le reconnaître. La batterie d'artillerie est moins 
longue que le bataillon, plus longue que l'escadron et de 



avant Incombât' iT^Z^.SIZZj 






OÂt J^niomettt/^ 



au B^mfiinent î^^^ ii>^^\ * 






Xaifrim, meniez 



«ucJ'V/fu^inent/ '^^ ^^ 



3atterim,cL ehaoal' 



Ùtmp i^in^'^eff bataUle, t 



■i t 



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Troupes en^ 
marche^ 



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TirtttU^ur ow SuUi n e U oi 



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I 



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f 



la même largeur que ce dernier ; elle se distingue par 
deux canons placés aux ailes et par le signe de l'infan- 
terie ou de la cavalerie, le premier pour l'artillerie à pied 
ou montée, le second pour l'artillerie à cheval. Les di- 
mensions des rectangles varient du reste avec l'échelle. 



— 4W) — 

Les troupes campées sont représentées par des rec- 
tangles en traits pleins non teintés. 

Le dessin fait connaître, dans tous les cas, si une 
troupe se trouve dans Tordre en colonne ou dans l'ordre 
en bataille. 

Une colonne en marche est figurée par un rectangle 
qui est allongé dans le sens de la marche, qui n'est teinté 
qu'aux extrémités, et dans lequel on trouve les signes 
distinctifs des différentes armes qui composent la co- 
lonne. Des flèches indiquent le sens de la mafche. 

Les tirailleurs ou les sentinelles et les fourrageurs ou 
les vedettes sont représentés par des points ronds, sur- 
montés du signe distinctif de l'infanterie ou de la cava- 
lerie. 

Les indications qui viennent d'être données sont résu- 
mées dans le tableau de la page précédente. 

Lorsqu'on figure des troupes sur une carte, il est bon 
de rappeler, dans une légende, les signes convention- 
nels qui précèdent, et de les compléter pour la repré- 
sentation des grand'gardes, des petits postes, des sou- 
tiens, des tirailleurs, de leurs réserves, etc. 

On distingue quelquefois les diverses positions des 
troupes par des teintes de différentes couleurs; la lé- 
gende doit alors faire connaître la signification de cha- 
cune d'elles, 

Copte» agrandissement et réduction 

des cartes* 

Copier, agrandir et réduire des cartes topographiques 
sont d'excellents moyens pour bien se graver les signes 
conventionnels dans la mémoire, et, en même temps, 
une bonne préparation à l'exécution des levés. La copie 
des cartes peut se faire en piquant les principaux points 
sur la feuille de dessin et en complétant ensuite les dé- 
tails; elle se fait aussi en calquant. Mais ces deux pro- 



'^ 



— 181 — 

cédés donnent lieu à des erreurs et n'exercent pas aussi 
bien la main et Tœil que la méthode du quadrillage. 

Celle-ci consiste à tracer au crayon, sur la carte ou 
sur une feuille transparente appliquée dessus, des lignes 
parallèles aux côtés du cadre, de manière à diviser le 
dessin en un certain nombre de carrés. On dessine des 
carrés de même dimension et en nombre égal sur la 
feuille de papier, et on reproduit, dans chacun d'eux, 
les mêmes détails qui se trouvent dans le carré corres- 
pondant de la carte, en commençant par mener les di- 
rections principales. 

La réduction ou l'agrandissement s'opère de même, 
mais en donnant au quadrillage du dessin des dimen- 
sions réduites ou agrandies. 



Pig, «22. 



lôobo 







































' 















•50^0 


































. 



Ainsi, si Ton veut reproduire au 20,000' une carte faite 
au 10,000®, on donne, aux côtés du cadre et des carrés 
du dessin, des longueurs deux fois plus petites que celles 
de la carte (fig, 222). La réduction des cartes est une 
opération fréquente et qui donne de bons résultats; 
mais l'agrandissement est peu employé, parce qu'il am- 
plifie les erreurs du dessin que Ton copie. 

Le cadre d'un dessin se compose d'un gros trait exté- 
rieur, ni trop maigre ni trop lourd, et d'un trait fin in- 
térieur, séparé du premier par un intervalle égal à l'é- 
paisseur du trait renforcé. 

iO. 



^ 182 — 

Le titre d'un dessin est placé quelquefois à l'intérieur, 
mais généralement à l'extérieur du cadre. La hauteur 
des lettres ne doit pas dépasser les -^ de la longueur du 
petit côté du cadre, soit 6 millimètres pour un double 
décimètre. 

Entre le titre et le cadre, on laisse un intervalle à peu 
près égal à la hauteur des lettres. 

Véchelk, d'une longueur égale à la moitié de la dia- 
gonale du cadre, se place sous le bord inférieur du 
cadre et au milieu. 

Véquidùtanee s'inscrit sous le côté inférieur gauche du 
cadre. 

OBSBRYATION GÉNÉRALE. 

« Les quatre premiers chapitres du programme indi- 
quent tout ce que l'on doit savoir pour bien comprendre 
et lire les cartes topographiques et en tirer tous les ren- 
seignements qu'elles renferment; les officiers devront 
s'exercer à les étudier surtout sur le terrain, en profitant 
des promenades militaires, des grandes manœuvres, des 
voyages, etc » 

Les engagés conditionnels devront s'habituer à prendre 
toujours leurs cartes avec eux, pour les lire, dans les 
promenades qu'ils peuvent faire à la campagne, et ils 
sauront bientôt se diriger sans autre guide en pays in- 
connu. 

Le meilleur moyen de disposer sa carte, pour s'en 
servir en se promenant, c'est de la plier en trois, le 
blanc en dedans; de cette façon, on peut toujours mettre 
facilement sous ses yeux une partie quelconque du 
dessin. 






— 183 — 



de: K^*ORnsivTiiLXioiv« 

Points cardinaux et rose des vents. 

Chacun a pu remarquer, en observant pendant la nuit 
un ciel bien découvert, que toutes les étoiles semblent 
tourner, dans le même sens, autour de Tune d'elles qui 
paraît fixe et qu'on appelle Yétoik polaire. 

Ce mouvement apparent des étoiles s'effectue en vingt- 
quatre heures et se nomme mouvement diurne. En réa- 

Fig. 223. 




lilé, c'est la terre qui tourne sur elle-même, dans le sens 
inverse du mouvement apparent des étoiles, autour d'un 
axe imaginaire passant à peu près par l'étoile polaire. 

La direction invariable de l'étoile polaire est appelée 
le nord. 

La direction opposée est le sud ou midi. 



— 184 - 

Perpendiculairement à la ligne nord-sud se trouve la 
direction est-ouest, Y est ou orient étant à droite lorsqu'on 
regarde le nord, et à gauche si Ton fait face au sud. Ces 
quatre points principaux sont appelés points cardinaux. 
Les directions intermédiaires portent le double nom de 
celles qui les comprennent. Ainsi, le nord-ouest se 
trouve exactement entre le nord et Touest, le nord-nord- 
ouest est également rapproché du nord et du nord- 
ouest, etc. 

Dans les exercices de lecture des cartes, il suffira, 
pour faire connaître une direction quelconque, de la dé- 
signer par le nom d'une des seize directions de la figure 
223, qu'on appelle rose des vents, parce que les marins 
s'en servent pour désigner les directions variables des 
vents qui soufflent sur le navire. 

Il est facile de voir que la connaissance d'une seule 
.de ces directions permet de connaître toutes les autres. 

S'orienter, — S'orienter est l'opération qui consiste à 
reconnaître une quelconque des directions de la rose des 
vents, particulièrement celle d'un point cardinal, de 
manière à pouvoir parcourir un terrain inconnu sans se 
tromper de route, et à donner au besoin, sur ce terrain, 
des renseignements assez précis en ce qui concerne les 
directions des localités, des cours d'eau et des voies de 
communication qui s'y trouvent. 

L'expression s'orienter, qui signifie littéralement trou» 
ver t orient, nous vient des anciens, pour qui l'orient 
était une direction sacrée. 

Quelquefois aussi, s'orienter signifie simplement re- 
connaître son chemin en pays inconnu, sans avoir recours 
h, la recherche des points cardinaux. 

Les divers procédés d'orientation, employés dans l'un 
et dans l'autre cas, vont être successivement examinés. 



— 486- 



Orientation à I^alde fie rétolle polaire* 

Pendant la nuit, lorsque les étoiles brillent, il suffit 
ie trouver Tétoile polaire pour avoir la direction du 
nord, et par conséquent pour être orienté. 

La polaire est à l'extrémité d'une constellation ou 
groupe d'étoiles qu'on appelle Peti(e Ourse ou Petit Cha- 
riot. On la trouve facilement à l'aide d'une autre constel- 
lation de même forme et bien plus apparente, appelée 
Grande Ourse ou Grand Chariot. Chacune de ces deux 

.-••'^. 



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y OU petite Ourse»'* 

constellations est composée de sept étoiles, quatre en 
forme de trapèze et trois sur une ligne légèrement 
courbe formant la queue ou le timon. La polaire p est 
à l'extrémité de la queue de la Petite Ourse; elle se 
trouve en prolongeant, de cinq fois environ sa longueur, 
la ligne A B, formée par les deux roues de derrière du 
Grand Chariot (Jig. 224). 



— 486 — 



Orientation & l'aide du •olelU 

Le soleil, comme tous les autres astres, est soumis au 
mouvement diurne apparent. 

Ce mouvement étant régulier, l'observation des posi- 
tions que le soleil occupe, aux différentes heures du 
jour, sur le cercle qu'il trace dans le ciel, doU donc per- 
mettre de s'orienter. 

On remarquera que la position du soleil est générale- 
ment apparente, même lorsque le ciel est couvert de 
nuages. 

Les principes suivants, relatifs au mouvement diurne 
du soleil, sans être mathématiquement exacts, le sont 
assez pour servir de base à une méthode d'orientation 
qui donne des résultats très-satisfaisants. 

1er Principe. — Le soleil indique toujours la mêm^ di- 
reciion à la même heure du jour. 

2« Principe. — Lorsqu'on fait face au soleil, on le voit 
se déplacer continuellement vers la droite de {observateur. 

Par conséquent, la position qu'occupait le soleil avant 
l'heure où on l'observe est à gauche de celle où il se 
trouve, et la position qu'il occupera plus tard est à 
droite. 

3« Principe. — Au milieu du jour {midi), le soleil marque 
la direction du sud; à six heures du matin, l'est; à six 
heures du soir, V ouest, A minuit, s*il était visible, il don- 
nerait la direction du nord. L'ombre d'un objet vertical 
donne les directions opposées. 

Le soleil se déplace donc d'un quart de cercle à droite 
en six heures; d'un demi-quart de cercle en trois heures, 
c'est-à-dire de la valeur d'un demi-à-droite; de la 
sixième partie du quart de cercle en une heure. 

Si donc on veut, à une heure quelconque de la mati- 
née, entre six heures et midi, trouver un des points car- 



— 187 — 

dinaux, il faut^ après avoir fait face au soleil, faire à- 
gauche pour trouver Test ou à-droite pour trouver le 
sud, et cela plus ou moins, suivant l'heure de la journée. 
A neuf heures du matin, par exemple, où le soleil est 
exactement dans la direction du sud-est, on trouve le 
sud en faisant un demi-à-droite, ou bien Test en faisant 
un demi-à-gauche {fig. 225). 



Fig, 2?5. 






Est, 



La figure 226, indiquant la concordance de la posi« 
lion du soleil, à certaines heures du jour^ avec les direc- 



Ft^. 22& 



^. 



%^ Miêi.SuJL § 




^ Minuit'- JVtfnd' \±^ 



lions données par la rose des vents, permettra de se 
rendre compte de la quantité dont il faut faire à-droite 



— 188 - 

ou à-gauche lorsqu'on regarde directement le soleil et 
qu'on veut faire face à un point cardinal. 

Pour s'orienter, à l'aide du soleil, avec une exactitude 
assez grande, on trace sur le sol la direction Ba de 
l'ombre d'un objet vertical AB; puis, après avoir observé 
l'heure, une heure par exemple, on mène une perpendi- 
culaire à B a , qui donne la direction o C où se trouvait 
le soleil six heures auparavant. On divise l'angle droit 
BaC en deux parties égales par une ligne aD, comme 
si l'on partageait un quart de tarte en deux parties ; on 
divise ensuite l'angle D a B en trois parties de la même 
manière; et, chacun des petits angles ainsi déterminés 
correspondant au déplacement du soleil pendant une 
heure, on en conclut que la direction a S est celle sur 
laquelle le soleil se trouvait à midi, c'est-à-dire le sud 
{fig. 227). 



%. 227. 



Solcitàé 



I 




Cette méthode d'orientation, à l'aide du soleil, exige 
la connaissance de l'heure. Si Ton n'a pas de montre, on 
peut, avec un peu d'habitude, connaître approximative- 
ment l'heure de la journée d'après la hauteur du soleil 
au-dessus de l'horizon, en tenant compte nécessairement 
de l'époque de Tannée dans laquelle on se trouve. 



- 189 — 

Accessoirement, je ferai remarquer que, si on connaît 
la direction des points cardinaux dans le pays où l'on 
se trouve, on peut, par une méthode analogue à celle 
qui est expliquée pour l'orientation k l'aide du soleil, 
déterminer l'heure de la journée d'après la position du 
soleil par rapport aux points cardinaux. 

Lorsqu'on s'oriente à Taide du soleil et d'une montre, 
les divisions de cette dernière peuvent servir à déter- 
miner, avec assez de précision, les diverses directions. 
Le limbe de la montre étai\t divisé en douze heures, si 
Ton place le diamètre xn-vi dans la direction sud-nord, 
le soleil se trouvera, à midi, dans la direction du rayon 
XII ; à une heure, dans la direction xn 1 /2 ; à deux heures, 
dans la direction du rayon i; à six heures, dans la di- 
rection du rayon m, etc. Autrement dit, un arc de cercle 
d'une demi-heure sur la montre représente le déplacement 
angulaire du soleil pendant une heure. 

Ceci étant compris, supposons qu'il soit dix heures du 






matin, c'est-à-dire que le 
soleil ait encore deux 
heures à marcher avant 
d'arriver au midi. 

D'après ce qui vient 
d'être dit, le déplacement 
angulaire du soleil, pen- 
dant ce temps, est repré- 
senté sur la montre par 
deux demi - heures. En 
mettant donc le rayon C 
Xi dans la direction du 
soleil, la montre elle-même 
donne la direction des 
points cardinaux : G xii 
le sud, Cvi le nord, Cm 
l'ouest, C IX l'est; elle peut indiquer aussi, avec beau- 
coup de précision, une direction quelconque, par exemple 

H 




- 190 — 

Touest-nord-ouest, direction qui est donnée par le rayon 
passant au quart de l'arc N, c'est-à-dire par la 
quatrième minute après le m {fig. 228). 

Lorsqu'on doit marcher dans une direction donnée, 
en s'orientant à l'aide du soleil, on détermine, au point 
de départ, la direction à suivre; puis, pour n'être pas 
obligé de renouveler l'orientation à tout instant, on 
choisit, dans la campagne, un point éloigné et bien ap- 
parent, par exemple un clocher, un grand arbre, un 
mamelon, etc., qui soit exactement sur la ligne ainsi 
déterminée, et sur lequel on se dirige. Il n'est plus alors 
nécessaire de s'orienter jusqu'à ce qu'on ait atteint ce 
point. Si Ton n'employait pas ce moyen, il faudrait ob- 
server constamment la position du soleil et régler alors 
la marche, de manière que l'angle formé par la direc- 
tion suivie et par celle du soleil, variât avec le temps 
écoulé depuis le moment du départ. 

Ainsi, le chef d'une reconnaissance, parti à six heures 
du matin et se dirigeant vers le nord, devrait avoir d'a- 
bord le soleil sur son flanc 
droit, puis de plus en plus 
en arrière, ou, ce qui est 
la même chose, voir son 
ombre, située d'abord sur 
son flanc gauche, se rap- 
procher petit à petit de la 
direction suivie; à midi, 
il marcherait dans la di- 
rection opposée au soleil, 
c'est-à-dire dans la direc- 
tion de son ombre; à par- 
tir de cette heure, il devrait avoir le soleil de moins en 
moins en arrière et de plus en plus à gauche de lui, 
autrement dit, laisser, son ombre de plus en plus à 
droite, jusqu'à six heures du soir, heure à laquelle le 




— 191 - 

soleil doit se trouver exactement sur le flanc gauche ou 
l'ombre sur le flanc droit du voyageur {fig. 229). 

On comprend aisément que cette manière d'opérer ne 
peut donner qu'une indication générale, et qu'elle en- 
gendrerait bien des erreurs, qu'on peut diminuer nota- 
blement en prenant des points de direction, ainsi qu'il 
a été expliqué précédemment. 

Orlentatloii & Palde de la lune* 

Pour l'orientation, la lune fournit des indications 
moins précises que l'étoile polaire et que le soleil; mais 
il arrive souvent, pendant la nuit, que des nuages mas- 
quent en partie les étoiles, sans cependant cacher com- 
plètement la position de la lune. Il est bon, dans ce cas, 
de savoir tirer parti de cette circonstance pour s'o- 
rienter. 

La lune, on le sait^ semble, comme le soleil et tous les 
astres, faire un tour complet autour de la terre dans l'es- 
pace de vingt-quatre heures, et, en même temps, elle 
tourne réellement autour de la terre pendant la durée 
d'un mois lunaire. Ce dernier mouvement réel a lieu en 
sens inverse du mouvement diurne, qui n'est qu'appa- 
rent. 

Ces indications permettront de comprendre et de re- 
tenir plus facilement quelle est la position de la lune par 
rapport aux points cardinaux aux différentes phases du 
mois lunaire. 

Ces phases sont au nombre de quatre : la pleine lune, 
le 'dernier quartier, la nouvelle lune et le premier quar- 
tier. Elles se succèdent dans cet ordre, et, au commen- 
cement d'une de ses phases, la lune indique, six heures 
plus tard seulement, la même direction qu'au commen- 
cement de la phase précédente; de sorte que, après l'é- 
coulement complet des quatre phases, la lune se retrouve 
dans la même direction qu au début de la période. 



— 192 - 

Le premier jour de la pleine lune, notre satellite est 
au levant quand le soleil est au couchant ; la lune mar- 
que donc Test à six heures du soir, le sud à minuit, 
Touest à six heures du matin, comme le soleil aux heures 
correspondantes du jour. Elle est alors visible toute la 
nuit et complètement ronde {fig, 230, p. 320). 

Pendant les six autres jours de cette phase, la pleine 
lune décroity en s'échancrant vers la droite de l'obser- 
vateur. 

Le premier jour du dernier quartier, la lune passe 
aux différents points cardinaux, six heures plus tard 
qu'au premier jour de la phase précédente, c'est-à-dire 
à Test à minuit, au sud à six heures du matin. Elle n'est 
visible que pendant la dernière partie de la nuit; elle 
est demi -pleine et son échancrure tournée vers la 
droite de l'observateur. 

Pendant les six autres jours de cette phase, la lune 
décroît progressivement, en formant un croissant de 
plus en plus étroit, dont les pointes sont tournées vers 
la droite de l'observateur (fig. 231, p. 320). 

Pendant son premier jour, la nouvelle lune n'est pas 
visible. Si on la voyait, elle marquerait la direction des 
points cardinaux, six heures plus tard qu'au commen- 
cement du dernier quartier, c'est-à-dire aux mêmes 
heures que le soleil (fig. 232, p. 320). 

Pendant les six autres jours de cette phase, la lune 
présente la forme d'un croissant, dont l'épaisseur s'ac- 
croît progressivement jusqu'au demi-plein, et qui a ses 
pointes tournées vers la gauche de l'observateur. 

Le premier jour du premier quartier, la lune passe 
aux points cardinaux, six heures plus tard qu'au pre- 
mier jour de la nouvelle lune, c'est-à-dire au sud à six 
heures du soir, à l'ouest à minuit. Elle n'est alors visi- 
ble que dans la première partie de la nuit; elle est demi* 
pleine et a sa coupure tournée vers la gauche de l'ob- 



- 193 — 
servateur, c'est-à-dire dans la direction générale de 
Test (A?. 233, p. 320). . , , 

Pendant les six autres jours de celte phase, la lune 
grossit jusqu'au plein, en conservant Yéchancruré à 

gauche. 

Les indications qui précèdent, complétées par 1 ob- 
servation attentive de la forme de la lune ou par l'em- 
ploi d'un calendrier, font connaître la phase et le jour 
de cette phase dans lesquels on se trouve, et permettent 
ainsi, lorsque la lune est apparente, de repérer de nuit 
une direction cardinale quelconque. 

Le petit tableau des phases de la lune, donné à la page 
321, avec un calendrier de porte monnaie, suffit pour 
s'orienter, au moyen de notre satellite, aussi facilement 
et avec le même procédé qu'avec le soleil (!)• 

Orientation é. Taide de la boussole. 

L'aimant, librement suspendu, jouissant de la pro- 
priété de se placer toujours 
dans une même direction, 
fournit aussi un excellent 
moyen d'orientation. 

La boussole est une boîte 
fermée avec un verre, à tra- 
vers lequel on peut voir une 
aiguille aimantée mobile sur 
un pivot (fig. 234). 

Uaiguille prend toujours 
une direction sensiblement 
égale à celle du nord-sud. Une de ses pointes est bleue, 



Fig. 234. 




(4) Pour avoir plus de détails sur ce mode d'orientation, consuUer le 
chap. II de la 'i* édition de Vlmlruclion du toldat en eampagne, par un 
officier sopérieur d'infanterie (n» 3 de la série, Instruction $t éducation 
du toldat). 



— 194 - 

l'autre blanche; la première marque le nord magné- 
tique, Tautre le sud. 

On appelle déclinaison, le petit angle formé par la 
direction de Taiguille aimantée avec la direction nord- 
sud. Cette déclinaison est variable suivant les lieux et 
les époques; mais ses variations se font assez lentement 
pour être sans effet dans la pratique. 11 est nécessaire 
de la connaître pour s'orienter exactement. Actuelle- 
ment, à Paris, la déclinaison est d'environ 16 degrés ou 
18 grades à Touest, c'est-à-dire un peu moindre que la 
cinquième partie d'un angle droit (1). 

Pour trouver le nord avec la boussole, il faut donc 
tourner la boîte de manière que la pointe bleue de l'ai- 
guille se trouve à 16 degrés à Touest de la. ligne mar- 
quée N S; et] alors les lignes N S et OE, ainsi que les 
côtés de la boussole, si elle est rectangulaire, donnent 
la direction des points cardinaux. Généralement, une 
petite flèche f indique la valeur de la déclinaison et le 
côté où elle se produit. 

Pour orienter une carie avec la boussole, on fait l'opé- 
ration qui vient d'être indiquée, et on place les côtés 
du cadre parallèlement à ceux de la boussole, le bord 
supérieur du côté de la pointe bleue. La boussole est 
souvent graduée en 360 degrés ou en 400 grades; elle 
peut alors servir à mesurer les angles, comme on le 
verra dans le chapitre suivant. 

Sur le terrain, lorsqu'on fait face au nord magnétique 
donné par l'aiguille aimantée et qu'on veut trouver le 



(4) A Paris, la déclinaison diminue actuellement tous les ans d'en- 
viron 40 minutes. En France, elle diminue sur un même méridien, 
quand on se rapproche de l'équateur, et elle augmente de 5 degrés envi- 
ron, de l'est de la France à l'ouest sur un même parallèle. Dans Paris, la 
valeur de la déclinaison probable est, pour la période avril-août des années 

suivantes : ^883, -le-SO'; 4884, 46H0'; 1885, iG»; 4886, 45o50'; ctc 

(Extrait du nouvel Âide-Mémoire d*arUîlerie.) 



— 19S — 

nord vrai, il faut faire à peu près le tiers d'un demi- 
à-droite. 

-Orientation à l'aide d'une carte» 

Les cartes sont généralement dessinées de manière 
que les bords latéraux du cadre aient la direction nord- 
sud, et le bord supérieur ou inférieur la direction ouest- 
est, lorsque les lignes du dessin se trouvent placées 
parallèlement aux lignes correspondantes du sol. Les 
cartes qui ne sont pas construites de cette façon por- 
tent, dans un angle, une flèche indiquant la direction 
nord-sud, dans les mêmes conditions. 

On peut donc dire, d'une façon générale, que, pour 
s'orienter avec une carte, il sufiit de placer une ligne 
quelconque du plan dans la direction de la ligne eorres' 
pondante du terrain^ la carte fournissant alors elle- 
même la direction des points cardinaux. 

Deux cas principaux peuvent se présenter : 

lo Si l'on connaît le pays^ on détermine, sur la carte, 
le point A où Ton se trouve; puis on cherche, dans la 
campagne, un point assez éloigné qui soit représenté 
sur le plan, comme le clocher du village connu V. On 

Fig. 235. 




— 196 — 

place ensuite la direction A v du dessin dans la direction 
A V du terrain; et alors un des côtés latéraux de la carie 
donne la direction nord-sud. On s'orienterait de même, 
avec assez d'approximation, en plaçant la ligne A r dans 
une direction parallèle h celle de la route A R, si cette 
route ne fait pas trop de détours {fig. 23o). 

2® Si le pays est inconnu, Torientation de la carte se 
fait à la suite d'une comparaison attentive du dessin et 
du terrain lui-même. 

Cette comparaison permet de préciser, sur la carte, 
le point où Ton se trouve et les lignes qui, partant de 
ce point, représentent les lignes homologues du sol. On 
opère ensuite comme dans le cas précédent. 

Orientation & l'aide de certains Indices. 

Tous les moyens qui viennent d'être indiqués permet- 
tent de s'orienter avec assez d'exactitude; mais ils peu- 
vent quelquefois faire défaut tous ensemble, et dans ce 
cas, il est bon de ne pas négliger certains procédés 
simples d'orientation, qui, sans être très précis, four- 
nissent néanmoins des indications sufiBsantes à ceux qui 
les utilisent, pour leur permettre de se diriger en pays 
inconnu. 

Humidité des murs. — Les murs sont en général secs 
du côté qui est exposé au soleil, c'est-à-dire du côté du 
midi, et humides du côté du nord. 

Mousse des pierres et des arbres, — Le côté des arbres 
et des pierres qui est exposé au mauvais temps se re- 
couvre, en général, d'une mousse verdâtre, que l'ab- 
sence du soleil fait pousser aussi du côté du nord. Mais, 
comme le vent qui amène ordinairement la pluie n'est 
pas le même dans tous les pays, on ne peut pas donner 
de règle précise sur la direction de la rose des vents 
indiquée par la mousse; en pays inconnu, il est bon de 
faire quelques observations et de prendre quelques 



— 197 — 

renseignements à ce sujet, afin de pouvoir utiliser ce 
moyen d'orientation. 

Si, par exemple, le vent de l'ouest est le vec.i de la 
pluie, il est probable que la mousse des arbres ou des 
bornes kilométriques indiquera la direction nord-ouest. 
On peut remarquer également que Técorce des arbres 
est plus rugueuse et pourvue de sillons plus profonds 
du côté où fouette la pluie que du côté opposé. Dans 
les grandes forêts, les bûcherons se servent de ces indi- 
cations pour ne pas se perdre. 

Une troupe en reconnaissance peut en faire autant : 
si, en s'éloignant du camp, elle a remarqué la mousse 
des arbres à gauche, elle devra la voir à droite au 
retour. 

Dans un même ordre d'idées, le côté d'où vient la 
pluie et l'observation des fourmilières, lesquelles sont 
orientées de manière à être abriîées du mauvais temps, 
sont des indices facilitant l'orientation. 

Pousse des arbres. — La pousse des arbres fournit 
également un moyen d'orientation. 

Le soleil et l'air vivifient les plantes; aussi, la partie 
d'un arbre ou d'une branche d'arbre qui est le plus 
fréquemment exposée au soleil, c'est-à-dire celle qui 
est du côté du sud, pousse-t-elle mieux que la pariie 
exposée au nord. 

On remarque, en effet, que la section d'un arbre ou 
d'une branche d'arbre verticale est semblable à la figure 
236, et que la pousse de chaque „. o^^ 

année va en augmentant, d'épaisseur 
• du nord au sud. 

Ce phénomène étant connu, la sec- 
tion d'un arbre peut servir de bous- 
sole. Mais, pour que les indications 
données ainsi soient exactes, il faut 
avoir soin de couper un arbre qui 
puisse recevoir l'influence de l'air et '^ 

11. 




— 198 — 

du soleil de la même manière de tous les côtés; sinon, 
les conséquences qu'on tirerait de la forme des pousses 
pourraient être tout à fait erronées. 

Cela se comprend aisément : si, par exemple, un 
arbre est masqué du côté du sud, de manière à ne pas 
recevoir le soleil, et que, vers le nord, il soit démasqué, 
Tair est le seul agent qui détermine le plus ou moins 
de développement des pousses; et, comme l'arbre est 
supposé masqué de l'air et du soleil vers le sud, la sec- 
tion de l'arbre doit indiquer des pousses plus fortes du 
côté du nord. Pour les raisons indiquées précédemment, 
on remarque, en général, que, dans un arbre qui n'est 
masqué sur aucune face, le côté qui regarde le sud est 
plus touffu et a ses branches plus développées que le 
côté opposé. 

Girouettes, — Les girouettes portent généralement 
une flèche indiquant la direction nord-sud, et permet- 
tent ainsi de s'orienter. 

Moulins à vent, églises. — Les tréteaux qui servent de 
Fig, 237. base aux moulins à vent donnent, ordi- 
nairement, la direction des points car- 
dinaux. Si aucune inscription ne fait 
connaître un de ces points, l'observation 
des parties recouvertes de mousse peut 
servir à déterminer quelle est celle des 
quatre directions qui est le nord(/!^.237). 

Dans beaucoup d'églises, surtout en Italie, le prêtre 
étant à l'autel fait face à l'orient. 



U 



Orientation par renselgrnements* 

A défaut d'autres moyens d'orientation, ou pour véri- 
fier ceux qu'on possède, on peut demander des rensei- 
gnements aux paysans, aux bergers ou h d'autres per- 
sonnes compétentes, sur le côté où le soleil se lève, sur 



— 199 — 

la direction dans laquelle il se trouve à midi, sur la 
position de l'étoile polaire, etc. 

Si on a une carte, il est bon de leur poser plusieurs 
questions et de contrôler l'une par l'autre les réponses 
qu'ils font. Ainsi, le chef d'une reconnaissance étant 
arrivé au village A, devant continuer sa route dans la 
direction du sud-ouest, et n'étant pas sûr de la direction 
à suivre, interroge un paysan sur la position du soleil à 
midi, par exemple; il lui demande ensuite dans quelle 
direction se trouve le village B, qui, d'après la carte, 
est à Test du point A {fig. 238), 

Fig, 238. 




Si les réponses sont concordantes, c'est-à-dire si, dans 
le cas présent, le village est indiqué dans la direction 
A B et le soleil, à midi, dans la direction A M, il y a lieu 
de croire que ces renseignements sont exacts; et, la 
carte étant orientée en conséquence, on suit la direc- 
tion A X. 

Si, au contraire, les réponses se contredisent, on peut 
obtenir la vérité par intimidation. En campagne, il 
vaut mieux, en prenant un renseignement pour s'orien- 
ter, demander, comme on l'a fait dans l'exemple précé- 
dent, la direction d'une localité autre que celle où l'on 
se dirige, afin de tromper Tennemi sur les intentions 
que l'on a. 



- i. 



— 200 — 

Orientation sans la reciierclie 'des pointa 

cardinaux* 

Dans un sens particulier, s'orienter veut également 
dire : se retrouver en pays inconnu. A ce point de vue, 
on peut citer d'autres moyens d'orientation. 

Le meilleur consiste dans celui d'un bon guide. 

Sans celte ressource, une troupe en reconnaissance 
retrouvera facilement son chemin si elle longe, par 
ôxemple, un cours d'eau, le pied ou le sommet d'une 
ligne de hauteurs, ou toute autre direction facile à 
reconnaître. En parcourant un terrain différent du pré- 
cédent, les homnaes doivent observer attentivement tous 
les objets qu'ils remarquent à leur droite ou à leur 
$çauche et qu'ils doivent revoir du côté opposé au retour; 
leur chef fait briser quelques branches d'arbres, aux 
carrefours des roules, pour indiquer la bonne direction 
Il prendre lorsqu'on regagnera le camp ou le cantonne- 
ment; il se retourne souvent en arrière pour juger de 
l'aspect que le terrain offrira au retour, et pour se le 
giaver dans la mémoire, etc. 

Tout élémentaires que soient les moyens do ce genre, 
employés pour retrouver son chemin en pays inconnu, 
ils suffisent quelquefois pour remplacer, et, en tout cas, 
ils complètent toujours utilement les renseignements 
fournis par les autres procédés d'orientation. 

Exercices pratiques, — Ces notions théoriques d'orien- 
tation qui, dans l'armée, font l'objet d'exercices pra- 
tiques sur le terrain , sont également utiles aux per- 
sonnes qui voudraient employer leurs promenades à la 
campagne h faire des observations sur cette partie des 
connaissances utiles que tout le monde doit posséder. 



-^ 201 — 



CHAPITRE V. 



EXÉCUTION D'UN LEVÉ A VUE, D'UN CROQUIS. 



IVécesslté pour tout officier cle pouvoir 
eiLécuter un levé ih vue* 

Les cartes topographiques dont on se sert en cam- 
pagne ou dans les manœuvres du temps de paix, sont 
faites, en général, à des échelles assez faibles, le j~ 
par exemple; elles ne sauraient donc fournir, pour une 
portion restreinte de terrain, tous les renseignements 
de détail qu'il est nécessaire de connaître, si Ton veut 
tirer de ce terrain le meilleur parti possible, sous le rap- 
port de la disposition des troupes en vue d'une action 
de guerre. 

D'un autre côté, les cartes dont on dispose sont quel- 
quefois anciennes et donnent des indications erronées 
ou incomplètes sur certains détails du terrain, particu- 
lièrement sur les voies de communication. 

En outre, les cartes peuvent faire défaut à un moment 
donné, ce qui oblige le chef d'une troupe considérable 
à se servir des yeux de ses subordonnés pour connaître 
le terrain sur lequel il doit prendre position ou com- 
battre. 

Enfin, il est toujours utile et quelquefois indispen- 
sable de préciser, par le dessin, la position des troupes 
amies ou ennemies avant un engagement ou pendant 
les diverses phases d'une opération réelle ou supposée. 

Dans ces divers cas, il est essentiel que les officiers, et 



— 202 - 

même les sous-officiers et quelques soldats, puissent con- 
tribuer à éclairer leurs chefs à l'aide de levés à vue ou 
de croquis exécutés rapidement, et ayant pour but de 
compléter ou de corriger les cartes, d'y suppléer au be- 
soin, ou de disposer les troupes sur le papier comme 
elles le sont sur le terrain. 

Les levés ont de plus l'avantage de perfectionner leurs 
auteurs dans la lecture des cartes, de former le coup 
d'œil dans l'appréciation générale d'un terrain et dans 
l'estimation rapide des distances, des pentes et des 
hauteurs. Pour toutes ces raisons, on ne saurait trop en 
recommander la pratique aux officiers. 

C'est par des exercices souvent répétés sur le terrain, 
plutôt que par des études théoriques, qu'on peut acquérir 
l'habitude de faire des levés rapides et précis. Les en- 
gagés conditionnels devront s'y livrer fréquemment, 
non-seulement pendant leur court séjour sous les dra- 
peaux, mais surtout après leur retour dans leurs foyers; 
car ils ne doivent pas perdre de vue que leurs obliga- 
tions militaires envers la patrie ne finissent pas avec 
leur année d'instruction, et que chacun doit, dans la 
limite de ses forces et de son intelligence, travailler k 
acquérir les connaissances dont il fera plus tard l'ap- 
plication en campagne. 

Diverses espèces de levés* 

Il y a deux espèces principales de levés topogra- 
phiques : les levés réguliers et les levés irréguliers. 

Les premiers exigent beaucoup de temps, des instru- 
ments très-précis, et ne sont pas du ressort des officiers 
d'infanterie ; ils sont employés pour la confection des 
cartes d'état-major. 

Les levés irréguliers doivent, au contraire, être exé- 
cutés très-rapidement, par des méthodes approximatives 
et avec des instruments très-simples ou même sans ins- 



ïï 

• 



— 203 — 

truments. Ils peuvent être employés par les officiers et 
par les sous-officiers d*infanterie, pour rendre compte 
d'une reconnaissance ou de Texécution d'une petite opé- 
ration militaire. Il y a plusieurs sortes de levés irrégu- 
liers : les levés irréguliers avec instruments, nommés 
aussi kvés expédiés, les levés à vue, les croquis, les levés 
de mémoire, les levés par renseignements et les itinéraires. 
Ces derniers forment une variété des levés avec ou sans 
mstruments. 

L'exécution d'un levé comporte trois opérations princi- 
pales. — Dans tout levé topographique, on distingue la 
planimétrie et le nivellement. 

Pour exécuter la planimétrie d'un terrain ABGD, il 
faut mesurer les distances 
horizontales qui séparent les 
points remarquables, les por- 
ter sur le papier à l'échelle 
adoptée, et faire former aux 
lignes du dessin des angles 
égaux à ceux des lignes cor- 
respondantes du sol. 

La figure géométrique 
ahcd, ainsi obtenue, est 
semblable à la figure ABCD 
du terrain {fig. 239). 

Il suffit, dès lors, d'y représenter les objets remar- 
quables, d'après les conventions indiquées au cha- 
pitre II, pour avoir une image parfaitement claire du 
terrain qu'on veut dessiner, abstraction faite de son 
relief. 

D'un autre côté, on a vu, au chapitre III, que le ni- 
vellement a pour base la détermination des cotes de 
niveau, autrement dit la mesure des hauteurs. 

On peut donc dire que l'exécution d'un levé topogra- 
phique peut se réduire à trois opérations principales : 




— 204 - 

Mesurer des distances; 
Mesurer des angles; 
Mesurer des hauteurs. 

MSSURB DES DISTANCES. 

On peut arriver à la connaissance des distances par 
divers procédés qui vont être examinés succinctement : 

lu Mesure des distances au moyen de longueurs étalonnées, 
telles que la chaîne d* arpenteur et le décamètre à ruban 
d'acier. 

Ce mode d'opérer n'est guère employé que dans les 
levés réguliers. 

2o Mesure des distances au pas. 

C'est le procédé le plus usité dans les levés irréguliers. 
Pour mesurer une distance de cette manière, chacun 
doit étalonner son pas, c'est-à-dire en trouver exactement 
la valeur métrique. On y arrive en parcourant plusieurs 
fois une longueur de 100 mètres, mesurée très-exactement 
sur le terrain ou choisie sur une route kilométrée, et en 
prenant le nombre moyen de pas qui correspond à cette 
distance. Connaissant ainsi le nombre de pas qu'on doit 
compter pour parcourir 100 mètres, on en déduit le 
nombre de pas correspondant à 10 mètres, et ces indi- 
cations suffisent pour permettre d'exprimer facilement 
en mètres une longueur mesurée en pas. La mesure eh 
pas peut aussi se faire automatiquement à l'aide d'un 
podomètre, instrument qu'on porte comme une montre, 
en parcourant la distance à mesurer. 

Échelle de pas. — Habituellement, dans les levés ir- 
réguliers, on évite de transformer en mètres les longueurs 
comptées en pas, pour les porter graphiquement sur le 
dessin. Pour cela, on construit une échelle de pas comme 
une échelle simple ordinaire, mai^ en prenant pour 



- 205 — 

unités de longueur celles qui correspondent à 100 et à 
10 pas, et qui ont été trouvées au moyen de l'étalonnage 
du pas. 

Supposons que, dans cette dernière opération, on ait 
compté 125 pas pour 100 mètres, c'est-à-dire 100 pas 
pour 80 mètres. 

Pig.^iO. On prend, à l'échelle employée, une 
longueur AB = 800 mètres ou 1000 pas, 
et on la divise en dix parties égales à 100 
pas chacune ; puis on porte, à gauche du 
zéro, une longueur A G égale h une des 
divisions de droite, et on la divise en dix 
parties égales, qui représentent chacune 
dix pas. 

La division en dix parties égales se fait, 
soit à l'aide du double décimètre, soit par 
le procédé géométrique bien connu qui 



J^ 



l 






% 






Fig. :4^. 



h 



I 





consiste à mener une ligne LX faisant un 
certain angle avec la ligne LI qu'on veut 
-w^ diviser, à porter sur LX dix longueurs 
égales à partir du sommet de l'angle, à joindre la 
dernière division N à l'extrémité I de la ligne à diviser, 
et à mener des parallèles par les autres points de divi- 
sion {fig. 241). 



- 206 — 

3» Mesure des distances par le temps employé à les par- 

courir à pied ou à cheval, 

La mesure des distances par le temps employé à les 
parcourir à pied ou à cheval, est basée sur la connais- 
sance de la longueur et de la vitesse du pas aux diverses 
allures. Les règlements sur les manœuvres de Tinfan- 
terie et de la cavalerie donnent ces indications pour la 
marche d'une troupe. En les consultant, on verrait que. 

Au pat aeeéléré, un homme parcoart 446 X 0"75bbi 86*25 par minute. 
Au pa$ gymnastique f idem 4 70 X 0*80 « 4 36» idem . 
Au |Mi#, scion Tarme, un cheval parcourt 400 à 420" par minute. 
Au trot, idem tdem 230 à 250- idem. 

Au galopy idem idem 330 h 350" idem. 

Mais l'emploi de ces nombres théoriques pour la me- 
sure des distances, ne donnerait que des résultats 
très-peu exacts, parce que la vitesse de marche varie 
avec chaque homme et avec chaque cheval, et parce 
qu'elle est rarement égale h celle que prescrivent les 
règlements militaires. 

Celui qui veut mesurer une distance par le temps em- 
ployé à la parcourir, doit donc faire des observations 
préalables sur sa propre vitesse de marche ou sur celle 
de sa monture, aux diverses allures, pour savoir com- 
bien il franchira de mètres en une minute et pour en 
déduire la distance parcourue pendant un certain temps 
de marche, à une allure déterminée. 

Ce procédé d'appréciation des distances donne des 
résultats moins exacts que la mesure directe au pas ou 
à Taide de longueurs étalonnées ; mais il a l'avantage 
de permettre à celui qui opère de porter toute son at- 
tention sur le terrain qu'il parcourt, ce qu'il ne saurait 
faire lorsqu'il est obligé de compter tous ses pas. On 
l'emploie de préférence pour mesurer de grandes dis- 
tances. 



~ 207 - 

4<> Mesure des distances au moyen du son, 

La mesure des distances d'après la vitesse du son est 
basée sur les données suivantes : 

La vitesse de la lumièrey d'après les dernières expé- 
riences faites en 1862 par M. Foucauld, est égale à 
298,000 kilomètres par seconde, ce qui permet d'ad- 
mettre que la lueur d'une détonation se voit au moment 
où elle se produit. 

La vitesse du son dans l*air, à la température de 
dix degrés au-dessus de zéro, est égale à 337"»,2 par 
seconde; elle augmente de 0",626 pour chaque degré 
d'accroissement de la température; elle diminue de la 
même quantité pour chaque degré d'abaissement; elle 
est, en outre, modifiée par la direction et par llntensité 
du vent. 

La vitesse du son dans l'eau, à une température 
moyenne, est égale à 1435 mètres par seconde. 

Avec ces données, pour trouver la distance qui sé- 
pare le point où l'on se trouve de celui où se produit 
une détonation, il suffit de compter le nombre des se- 
condes qui s'écoulent entre l'apparition de la flamme ou 
de la fumée et la perception du bruit de la détonation, 
et de multiplier ce nombre, soit par 337 environ, soit 
par 1435, suivant le milieu qui transmet le son. 

Ce procédé est plutôt employé pour régler le tir en 
campagne que dans les levés topographiques; aussi 
est-ce dans le Cours de tir (1) qu'on a donné les moyens 
pratiques d'utiliser la connaissance de la vitesse du son 
pour la mesure des distances. 

5» Estimation des distances à vue. 
L'estimation des distances h la vue simple peut éga- 

(i) Voir ce Cours, page 442 et 443. 



— Î208 — 

lement rendre d'utiles services, lorsqu'elle est faite par 
des gens qui ont exercé fréquemment leur coup d'œil 
dans ce but, et qui ont vérifié leurs appréciations pré- 
paratoires; néanmoins, il ne faut, autant que possible, 
avoir recours à ce procédé, que pour estimer la dislance 
de certains points secondaires du terrain, peu éloignés 
du lieu d'observation. 

Pour se rendre compte, en effet, des erreurs qu'on 
peut commettre dans l'appréciation des distances à la 
vue simple, il suffit de rappeler que l'état de l'atmo- 
sphère, la position de la lumière par rapport à l'observa- 
teur, le fond sur lequel se détache l'objet dont on veut 
apprécier l'éloignement, la qualité de la vue, variable 
avec les individus, et bien d'autres circonstances encore 
font paraître les distances plus ou moins grandes. 

Ainsi, lorsque Tair est pur, lorsque la lumière se 
trouve derrière l'observateur, lorsque l'objet observé se 
détache sur un fond tranchant qui en fait ressortir les 
contours, les distances paraissent moins grandes. 

Au contraire, un temps sombre, la position du soleil 
en face de l'observateur, la similitude de teinte entre un 
objet et le fond sur lequel il se projette, sont autant de 
causes qui diminuent la netteté des contours et aug- 
mentent l'éloignement des points qu'on observe. 

Les indications qu'on peut donner sur l'apparence des 
hommes, des chevaux ou des objets du terrain, aux di- 
verses distances, ne sauraient donc être que des données 
incertaines dont il est préférable de ne pas surcharger 
la mémoire. 

Il vaut mieux, pour apprécier une distance, laisser 
de côté les observations minutieuses et procéder par com- 
paraison, ainsi que le prescrit le Manuel de l'instructeur 
de tir. On va néanmoins donner quelques indications 
générales sur l'apparence des objets aux différentes dis* 
tances, parce que le programme ministériel prescrit de 
les fournir, et parce que ces résultats de l'expérience 






— 20D — 

peuvent quelquefois servir de guide à Tobservaleur qui 
les connaît. 

Données d'expérience. — A partir de 4000 mètres, on 
peut compter les fenêtres des grandes maisons et les 
hautes cheminées qui se détachent sur le ciel. 

Vers 2000 mètres, les hommes et les chevaux isolés 
commencent à apparaître comme des points. 

Vers 1600 mètres, c'est-à-dire à la limite d'emploi de 
la hausse à rallonge du fusil modèle 1866, Tinfanteriti 
apparaît comme une ligne noire, la cavalerie comme une 
ligne plus épaisse, dentelée à la partie supérieure. 

Le mouvement de marche vers l'observateur ou dans 
le sens opposé se reconnaît à l'indice suivant : « Si le 
reflet des armes est très-brillant, dit le général deBrack, 
il est probable que l'ennemi vous fait face; s'il en est au- 
trement, il est probable qu'il vous tourne le dos. • 

Les mouvements d'une troupe qui se déplace, en pré- 
sentant le flanc à l'observateur, sont sensibles à de 
bien plus grandes distances. On en reconnaît le sens, 
en prenant des points de repère dans la campagne, sur 
un des flancs de la troupe, et en remarquant si la ligne 
qui se meut se rapproche de ces points ou si elle s'en 
éloigne. 

A partir de 1200 mètres, qui est la limite d'emploi de 
la hausse ordinaire du fusil modèle 1866, on distingue 
assez bien un arbre isolé ou un poteau indicateur, et 
nettement un cheval, monté ou démonté, seul ou au mi- 
lieu de infanterie. A cette même distance, une troupe 
à pied, formée en bataille, apparaît comme une ligne 
dentelée à la partie supérieure. 

A 900 mètres, on peut distinguer les pièces d'artil- 
lerie. 

A 800 mètres, un homme isolé et ses principaux mou- 
vements deviennent apparents. 
Dans la limite d'emploi des lignes de mire fixes du 



— 210 — 

fusil modèle 1866, c'est-à-dire jusqu'à 825 mètres^ on 
aperçoit les croisées des fenêtres 

A 400 mètresy la tête des hommes est très-distincte. 

Ces indications succinctes peuvent être complétées à 
Faide du tableau suivant, qui est extrait d'une instruc- 
tion sur le tir du 17 novembre 1860. 

TABLEAU GÉNÉBAL 

Indiquant tordre dans lequel disparaissent successivement, 
suivant la distance et pour de bonnes vues, les différentes 
parties du corps du soldat^ de ses effets d'habillement, 
d'équipement et d'armement^ et ses divers mouvements 
dans la marche. 



mètres. 
A 280 mètres. 



A 300 mètres. 



CAVALERIE. 

De 175 à 200/ T fi a vu 
^L«l« ( ^^ figure de Ihomme. 

La cuirasse, sur le cavalier vu de 

flanc. 
Les rênes de bride, sur les chevaux 

noirs et bais vus de flanc. 
La lame de sabre hors du fourreau, 

pour les cavaliers vus de face ou 

par derrière. 
Le mousqueton, porté en bandoulière. 
Les rênes de bride, sur les chevaux 

gris vus de flanc. 
La lame de sabre hors du fourreau, 

pour les cavaliers vus de flanc. 
Le fourreau de sabre, pour le cavalier 

présentant le côté gauche. 
La forme du shako. 
Les épaulettes de couleur rouge. 
Les hampes de lance. 
A 500 mètres. . Le baudrier, sur le cavalier vu de face. 



A 400 mètres. 



r- 211 — 

Le casque de dragon, pour le cavalier 
A 600 mètres. .{ vu de face. 

Les plastrons de couleur jaune. 
A cette distance, les robes baies et les noires cessent 
de se distinguer entre elles. 

Le baudrier, sur le cavalier vu par 
derrière. 

A 700 mètres. .1^ cuirasse, vue de face. 

Les panaches et les plastrons de cou- 
leur rouge. 
L'allure du pas. 
A cette distance, on cesse de reconnaître si le cheval 
se présente de face ou par derrière. 

Les robes alezanes se confondent avec les robes baies 
et les noires. 

Les chevaux scellés, vus de face et par derrière, ne se 
distinguent plus des chevaux nus. 

Les cuirasses, vues par derrière. 
A 800 mètres. 3 I^®s plastrons de couleur blanche. 

L'allure du trot et le mouvement du 
cheval au pas. 
De 900 à 1000 1 Le mouvement du cheval au trot et 
mètres. • • • ) l'allure du galop. 

De 1100 à 1200 i 

S Le mouvement du cheval au galop. 

A 1200 mètres. Les casques de dragon, vus de côté. 
A 1S60 mètres. Les flammes de lance. 

OBSERVATION. 

L'indication des distances auxquelles cessent de se 
distinguer les allures et le mouvement du cheval à ces 
diverses allures, ne s'applique qu'au cas où les cavaliers 
s'éloignent ou se rapprochent des observateurs. Lorsque 
les cavaliers sont observés de flanc, le mouvement et 
les allures se reconnaissent jusqu'aux distances les plus 
éloignées. 



— 212 - 



INFANTEIUE. 



A loO mfctres. • Les épaulcttes de couleur verte. 

De 173 à 200 (La figure du soldat et les épaulettes 

mètres. . . . ( de couleur blanche. 
A 250 mètres. . La giberne. 

Les mains, les lignes de boutons de la 

capote et de la tunique, les plaques 

A 300 mètres. . { de ceinturon et de shako, les sacs 

de couleur foncée, les poignées de 
sabre. 

De 350 à 400 1 ^^g épaulettes de couleur rouge, 
mètres. . . . ) 

l Les canons de fusil, l'arme portée sur 
k /KCk TY^^trûc î Tépaule et tous les détails de Tha- 

billement, à 1 exception de la cou- 
leur rouge du pantalon. 
Le sens de la marche des pelotons se 
A 500 mètres. . { rapprochant ou s' éloignant des ob- 
servateurs. 

A 600 m^tres. . Les maniements d'armes. 
De 700 à 750 (Le mouvement des pelotons en marche, 
mètres. . . . ( et vus de face ou par derrière. 

A 1300 mètres, j^^ couleur rouge des pantalons des 

' / soldats d'infanterie. 

Toutes les données d'expérience qui précèdent se rap- 
portent à des observations faites, pendant un temps 
clair, par un homme doué d'une bonne vue; elles doi- 
vent donc être nécessairement modifiées en raison de la 
qualité de la vue de chacun, des circonstances atmo- 
sphériques et dé la configuration du terrain. 

6<* Procédés divers. 
Sur une route, les renseignements fournis par les 



i 

- 213 — 

bornes kilométriques et hectométriques et par les po- 
teaux indicateurs, ainsi que l'espacement régulier des 
arbres qui la bordent, sont de précieuses ressources 
pour connaître les distances. 

Dans un levé qu'il faut exécuter très-rapidement, les 
distances qui séparent certaines localités peuvent être 
obtenues assez exactement, en interrogeant contradic- 
toirement les habitants ou en consultant une carte géné- 
rale du pays. 

Il y a, en outre, certains instruments qui peuvent ré 
soudre, sans calcul, le problème qui consiste à mesurer 
Téloignement d'un point inaccessible. Ils se nomment, 
en général, télémètres et sont principalement destinés h 
régler le tir de l'artillerie et même celui de Tinfanterie; 
mais ils peuvent être aussi employés pour mesurer des 
distances dans un levé irrégulier. 

Aucun télémètre n'étant encore réglementaire, le 
nombre des divers systèmes en étant très-considérable, 
les expériences et les recherches qui les concernent se 
poursuivant tous les jours, et le programme ministériel 
étant muet sur leur emploi, on ne donnera dans ce cours 
la description d'aucun de ces instruments. 

Réduction cle» lonepueurs et Pborlzon* 

On a démontré, dans le chapitre précédent, qu'une 
carte ne peut donner une image semblable au terrain, 
qu'à la condition de représenter les lignes du sol réduites 
à l'horizon. Il en résulte que les longueurs, mesurées 
au pas dans un terrain accidenté, sont toujours trop 
grandes. 

Ainsi, pour une pente de 10 grades ou de J, qui est à 
peu près celle où la cavalerie cesse de charger, il faut 
diminuer les longueurs mesurées de 1 pour 100 environ, 
c'est-à-dire compter 101 pas au lieu de 100, pour avoir 
la longueur réduite à rhorizon« 

là 



^ 214 — 

Pour la pente en talus, qui correspond à 20 grades ou 
à ; , la réduction est de 5 pour 100, soit 1 mètre pour 20, 
ce qui oblige à compter 105 pas au lieu de 100. 

La dernière pente accessible au fantassin debout por- 
teur de son sac et de son fusil, qui est celle de 33 grades 
ou de g, exige une diminution de J environ sur la lon- 
gueur mesurée. Pour l'obtenir, il faut compter 117 pas 
au lieu de 100. 

Pour les plus fortes pentes qu'un homme peut parcou- 
rir en comptant les pas, la réduction des longueurs est 
de g , ce qui amène à compter 125 pas au lieu 100. 



1 



Tableau pour la réduction des longueurs < 


i rkorizon. 




RÉDUCTION 




RÉDUCTION 




RÉDUCTION 




do 


• 
M 

H 


de 


• 
H 

H 


de 


S a 


4 mètre 


B 
£ 


4 mètre 


9a 


4 mètre 




à l'horizon. 




à l'horizon. 




à l'horizon. 


4» 


0,999 


460 


0,964 


31 • 


0,857 


2- 


0,999 


il^ 


0,956 


32» 


0,848 


3«» 


0,998 


48<» 


0,954 


330 


0,838 


4* 


0,997 


49'» 


0,945 


34o 


0,829 


5» 


0,996 


20» 


0,939 


35<» 


0,849 


6» 


0,994 


2^ 


0,933 


36» 


0,809 


7o 


0,992 


2î. 


0,927 


37« 


0,798 


8» 


0,990 


«•» 


0,920 


38* 


0,788 


9* 


0,987- 


24* 


0,943 


390 


0,777 


40« 


0,984 


25o 


0,908 


40» 


0,766 


4<<» 


0,981 


260 


0,896 


44* 


0,754 


42- 


0,978 


270 


0,894 


42* 


0,743 


43« 


0,974 


28o 


0,882 


43« 


0,734 


44« 


0,970 


29o 


0,874 


U« 


0,749 


45» 


0,965 


30» 


0,866 


45* 


0,707 



— 215 — 

Ces données sont suffisantes, dans un levé irrégulier, 
pour opérer la réduction à l'horizon des longueurs me- 
surées sur un terrain en pente; toutefois, lorsqu'on veut 
faire cette réduction avec plus d'exactitude, on peut se 
servir du tableau de la page précédente, qui donne les 
projections horizontales d'une longueur de 1 mètre, 
mesurée sur des pentes variant de 1^ à 48<* (1). 

Si Ton veut connaître, à l'aide de ce tableau, la lon- 
gueur horizontale correspondant à une longueur natu- 
relle, mesurée sur un terrain en pente, on multiplie cette 
dernière longueur par le nombre qui se trouve en re- 
gard de l'angle exprimant la pente. Ainsi, 100 mètres, 
sur un terrain ayant une inclinaison de 22<>, sont réduits 
horizontalement à 100 X 0«»,927, c'est-à-dire à 92°»,70. 

Réciproquement, on peut, au moyen des données de 
ce tableau, trouver la longueur naturelle correspondant 
à une certaine projection horizontale et à une pente dé- 
terminée. Pour cela, on divise la longueur horizontale 
par le nombre qui se trouve en regard de celui qui 
exprime la pente. Ainsi, une projection horizontale de 
194 mètres de longueur représente, sur un terrain in- 
cliné à 14», une longueur égale à ~ = 200 mètres. 

Problèmes sur la mesure des distances* 

Mesurer la largeur d'un cours d'eau quon ne peut pas 
traverser. — Ce problème peut être résolu de plusieurs 
manières. 

10 Si l'on exécute le levé d'une rive, on peut, de deux 
points déterminés sur le dessin, tels que le coude c de 
la route et la maison m, viser un arbre a de la rive op- 



(i) On verra plus loin, dans ce chapitre, la manière de mesurer les 
angles do pente à l'aide du rapporteur. C'est parce que les instruments 
de ce genre, donnés aux engagés conditionnels, sont divisés en degrés et 
non en grades, qu*on a exprimé les pentes en degrés dans ce tableau. 



— 216 - 
posée, tracer les directions ea el ma sur le papier, 
comme on le verra plus loin, et déterminer ainsi le 
triangle mac, dans lequel on peut mesurer graphique- 
ment la ligne a b perpendiculaire au cours d'eau, et di- 
rectement sur le terrain la portion b l. La différence entre 



ces deux quantités est précisément la largeur demandée 
a/Oî^. 242). 

Si un obstacle ou le voisinage de l'ennemi empoche 
de mesurer directement la longueur 61, on détermine le 
point / de la même manière que le point a et on mesure 
al SUT le dessin. 

2" On choisit une partie du cours où les rives sont 
à même hauteur et où le terrain est plat. On enfonce, 
sur le bord accessible, un petit bftton DE, dont la partie 
visible a, par exemple, une hauteur égale à 0",S0, mais 
peut être quelconque. On coupe une baguette ayant une 
longueur double de DE, soit 1 mètre; on recule per- 
pendiculairement au cours d'eau, dans la direction EC, 
jusqu'à ce que le rayon visuel, passant par le sommet 



— 217 — 
ies deux jalons, vienne rencontrer le bord opposé P. 
L'intervalle EC entre les deux jalons est alors égal à la 
labeur £F du cours d'eau {fig. 243). 



•a 



En effet, Xc = Fïï 

0,80 _ 1 _ FE 

*•" T" — 2 — FE+EC' 

d'oùFE + EG = 2FE; 

donc EC = FE. 

Si le terrain libre sur la rive accessible était trop 

étroit, on pourrait réduire les dimensions du grand jalon 

de la moitié de la hauteur du petit, par exemple à Oi^.TS; 

dans ce cas, l'intervalle CE entre les deux jalons ne 

serait plus que la moitié de la largeur de la rivière. 

_ -, DE FE 

En effet, j^ = ^ 

0.50 _ î _ FE . 
°° 0,15 """ 3 ~ PE+EC" 
d*où 2 FE + 2 EC' = 3 FE; 
donc2EC' = FE. 



— 218 — 

Si le terrain libre est très-limité, on rapproche les 
jalons, autant que cela est nécess aire, et on les enfonce 
plus ou moins jusqu'à ce que la ligne de visée arrive sur 
le bord opposé; on mesure ensuite la hauteur des jalons 
ainsi que la distance qui les sépare, et, par un calcul 
très-simple, on trouve encore la largeur. 

3^ Une manière plus expéditive, mais moins précise, 
de déterminer la largeur d'un cours d'eau, consiste à se 
placer sur le bord accessible de la rivière, à fixer la rive 
opposée, et h baisser ou à élever la visière de la coiffure 
avec la main gauche, jusqu'à ce que les rayons visuels 
les plus éloignés atteignent le bord inaccessible. On fait 
alors demi-tour ou bien par le flanc droit ou par le flanc 
gauche; on observe le point du sol où aboutissent les 
rayons visuels qui rasent la visière; et, en mesurant la 
distance qui sépare l'observateur de ce point, on a la 
largeur du cours d'eau. 

Pour que celte opération donne d'assez bons résultats, 
il faut, comme dans l'exemple précédent , choisir un 
terrain convenable; il faut en outre assurera la position 
de la têle beaucoup de fixité, ce qu'on peut obtenir en 
faisant reposer la tête sur le poing droit placé sous le 
menton, le bras droit étant fortement serré contre le 
corps. 

Avec la visière arrondie du nouveau képi, il paraît 
préférable de viser en fermant l'œil gauche. 

40 On peut aussi déterminer la largeur d'un cours 
d'eau comme bn mesure la distance d'un point inacces- 
sible. 

Dans bien des cas, l'appréciation à l'œil est suffisante. 

Trouver la distance d'un point inaccessible. — Lors- 
qu'on veut déterminer assez exactement la distance d'un 
point à un point inaccessible A, on peut employer le 
procédé suivant {fig. 244). 

On mène à OA une perpendiculaire, sur laquelle on 
prend deux longueurs égales OB et BG; en C, on mène 



— 219 — 

une perpendiculaire GX; on jalonne ensuite la ligne 
AB, dont le prolongement coupe CX en un point D, qui 
est Textrémité d'une ligne accessible CD égale à OA. 

Pig. 244. 




i>T7 OB ^f, OB 
BE = -^ ou BG =-T-^ 



Si la distance OA est très-grande, on peut prew.dro 

et alors, les portions de 

perpendiculaires EF ou G H, qu'on mesure sur le ter- 
rain, sont la moitié ou le quart de la distance cherchée. 
Le tracé d*une perpendiculaire se fait aisément à 
Vaide d'une petite corde de douze mètres de longueur, 



— 220 — 

divisée par des nœuds en trois parties de 3, de 4 et de 
S mètres. 

En formant avec cette corde un triangle ayant les 
nœuds aux angles, on a un triangle rectangle, puisque 
le carré du plus grand côté est égal à la somme des 
carrés des deux autres : 8* = 3« +4«; 28 = 9 +16. 

Si l'on n'a pas le moyen de déterminer des perpendi- 

Pig. 245 




culaires sur le terram, on trace les lignes CD =0A, 
EFtrr — , ou GH = -^, parallèlement à A, en ja- 
lonnant une deuxième direction auxiliaire IBK, sur 



— 221 — 

IB 

laquelle on prend des longueurs BK = IBouBL=:-3- 
ouBM=î| (fig.U^). 



MESUBB DES ÂI76LES. 

Dans les levés expédiés, la mesure des angles sur le 
terrain se fait à Taide d'instruments qu*il est mutile de 
décrire, parce que ni les engagés conditionnels, ni les 
sous-officiers, ni même les officiers d'infanterie n'en 
auront jamais k leur disposition pour exécuter les levés 
qu'on est en droit d'exiger d'eux. 

Avec les instruments qui servent à mesurer les angles, 
on vise les directions à l'aide d'une règle mobile, dis- 
posée à cet effet, à laquelle on donne le nom d'alidade. 

Le double décimètre à section triangulaire, mis entre 
les mains des engagés conditionnels, sert à la fois pour 
reporter les longueurs sur le dessin et pour viser des 

Ft^. 246. 



> I 1. 1 1 . 1 « I . 1 1 .1 1 1 I j I i .t » rU 



directions par l'arête supérieure AB qui sert de ligné de 
visée. C'est pourquoi ce double décimètre porte le nom 
à!alidade simplifiée. 

Pour dessiner l'angle que forment deux directions 
ABet BC sur le terrain, il suffit, lorsqu'on est arrivé au 
point B, de placer la dernière ligne 6 a, tracée sur le pa- 
pier, dans la direction de la ligne correspondante BA 
du terrain, puis de viser la nouvelle direction BG avec 
l'alidade, qui sert en même temps à tracer la ligne b e 
sur le dessin. L'angle abc est alors égal à l'angle ABC 
(fig. 247). 



— 222 — 

En agissant de même au point G, on dessine sur le 
papier un angle bcdzuBCÏ). 

Il est facile de voir que cette opération, qui consiste 
à placer toujours la dernière ligne tracée, dans la direc- 
tion de la ligne correspondante du sol, ramène toutes les 
lignes du dessin parallèlement aux lignes homologues 

Fig. 2W. 




du terrain, et replace les côtés de la feuille de papier F*, 
F', parallèlement aux directions qu'elles avaient dans 
la postionF*, lorsque, étant au point de départ, on a 
trîicé la première direction a 6 parallèlement à AB. 

Se décliner, — Se décliner, c'est précisément placer 
les lignes du dessin dans des directions parallèles "à 
celles du terrain. D'après ce qui vient d'être dit, on peut 



— 223 — 

se décliner, en mettant, à simple vue, la dernière ligne 
tracée sur le papier, dans la direction de la ligne qu'elle 
représente sur le sol, ou bien en replaçant exactement 
la feuille de dessin dans la même direction qu'au point 
de départ. 

La première manière d'opérer est quelquefois très- 
difficile à employer, surtout lorsqu'on chemine sur une 
route sinueuse; il faut alors avoir recours à la boussole 
pour se décliner. 



Emploi de la bounsole déclina to Ire* 

La description de la boussole a été donnée au cha- 
pitre IV. 

Se décliner avec la boussole, — Lorsqu'on veut se servir 
de cet instrument pour se décliner, on le fixe dans un 
angle du carton sur lequel on 
dessine; on trace ensuite, sur le 
papier, la première direction ab 
parallèlement à la ligne corres- 
pondante A B du terrain ; et, 
dans ces conditions, on marque 
le point où affleure la pointe 
bleue de Taiguille aimantée, soit 
en faisant, sur la boîte, une trace 
au crayon m, soit en notant la 
graduation, si la boussole est 
divisée en degrés ou en grades 
(fig. 248). 

Gomme la pointe bleue de 
l'aiguille aimantée est toujours 
dirigée vers le pôle nord magné- 
tique, qui est excessivement éloi- 
gné, les directions que prend 
l'aimant, dans des positions très-rapprochées, comme le 
sont celles d'un levé, sont parallèles entre elles , 




-224- 

En un point quelconque B du terrain, il suffira donc 
de placer le carton et l'aiguille aimantée dans les mêmes 
posiUons relatives qu'au point de départ, pour que les 
bords de la feuille du dessiu soient paraUëles aux direc- 
tions qu'ils avaient primiUvement, autrement dit, pour 
qu'on soit décliné. 

Pour tracer la direction B G, lorsqu'on est au point B, 
on fera donc tourner le carton jusqu'à ce que la poiute 
bleue de l'aiguille corresponde à la marque m ou à U 
graduation notée au départ; on sera dès lors décliné, et 
il sufâra de placer l'alidade dans la direction B C, pour 
pouvoir tracer, sur le dessin, une ligne bc formant avec 
ba un angle a6c égal à l'angle ABC du terrain. 

Mesurer un angle avec le rapporlew". — Cet angle peut 
être ensuite apprécié, en degrés ou en grades, à l'aide 
du rapporteur. 

Le rapporteur est un demi-cercle en corne transpa- 
rente, dont le limbe est gradué en grades ou en degrés 
ifig. 249). En plaçant le centre du cercle au sommet B 

Fig. 2W. 




d'un angle à mesurer ABG, et le rayon gradué zéro sur 
un des cdtés A B, l'autre côté B C passe par une division 
qui donne précisément la mesure de cet angle. 



— 225 — 

Mesurer un angk avec la boussok. «— Lorsque la bous- 
sole est graduée, elle permet aussi de mesurer directe- 
ment les angles formés par deux directions. Les gra- 
duations sont portées sur le limbe, dans le sens inverse 
de la marche des aiguilles d'une montre, à partir du 
point marqué N; de sorte que, en tournant la boussole 
de gauche à droite, c'est-à-dire dans le sens de la gra- 
duation d'une montre, la pointe bleue de l'aiguille aiman- 



i 

> 

« 
ê 

ff 



.y 





tée, qui reste toujours dans la même direction, indique 
exactement, en degrés ou en grades, l'angle que forme la 
ligne marquée N S sur la boussole avec la direction inva- 
riable AI de l'aiguille aimantée. Si donc on se sert, pour 
viser une direction, de la ligne marquée N S ou d'un des 
côtés de la boite parallèle à cette ligne, l'aiguille aiman- 
tée indique l'angle compris entre cette direction et celle 
de l'aiguille aimantée, angle auquel on donne le nonr 
d!azmut 



13 



— 226 — 

La figure 250 fait voir que, pour mesurer l'angle 
formé par les lignes Y G et G X, il suffit de viser ces deux 
directions, comme il vient d'être indiqué, de noter les 
azimuts N A et N'A, c'est-à-dire les graduations qui cor- 
respondent successivement à la pointe bleue de l'aiguille, 
et d'en prendre la différence pour avoir l'angle cher- 
ché XGY. 

Les boussoles, mises entre les mains des engagés 
conditionnels, ne peuvent pas se fixer; il faut alors, 
pour se décliner, avoir soin de replacer toujours le dé- 
clinatoire de la même manière. Pour cela, au moment où 
Ton se décline pour la première fois, on marque la trace 
de la boîte sur le carton, en indiquant par une lettre 0, 
£, N, S, ou de toute autre manière, une extrémité des 
diamètres Est-Ouest ou Nord-Sud. 

MESURE DES HAUTEUBS. 

L'évaluation des hauteurs, dans les levés irréguliers, 
doit avant tout se faire très-rapidement. Au point de vue 
militaire, il est surtout utile de faire connaître la con- 
figuration générale du sol et le rapport qui existe entré 
l'élévation des divers mouvements du terrain, plutôt que 
l'altitude réelle de chaque hauteur. 

Appréciation à la vue simple. 

L'appréciation à la vue simple est certainement le 
moyen le plus rapide d'arriver à ce résultat, et c'est en 
même tenips un procédé assez exact, lorsque, par des 
"exercices fréquents, on s'est habitué à évaluer les hau- 
l€fùrs comme les distances. Pour se former le coup d'oeil, 
il est essentiel de se promener fréquemment, la carte 
d'élat-major à la main, d'estimer les élévations ou les 
dépressions qu'on rencontre, et de vérifier les apprécia- 
tions faites, en consultant les cotes indiquées sur la 
carte. 



— 227 - 

On remarquera, dans cet exercice, qu'on est généra- 
lement porté à exagérer les différences de niveau, lors- 
iqu'on observe une hauteur de bas en haut, et à les 
amoindrir entre deux points assez rapprochés, situés sur 
un terrain accidenté; il faudra donc se mettre en garde 
contre ces tendances. 

Il est bon de s'habituer aussi à apprécier l'élévation 
des arbres, des maisons, des églises, etc., ces objets four- 
nissant souvent d'excellents termes de comparaison dans 
t évaluation des hauteurs. 

Ces exercices n'ayant de valeur qu'autant qu'on peut 
vérifier les estimations faites, voici plusieurs moyens 
pratiques d'y arriver. 

Pig. m. 



*^ 









-x 



■h-. 

l" -Tilts»*' 



X. 



*l •• 



Tfc»'" "*•%. 



lï. 



>»-^»»«. •»-»»»^i>«''" ""•"•..V^ 



!• Par la mesure de V ombre, —Le peuplier A B donne 
une ombre de 24 mètres au moment où on l'observe. On 
place verticalement un bâton de 1 mètre, par exemple, 
et on mesure l'ombre 1™ 50 {fig. 251), 

Une simple proportion montre que la hauteur de 
l'arbre est 16 mètres ; 



— 228 — 

2^ A faide de jalons inégaux AB elCD> qu'on aligne 
sur la hauteur M H à mesurer, et qu'on espace jusqu'à ce 
que la ligne de visée, menée par leurs extrémités A et C, 
passe par le sommet M {fig. 252). En mesurant alors 

Fig. 258. 




l'intervalle des jalons, leur différence de niveau et la 
distance à laquelle le petit jalon se trouve de la maison 
M, on trouve, par une simple proportion, la hauteur 
ME au-dessus du petit jalon. 

SoitAB=:l»,CD=:2'û,BD = 4^40,BH=AE=2i°; 



= ^; d'où ME=^^^^ = i><?î = 



ME AE 



CG"~AG 



AG 



i,4 



15» 



Ajoutant à cette hauteur celle du petit jalon, on voit 
que la hauteur totale de la maison est 16 mètres. 

Si l'on a un aide pour cette opération, on simplifie le 
calcul en plaçant les jalons à un mètre de distance et en 
faisant marquer, avec la main, le point M où aboutit, 
sur le grand jalon, le rayon visuel dirigé par l'extrémité 
supérieure du petit et par le sommet S de l'objet à me- 
surer (fig. 253). La hauteur est alors égale à autant de 
fois la différence entre les deux jalons, qu'il y a de 
mètres entre le petit jalon et le pied de, l'objet, plus la 
grandeur du petit jalon, qu'il est bon de prendre mé« 
trique pour faciliter les mesures sur le terrain. 



— 229 — 

Soit 0"30, la différence entre A B et DM- 22™ la 
dislance B P : H = 22 x 0,30 + 1 = 6, 60 + i = 7«n eo. 



%. 2153. 




*2 7» 



Mesuré d'une hauteur à tàide de niveaux stmpb'fiés. 

Lorsqu'on veut connaître assez exactement une hau- 
teur, on peut la gravir en observant combien de fois 
rélévatiori de l'œil au-dessus du sol est comprise entre 
la base et le sommet du mouvement de terrain. 

Il faut alors, étant au pied de la hauteur, déterminer 
le point A du sol où aboutit un rayon visuel horizontal, 

Piff. 2Ô*. 




gravir la hauteur jusqu'à ce point, et répéter la même 
opération plusieurs fois, jusqu'à ce qu'on ait atteint le 
sommet {fig. 254). En multipliant la hauteur de l'œil 
au-dessus du sol, 1™ 60, par exemple, par le nombre 
des stations, trois, et en ajoutant au produit la différence 




— 230 — 

de niveau estimée entre la dernière station et le ftom- 
met S, soit 0" iO, on obtient la hauteur totale : 

3 X 1"^ 60 + 0,20 = 5 mètres. 

Sur une pente régulière, il suffit de faire une seula 
visée horizontale, 'de mesurer la longueur correspon- 
dante A et la pente totale OS, pour pouvoir calculer 
la hauteur totale au moyen d'une simple proportion : 

Hauteur _ S 
1,60 "~0A 

Pour guider l'œil dans la détermination de Thorizon- 
tale, on se sert d'un objet quelconque formant niveau 

d'eau, ou bien du carton à dessin ou 
^*£*J^' du double décimètre, qu'on place 

en équilibre, et par suite horizonta- 
lement, sur un doigt. On peut aussi 
fi employer une espèce de niveau de 
maçon, qui se construit en atta- 
chant, aux extrémités d'une petite règle de boîs A B, 
deux ficelles d'égale longueur, terminées par des nœuds 
n,n!(fig. 255). En réunissant ces nœuds, les ficelles for- 
ment avec la règle un triangle isocèle, dont la base AB 
est horizontale, lorsque le tout est librement suspendu 
par le sommet nn'. C'est alors la règle qui sert de ligne 
de visée horizontale. 

La détermination de Thorizontale peut aussi se faire à 
Taide d'un véritable niveau de maçon, qu'il est très-fa- 
cile de construire avec trois morceaux de règle et avec 
un fil à plomb; mais l'instrument précédemment décrit 
est plus simple et remplit le même but. 

Ces divers niveaux, tout élémentaires qu'ils soient^ 
permettent aussi de reconnaître si une hauteur qu'on 
occupe commande une hauteur voisine ou en est dominée. 

Mesure des pentes à taide du rapporteur. 
On peut aussi arriver à la connaissance du rebet du 



— 231 — 

terrain par la mesure des pentes. Cette opération se fait 
habituellement à l'aide d'instruments nommés écti- 
mètres. A leur défaut, on peut employer le rapporteur,, 
au centre duquel on suspend un fil à plomb C P (fig. 
S56}. Etant au pied de la hauteur AB, si Ton veut en 
mesurer la pente avec le rapporteur ainsi disposé, on 
vise le sommet B par le bord rectiligne du rapporteur, 
appelé ligne de foi, en plaçant le zéro près de l'œiL Cette 
ligne doit être parallèle au diamètre 0,200 gradés où 




0,180 degrés. Après la visée, on arrête le fil à plomb 
GP avec la main; et on lit Tangle OCP, dont le com- 
plément P G 100 est égal à Tangle de pente BCD, puisque 
ces deux derniers ont leurs côtés respectivement per- 
pendiculaires. Le relief BE se déduit de la connais- 
sance de la pente de la manière suivante : 



A>. 2o". 



B' 




Si les points A et B ont été déterminés par la plani- 
métrie et sont distants horizontalement de 90 mètres, 



~ 232 - 
par exempte, il est facile de connaître la hauteur BD, 
en construisant, à une échelle quelconque, un triangle 
rectangle C B' D' ayant une base C D' = 90'°, et un angle 
adjacent B' Û'D'= l'angle de pente fi G D=23 grades, par 
exemple (fig. 257). La hauteur B' D* = BD se mesure 
ensuite b l'échelle employée, soit 38 mètres. La hauteur 
totale BE s'obtient en ajoutant h ce nombre l'élévation 
CA=DËde l'œil de l'observateur au-dessus du sol, soit 
1" 60, ce qui donne 39- 60. Si le point A est coté 30-, 
le point B sera donc coté 69'° 60. 

Ée/uUe de pente. — Pour éviter de construire un 
triangle après la mesure de chaque angle de pente, dans 
le bat de connaître la différence de niveau correspon- 

Fig. S38. 



dante, on peut, avant d'aller sur le terrain, construire à 
une échelle assez grande, au -^ par exemple, une pe- 
tite table graphique, appelée échelle de pente, qui per- 
met de lire rapidement les hauteurs correspondant à 
des bases horizontales de 10, 30, 30.... 100 mètres et k 



— 233 — 

des angles variant de 5 en 5 grades ou de S en 5 degrés, 
jusqu'à la moitié de l'angle droit (1). 

Pour cela, on prend une ligne OAssIOO mètres, 
qu'on divise «n 10 parties égales, et l'on fait en des 
angles de 5 en 5 grades ou degrés, qu'on note sur la 
ligne A B perpendiculaire àOÀ {fig. 258). On mène en- 
suite des perpendiculaires aux points de division de la 
base horizontale. 

Les portions de perpendiculaires, interceptées par une 
ligne de pente quelconque OG, indiquent les différences 
de niveau correspondant & cette pente pour des. bases 
horizontales de 10, de 20...., de 100 mètres. 

Afin de faciliter la lecture de ces différences de ni- 
veau, on mène, parallèlement à la ligne A, des lignes 
espacées entre eUes de 10 mètres et cotées sur l'hypoté- 
nuse OB. 

Un exemple fera comprendre l'emploi de cette échelle 
de pente. 

Le pied d'une élévation est espacé horizontalement du 
sommet, d'après la planimétrie, d'une longueur égale à 
165 mètres; trouver la hauteur du mouvement de ter« 
rain, sachant que le rapporteur a indiqué une pente de 
26 degrés. 

L'échelle de pente n'étant construite que pour 100 
mètres de base, on lit successivement les hauteurs cor- 
respondant à lOO, puis à 65 mètres, et on les ajoute. 
Pour 100 mètres de base et 26 degrés de pente, on voit 
de suite que la différence de niveau est comprise entre 
40 et 50 mètres, soit 49°» 50 environ. Pour 65 mètres, 
on voit aussi facilement, en menant par la pensée 



(4) La figure S68 a été eonsUnite à Téchelle de f^, poor ne pas dé« 
passer les dimensions da papier, et arec des degrés, parce que les rap« 
porteurs mis entre les mains des engagés conditionnels portent cette 
difiaion, bien que la division en grades soit plus usitée que l'autre en 
topographie. 

13. 



— 234 — 

l'angle de 36 degrés et la verticale passant aa milieu de 
rintervalle 60 à 70, que la différence de niveau est 
32 mètres environ. 
La hauteur totale est donc 49,50 + 32 = 81,80. 



Tahkau pour calculer les différences de niveau. 



•S 

al 
C en 


DirriftEifCB 




DIFFiBBMCB 




DIFFÉBENCB 




de niveau 
poar 


• 


de niveea 
pour 


• 


de niveatt 
pour 


S ^ 

S 


4 m. de base. 




4 m, de base. 




4 m. de base. 


4» 


0,048 


46« 


0,287 


34» 


• 

0,604 


«« 


0,035 


47» 


0,305 


32» 


0,625 


30 


0,052 


48» 


0,325 


33« 


0,649 


4« 


0,070 


49« 


0,3U 


34» 


0,674 


5* 


0,087 


20* 


0,365 


35* 


0.700 


60 


0,405 


240 


0,383 


360 


0,727 - 


?• 


0.423 


22« 


0,404 


370 


0,753 


8o 


0,440 


23» 


0,424 


380 


0,784 


9« 


0,458 


240 


0,445 


39» 


0,800 


-lO* 


0,476 


25« 


0,466 


40" 


0,838 


{{• 


0,494 


260 


0,487 


44» 


0,869 


42» 


0,242 


27o 


0,540 


42* 


0,900 


4 3* 


0,234 


28* 


0,532 


43* 


0,934 


U* 


0,249 


290 


0,554 


U* 


0,965 


45* 


0,268 


30o 


0,578 


45* 


4,000 



Il est facile de voir que l'échelle de pente qui vient 
d'être décrite peut aussi permettre de trouver, par une 
simple mesure graphique et pour une pente comprise 
entre 1» et 45^ soit la longueur d'une ligne du terrain 
correspondant à une projection horizontale mesurée sur 



— 235 — 

une carte, soit la réduction à l'horizon d'une longueur 
mesurée sur un terrain en pente. L'échelle de pente 
peut donc remplir au besoin le même objet que le ta- 
bleau, donné précédemment dans ce chapitre, pour la 
réduction des longueurs à Thorizon. 

Si l'on n'a pas les instruments nécessaires pour con- 
struire graphiquement une échelle de pente destinée à 
mesurer les différences de niveau, les données du tableau 
de la page précédente permettent d'y suppléer. Elles indi- 
quent, pour des pentes de 1* à 45», les différences de ni- 
veau qui correspondent à 1 mètre de base horizontale. On 
obtient la différence de niveau pour une base quelconque, 
42 mètres par exemple, et pour une pente déterminée, 
35<>, en multipliant la base par la différence de niveau, 
indiquée sur le tableau en regard de la pente. Dans le 
cas présent, le calcul donne 42 x 0,700 = 29" 4. 



LEVÉS EXPÉDIÉS AVEC INSTRUMENTS. 

Dans les levés expédiés qui demandent une certaine 
précision, Texécution de la planimétrie comporte deux 
opérations : l'établissement d'un canevas et le levé du 

détail. 

Le canevas est une figuré géométrique, analogue à 
abc de f, qu'on obtient en déterminant très-exactement 
les projections des points les plus remarquables du ter- 
rain à lever, tels que des clochers, des cheminées faciles 
à reconnaître, des arbres isolés, des moulins à vent, etc. 
{fig. 289). Ce canevas s'établit en rattachant, par des 
procédés géométriques, les principaux points C,D,E,F 
à une base A B, choisie convenablement vers le centre 
du terrain, mesurée et orientée avec la plus grande pré- 
cision possible. 



— 236 - 

Les points principanx du canevas peuvent aussi être 
pris sur de bonnes cartes, comme la carte d'état-major, 
celles du cadastre, des ponts et chaussées ou du service 



des eaux et forêts, en modifiant les intervalles qui les 
séparent, d'après l'échelle employée. 

Le détail complète le levé; il est d'autant plus juste 
que le canevas a été plus régulièrement établi. 

Il doit reproduire les principaux objets du terrain qui 
ont été indiqués au chapitre S, particulièrement ceux 
qui peuvent avoir une certaine importance au point de 
vue militaire, en évitant toutefois de surcharger la carte 
par des détails qui peuvent nuire h sa clarté et qui trou- 
veront leur place dans le mémoire. 

Dans la représentation des villages, par exemple, il 
faudra se contenter de dessiner les principales voies de 
communication et les îlots de maisons, et ne faire res- 
sortir avec quelques détails que les édifices importants 
^t les maisons détachées sur les flancs, qui peuvent pré- 
senter un intérêt particulier au point de vue de la dé- 
fense. 

Le nivellement peut s'exécuter après la planimétrie, 
et c'est ainsi qu'il faudra opérer dans les premiers exer- 



— 237 — 

cices; mais généralement, pour éviter une perte de temps, 
on fait les deux opérations simultanément. 

EXÉCUTION d'un LEVÉ A VUE. 

Les levés expédiés, dont il vient d'être question, exi- 
gent remploi d'instruments assez précis et ne sont or- 
dinairement pas exécutés par les officiers d'infanterie. 
Ceux-ci, ainsi que les engagés conditionnels d'un an, 
sont surtout appelés à exécuter des levés à me avec des 
instruments très-simples, ou des croquis sans l'aide 
d'autres instruments qu'un carnet et un crayon. 

Le levé à vue le plus simple ^^lY itinéraire. C'est celui 
qu'on exécute le plus fréquemment; et comme les autres 
levés à vue peuvent être considérés comme une série 
d'itinéraires raccordés entre eux, c'est seulement en par- 
lant de ces derniers, qu'on indiquera succinctement la 
manière de procéder sur le terrain. 

Itinéraires* 

On nomme itinéraire le levé topographique d'une route 
et du terrain qui l'avoisine à 500 mètres & droite et à 
gauche. 

Cette limite de SOO mètres n'a rien d'absolu : elle varie 
avec la nature du terrain. Ainsi, dans un pays plat et 
découvert, le tracé de la route peut suffire, tandis qu'en 
pays accidenté et découvert, il est quelquefois néces- 
saire de lever une zone de terrain plus étendue que SOO 
mètres* 

Instruments employés. 

L'itinéraire s'exécute généralement en se servant d'un 
carton^ sur lequel est fixée la feuille de papier, d'un 
déclinatoire et d'un double décimètre-alidade. On peut 
prendre, en outre, un rapporteur avec un fil à plomb 



— 238 — 

pour mesurer les angles de pentes» un petit niveau sim- 
plifié {fig. 255) et un mètre de poche* Ce bagage topo- 
graphique sera complété par un crayon à dessin^ ni trop 
dur ni trop tendre, par une gomme à effacer, enfin par 
un calepin destiné à l'inscription des renseignements qui 
doivent servir à établir le mémoire, et portant, sur une 
feuille, l'échelle graphique qui permet d'apprécier les 
hauteurs d après les pentes {fig. 258), ainsi que les in- 
dications générales relatives à la réduction des longueurs 
à l'horizon ou le tableau qui s'y rapporte. La feuille de 
papier peut être quadrillée à l'aide de carrés, dont les 
cétés, ayant 5 millimètres, représentent des longueurs 
de 50 ou de 100 mètres aux échelles de ~j ou de j-j^. 
Cette dernière échelle est la plus usitée dans les itiné- 
raires. Le quadrillage facilite la représentation des dis- 
tances exprimées en mètres. 

Au bas de la feuille, on trace à l'avance une échelle 
de pas, pour reporter plus aisément sur le dessin les 
distances mesurées au pas. 

Méthode de cheminement. * 

Toutes ces dispositions étant prises, on se met en 
route. Supposons qu'on veuille exécuter l'itinéraire de 
A en F {fig. 260). Au point de départ A, on trace la pre- 
mière direction AD du chemin, de manière que le des- 
sin se trouve à peu près également réparti sur la feuille 
de papier. Il faut, pour cela, être renseigné, à l'aide 
d'une carte ou verbalement, sur la longueur de l'itiné- 
raire et sur la direction générale qu'on doit suivre. 

On se décline au point de départ, en mettant la ligne 
AD du dessin dans la direction de la route; et on 
marque sur la boussole, placée dans un angle de la 
fouille comme il a été dit précédemment dans ce cha- 
pitre, le point où affleure la pointe bleue de l'aiguille 
aimantée. 



— 239 — 

On mesure A B en cheiûinant et on porte cette longueur 
sur le dessin. On se décline ensuite au point B pour 
tracer la direction de Tembranchement BG. On mesure 
BD; on se décline de nouveau en D pour mener la 
nouvelle direction de la roule DP; et ainsi de suite, en 
s*arrêtant à tous les ppints de la route où il y a des di- 
rections de chemins, de sentiers, de ruisseaux, etc., à 
tracer. 

Cette méthode, qui consiste à suivre les diverses lignes 
du terrain et à les mesurer directement pour les reporter 
sur le dessin, est dite méthode de cheminement. Elle se- 
rait trop longue, si on remployait seule, pour déter- 
miner la position de tous les points remarquables d*un 
itinéraire. On la combine habituellement avec la mé- 
thode à*mtersection et avec la méthode des recoupements, 
dans lesquelles on détermine la projection de certains 
points du terrain, en les rattachant à une base déjà 
tracée sur le dessm. 



Méthode d'intersection^ 

Dans la méthode d'intersection, on stationne successi- 
vement aux extrémités accessibles d'une base. Après s'y 
êtï*e décliné, c'est-à-dire après avoir orienté son dessin, 
on vise, de chacune des extrémités, le point à reporter; 
on trace sur le papier les deux directions ainsi déter- 
minées par l'alidade; et leur rencontre donne la projec- 
tion cherchée. L'arbre S situé au sommet de la croupe 
SK a été déterminé de cette manière, en visant les deux 
directions B S et PS. 

Il en est de même du moulin M, qui se trouve à la 
rencontre de la direction BM et du ruisseau RM. 

La première des deux directions qui doit servir à dé- 
terminer un point par intersection, se trace par un poin- 
tillé léger ou mieux par une petite amorce directrice, 



— 240 - 
qQ'on marque sur les bords àa cadre et à cAté de la- 
quelle ou note l'objet visé (V. fig. 260. Jlfi*, arbre). 

Fis. '^^■ 




Méthode des recovpementi. 

Pour reporter un point G sur le dessin par la méthode 
des recoupements, on stationne en ce point, on s'y dé- 
cline k l'aide de la boussole, comme il a été expliqué 
précédemment dans ce chapitre, ce qui amène la ligne 
ab du dessin dans une position parallèle !t celle de la 
base AB du terrain {/ig. 261); puis on vise successive- 
ment A et B, en faisant passer l'alidade par les points a 
et b, et on obtient ainsi sur le dessin deux directions ox 
et by, sur chacune desquelles se trouve nécessairement 
le pointe, qui est déterminé par la rencontre des deux 
lignes. 

Le point G (fig. 260), qui est situé au sommet de la 



- 241 — 

vallée G P et qu'on a omis de déterminer par intersec^ 
tion, a été placé par la méthode des recoupements, en se 

Fig. «6K 




.,-'■ 



transportant au point G et en visant les directions GP et 
GE, après avoir orienté le dessin. 

Dans les deux méthodes précédentes, on peut tracer 
les directions qui passent par les extrémités de la base, 
en notant leurs azimuts; mais il est plus simple de mener 
de suite les traces des deux plans de visée à l'aide de 
Talidade, ainsi qu'il vient d'être expliqué. 

Il faut remarquer que le choix de la base à laquelle 
on doit rattacher un point, doit être fait de manière que 
les deux lignes de visée ne se coupent pas sous un angle 
trop aigu, et cela pour deux raisons : i^ à cause de l'in- 
certitude du point exact de rencontre de deux lignes otc 
etfe se coupant sous un angle très-aigu {fig, 262); 
2<> parce que le déplacement défectueux du point recoupé 
est d'autant plus grand, pour une même erreur de visée, 
que l'angle est plus aigu; en effet, c étant la position 
exacte du point cherché, on voit qu'une erreur angulaire 
égale à cbx entraîne un grand déplacement ce' avec la 
base <^b qui donne un recoupement aigu, tandis qu'elle 



— 242 — 

t 

n'occasionne cpi'un déplacement ce", plus petit que cdy 
avec la base a b qui donne un recoupement plus ouvert 
(Aflf. 262). 

%. 262. 




a/ à 



Procédé des alignements» 

On peut également employer dans les levés le procédé 
des alignements, qui n'est qu'une variété de la méthode 
des recoupements et dans lequel des points secondaires 
du terrain, situés à droite ou à gauche du chemin suivi, 
sont déterminés par la rencontre d'alignements passant 
par ces points et par d'autres points déjà déterminés. 

Ainsi, en levant la route X Y (fig. 263), si le clocher C 

Pig. 263. 




et le moulin k vent M ont été déterminés par intersection 



l 



— 243 — 

ou font partie d'un canevas tracé à Favance, il suffira ae 
noter les points B et D de la route suivie où l'arbre A 
se trouve aligné sur un des deux points M ou C, pour 
pouvoir tracer deux alignements BM et DG dont la ren- 
contre donne la position de A. 

C'est par ce procédé que, dans la figure 260, la mai- 
son N, qu'on avait remarquée dans le prolongement de 
la portion de route AD, a été placée sur le dessin, en 
s' arrêtant au point H de la route où cette maison se 
trouve sur l'alignement du moulin M. La rencontre des 
deux alignements ADN et H M donne le point N. 

Exécution du nivellement. 

En combinant les trois méthodes de cheminement, 
d'intersection, des recoupements, et le procédé des ali- 
gnements, on trace toute la planimétrie du levé; on dé- 
termine de même les directions et les points importants 
sous le rapport du nivellement, tels que les points S, 6, E, 
qui permettent de tracer les crêtes, et les directions Kl, 
LO, à l'aide desquelles on peut dessiner le pied des élé- 
vations {fig. 260). 

Pour compléter le nivellement, il suffit alors de me- 
surer les hauteurs par un des procédés indiqués précé- 
demment dans ce chapitre, de mener quelques lignes de 
pente et d'y indiquer les points de passage des courbes. 

Ainsii si la série de hauteurs que la route laisse à droite 
jusqu'au point L, qu'elle gravit de L en E^ et dont elle 
longe la crête de E en F, a une élévation de 30 mètres 
et des pentes uniformes, il faudra diviser les lignes de 
pente en trois parties égales, de manière à avoir trois 
équidistances de 10 mètres entre le pied et le sommet, 
si l'itinéraire est fait au j^. 

S'il y avait de brusques changements de pente, comme 
dans le profil ABC {fig. 264), on déterminerait la ligne 
de changement de pente comme la crête; appréciant 



— 244 — 

ensuite la hauteur BA et la hauteur GH, on connaî- 
trait le nombre des courbes à intercaler de a en b et de 
b en c. Dans la pratique, on se contente habituellement 
d'estimer toute la hauteur CH et par suite le nombre 

Fig. 264. 



de courbes à intercaler, puis de rapprocher plus ou 
moins les courbes suivant le degré d'inclinaison de la 
pente. 

Les opérations relatives au nivellement se font en 
même temps que la planimétrie; mais le figuré des hau- 
teurs, sur une partie du levé, doit être entrepris seule- 
ment lorsque les objets de la planimétrie ont été à peu 
près tous mis en place. A mesure qu'on chemine, on 
dessine les pentes du sol par des hachures légères, ou 
mieux par des amorces de courbes de niveau, qu'on rac- 
corde ensuite, lorsqu'un mouvement de terrain a été 
étudié sous tous ses principaux aspects. 

Les lignes les plus importantes à déterminer pour l'exé- 
cution du nivellement sont les lignes de faite et les 
thalv^egs. 

Ces lignes ne suffisent pas en général pour déterminer 
les deux principaux mouvements de terrain, la croupe 
et le vallon. 

La croupe doit, autant que possible, être déterminée 
par trois lignes de pente descendantes, dirigées du som- 



— 245 - 

met de la ligne de faite vers le pied de la hauteur. Une 
de ces lignes de pente doit être la ligne de rebrousse- 
ment des courbes, c'est-à-dire la ligne de faîte elle-même 
les deux autres sont prises convenablement sur chaque 
versant. 

C'est ainsi que, dans le levé de la figure 260, la croupe 
FEG a été profilée par les lignes EO, ER et par la di- 
rection même de la route EL. 

Le vallon est ordinairement déterminé par trois lignes 
de pente ascendantes, dirigées du pied du thalweg vers 
le sommet de la hauteur. Une de ces lignes de pente 
doit être le thalweg lui-même; les deux autres sont 
prises convenablement sur chaque flanc. 

Le vallon EGS a été profilé de cette manière par la 
ligne de thalweg PG , par la pente de la route PE et par 
la direction PS. 

Les autres mouvements de terrain n'étant composés 
que de vallons et de croupes , se déterminent d'une fa- 
çon analogue. 

Dans les levés qu'il faut exécuter rapidement , c'est 
surtout l'œil qui doit apprécier les mouvements du sol , 
juger les inflexions des courbes horizontales, et estimer 
les différences de niveau. Il faut, pour cela, avoir une 
assezgrande habitude de ce genre d'exercices, et savoir 
choisir des points d'observation d'où l'on puisse bien 
apprécier l'ensemble du terrain et les commandements 
relatifs des hauteurs qu'on y remarque. 

Lorsqu'un levé est terminé, on y met l'échelle et on 
oriente le dessin en traçant, dans un angle, la direction 
nord-sud donnée par la boussole. 

La bomsole-éclimètre de M. le major Trinquier facilHe 
beaucoup l'exécution du nivellement dans les levés irré- 
guliers, en permettant d'apprécier, à simple lecture, 
Vécartement graphique des courbes qui correspond à une 
pente visée. L'échelk-rapporteur du même auteur est 
aussi très-favorable à l'exécution précise et rapide de la 



— 246 — 

planimétrie; elle fournit des moyens simples et com- 
modes de reporter, sur le dessin, les distances mesurées 
soit au pas, soit au mètre, ainsi que les azimuts. 

Les engagés conditionnels qui auront à leur disposi- 
tion Técheile rapporteur à boussole-éclimètre dont il 
vient d'être question, pourront opérer sur le terrain avec 
plus d'exactitude et avec plus de facilité qu'avecla bous- 
sole déclinaloire. 

Observations relatives aux itinéraires. 

Il y aurait beaucoup de recommandations de détail à 
faire pour mettre en garde contre certaines erreurs, qu'on 
est tenté de commettre lorsqu'on débute dans l'exécu- 
tion des levés topographiques. Je n'en donnerai ici que 
quelques-unes, la plupart devant être faites de préfé- 
rence sur le terrain, 

lo Lorsqu'une route AE présente quelques sinuosités 
très-légères, il faut éviter de viser les directions A B, BC, 
CD, DE, mais prendre de suite la direction générale 
A.E(fig, 265). On trace ensuite la route, en lui faisant 

Fig. 265. 




faire les petits détours qu'on remarque ; mais il faut 
bien éviter d'exagérer ces derniers, car une flèche de 
10 mètres, dans un coude DE, n'est représentée que par 
un demi-millimètre, sur un dessin au j^J^^^. 

2" Lorsqu'on vise les directions des diverses portions 
d'une route, il faut se tenir sur un des côtés de la route 
et guider l'alidade, soit par une rangée d'arbres, soit 
par la ligne du fossé. En agissant autrement, on risque 
de ne pas prendre exactement les directions» 



- 247 - 

3o II faut éviter de lever tantôt un côté de la route, 
tantôt l'autre, cette manière de procéder pouvant en- 
traîner des erreurs dans la mesure des angles et dans 
celle des longueurs, lorsque la voie est sinueuse. On 
doit d'ailleurs, en dessinant, porter les longueurs et les 
angles mesurés sur le côté de la route oCi l'on a opéré. 



Fiff. «66. 



40 Lorsqu'on peut déterminer 
la direction générale d'un che- 
min en lacet, il faut le faire avant 
de tracer les divers lacets. Ainsi 
la route a b sera bien mieux as- 
surée en direction, si, du point 
a, on vise d'abord le point i, ou 
réciproquement, avant de tracer 
les directions «c,(?rf, de, eb [fig, 
266). 

La direction générale suffira même, dans un lever ra- 
pide, pour permettre de dessiner approximativement les 
diverses sinuosités de la voie. 

50 On évitera de donner trop d'importance aux petits 
détails, l'observation minutieuse de ces derniers empê- 
chant souvent de voir et de reproduire exactement 
l'aspect du terrain. 




EXÉCUTION d'un CROQUIS. 

Les levés à vue qu'on est appelé à faire le plus souvent 
en campagne, soit pour préciser la position d'un camp, 
d'un cantonnement ou des diverses fractions d'une 
grand'garde, soit pour indiquer un itinéraire suivi, soit 
pour appuyer le compte rendu d'une opération militaire, 
doivent se faire généralement sans le secours d'aucun 
instrument, et portent le nom de croquis. 

Un crayon et un calepin suffisent pour leur exécution. 

Dans cette espèce de levés, c'est l'œil qui doit rem- 
placer la boussole pour l'orientation du dessin et pour 



— 248 — 

la mesure des angles ; c'est également lui qui doit es- 
timer les hauteurs et apprécier les distances qui ne se 
trouvent pas sur le chemin parcouru. On conçoit aisé- 
ment que la pratique des levés avec instrument peut 
seule former le coup d'œil dans ce genre d'exercices. 

L'évaluation à simple vue de l'ouverture d'un angle 
ABC est assez difficile. Pour se guider, il est bon de 
prendre l'angle droit comme terme de comparaison 
{fig. 267). Ainsi, on mènera par la pensée, ou l'on tra- 

Fig. ÎG7. 





cera sur le sol la perpendiculaire BPà l'une des directions 
BG; et, en comparant l'angle ABC à l'angle droit PBG, 
on verra aisément que le premier est environ le tiers du 
second. Une construction graphique analogue, faite sur 
le dessin, permet de tracer assez exactement l'angle 
a(c=zABG. 

Quelquefois un croquis a pour but de rectifier ou de 
compléter les indications fournies par une carte ; dans 
ce cas, on prend sur cette carte un canevas, qui facilite 
beaucoup l'exécution des détails. 

A défaut de carte, on peut tracer une espèce de ca- 
nevas, en mesurant les intervalles qui séparent trois 
points importants du terrain à lever, par exemple trois 
clochers de villages, et en reportant ces distances sur le 



v 



-249 — 

dessin à Téchelle adoptée. Le triangle ainsi déterminé 
sert de canevas. Les trois côtés peuvent en être connus 
d'après le temps qu'un cavalier ou un fantassin aura 
mis h les parcourir à une allure réglée, d'après les ins- 
criptions qu'on lit sur les poteaux indicateurs et sur les 
bornes kilométriques, ou encore d'après les renseigne- 
ments fournis par les habitants. 

Lorsque Je croquis ne sera pas accompagné d'un mé- 
moire, on y fera quelques annotations succinctes, soit 
aux points mêmes auxquels elles se rapportent, soit dans 
la marge, en regard de ces points. Ces notes seront 
principalement relatives à l'état des voies de communi- 
cation. 

Le croquis sera terminé, comme un levé h vue, en in- 
diquant l'échelle et en marquant la ligne nord-sud, dont 
on déterminera la direction par un des procédés d'o- 
rientation indiqués à la fin du chapitre IY« 



meyéB de mémoire* — Mjewém par reiuielsiie« 

mentti* 

La reconnaissance d'un terrain devant l'ennemi se 
fait généralement très-rapidement. L'officier ou le sous- 
officier qui en est chargé doit alors graver dans sa mé- 
moire la configuration générale du sol, le temps qu'il 
met à parcourir les distances entre les points impor- 
tants, les directions principales, qu*il reconnaît à l'aide 
d'une orientation rapide, enfin les divers renseignements 
avantageux pour la bonne exécution de l'opération mi- 
litaire qui a nécessité la reconnaissance. Les observa- 
tions recueillies seront d'autant plus précises, qu'on aura 
évité de surcharger sa mémoire de détails inutiles, et 
qu'on se sera exercé plus fréquemment à l'étude du 
figuré du terrain; elles serviront à établir un hvé de 
mémoire, qui fera connaître la région parcourue, plus 

Topographie* ^^ 



1 



— 250 - 

promptement et plus clairement qu'une description, 
môme très-détaillée. 

Les kvés par renseignements se font d'une façon ana- 
logue ; mais toutes les données qui servent à l'établisse- 
ment du croquis, sont fournies par les renseignements 
qu'on se procure auprès des habitants, des braconniers^ 
des chasseurs, des colporteurs, des gardes forestiers ou 
autres, etc. Ces renseignements doivent, autant que pos 
sible, être contrôlés l'un par l'autre. 

Pour ne pas commettre de trop grandes erreurs, il est 
bon d'établir d'abord une espèce de canevas avec les 
points principaux dont les distances sont bien connues, 
et d'y grouper ensuite les détails, en plaçant au besoin 
le croquis déjà fait sous les yeux des gens qu'on inter- 
roge, pour obtenir des renseignements plus précis* 



Efterclces «ur le terrain. 

Les indications qui viennent d'être données dans ce 
chapitre, suffisent largement pour l'exécution des levés 
à vue et des croquis ; mais, ainsi que le dit le programme 
ministériel, c'est surtout par des exercices souvent ré- 
pétés sur le terrain, que les oIBSciers et les engagés con- 
ditionnels parviendront à faire rapidement un croquis 
suffisamment exact. 

Les exercices du début devront surtout avoir pour but 
de compléter ou de rectifier un levé, dans lequel on aura 
omis à dessein quelques détails de la planimétrie et du 
nivellement, ou bien sur lequel on aura donné à ces ob- 
jets des directions ou des positions fausses. Pour cette 
opération, il suffit de reconnaître quelques lignes bien 
déterminées sur le dessin, et d'y rattacher les points 
nouveaux ou mal placés, par un des procédés qui ont 
été indiqués précédemment. Les rectifications seront 
faites en rouge ou en jaune, selon la convention qui est 



— 851 — 

donnée ci-après pour les travaux de révision de la carte 
de France. 

Ce n'est qu'après ce genre d'exercices qu'on passera 
à l'exécution complète des levés à vue, puis des croquis. 

Emploi des crayons de couleur. 

Lorsqu'un levé à vue doit être fait rapidement et livré 
dès qu'il est terminé, il y a quelquefois avantage à se 
servir de plusieurs crayons pour éviter la confusion dans 
les lignes du dessin. 

On emploie le bku pour les eaux, le rouge pour les 
constructions en maçonnerie et pour les voies de com- 
munication, le vert pour les bois, la sépia pour les ha- 
chures Ou pour les courbes de niveau, la mine de plomb 
ordinaire pour tous les autres objets du terrain, tels que 
les constructions en bois, les divisions de culture, les 
arbres isolés, ainsi que pour les écHtures, le cadre, le. 
litre et les échelles. 

Comme les crayons de couleur sont gras, qu'ils se 
taillent difficilement en pointe et que leurs traces s'en- 
lèvent mal avec la gomme, il est bon de ne s'en servir 
qu'après avoir indiqué légèrement avec le crayon ordi- 
naire les lignes à colorier. 

Lorsque les cartes sont mises à l'encre, on n'emploie 
que trois couleurs : Vencre rouge pour les ^constructions 
en maçonnerie, Yenere bleue pour les eaux, Yencre noire 
pour tout le reste. 

Dans les travaux de révision de la carte de France, on 
se sert du rouge pour les objets à ajouter, et du jaune 
pour ceux k effacer. 



^ 2SS -. 



CHAPITRE VI. 



B£CONNAISSANQE|(« 



Utilité de0 re^^onnniaanneeg pour oolkipléter 
le» rensei^paementti fournis par le» earte»« 

Les cartes topographiques, même les plus détaillées, 
ne sauraient donner tous les renseignements sur le ter- 
rain qui peuvent être utiles au chef d*une troupe. La 
carte qui indique un chemin vicinal ne fait pas connaître 
si cette voie est praticable à l'artillerie en tout temps 
ou pendant la belle saison seulement. La ligne plus ou 
moins sinueuse qui représente un ruisseau sur le plan 
topographîque, n'exprime pas la quantité d'eau qui y 
coule^ ni le nombre d'hommes aux besoins desquels il 
peut suffire, suivant la saison. Les ondulations du sol 
ayant moins de 10 mètres de hauteur ne figurent pas 
sur un dessin au ^p~^, alors qu'un simple pli de terrain 
peut servir à abriter des troupes et à masquer leurs 
mouvements. 

Lorsqu'une troupe doit se mettre en marche dans la 
zone d'action de l'ennemi, il est indispensable que son 
chef soit informé d'avance des obstacles qu'elle peut 
rencontrer et des parties dangereuses à traverser, afin 
de régler en conséquence la marche de la colonne et la 
composition du détachement d'ouvriers chargé d'amé- 
liorer la route. La carte la plus exacte donne des indi- 
cations nulles ou insuffisantes à cet endroit. 

De plus, les cartes dont on dispose peuvent être an- 



— 258 -« 

cie&nement publiées, c Or^ en bien peu d'années sou- 
vent, dit le général de Brack, des villages disparaissent, 
d'autres se créent^ d'autres se joignent et confondent leurs 
noms; des routes changent de direction, des ruisseaux 
modifient leurs cours, des étangs sont desséchés et don- 
nés à l'agriculture; des gués sont remplacés par des 
ponts, des ponts sont abattus et reportés plus loin; des 
terres couvertes de forêts, de bruyères, de marais, des 
vignes, des prés changent entre eux de destination, de 
firoduction et, par conséquent, de formes topogra- 
phiques t. 

Ces exemples montrent la nécessité d'ajouter un mé« 
moire descriptif à tout levé topographique, et de com- 
pléter par des reconnaissances spéciales les renseigne- 
ments fournis par les cartes gravées ott lithographiées. 

Mémoirei, 

Toute reconnaissance^ dit le règlement sur le service 
en campagne, exige un rapport écrit; le style de ce 
rapport doit être clair, simple, positif; l'officier qui le 
fait y distingue expressément ce qu'il a vu par lui-même 
des récits dont il n'a pu vérifier personnellement l'exac- 
titude (art. 114). On peut ajouter à ces prescriptions les 
recommandations qui suivent : 

Il est essentiel de conserver rigoureusement, dans le 
rapport, l'orthographe des noms propres, et de bien y 
déterminer la position des objets signalés, au moyen des 
points cardinaux, parce que les expressions telles que, 
à droite, à gauche, en deçà, au delà, au-dessus, au-des- 
sous, devant ou derrière, peuvent entraîner de fausses 
interprétations. 

On bon rapport doit éviter les détails minutieux dont 
la connaissance est inutile au chef qui a ordonné la re- 
connaissance; mais il doit contenir tous ceux qui peu- 
vent avoir une certaine importance au point de vue mi- 
litaire, 

14. 



— 254 — 

Pour cela, il faut prendre exactement, pendant l'exé- 
cution du levé ou pendant la reconnaissance, des notes 
très-détaillées, parmi lesquelles on choisira ensuite les 
renseignements qu'il importe d'insérer dans le mémoire. 
Les points importants à signaler devront être rendus 
apparents au moyen de traits de soulignement ou de 
toute autre manière, afin d'attirer de suite l'attention du 
lecteur; ils seront, en outre, rapprochés dans des con« 
clusions très-succinctes. 

Le rapport qui se borne à la description topographi-' 
que d'un terrain, porte particulièrement le nom de mé 
moire descriptif; on le nomme mémoire militaire, lors- 
qu'il indique, en outre, les applications que les troupes 
peuvent faire du terrain pour le repos, pour la marche 
ou pour le combat (1). 

D'après l'instruction ministérielle du 15 juillet 1853, 
un mémoire militaire doit contenir : 

lo La description physique du terrain reconnu; 

2<* La statistique, à l'appui de laquelle sera un tableau 
dont le modèle est donné plus loin, à propos de la re- 
connaissance d'un village; 

i^ L'énumération des voies de communication, routes, 
chemins, sentiers, chemins de fer, cours d'eau navigables, 
avec des notes sur leur état de viabilité et avec l'indica- 
tion du temps nécessaire à un homme ou à un cheval 
pour les parcourir ; 

4» Les considérations militaires sur le terrain levé; 

5® On peut y ajouter une notice historique sur les évé- 
nements militaires qui ont eu lieu sur le même terrain, 
en faisant ressortir particulièrement les circonstances 
qui peuvent offrir de l'intérêt pour l'opération à exé- 
cuter. 



(i) Dins les exercices d'application du semce en campagne, les rap- 
ports de détail envoyés pendant la durée d*une reeonnaittance sont faits 
sar le modèle donné à Tart. 7SI de riostruction oratioue da 4 cet. 4875. 



tEAUBOURG \otale 8,030 mitres). 

le disposera en un < iolonDes de la feuille qoi les contient. 



TURE DE LA ] CONSIÔÉRATIONS MILITAIRES. 

SON ÉTAT D'ENTREI 



Srét qu'offrent, au point de me mllitair*, !•• différente 
[Direction. Tr«e<. Profll. lè* *lsn*l^*« Vise en état de défense des liens habités. 

que penyent Joner les défilés, ponts, fnés, etc., sal- 
les circonstances. Moyens de les défendre ou d'en 



^rentes saisons. ZTatare et d 
kccidents. Lon^uenr des m 



lonne. 



.. le passage. Indiquer les positions militaires et rim- 
s détails, indications con ,nee qu'elles peuvent avoir, au point de vue de TatUque 

» la défense. 



ille par un pont-Ieyis a petite ville de Beauboarg pourrait facilement 

i mise en état de défense et servir de place da 
prend ensuite est pai nent ou de poste de campajcne. Dans le premier 
X accotements de 3" ( , on pourrait établir dans Thospice un dépôt de 
La route est ferrée, sai malades et employer en magasins une partie 
ayage. — 400 mètres, halles qui sert de marché aux grains, 
hit un ruisseau, coulai «a rive droite du ruisseau dominant la rive 
Ipierre de 3 arches. — cbe, la défense du pont n'est possible que sar la 
h. Nécessité de renfonmière des deux rives. 
mètres. 

•jcile ; mauvais pas fanffusqu'ici le pays a été découvert et praticable aux 
j 'érentes armes; à partir du cours d*ean, le terrain 

1. ient montueux, coupé et difficile, on ne peut 

{ rcher que sur la route même. 

byé dans une roche ca ^ar la droite de la route, à une distance qui varie 

xnètres. 3 à 500 mètres, il existe un chemin large de 

j nètres, tracé en terrain naturel, qui vient du vil- 

t le même point une f^e de Révoire, près Beaubourg, et tourne le déGlé. 

irge. 6e réunit à la route à Olmar. 

hiètres de largeur, en f^^ pays redevient plat et découvert. 

^ lie a 50 mètres de larJL'AUo a une profondeur- de 2",40 dans le fil de 
lu Gerdon. pu, qui est plus rapproché de la rive droite; cette 

ime rive domine l'antre, circonstance qoi favori- 
-ait rétablissement d'un pont militaire en pré« 
ice de l'ennemi. On ne connaît pas de gués pra- 
ables aux environs du bac. 



a se. 



Dampierre, bâli è l'intersection de deux roQtes,etc . 



4 



onl iJe. dans les diverse j/. Topographie Poiroi. — Page 2B4 fct>. 



i 



\ 



I — 255 — 

I Le mémoire simplement descriptif ne renferme pas 
1 les deux dernières parties. 

Un mémoire descriptif ou militaire doit toujours porter 
en tête la copie de Tordre en vertu duquel il est exécuté. 

Tableau d'itinéraire. 

Un simple itinéraire ne donne habituellement pas 
lieu à l'établissement d'un mémoire. Les renseignements 
qui servent à compléter le dessin, sont, en général, con- 
signés, à mesure qu'on marche, sur un tableau qui est 
divisé en sept colonnes, et dont le modèle, extrait de 
l'agenda d'état-major, est donné ci-contre. 

f Le titre de chaque colonne indique suffisamment les 

î renseignements qui doivent y figurer. 

l Dans la colonne intitulée vues et profils, on représente, 
en dessin pittoresque ou à l'aide de profils, les points 
où il serait facile de s'égarer, ou bien les vues qu'on a 
lorsqu'on occupe ces divers points; dans ce dernier cas, 
on précise la direction dans laquelle ces vues apparais- 
sent à l'observateur, au moyen de lettres placées sur le 
dessin et reproduites sur le tableau d'itinéraire pour 
désigner les vues. Exemple : Vue de A vers B, vue du 
viaduc V, etc. Une copie du tableau d'itinéraire est jointe 
au plan topographiqae. 

Tableau simplifié. — Quelquefois on porte, dans les 
marges mêmes du croquis, les indications qui servent à 
le compléter, en désignant, par des lignes pointillées, 
les parties du dessin auxquelles se rapportent les expli- 
cations. 

Les renseignements particuliers figurent dans une des 
marges, Jes renseignements généraux dans l'autre. 

Sous l'échelle, on écrit les considérations militaires 
qui figurent habituellement dans la colonne observations 
lu. tableau d'itinéraire. 

Le modèle suivant peut être avantageusement adopté 
pour les travaux d'étude. 



— 256 — 



• DIYISIOH 
D*11IFA1ITERIK. 

• BRI6ADI. 



RÉGIMENT D'INFANTERIE. 



PLACE DE PAR». Itinéraire de la rouie de à. 



(5 kilomètres.) 



RENSEIGNEMENTS 
OÉRÉRAOX. 



DIS- 
TANCES 



5,000 

4,500 

3,000 

2,500 

4,300 

400 



Deiiin. 



N. 



S. 



RENSEIGNEMENTS 
PARTICULIERS. 



CONSIDÉRATIONS 
MILITAIRES. 



Echelle. 

A Paris, le 4875. 

Le {Déiigner le grade), 
(Signature), 



Dénomination du terrain d'apré» sa confl^u» 

ration §pénéraie» 

Avant d'indiquer les points sur lesquels doit se porter 
plus particulièrement l'attention des officiers chargés 
d'exécuter une reconnaissance spéciale, on va compléter 



— 257 — 

ici la nomenclature des dénominations à donner au ter- 
rain lorsqu'on en étudie la configuration générale. 

Au chapitre II et au chapitre III du présent cours^ on 
a étudié le terrain dans ses détails. On va maintenant le 
considérer dans son ensemble et indiquer les qualifica- 
tions qu'il reçoit^ suivant qu'on l'examine : 

i^ Sous le rapport du relief; 

2o Au point de vue de la facilité dans l'observation 
des mouvements des troupes; 

3^ Sous le rapport de la circulation des troupes; 

4^ Au point de vue de l'emploi des troupes dans les 
opérations militaires; 

go Sous le rapport de la variété de& sites. 

10 Aspect général du têrram au point de vue du relief. 

Le terrain est plat, lorsqu'il ne présente aucun mou- 
vement important ou qu'on y rémarque seulement des 
ondulations très-faibles. 

Les terrains plats se trouvent dans les parties basses 
des vallées ou sur les grands plateaux. 

Le terrain est ondulé, lorsque ses mouvements, tout 
en restant peu élevés et â pente douce, s'étendent en 
longueur et sont bien marqués. Tel est le terrain du 
camp de Châlons. 

Le terrain est mouvetnentéy accidenté ou très-accidenté, 
lorsque les mouvements ou accidents y sont accentués. 
Si les changements de pente y sont fréquents et brusaues^ 
on a un terrain bouleversé* 

Le terrain est mamelonné, lorsque les mamelons sont 
les accidents qui frappent particulièrement la vue dans 
un terrain mouvementé. 

Le terrain est montueux, lorsque les mouvements en 
sont élevés, sans Tétre autant que dans les pays de mon- 
tagnes. 

Le terrain est à pente ascendante ou ci pente descen- 



— 258 — 

dank^ pour un observateur qui, faisant face à Tennemi, 
voit le terrain s'élever ou s'abaisser, tout en conservant 
le caractère d'un terrain plat. 

Il est toujours avantageux pour une troupe d'avoir 
devant elle un terrain à pente descendante, et de forcer 
l'ennemi à se mouvoir sur un terrain à pente ascendante. 
Dans la guerre méthodique, telle que la faisaient Tu- 
renne et quelques bons généraux du XYII» siècle, le 
grand talent consistait dans le choix d'un terrain à pente 
descendante, condition qui était généralement remplie 
lorsque, par des marches bien entendues, le camp pou- 
vait être établi dans une vallée, en amont de la position 
occupée par l'adversaire. 

2<> Aspect général du terrain au point de vue de la facilité 
dans robservation des mouvements des troupes. 

Un terrain e&i ouvert ou découvert, lorsqu'on n'y remar- 
que aucun objet important qui puisse en empêcher la 
surveillance à l'aide de la vue. 

Si les couverts naturels ou artificiels du sol sont nom- 
breux et viennent borner l'horizon de l'observateur, on 
dit alors que le terrain est couvert. 

3^ Configuration générale du terrain au point de vue 

de la circulation des troupes. 

Le terrain est coupé^ s'il est sillonné d'obstacles qui 
gênent la circulation, tels que des marais, des cours 
d'eau, des ravins, des fossés, des clôtures, des construc- 
tions, des taillis, etc. On dit aussi quelquefois, dans ce 
cas, que le terrain est embarrassé ou difficile, et même, 
dans certaines circonstances, imprai cable. Le terrain 
est, au contraire, praticable, lorsque rien n'y empêche 
sérieusement le mouvement des troupes. 

Un terrain peut être praticable à une arme et ne pas 
l'être à une autre. Cette circonstance doit être notée dans 



— 259 — 

une reconnaissance topographique. Ainsi, de hautes 
futaies sont praticables à l'infanterie, et ne le sont pas 
à Tartillerie. 

On dit aussi, en parlant d'un terrain praticable, qu il 
est facile ou d*un accès facik. 

Sous le rapport de la nature du sol, un terrain est 
pierreux, sablonneux ou argileux. Le premier est pénible 
pour la marche des hommes et des chevaux, et il active 
la détérioration du matériel roulant; le second s'amé- 
liore, et le troisième devient difficilement praticable par 
les temps de pluie. 

4^ Qualifications du terrain au point de vue de Vemploi 
des troupes dans les opérations militaires. 

Au point de vue de l'emploi des troupes, un terrain 
est dit favorable ou défavorable à telle opération mili- 
taire, avantageux ou désavantageux à telle arme, infan- 
terie, cavalerie ou artillerie. 

Ces qualifications ne sauraient être données exacte- 
ment, qu'après avoir étudié le terrain sous les divers 
aspects dont il a été question précédemment, et dans 
ses rapports avec l'opération militaire qu'on envisage. 

Ainsi, un terrain peut être plat et ouvert, et cepen- 
dant n'être pas favorable à la circulation, s'il est coupé 
de fossés, de petits canaux d'irrigation, etc.; tandis 
qu'un sol légèrement accidenté et couvert peut être sil- 
lonné de nombreuses voies de communication et se 
trouver praticable, c'est-à-dire favorable à la marche 
des troupes, à la condition que celles-ci prennent le 
soin de s'éclairer. 

Un terrain couvert et coupé peut être à la fois défa - 
vorable à la marche d'une colonne et avantageux pour 
rinfanterie, qui y trouve des abris dans le combat. 

Une plaine unie sera en même temps favorable à l'ac 
lion de la cavalerie et désavantageuse pour l'attaque de 
l'infanterie. 



Il faut soigneusement observer la pento d'un terrain 
avant de déclarer que ce terrain est favorable à telle ou 
telle arme (1). 

5" Variété des sites du terrain. 

Un terrain est à sile uniforme ou à site varié suivant 
qu'il s'offre il la vue soug le même aspect ou bous des 
aspects différents dans ses diverses parties. 

Il est rare qu'un terrain d'une grande étendue ait un 
site uniforme. Généralement, l'observateur peut diviser 
son terrain en un certain nombre de parties, qui ont 
un caractère distinct, et qu'on nomme coupure» de ter- 
rain. Ainsi, en examinant, du point 0, le terrain 
CGHBAELKF (fig, 368), on voit de suite qu'il peut se 



Fig. ses. 




diviser en trois coupures : BCGH, terrain plat et cou- 
vert; CBAEF, terrain plat et ouvert; EFKL, terrain 

accidenté. 



(f ) Les limilcs dss p«Dt«g iccessibles aux diffireoUa irmes ont été 
indiqaéeg au tommencement du chapitre III. 



— 261 — 

La ligne de démarcation de deux coupures porte éga- 
lement le même nom. Ainsi, la lisière du bois et les murs 
de clôture du parc, qui font face à TOuest, forment une 
coupure B G dans le terrain; il en est de même du pied 
EF du versant est des hauteurs EFKL. 

La coupure dans k terrain se définit, d'une façon gé- 
nérale, un obstacle assez étendu, ou une série d'obsta- 
cles contigus, qui empêche la communication militaire 
immédiate entre deux adversaires en présence. 

C'est pourquoi la portion A B du cours d*eau ABH, 
bien que séparant deux terrains plats et ouverts, est 
également une coupure, parce qu'elle est elle-même 
l'obstacle qui empêche la communication immédiate 
entre deux troupes qui seraient situées dans les prairies, 
Tune sur la rive droite, l'autre sur la rive gauche de la 
rivière. 

Dans une reconnaissance topographique, il est très- 
important de savoir délimiter les différentes coupures 
d'un terrain, ce qui permet au commandantde la troupe 
qui doit y opérer de faire un emploi judicieux de *es 
moyens d'action. 

RECOIVIVilLlSSiUeVGE:» 8PÊGIil.L.ï:8 (1). 

Classement des reconnaissances spéciales. — La néces- 
sité des reconnaissances spéciales ayant été établie au 
commencement de ce chapitre, on va donner quelques 
indications succintes relatives à la partie topographique 
de leur exécution, en laissant au règlement et aux in- 
structions sur le service des armées en campagne le soin 
de fixer les dispositions militaires à prendre pour assurer 
leur réussite. D'après l'ordonnance du 3 mai 1832, les 
reconnaissances spéciales (1) peuvent se diviser en quatre 
catégories : 

(4) RecoBDaissances ordinaires, d'après l'instructioa pratique du 4 oct. 
4875» laquelle réserve la qualiGcation de spécialet aux reconnaissances 
qui exigent surtout des connaissances techniques. 

io 



— 262 — 

lo Reconnaissance d'un terrain dans le but de ré^r 
la marche des troopes de toutes armes; 

2o Reconnaissance des positions qu'on doit occuper; 

3® Reccmnaissance des positions occupées par l'en- 
nemi; 

4® Reconnaissance des forces de l'ennemi* 

Cette dernière espèce de reconnaissance exige souvent 
F^BBploi des troupes et n'a pas de rapports directs avec 
la topographie. Il n'^ s^ra point question dans ce cours. 

Les autres reconnaissances spéciales sont, au con- 
traire, essentiellement topographiques, puisqu'elles ont 
pour objet la description du terrain, particulièremeni^fi 
ce qui concerne les lignes de communication et les pm- 
tions mUiiairei. 

Les lignes de eommnnication, qui se composent des 
voies de terre et des voies navigables, sont : les rm^es 
ordinaires^ les chemm de fer, les coure £eau natiurels et 
ïeseammêx. 

D'après Ja<^iiîDot de Presles, une pœiiion est un^ ter- 
rain qui présente k une troupe la facilité d'y combattre 
avec avantage, même à forces inégales. 

On peut considérer deux espèces de positions, d'après 
leur étendue : les positions particulières, qu'on nomme 
postée ou, plus généralement, pointe de défense on points 
d'appui; et les positions générales, appelées lignes de dé- 
fense. 

Les points de défense ou poinU dappui sont ceux qui, 
par leur nature, favorisent la résistance des troupes qui 
8*7 trouvent et servent d'appui à celtes qui occupent les 
positions voisines. Tels sont les terrains boisés, les ha- 
bitations isolées, les kameàuXf les villages, les hauteurs 
isolées, etc. 

On donne plus spécialement le nom de postes à des 
positions d'une importance tout à fait secondaire. 

Les lignes de défense sont les positions que des troupes 
considérables occupent ou doivent occuper en vue de la 



— 263 — 

résislance. Elles se composent^ soit d'obstacles conti- 
nus, soit d'une série de points de défense, qu'on peut au 
besoin relier entre eux par quelques ouvrages de forti- 
fication. 

Parmi les lignes de défense naturelles, on peut citer 
les vallées el les cours d'eau qui les traversent, les séries 
de hauteurs, etc. 

Dans les lignes de défense, il y a lieu de remarquer 
attentivement les défilés naturels et les défilés artificiels 
qui les traversent. 

La classification qui précède étant conforme au pro- 
gramme ministériel, c'est dans cet ordre qu'on va étu- 
dier les reconnaissances spéciales. 



LIGNES DS COHUUNIGATION. 

Reconnaissance <|'une route ou d'un chemin^ 

La reconnaissance d'une route est la base de la re- 
connaissance de l'ensemble des voies de communication 
ordinaires qui sillonnent un terrain donné. 

Les principaux points sur lesquels doit se porter l'at- 
tention de l'officier chargé de cette mission, sont les sui- 
vants : 

1® La dénomination de la route au point de vue du clas- 
sîment adopté dans le pays et d'après l'origine et le 
tome de la voie. Exemple : route nationale de 1'», 2® 
oa3« classe, de N à M; route départementale n» 4, de 
A ft B; chemin vicinal n^ 10, de C à D ; chemin d'exploi- 
tation. 

2o La direction générale, indiquée d'après les points 
cardinaux et par rapport à la frontière ou à certaines 
lignes de défense, auxquelles la route peut se trouver 
perpendiculaire ou parallèle. — Signaler les changements 
de direction importants. 



J 



— 264 - 

'i^ La construction de la route. — Largeur constante ou 
variable de la chaussée et des accotements. — Chaussée 
pavée, empierrée, macadamisée, en terrain naturel, de 
rondins, de fascines; bordée d'arbres, de haies, de 
fossés, de garde-fous, de murs ; en remblai, en levées, 
encaissée, formant chemin creux, en corniche, en lacet. 

Les routes pavées exigent moins d'entretien que les 
routes empierrées ou macadamisées; mais le roulement 
des voitures d'artillerie sur ces chaussées s'entend à 
des distances très-considérables. Cet inconvénient peut 
être assez sérieux dans un camp retranché^ lorsque la 
route stratégique qui relie les ouvrages détachés, et 
lorsque les voies qui débouchent du camp sont cons- 
truites de cette manière, comme à Paris; car, dans ce 
cas, les troupes d'investissement peuvent être préve- 
nues, par le bruit, des préparatifs de sortie qui seraient 
faits pendant la nuit sur un secteur déterminé de l'en- 
ceinte. 

Les chaussées pavées en galets, qui se rencontrent 
surtout dans le voisinage des grands fleuves, sont pé- 
nibles pour la marche de l'infanterie. 

Les chemins creux et étroits doivent^ autant que pos- 
sible, être évités par l'artillerie et par les équipages, 
parce qu'une voiture qui s'y brise peut arrêter longtemps 
une colonne entière. Pour éviter ce contre-temps, il y a 
quelquefois avantage à combler les chemins creux avec 
des pierres, avec des fascines et avec de la terre légère, 
lorsqu'ils ne peuvent être évités et qu'ils ont peu d'é- 
tendue. 

Dans les routes en corniche des pays de montagnes, 
il arrive fréquemment que la voie est consolidée, du côté 
de la pente, par un mur de soutènement, qu'il suffit de 
détruire pour rendre la route impraticable. Cette cir- 
constance doit être soigneusement notée. 

Il y a quelquefois avantage à désigner la largeur 
d'une route d'après le front sur lequel on peut y passer: 



— 265 — 

un chemin est assez large pour le passage d'une voi- 
lure, lorsque quatre hommes y marchent de front. 

4<> L'état général de la voie et la possibilité de son 
emploi par les différentes arme^.— Indiquer si la voie est 
bonne ou mauvaise, bien ou mal entretenue; si elle est 
actuellement praticable à Tinfanterie, à la cavalerie, à 
l'artillerie; si les variations de l'atmosphère changent 
notablement Tétat de la route. 

Pour ces dernières indications les remarques sui- 
vantes peuvent être utiles : 

Les seuls chemins bons en tout temps sont ceux dont 
le fond est formé de gros sable, de gravier ou de pierres, 
et surtout les routes bien pavées. 

Par les temps de pluie, les plus mauvais chemins 
sont ceux qui traversent un terrain argileux ou qui sont 
encaissés, circonstances favorables au séjour et à l'accu- 
mulation des eaux. 

Dans ces conditions, il est souvent préférable de laisser 
ces chemins pour en suivre de moins importants et même 
des sentiers, qui, longeant les hauteurs avoisinantes, 
sont rapidement ressuyés, et qu'on peut ordinairement 
rendre praticables avec peu de travail. Ces détails im- 
portants doivent figurer dans la reconnaissance d'une 
route ou d'uR chemin que le mauvais temps peut rendre 
impraticable. 

Les chemins qui traversent les bruyères sont généra- 
lement bons, lorsque le sol est formé d'un sable ordi- 
naire; ils sont, au contraire, mauvais, lorsque le sable 
est noir, ce qui est l'indice de bruyères marécageuses. 

S<> Les accidents dans le tracé et dans F état de la voie, 
— Signaler les rampes^ c'est-à-dire les montées, et les 
pentes y c'est-à-dire les descentes; — en évaluer la lon- 
gueur en heures de marche pour la montée comme pour 
la descente, ou bien en pas ou en mètres, suivant la 
longueur des accidents; — indiquer si elles exigent l'en- 
rayage, si elles sont plus ou moins accessibles aux dif- 



M I 



— 266 -- 

férentes armes, et si elles présentent des facilités ou des 
obstacles pour les charrois; -* noter les mauvais pas 
ety en général, tous les obstacles qui peuvent retarder 
ou arrêter la marche; -^ indiquer les réparations à 
l'aire pour le passage des différentes armes, particulière- 
ment de Tartilierie. 

§i Tennemi a coupé la route ou bien a détruit un pont 
sur lequel elle passait, faire connaître, autant que pos* 
sible, la gravité du mal, le temps et les hommes néces- 
saires pour le réparer, et les lieux les plus rapprochés 
où Ton peut trouver les matériaux indispensables pour 
ces réparations. «^ On signalera, i$'il s'agit d'un pont 
détruit, les gués qui peuvent exister k une certaine dis- 
tance, en indiquant à quelles armes ils sont praticables 
et le détour que nécessite leur emploi. 

6^ Lef embranchements, les carrefours, les pattes d'oie 
ou les étoiles, en indiquant Torigine et le terme de 
chaque embranchement, ainsi que son état do viabi- 
lité, et en prenant note des renseignements, fournis en 
ces points importants par les poteaux indicateurs, sur 
la direction et le nom exact des localités avoisinantes. 

7* Les objets remarquables qu'on rencontre sur la route. 
-*-Ce sont : les villes, les villages, les fermes, les châteaux, 
les maisons isolées, les croix de mission ; les ouvrages 
d'art, tels que les ponts, les ponceaux, les viaducs, les 
murs de soutènement, etc.; les bois plus ou moins étenduf^ 
et, en général, tous les défilés naturels ou artificiels que 
la route traverse, et dont il faudra mentionner la largeur 
et la longueur. En principe, il faut indiquer les dis- 
tances qui séparent les points principaux de la route, 
soit en mètres ou en pas, soit d'après le temps néces- 
saire pour les franchir. 

8° Les abords de la route. -* Dans la reconnaissance 
d'une route, Tétude de ses abords joue un rôle impor- 
tant. 

Si le terrain environnant est praticable à l'infanterie et 



— 267 — • 

à la cavalerie, la marche des colonnes £te fera biea plus 
aisément, et le passage de Tordre de marche à l'ordre 
de combat s'effectuera promptement : il y aura même 
quelquefois avantage h faire quelques travaux pour 
tracer des chemins parallèlement à la voie suivie, afin 
de laisser la grande route libre pour Tartillerie et pour 
les équipages. 

Les routes dont le terrain adjacent est impraticable 
sont, au contraire, dangereuses, parce qu'une colonne 
qui s'y trpuve engagée est dans un véritable défilé et, 
peur suite, dans l'impossibilité de prendre rapidemeiU 
ses dispositions de combat. 

Si plusieurs colonnes in^portantes suivent des routes 
sensiblement parallèles, il est très-avantageus, au point 
de vue de leur liaison, que le terrain qui les sépare soit 
praticable, ou au moins sillonné d'un assez grand nom- 
bre de chemins intermédiaires facilitant les communica- 
tions entre les diverses colonnes. 

Un bois peut n'être pas un défilé dangereux, s'il peut 
être tourné facilement, et si, parallèlement à la route 
qui le traverse, se trouvent des chemins et des clairières 
qui permettent à des flanqueurs d'assurer la marche de 
la colonne. 

Les positions importantes qui avoisinent la route ou 
que celle-ci coupe, offrent aussi un grand intérêt, puis- ^ 
que ce sont celles qu'il y a lieu d'occuper pour protéger 
la marche de la colonne, ou dont il fai^drait même dé- 
loger l'ennemi pour continuer la marche, s'il s'en était 
emparé. Lorsque ces positions sont parallèles à la direc- 
tion suivie, ce qui arrive avec une route longeant le 
thalweg d'une vallée étroite, il est iffiportant de savoir 
si les hauteurs voisines sont accessibles et pounront être 
suivies par des troupes en flanqueurs. Toutes ces di- 
verses circonstances doivent être soigneusement étudiées 
et notées pendant la reconnaissance d'une route. 

Observation générak. «^ La reconnaissance de l'en- 



— 258 - 

semble des voies de communication ordinaires qui sil- 
lonnent une région déterminée se fait d'après les indi- 
cations qui précèdent. Dans ce travail, la classification 
des différentes routes, d'après la direction qu'elles sui • 
vent et d'après leur importance tactique, est surtout 
très-importante : il faut distinguer les routes qui vont 
vers l'ennemi de celles qui servent seulement à établir 
les communications entre les premières: il faut notei 
soigneusement les chemins de traverse et les vieilles 
routes, parce que, s'ils évitent ordinairement moins bien 
les accidents du sol que les grands chemins ou les voies 
neuves , ils sont aussi plus courts et traversent souvent 
de meilleures positions défensives que les roules à pentes 
plus douces. 

On ne devra pas non plus omettre de signaler les sen- 
tiers qui peuvent jouer un rôle important dans le cours 
d'un engagement ou pendant l'exécution d'une marche 
à proximité de l'ennemi; et on distinguera expressément 
ceux qui peuvent être suivis, soit par des fantassins 
seulement, soit par des cavaliers, soit même par l'ar- 
tillerie, lorsque le terrain adjacent est favorable. 

Reconnaissance d'un ctiemln de fer. 

Si la reconnaissance d'une route est importante à 
faire avant l'exécution d'une marche dans le voisinage 
de l'ennemi, celle d'une voie ferrée est plus indispen- 
sable encore, en raison des accidents que pourrait en- 
traîner l'emploi d^un chemin de fer non reconnu. 

L'officier chargé d'exécuter la reconnaissance d'un 
chemin de fer en pays ennemi devra, autant que pos- 
sible, faire traîner, par des hommes ou par un cheval, 
un petit wagon qui lui permettra de reconnaître l'état 
des rails. Souvent même on emploiera, dans ce but, une 
locomotive marchant lentement, de manière à éviter les 
accidents, et à permettre à l'officier de prendre tous les 



— 269 — 

renseignements nécessaires sur la voie qu'il parcourt. 
Ces renseignements devront comprendre : 

10 Za dénomination de la voie. 

Inditjuer à quelle grande ligne appartient la section 
reconnue; si elle en est un embranchement; si c'est un 
simple chemin d'intérêt local; quelles sont les deux lo- 
calités têtes de ligne. 

2o La direction générale, comme pour les routes. 

3® La construction et le profil de la voie. 

Plate-forme : sa longueur et celle de ses différentes 
parties; à une ou à deux voies; construite sur le sol, en 
déblais ou en remblais plus ou moins considérables, en 
corniche, sur voûtes ou viaducs, en souterrains, c'est- 
à-dire sous tunnels. 

Les remblais, les déblais et les viaducs sont plus nom- 
breux sur les voies de chemin de fer que sur les voies 
ordinaires, parce que les premières, ne pouvant avoir 
que des pentes très-faibles, suivent moins facilement 
que les autres les diverses sinuosités du sol. 

PLATE -FORME. 













• 


















«* 


a 








n 


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Entre- voie. 




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-*1 



On appelle plate-forme la partie bien dressée de la 
voie où les rails sont posés : elle comprend la voie ou 
les voies avec Ventre-voie et les accotements. La largeur 
de la voie entre deux rails est la même (1«»,44 inté- 
rieurement, 1">,80 d'axe en axe, ou ln>,56 extérieure- 
ment) sur les grandes lignes de tous les États européens, 
la Russie (1»,93) et l'Espagne (1°»,73) exceptées. Elle 

15. 



— 870 — 

varie pour les chemins de fer d'intérêt local de 0",80 à 
1",10. La largeur des accotemenls varie de 1™ à 1"*,50, 

Ventre-voie est l'espace qui se trouve entre deux lignes 
parallèles; sa largeur varie de 1»,80 à 2'",80, 

Les rails reposent sur des madriers en chêne ou en 
hêtre qu'on nomme traverses, et sur lesquels sont fixés 
des coussinets ou supports en fonte, dans la chambre 
desquels s'engagent les rails. Il y a deux espèces de 
rails, les rails à patins et les rails à double champignon. 
Les premiers sont maintenus dans les coussinets à l>ide' 
de crampons en fer appelés tire- fond; les seconds le 
sont à l'aide de coins en bois. 

On donne le nom d'éclisses aui^ petites bandes de fer 
qui relient deux rails. 

Le ballast est la couche de sable qui recouvra les tra- 
verses et celle sur laquelle elles reposent. 

Les changements de voie se font à l'aide d'un sys^ 
tème particulier appelé aiguilles. 
. 4" Létal général de la voie. 

La reconnaissance faite à l'aide de la locomotive ou 
autrement fera connaître si la voie peut être utilisée 
comme un chemin de fer, ou simplement comme une 
route ordinaire. 

Autant que possible, avant de s'engager dans un tun- 
nel pour le reconnaître, il faut, par prudence, s'emparer 
de l'entrée et de la sortie. 

Sur une voie qui paraît en bon état, il faut, de dis- 
tance en distance, enlever la couche supérieure de bal- 
last pour s'assurer de l'état des traverses, des coussi- 
nets et des tire-fond, ainsi que de l'e^istepce des 
éclisses. 

8^ Les accidents dans le tracé et dans l'état de h voie. 

Indiquer le commencement, le terme et la longueur 
des rampes et des pentes; leur inclinaison, qui est rel^r 
tivement très-faible et qu'on peut lire sur des poteaux 
indicateurs, placés le long de la voie. 



— 271 — 

Faire connaître l'emplacement de» courbée, leur déve. 
loppement, leurs rayons. 

La limite inférieure adoptée en France pour le rayon 
de courbure d'une voie ferrée est 850 mètres; pour le 
service des gares, le rayon peut descendre jusqu'à 
80 mètres. 

Si la voie a été mise hors de service, préciser la nature 
des dégradations: les longueurs de rails enlevés ou dé- 
tériorés, la rupture des aiguilles et des plaques tour- 
nantes, le comblement des déblais, les coupures dans 
les remblais, la destruction des signaux optiques ou 
électriques, dont le bon emploi contribue h faire éviter 
les accidents, les ruptures de ponts, de viaducs, de tun- 
nels^ etc. 

On indiquera soigneusement si ces détériorations ont 
été faîtes dans des parties droites ou courbes de la voie, 
et, autant que possible, le temps et les ouvriers néces- 
saires pour réparer la voie. S'il s'agit simplement de re- 
placer des rails, 100 mètres de voie peuvent être réparés 
en trois heures par un détachement de 7S hommes com- 
prenant de 10 à 18 ouvriers exerces. 

6* Les embranchements. 

70 Les objets remarquabks qu'on rencontre sur la voie. 

Parmi les points importants de la voie ferrée, il faut 
noter les gares et les simples stations, particulièrement 
celles qui ont des voies d'évitement pour garer des trains 
et qui possèdent des ressources en eau, en combustible 
et en matériel; les ouvrages d'art; les obstacles formant 
défilé ; enfin les points où la ligne est coupée par d'au- 
tres voies de communication. 

Gares et stations : distances qui les séparent; degré 
d'importance de chacune d'elles et des localités qu'elles 
desservent; leur mode de construction et leurs disposi- 
tions intérieures plus ou moins favorables à une orga- 
nisation défensive ; existence des voies de garage; lon- 
gueur et disposition des quais en vue des facilités 



— 272 — \ 

d'embarquement, de débarquement, de chargement et de 
déchargement; importance des hangars à marchandises 
au point de vue du logement des troupes ou des appro- 
visionnements; disposition et nombre des signaux avoi- 
sinant la gare. Signaler les lieux favorables aux haltes 
et aux repas des troupes; décrire plus spécialement les 
gares qui se trouvent à des croisements de lignes; in- 
diquer les ressources de toutes natures que peuvent pré- 
senter les gares ou les stations, particulièrement les res- 
sources en eaU^ en charbon^ en matériel et en personnel. 

Itessources en eau, soit pour les besoins des troupes, 
soit surtout pou/Talimentation des locomotives. — Exis- 
tence, capacité et état de conservation des réservoirs; 
importance et état de conservation des puits et des 
pompes qui servent à les remplir; nombre de locomo- 
tives à l'alimentation desquelles ces ressources peuvent 
suiBre pendant un temps déterminé. 

Les stations d'alimentation pour l'eau sont, en moyenne, 
séparées de 20 kilomètres ; la capacité des réservoirs est 
calculée à raison de 5 mètres cubes par train; elle varie 
de 50 à 150 mètres cubes. 

Ressources en charbon. — Les stations de ravitaille- 
ment pour le charbon sont espacées de 80 kilomètres 
environ. 

Ressources en matériel. — Nombre et espèces de loco- 
motives et de wagons disponibles ; — dépôts de rails, 
de traverses, de coussinets, d'outils pour les réparations, 
de plates- formes pour l'embarquement et le débarque- 
ment des chevaux et des voitures; — existence d'ateliers 
de dépôt pour les réparations. 

Itessources en personnel. — Nombre des employés du 
service de la voie, du service du matériel et de la trac- 
tion, du service de l'exploitation, particulièrement des 
aiguilleurs, mécaniciens, chauffeurs, ouvriers divers. 

Ouvrages d*art, — Ponts en fer, en pierre, en bois; 
nombre et largeur des arches. — Ponceaux. — Viaducs : 



— 273 — 

leur mode de construction; leur hauteur, leur longueur; 
nombre d'arches; obstacles qu'ils traversent, tels que 
rivières, vallons, gorges. — Tunnels: longueur, largeur, 
hauteur; obstacles qu'ils traversent, tels que hauteurs, 
collines, montagnes. — Chambres de mine : points 
exacts otL elles se trouvent. 

Défilés. — Signaler, comme pour les routes, les ter- 
rains boisés que traverse la voie et, en général, tous les 
défilés naturels ou artificiels qui n'ont pas été indiqués 
précédemment. 

Passages des voies de comràunicntion : à niveau, en des- 
sus, en dessous. — Maisons de gardes. 

8<* Les abords de la voie, comme pour les routes, les 
chemins de fer pouvant être utilisés, non-seulement 
comme moyen de transport rapide, mais comme voies 
ordinaires. 

9** Les moyens de destruction de la voie. — Points favo- 
rables pour opérer la destruction : courbes, remblais, 
déblais, ouvrages d'art. — Moyens de destruction à em- 
ployer ; nombre d'hommes nécessaires pour ce travail. 

Le choix des points et des moyens de destruction varie 
avec les intentions du général en chef. Si la mise hors 
de service d'une voie ferrée ne doit être qu'un moyen de 
défense momentané et qu'on ait l'intention de reprendre 
promptement l'ofiTensive, le mode de destruction doit 
permettre des réparations faciles; dans le cas contraire, 
il ne faut pas. craindre de s'attaquer aux grands ouvrages 
d'art, particulièrement aux viaducs et aux tunnels, qu'on 
doit détruire avec la mine. 

Sans entrer dans le détail de la mise hors de service 
d'une voie ferrée, on peut dire qu'on y arrive, soit en 
détruisant les réservoirs ou en comblant les puits qui 
les alimentent; soit en mettant hors de service le maté- 
riel roulant, particulièrement les locomotives, auxquelles 
on enlève quelques pièces importantes; soif en rendant 
la voie impraticable par l'enlèvement de rails et d'ai- 



— Î74 — 

gnilles, par la coapure d'un remblai ou le comblement 
d'un déblai ; soit encore en détruisant, au moyen de la 
mine, un ouvrage d'art, tel qu'un pont, un viaduc ou un 
tunnel. 

Lorsqu'il s'agit simplement de l'enlèvement des rails, 
1 kilomètre de voie peut être mis hqrs de service en 
dix heures par un détachement de 100 hommes pour des 
rails à patins, et par un détachement de 60 hommes 
pour des rails à double champignon. Un train de të voi^ 
turcs suffit pour le chargement des rails, des traverses, 
des accessoires et des travailleurs. 

iO^ Les commumeatiom télégraphiques. •<— Les voies 
ferrées sont suivies par des lignes télégraphiques dont 
rimportance militaire n'échappe à personne. Dans la 
reconnaissance d'un chemin de fer, il faudra signaler 
l'existence et l'importance de la ligne télégraphique qui 
le suit, ses embranchements, les stations principales 
qu'elle relie; rechercher, au besoin, en faisant creuser 
quelques petites tranchées, s'il n'existe pas de fils en-^ 
terrés; noter soigneusement l'état de conservation des 
poteaux, de leurs isolateurs, des piles électriques, des 
fils et àe$ appareils de transmission, tous objets dont la 
destruction amène l'interruption des communications 
télégraphiques. 

Reconnaissance «l*un cours d^eau» d'un canal^ 

Les cours d'eau naturels et les canaux sont à la fois 
des voies de communication et des lignes de défense. 
Les points importants qu'il faut observer k ce double 
point de vue peuvent être classés comme il suit : 

!<> La dénomination du cours d*eau et son importance 
géographique. 

De quel bassin fait-il partie? Est-il le cours d'eau 
principal, un affluent ou un sous-affluent? 

Pour un canal, faire connaître s'il fait communiquer 



— 278 — 

deux grands bassins, si c'est un canal de navigation la* 
téral, une rivière canalisée, ou un simple canal d'irri- 
gation. 

2<> La direction générale, indiquée comme pour les 
voies de terre et par rapport à la direction des routes. 
-1— Signaler les coudes et les sinuosités plus ou moins 
importantes du cours ; les pays qu'il traverse. 

3» Le profil, c'est-à-dire la largeur, la profondeur, le 
lit et les bords ou les rives. 

Largeur, constante ou variable. »— On la mesure par 
un des procédés indiqués au chapitre Y* Dans les ca- 
naux de navigation, elle est de 10 mètres au fond et de 
16 à 18 mètres au niveau de l'eau. 

Profondeur plus ou moins variable. -* On la trouve, 
pour une position déterminée du cours, en sondant la 
rivière à différents points d'une corde divisée, tendue 
d une rive à l'autre. — Indiquer la profondeur à l'étiage 
et celle des eaux moyennes. 

Pour les canaux de navigation, la profondeur varie 
de l'^jSO à 2 mètres. 

Lit Donner la nature du fond : roche, gravier, sable 
fixe«ou mouvant, vase. — Pour les canaux, indiquer la 
nature des terres dans lesquelles le lit est creusé. 

Rives ou bords: leur forme plate, en pente douce, 
escarpée, verticale, creuse ; -^ leur hauteur au^essus 
des eaux normales; — pierres, arbres, roseaux, qu'on 
y remarque; •*- élévation et mode de construction des 
digues; --** commandement constant ou alternatif d'une 
rive sur l'autre. 

Dans les canaux de navigation, l'inclinaison des talus 
varie de | à j. 

4» La nature du cours d'eau : uniforme ou changeant 
de lit, régulier, torrentueux, présentant des cascades, 
sujet aux remous, aux crues et aux inondations. ~ In- 
diquer l'existence, Timportance, l'époque, la durée et 
les causas des crueA périodiques ou accidentelles et des 



— 276 — 

inondations naturelles ou artificieiles qui peuvent se 
produire. — Faire connaître la vitesse du cours. 

La vitesse d'un cours d*eau se mesure en comptant, 
avec une montre à secondes, le temps que met un corps 
flottant au milieu du courant, pour parcourir une cer- 
taine distance, mesurée sur les bords. Le courant est 
faible, si la vitesse ne dépasse pas 0™,50 par seconde, 
ordinaire jusqu'à 1 mètre, rapide jusqu'à 2 mètres, 
très-rapide au delà. 

La vitesse de l'eau est plus grande au milieu du cours 
d'eau que sur ses bords, où elle est ralentie par les 
obstacles que ces derniers opposent à l'écoulement du 
liquide. C'est pourquoi la profondeur d'un cours d'eau 
est, en général, plus grande au milieu du courant que 
sur les bords, parce que, plus l'eau a de vitesse, pliis elle 
entraîné aisément dans sa course le sable, les graviers 
et même les cailloux. 

La vitesse s'exprime aussi quelquefois d'après le 
temps que met un corps flottant à franchir un kilomètre. 
La vitesse dépend du débit de l'eau, de la largeur et de 
la pente du lit; noter cette dernière. 

8® Les moyens de passage. 

Ponts fixes, ponts mobiles, bacs, bateaux, gués, 
glace. 

Décrire succinctement les ponts existants, comme il 
sera indiqué à l'article « Reconnaissance d'un pont »• 

Chercher les joom^s les plus favorables à rétablissement 
de ponts mobiles : ce sont, en général, les coudes de la 
rivière formant des rentrants du côté de l'ennemi ; parce 
que le cours d'eau y est moins large que dans les parties 
droites, qu'il est facile d'y protéger le passage par des 
feux croisés, et que les premières troupes qui débouchent 
ont des points d'appui sur les branches du coude. 

Ces positions doivent être choisies, autant que pos- 
sible, de manière que, du côté où l'on se trouve, les 
rives et les hauteurs soient dominantes, que le terrain 



-^ 277 — 

soit couvert pour masquer les préparatifs, mais néan- 
moins praticable, et que, du côlé de l'ennemi, le terrain 
présente les caractères opposés et qu'il soit favorable au 
déploiement des troupes. C'est donc à ces divers points 
de vue qu'on doit étudier la question. 

Faire connaître les bacs, leur espèce, la durée de leur 
traversée, le nombre d'hommes, de chevaux et de voi- 
tures qu'ils peuvent transporter; les bateaitx, leur es- 
pèce, leur quantité, les ressources qu'ils peuvent offrir 
pour le passage ou pour l'établissement de ponts; les 
ressources des localités voisines en matériaux de con- 
struction pour les ponts. 

Indiquer les gués permanents ou mobiles, leur posi- 
tion, leur direction perpendiculaire ou oblique au cou- 
rant, la rapidité du cours d*eau sur ce point, leur lar- 
geur et leur profondeur ordinaires, la nature de leur 
fond, celle de leurs rives à l'entrée et à la sortie, la fa- 
cilité de leurs abords et par suite la possibilité de leur 
emploi par telle ou telle arme; — 'points remarquables 
sur les bords pour les faire reconnaître; — moyens de 
les rompre; — faire connaître si les crues les dépla- 
cent. 

Le fond de sable, surtout de sable mouvant, est gé- 
néralement dangereux et se creuse vite sous les pieds 
des chevaux; le fond rocheux est quelquefois très-in- 
commode pour les chevaux et impraticable pour les 
voitures. Le meilleur fond est celui de gravier. Pour la 
cavalerie et pour les voitures, les bords doivent être so- 
lides, praticables et peu escarpés. 

La profondeur maximum d'un gué est 1 mètre pour 
l'infanterie, et même 0",80, si le courant est rapide; 
1™,20 pour la cavalerie; 0«*,65 pour les caissons de mu- 
nitions. Celte profondeur peut être portée à 4",30 pour 
les voitures d'artillerie, si l'on retire les coffrets ou si on 
les recouvre d'une étoffe imperméable. 

On a déjà vu, au chapitre II, que les gués se trouvent 



- 278 — 

généralement dans les parties droites d'un oours d'eau; 
on peut ajouter aussi dans les parties larges, parce que 
la profondeur est ordinairement en raison inverse de la 
largeur. 

Pour bien fixer la position d'un gué, on met deux 
rangs de piquets à droite et à gauche et on les relie par 
des cordages servant de garde-fous. 

Pour rompre un gué, y jeter des herses, les chevilles 
en dessus, et les assujettir par des piquets ou par de 
grosses pierres ; y semer des tessons de bouteilles; y 
creuser des fossés; y faire des abatis, etc. 

Indépendamment des gués utilisés par les gens du 
pays et qu'on reconnaît aux chemins qui y aboutissent, 
on peut découvrir Texistence des gués à l'aide de cer* 
tains indices ou bien en descendant une rivière dans 
une nacelle munie d'une sonde. Celle-ci, plongeant dans 
l'eau d'une longueur convenable, indique un gué quand 
elle touche le fond. 

Lorsque le cours d'eau est gelé, indiquer si la glace 
peut être utilisée comme moyen de passage. L'infanterie 
passe par le flanc sur une épaisseur de glace de 8 cen- 
timètres; la cavalerie et les pièces légères, sur une 
épaisseur de 12 centimètres environ. Pour porter les 
grosses voitures, la glace doit avoir au moins 20 centi- 
mètres. 

6o Les affluents. 

Importance, direction, confluent de chacun d'eux» — 
Confluent du cours d'eau reconnu, lorsqu'il est lui-même 
tributaire d'un cours d'eau plus important. *** Embou- 
chure d'un fleuve; la décrire. 

Rivières ou autres eaux qui alimentent un canal. 

70 Les objets remarquables qu'on rencontre sur son 
cours, tels que moulins, usines, têtes de pont, villages, 
villes; — barrages divers , vannes , écluses; indiquer 
la hauteur de chute aux écluses: —-bancs de sable, 
atterrissements; — îles habitées ou non, boisées, culti- 



-1 



i 

i 



- 279 — 

vées, incultes; leurs dimensions, degré d'escarpement 
de leurs bords, leur différence de niveau avec les rives; 
— gares et ports, s'il s'agit d'un canal ou d'une rivière 
canalisée. — Distances qui séparent ces différents points 
remarquables. 

8^ Les abords de la rivière. 

Les étudier au même point de vue que pour les 
routes, s'il e'agit de la protection d*un convoi par eau. 
Indiquer s'il existe des chemins de halage et s'ils sont 
praticables aux différentes armes; quelles sont les routes 
qui, dans une certaine étendue, à droite et à gauche, 
sont parallèles au cours d'eau, et celles qui s'en déta- 
chent plus ou moins perpendiculairement, particulière- 
ment celles qui suivent les vallons latéraux. 

Si le cours d'eau est étudié comme ligne de défense, 
reconnaître surtout le terrain au point de vue du com- 
mandement relatif des positions qu'on remarque sur les 
deux rives, et des facilités d'accès à ces positions. 

9® La navigabilité du cours deau. 

Flottable, navigable; entre quelles limites. — Nombre, 
dimensions et tirant d'eau des bateaux dont on fait 
usage; — chargement, exprimé en tonnes, des bateaux 
naviguant par le halage, à la voile, à la vapeur. — Le 
cours d'eau est-il canalisé? Moyen d'y empêcher la na- 
vigation ou de la protéger. 

Pour être flottable une rivière doit avoir de 0",80 à 
0"»,65 de profondeur. Cette dernière profondeur est né- 
cessaire pour que la rivière soit flottable en trains. 

Pour être dit navigable^ un cours d'eau doit avoir 
1 mètre de profondeur et des pentes inférieures à ~ 
pour la navigation au moyen du halage, à ~ pour la na- 
vigation h la voile. 

La pente peut être plus forte pour la navigation à la 
vapeur. 



— -280 — 

Re€3onnala«ance de» lacs^ de» éUuiQps, 

des marais» etc* 

Pour compléter la reconnaissance des eaux, on donne 
ici, d'après les publications du dépôt de la guerre, les 
points principaux à observer dans la reconnaissance 
des lacs, des étangs, des marais, etc. 

Lacs : leurs dimensions; — nature du fond et des 
rives. 

Etangs : naturels ou artificiels, — permanents ou 
non; — facilité de les vider. 

Marais : formés par des courants d'eau ou des sources, 
— ayant des blancs d'eau ou seulement un terrain va- 
seux. — Leur étendue; — s'ils sont traversés par des 
chemins découverts, cachés ou peu connus. 

Fontaines et sources : si elles sont nombreuses, abon- 
dantes, — nature de leurs eaux; — désigner les prin- 
cipales. 

Citernes, puits ordinaires : contrée où cette ressource 
est de nécessité; — si elle suffit aux besoins des habi- 
tants. 

POINTS DE DÉFENSE OU POINTS d' APPUI. 

Reconnalsiianoe d'un bol»» d'une forôt* 

Dans la reconnaissance d'un terrain boisé, observer 
les points suivants : 

io L'étendue en largeur et en profondeur, ainsi que la 
forme générale du bois ou de la forêt et ^orientation de 
son grand axe. 

Les bois d'une petite étendue sont des points d'appui 
et de défense importants; les grandes forêts sont surtout 
utiles pour masquer les mouvements des troupes, mais 
elles se prêtent mal, en général, à la conduite du combat. 



— 281 — 

2<> La position topographique du bois et la configuration 
générale du terrain circonvoisin, — Le bois est-il sur un 
plateau, sur les flancs d'une hauteur, dans une vallée ? 
— Te sol est-il plat ou accidenté? — Quelle est la nature 
du terrain qui entoure le bois ; couvert, ouvert, coupé, 
praticable, plat, accidenté, etc.? — Distinguer les diverses 
coupures du terrain circonvoisin : sur le front d'attaque 
et aux ailes, en vue de la résistance; sur les derrières, 
en vue de la retraite. 

3® La nature du bois. — Bois vert ou bois feuillu; in- 
diquer les essences dominantes; — entièrement ou par- 
tiellement composé de hautes futaies, de taillis, de four- 
rés; — forêts aménagées ou sauvages. 

Les bois verts un peu âgés sont favorables à la cir- 
culation des troupes, par suite de l'absence de recrû. 
Les jeunes bois verts, au contraire, étant toujours très- 
serrés, sont presque impénétrables. 

Les bois feuillus, lorsqu'ils sont serrés, ne permettent 
que les mouvements en tirailleurs. Les hautes futaies 
sont des couverts que l'infanterie et même des cavaliers 
isolés traversent en général facilement. Les taillis sont 
difficiles à traverser; les tirailleurs peuvent toutefois en 
tirer un bon parti. 

40 Léiat du sol : ferme, sablonneux, mou, maréca- 
geux, couvert de broussailles ou de bruyères. Signaler 
les étangs, les mares, les fondrières qui rendent impra- 
ticable une partie du terrain. 

Il y a ordinairement, entre l'état du sol et les essences 
des arbres qui y poussent, des relations qui permettent 
de déduire une de ces données de la connaissance de 
l'autre. C'est ainsi que la présence du chêne dénote un 
sol dépourvu de broussailles; celle du bouleau et de 
l'acacia, un sol sec, ferme, pauvre et par conséquent 
facile à parcourir; celle de l'aune et du saule, un ter- 
rain humide, marécageux même et couvert de grandes 
herbes ; celle du sapin, un sol frais mais praticable. 



^ 282 — 

S^ La lisière. — Cette ligne doit être très-sérieusemeat 
étudiée dans une reeonnaissaDce, parce qae c'est là que 
se joue la partie décisive dans l'attaque et dans la défense 
d'un bois. — En étudier la configuration, noter les sail- 
lants qui sont les points faibles, et les rentrants qui sont 
les points forts; indiquer si de petits bouquets de bois 
détachés sur les ailes facilitent le flanquement. 

La lisière est souvent tracée au moyen d'un fossé de 
clôture dont les terres sont rejetées du côté du bois el 
forment ainsi un véritable retranchement; elle présente 
aussi quelquefois d'autres clôtures, murs, paÛssades, 
haies vives, etc. ; U arrive en outre fréquemment qu'une 
forêt exploitée a sur sa lisière des arbres très-serrés et 
des buissons nombreux, ce qui la fait paraître inacces- 
sible, alors que, dans l'intérieur, la circulation des 
troupes est facile. Ces diverses circonstances, très-favo- 
rables dans la défensive, doivent être soigneusement 
notées. 

On doit aussi faire connaître si les arbres qui gar- 
nissent la lisière sont gros ou minces. 

La résistance devant principalement avoir lien sur la 
lisière, il est bon^ pour régler le tir, d'indiquer les dis- 
tances qui séparent les saillants d'un certain nombre de 
points de repère pris dans la campagne. On peut aussi 
faire connaître succinctement les travaux à exécuter, 
tranchées, abatis, coupures, etc., pour renforcer cette 
ligne de défense. 

6* Les détails de t intérieur, — Indépendamment des 
indications fournies sur la configuration générale du 
terrain, sur la nature du bois et sur l'état du sol, dé- 
tailler les clairières et les écïaircies favorables au ras- 
semblement des réserves ; — les accidents du sol, en 
faisant surtout ressortir leur direction générale, paral- 
lèle ou perpendiculaire au front d'attaque; — les cou- 
pures dans le terrain qui peuvent servir de lignes de 
défense successives en cas de perte de la lisière, comme 






- 283 — 

les ravins^ les ruisseaux^ les lisières de grande» clai- 
rières, etc.; —les enclos, les terrains cultivés, les prai- 
ries, les bâtiioents, les yillages ; — les ror^bers nus on à 
pic, les bouquets de bois verts an milieu Je bois feuilla;^ 
ou réciproquement, les sources; — en un mot, tout ce 
qui peut donner des indications utiles relativement h 
l'emplacement à donner aux troupes, ou permettre de 
se retrouver facilement dans la forêt. Indiquer, pour 
cela, les distances de ces différents objets entre eux et à 
une partie bien définie de la lisière. 

70 Le$ moyens de communication. — Dans Vénuméra- 
tion qui précède, on a omis, à dessein, les voies de com« 
munication, afin de leur consacrer un article spécial, en 
raison de lear importance. On comprend, en effet, quel 
rôle capital doivent jouer les voies de communication, 
dans la défense comme dans Fattaque de terrains qui, 
en dehors des routes, ne sont généralement praticables 
qu'à des tirailleurs, et où les réserves d'infanterie, la 
cavalerie et l'artillerie agiront d'autant plus efiScace- 
ment, qu'elles auront plus de chemins pour se mouvoir 
et qu'elles en connaîtront mieux la direction générale, 
l'origine et le terme. 

Faire connaître les routes, les chemins, les sentiers 
qui se trouvent dans l'intérieur du bois ou de la forêt; 
— leurs directions sensiblement parallèles ou perpen- 
diculaires au front d'attaque; — leur état d'entretien et 
les réparations qu'ils nécessitent; — les armes pour 
lesquelles ces voies de communication sont praticables; 
— les points principaux qu'elles mettent en communica- 
tion; les carrefours, les étoiles qu'elles forment par leur 
rencontre; — les points où elles coupent la lisière; — 
leurs moyens de liaison, soit parles chemins ou sentiers 
transversaux, soit par le bois lui-même; — la nature de 
leurs bords, qui sont praticables ou impraticables aux 
différentes armes. 

Si les chemins sont très-nombreux, ne mentionner 



\ 



- 284 - 

que les meilleurs et ceux qui facilitent le mieux l'action 
des troupes. 

Indépendamment des voies de communication, indi- 
quer les parties du bois, claires et praticables, qui 
peuvent au besoin suppléer aux chemins, et particulière- 
ment les thalwegs des vallons et des gorges qu'on > 
trouve. 

L'étude des moyens de communication que présente 
le terrain circonvoisin se fera d'une façon analogue, en 
insistant sur les facilités d'accès que donnent les gorges 
et les vallons qui débouchent de la forêt ou qui y pé- 
nètrent. 

Observation générale. — Pour procéder avec ordre 
dans la reconnaissance d'une forêt, en faire le tour ; 
remarquer exactement les chemins qui en sortent, en 
s'informant d'où ils viennent et où ils vont; observer 
de même tous les ruisseaux et les ravins qui coupent la 
lisière. Pour reconnaître l'intérieur d'une forêt mon- 
lueuse sans s'égarer, il est bon de suivre les vallons et 
les ravins importants depuis leur origine jusqu'à la li- 
sière ou réciproquement, en tenant note de tous les che- 
mins qui les coupent et de la nature ferme ou maréca- 
geuse du fond de <ôts dépressions. On remarquera que 
les lieux habités, châteaux, fermes, villages, qui se ren- 
contrent au milieu des terrains boisés, sont générale- ' 
ment les points de jonction les plus importants des 
meilleurs chemins qui sillonnent la forêt. 



Reconnaissance d'un château» d'une fepnàe, 

d'une maison Isolée* 



Les bâtiments isolés dont il peut être important d 
faire la reconnaissance, sont les châteaux, les fermes, 
les manufactures, les fabriques, les chapelles, etc. 

En Allemagne, il existe beaucoup de châteaux, en- 



— 288 — 

tourés de fossés pleins d'eau ou situés dans de fortes 
positions sur des montagnes. Il est très-important d'en 
reconnaître toute la valeur défensive et de faire mention 
des caves et des souterrains qu'ils peuvent contenir, de 
leur grandeur et de la résistance de leurs voûtes aux 
effets des projectiles d'artillerie. 

Dans la reconnaissance des habitations isolées en gé- 
néral, il faut observer : 

i^ La situation et la grandeur du bâtiment, — Indi- 
quer de quel côté regarde la façade. 

2o Le mode de construction. — En bois, en charpente, 
en maçonnerie. Dans ce dernier cas, qui est le plus fré- 
quent, noter l'épaisseur et le mode de construction des 
murs, qui peuvent être en pierres de taille, en moellons 
reliés par du mortier, en briques^ en pisé (1) ou en 
pierres sèches. La solidité de ces murs décroît depuis 
ceux de la première espèce, qui résistent assez long- 
temps à l'artillerie de campagne, jusqu'aux derniers, où 
les brèches se font rapidement et sur une grande éten- 
due. Les trous produits par les projectiles dans un mur 
en briques ont des dimensions assez restreintes. 

Nombre des étages; forme, dimensions et nature des 
escaliers qui les relient. 

Nombre, disposition et dimensions des ouvertures don- 
nant à l'extérieur, particulièrement de celles du rez-de- 
chaussée. — Solidité des portes. — Les fenêtres sont- 
elles pourvues de persiennes, de contrevents, de barreaux 
enfer; y a-t-il des balcons et des galeries faisant saillie? 
Cette dernière circonstance est favorable à la mise en 
état de défense d'une habitation. 

Nature de la toiture^ en tuile, en ardoise, en chaume. 



(4) le pisé est de la terre qu'on a rendue compacte, dure et propre à 
faire des constructions, en la nattant entre deux planches. On Kemploia 
beaucoup aui environs de Lyon. 

16 



— 286 — 

Distribution intérieure : Nombre et grandeur des 
pièces de chaque étage; facilités de communication de 
l'une à l'autre; — corridors et vestibules; — caves; 
sont-elles voûtées et à Tépreuve de la bombe ? 

3« Les dépendances. — Donner des renseignements 
analogues à ceux qui précèdent sur les bâtiments an- 
nexes, hangars, étables, granges, ateliers, etc. — 
Décrire les cours et les jardins qui entourent le bâtiment 
ou qui lui sont adjacents, ainsi que les clôtures qui les 
entourent (grilles, murs, fossés, levées de terre, plan- 
ches, palissades, haies vives ou mortes). 

Dans les clôtures en pierre, il faut noter la hauteur et 
le mode de construction. Les murs faits sans mortier 
n'ont pas de résistance, et ceux dont l'élévation dépasse 
1™,30 ou 1™,50 doivent être crénelés ou écrètés et quel- 
quefois munis d'une banquette, pour être utilisés défen- 
sivement. — Indiquer l'importance des diverses clôtures 
pour masquer des coups ou simplement des vues de 
l'ennemi et pour résister à l'escalade. 

4® Les ressources diverses, particulièrement en eau et 
en matériaux utiles à la défense, tels que tonneaux, 
poutres, madriers, fumier pour répandre dans les cours 
et sur les planchers, outils, voitures... 

La quantité d'eau est-elle assez abondante pour satis- 
faire aux besoins des défenseurs et pour permettre d'ar- 
rêter les commencements d'incendie? — N'y a-t-il pas 
dans le bâtiment des provisions de foin, de paille et 
d'autres matières très-inflammables qui pourraient em- 
pêcher la résistance de se prolonger? 

8® Les travaux à faire pour la mise en état de défense 
du bâtiment. 

Ce dernier point est particulièrement du ressort de la 
fortification passagère. 

6^ La configuration générale et la nature du terrain 
environnant. 

Celte description devra faire ressortir si ce terrain est 



— 287 — 

favorable à Tattaque ou à la défense. Des indications se- 
ront données à ce sujet dans la reconnaissance d'un 
village. 

ReconnaiscMoice d'un liameau» d'un vlllagpe* 

Les hameaux et surtout les villages jouent un rôle 
très-important à la guerre, soit comme postes isolés, 
soit comme points d'appui dans une ligne de défense 
étendue. De plus, ils seront très-fréquemment utilisés, 
à l'avenir, pour le cantonnement des troupes. 

La reconnaissance d'un village doit donc faire con- 
naître toutes les circonstances qui en facilitent la défense 
ou l'attaque^ ainsi que les renseignements statistiques 
qui se rapportent au logement et à la nourriture des 
troupes. 

C'est en ne perdant pas de vue le but général de la 
reconnaissance d'un village, qu'on choisira judicieuse- 
ment les détails à signaler. Ces derniers peuvent être 
classés dans l'ordre qui va être indiqué : 

i^ La position topographique du village, la configura- 
tion et la nature du terrain avoisinant. — Le village est-il 
sur une pente douce permettant des feux rasants; le 
terrain des attaques est-il difficilement praticable, bien 
découvert et dominé par le village dans les limites 
d'emploi du canon de campagne; le terrain en arrière 
ofifre-t-ii de bonnes positions et permet-il d'assurer, au 
moyen d'artillerie, la sécurité des flancs du village ? — 
Indiquer les cours d'eau, les marais, les canaux d'irri- 
gation et les obstacles de toute nature parallèles au 
front d'attaque. 

Toutes ces circonstances sont favorables à la défense. 

Le village est-il dans un fond; le terrain du côté de 
l'attaque est-il dominant, couvert, praticable? — Faire 
connaître les positions dominantes principales et leur 
éloignement; les couverts successifs que trouvera l'as- 



\ 



-. 288 — 

saillant pour s'approcher du village, bois, ravins, ehe- 
mins creux, plis de terrain, maisons isolées, clôtures. 
— Indiquer si aucune position en arrière ne protège les 
flancs de la localité. 

Ces diverses circonstances sont favorables à l'attaque. 

Dans l'étude si importante des abords d'une position, 
particulièrement d'un village, indiquer la direction et la 
nature des chemins qui y donnent accès et de ceux qui 
établissent la liaison entre les premiers, 

2o La forme du village, -^ Au point de vue de la 
forme, les villages peuvent se classer en deux catégo- 
ries principales, les villages réguliers et les villages 
irréguliers. 

Le village régulier ou fermé affecte la forme arrondie, 
a ses maisons bien groupées, renferme des places favo- 
rables aux rassemblements de troupes, et se trouve di- 
visé par des rues sensiblement perpendiculaires les 
unes aux autres, qui le partagent en un certain nombre 
d'îlots où le défenseur peut établir des lignes successives 
de résistance. 

Le village irrégulier se compose, en général, de mai- 
sons éparses situées le long d'une grande route, sur les 
bords d'un petit cours d'eau ou sur un coteau escarpé. 
La défense en est généralement difficile, surtout si son 
petit côté fait face au front d'attaque. 

3^ Le mode de construction des maisons» -^ Consiilter 
ce qui est dit h ce sujet pour la reconnaissance d'une 
maison isolée, 

Les villages qui renferment beaucoup de maisons re^ 
couvertes en chaume sont facilement incendiés, cir^ 
constance défavorable à la défense et qu'il faut soigneu- 
sement noter, 

i<> L'enceinte du village et ses issues, — V enceinte est 
formée par les murs extérieurs de quelques maisons et 
par les clôtures de toutes sortes, murs, haies vives, 
fossés, palissades, etc., qui limitent les cours, les jardins 



— 289 — 

et les vergers les plus éloignés du centre du village. 
Cette enceinte présente des saillants et des rentrants 
favorables au flanquement et forme une ligne plus ou 
moins continue, qui, dans les villages réguliers, peut 
être facilement complétée et fortifiée par quelques tra- 
vaux de fortification passagère, qu'on indiquera succinc- 
tement. Les lignes que forme l'enceinte seront particu- 
lièrement étudiées du côté du front d'attaque, ainsi que 
leur flanquement réciproque. 

Dans certains villages ou dans certains bourgs, il 
existe de vieux remparts ou des murs d'enceinte con- 
tinus; on en indiquera les dimensions, le degré de ré- 
sistance, le flanquement des différentes parties; s'il 
existe des fossés, on notera leur largeur, leur profon- 
deur et l'état de leur fond, qui peut être sec, inondé 
ou marécageux. 

Les issues du village sont de deux sortes : les grandes 
issues par où débouchent les routes et les chemins, et 
les issues secondaires telles que les portes de jardins, 
les interruptions dans la ligne d'enceinte, etc,— Etudier 
surtout les premières : indiquer s'il existe des portes 
pour les fermer et leur degré de solidité; quelles sont 
les issues qu'il faudra barricader et les moyens de le 
faire; quelle est la directioû générale des chemins qui 
aboutissent à l'enceinte. 

On terminera la reconnaissance de l'enceinte en indi- 
quant les distances qui la séparent d'un certain nombre 
de points qu'on remarque dans la campagne, et qui ser- 
viront de points de repère pour régler le tir. 

On fera connaître en outre la position et la force de 
résistance des bâtiments extérieurs qui avoisinent l'en- 
ceinte, en faisant connaître s'il est avantageux de les 
détruire ou de les occuper comme postes avancés de la 
position* 

5û L intérieur du village. — Sous le rapport de l'orga- 
nisation de la défense, il faut distinguer daps rii^térieur 

16. 



— 290 — 

du village : les communications^ les coupures favorables 
à la défense et les édifices qui prêtent à une résistance 
acharnée. 

CommtintVra/ibnf/ rues parallèles ou perpendiculaires 
au front d'attaque, droites ou tortueuses; places im- 
portantes ou issues auxquelles elles aboutissent; îlots de 
maisons qu'elles forment entre elles. 

Coupures dans le terrain, déterminées par des ri- 
vières, des ruisseaux, des canaux, des mouvements de 
terrain, de larges rues parallèles au front d'attaque, et 
formant des lignes de défense successives qu'on utilise- 
rait après la perte de l'enceinte. — S'il s'agit d'un cours 
d'eau, indiquer les points de passage. 

Édifices : noter les édifices les plus solides et les 
mieux situés pour enfiler de leurs feux les principales 
voies d'accès de l'ennemi; les tours ou les bâtiments 
élevés pouvant servir d'observatoire. 

Lorsque le village est régulier et qu'on veut le dé- 
fendre avec acharnement, il faut toujours y choisir une 
construction solide et bien située, où, en cas d'échec, la 
défense sera poussée jusqu'à la dernière extrémité : on 
la désigne en fortification sous le nom de réduit. 

Les auteurs militaires recommandent, en général, de 
choisir pour réduit l'église du village ; mais on commence 
à condamner cette prescription, parce que les projec- 
tiles de l'artillerie ennemie sont, ordinairement, dirigés 
sur tous les édifices dominants où l'on suppose que des 
troupes sont rassemblées. Le choix du réduit est un 
point important et délicat de la reconnaissance d'un 
village. 

Parmi les constructions importantes d'une localité, il 
faut citer les cimetières, qui sont fréquemment situés, 
soit autour de l'église du village, soit en dehors de l'en- 
ceinte. Dans l'un et l'autre cas ils donnent toujours un 
grand appui à la défense, parce que leur mur d'enceinte 
et les nombreuses pierres tumulaires qui en recouvrent 



-. 291 — 

le sol sont autant d'abris successifs, que le défenseur 
utilisera pour disputer le terrain pied â pied. L'étude 
détaillée des batailles et des combats modernes prouve 
surabondamment toute l'importance militaire des cime- 
tières. La topographie doit donc les décrire soigneuse- 
ment. 

6^ Les renseignements statistiques^ 

Noter les ressources que présente le village en objets 
utiles à la défense, eau, tonneaux, poutres, outils, voitu- 
res, et l'existence des objets nuisibles, tels que les amas 
de matières combustibles, foin, paille, etc., qui peuvent 
rendre plus facile le rôle de destruction de l'assaillant. 

Donner le chiffre de la population, son caractère, ses 
mœurs, sa manière de vivre. 

Indiquer le nombre de maisons 

Faire connaître les ressources pour le logement des 
troupes : 

Nombre d'hommes et de chevaux qu'on peut loger 
dans les bâtiments militaires, dans d'autres établisse- 
ments publics etchez les particuliers, soit comme troupes 
de passage, soit comme troupes cantonnées; — grands 
bâtiments propres à réunir, dans un cas extraordinaire, 
un certain nombre d'hommes et de chevaux; — éta- 
blissements militaires, hôpitaux, manutentions, parcs, 
magasins. 

Faire connaître les ressources pour la nourriture des 
troupes, etc. 

La plupart de ces renseignements figurent dans le 
tableau statistique suivant; on les trouve généralement 
à la mairie. 



— 292 — 



TABLEAU STATISTIQUE 



DES RBSSOURGBg OUB PRÉSBNTBNT LBS BOUEGS ET VILLAGES 



Uaïf •••!*• 




Population totale , 
G.rden.lion.le.{J^»||,^i";;;;} (<) 



Nombre de maisons 

Nombre d'hom- 



mes qu'on peut \ Au plus 

loger 

le logement (2). ) N®°^*^^« ?« "^^ \ , , , 
o ^ / i Taux qu'on peul \ An plus. 

loger 



Ressources 
pour 



Moyens 
de transport. 



c»»^^-^ {d^ba::::: 

N«^^ It"^^:::-: 

Voitures. . : . . 1 î I '«"^^ 

\ a 4 roues .... 



Bateaux. 
L Nacelles, 



Ressources 

de la 
voie ferrée. 

Ressources 

pour 

la boulangerie. 



Matériel existant 



I 



Matériel qne l'on pourrait appeler 

du dehors 

Moulins pouvant J . 

moudre en 24(2^ P'^'^ 

heures et en ( * ®*": 

quintaux. . . .)^^®°' 



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(4) On modifiera ces indications d'après l'organisation mîlilaire du 
pays où l'on opère. 

(2) Un homme doit avoir dans son logement i mètre en largeur, 
3 mètres en longueur ; on cheval à l'écurie occupe i mètre 50 cent, 
sur 3 mètres 50 cent. — Dans une maison ordinaire de village, on 
peut loger une douzaine d'hommes.— Lorsqu'on cantonne, les hommes 
doivent être logés, autant que possible, par fractions constituées assez 
fortes. 



— 293 -. 



■BB 



DÉSIGNATION DES OBJETS. 



Ressources pourj 

la boolangerie. } 

Etendue totale du 



Ridiesses 

communales 

existant en 



/ 



Fours pouvant cuire en 24 heures 

et en rations (i) 

territoire en hectares , . 

Terres laboura- 
bles 

Cultures des ter- j Vignes 



les. 



Béfioltes annuel- 
les (S) 



|Bois. 
Prairies. . . . 
Friches. . . . 

Blé 

Seigle 

I Avoine 

lOrge 

Autres grains 
Vin 



Grains. . . . 

Farines.. .• 

Vins 

Eau-de-vie 

Bière ou cidre 

Toiles 

Draps 

Cuirs, 

/ Bœufs. . 

! Vaches. 
Anes. , 
Moutons 



Classement 

delà 

population mâle 



! 



Ouvriers d'admi- 
nistration. . . . 



I Chèvres 

V Cochons 

Boulangera. . . . 

Bouchers 

Tailleurs 

Cordonniers, sel- 
liers ou bourre- 
liers 



BOURG 

de 



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» 

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VIL- 
LAGE 

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» 

n 
» 
» 

» 



» 



(i) On se b^se sur 8 et au besoin sur 42 fournées par jour. — 
Par mètre carré de four, on peut placer 20 pains de 2 rations dont le 
diamètre réglementaire est de 23 centimètres environ. 

(2) 405 kilogrammes de blé donnent 400 kilogramnies de farine 
avec lesquels on obtient 203 rations de nain de 750 grammes, — 
Balion moyenne du cheval d'oflicier d'infanterie sur le pied de guerre : 
avoine, 4 kilogrammes 80; foin,'4 kilogrammes ; paille, 2 kilogrammes. 

(3) Un bœuf de taille moyenne fournit environ 750 rations de 
300 grammes. Un mouton fournit 50 rations du même poids 



— 294 — 



DÉSIGNATION UES OBJETS. 



Armuriers. . . 
Taillandiers. . 

Oarri«r. en fer. {«JJ^J^^^; ; ; 

Maréchaux fer 
raots 

Classement 1 \ rîî.Tns"'"- ' 

de la / OoTriers en bois. { vî^Ta ' ' * 

«<^»ni.i:An «Mali» \ J Menaisiers. . . 

popolaUon mâle. \ I Tonneliers. . . 

I Bateliers. . . . 

Professions nonjîî?^"*?"- ' 
i.iBaa^Aa \ Vigoerons. . . 

"■**®** /Autres profes 

\ sions 



BOUBG 

de 



TIL- 
LAGE 

de 



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» 

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LIGNES DB DEFENSE. 



ReconnalsMance d'une vallée* 



On classera les renseignements dans Tordre suivant : 

lo La dénomination de la vallée d'après le cours d'eau 
qui suit le thalweg. 

Indiquer si c'est une vallée principale, une vallée se- 
condaire, un vallon, une gorge ou un ravin. 

2® La direction de la vallée, exprimée d'après les points 
cardinaux et par rapport aux lignes d'opérations. 

Si la direction est perpendiculaire à ces lignes, la 
vallée doit être étudiée comme une ligne de défense que 
doivent couper une ou plusieurs des routes suivies par 
l'ennemi; si la direction est parallèle à ces routes, la 
vallée est elle-même une ligne d'opérations, et il faut 
surtout étudier les défilés ainsi que les obstacles de toute 
nature qu'elle peut présenter à la marche des troupes. 

30 L'étendue de la vallée^ de la tête à la bouche. 



— 293 — 

Noter particulièrement l'étendue de la zone qui doit 
ou qui peut être occupée; — indiquer si cette position 
peut être tournée et de quelle manière. 

4<» La largeur de la vallée entre les bords supérieurs 
des flancs. 

Cette largeur est-elle à peu près la même sur tout le 
parcours; autrement dit, les flancs, tout en s' évasant 
progressivement, sont-ils sensiblement parallèles? — - 
Les flancs se rapprochent-ils de distance en dislance, 
de manière à former des étranglements qui divisent la 
vallée en une série de petits bassins successifs reliés 
entre eux par des défilés? 

Le premier type de vallée est préférable au second 
comme ligne de défense; au contraire, les vallées du 
second type fournissent, en général, de meilleures posi- 
tions pour arrêter la marche d'un ennemi qui doit les 
utiliser comme lignes d'opérations. 

La largeur permet-elle l'action des feux d'infanterie 
ou d'artillerie d'un flanc à l'autre? 

5<^ La configuration générale de la vallée* 

Vallée, coupée ou non de ravins, de ruisseaux, etc.;— 
à pente ascendante ou à pente descendante par rapport 
à l'ennemi. —Vallée ouverte ou couverte : boisée, culti- 
vée, en prairies; nature des cultures qu'on y remarque. 

Le mode de culture d'un terrain influe sur l'existence 
des couverts naturels et sur l'emploi des troupes. 

Ainsi, de grandes céréales n'abritent pas, contre les 
projectiles, les fantassins qui s'y trouvent accroupis ou 
couchés; mais elles les masquent à la vue de l'ennemi 
et empêchent l'efiicacité de son tir. 

Les houblonnières, avec leurs grandes perches en 
sapin, constituent des obstacles sérieux à la marche 
de la cavalerie (Exemple : les cuirassiers français à 
Reichshoffen), et peuvent être mises en état de défense 
comme de petits bois. 

Les vignes basses, qu'elles soient rampantes ou qu'elles 



— 296 — 

s'enroulent autour d'échalas, ne peuvent être aisément 
parcourues que par des tirailleurs, auxquels elles servent 
en même temps d'abri. Les yignes hautes ou arbustives 
sont plus favorables que les premières au mouvement 
des troupes. 

Les vergers et les jardins sont des couverts d'autant 
plus efficaces qu'ils sont plus près des habitations etqa^ 
les arbres en sont plus serrés. Pour le tirailleur, un 
simple sillon de charrue, ou bien une rigole dans une 
prairie à irrigation, devient un bon couvert. 

Vallée praticable ou impraticable : cette condition dé- 
pend particulièrement de la nature du fond. 

6*^ La nature du fond de la vallée. 

Glacis ferme, marécageux, inondé; sa largeur. — 
Cours d'eau qui suit le thalweg, son importance, les 
moyens de le franchir, ses sinuosités, la nature de ses 
berges, etc. — Les prairies marécageuses qu'on trouve 
dans le fond de certaines vallées se reconnaissent aux 
touffes d'herbes élevées, aux mousses d'un vert jaunâtre 
et aux blancs d'eau qu'on y remarque. 

7* La nature des flancs. 

Indiquer leur différence de niveau, le degré de roideur 
et la nature de leurs pentes, les gradins qu'on y re- 
marque, la succession des vallons et des croupes qu'ils 
présentent, les déchiquetures formées par les ravins, les 
plateaux que limitent les flancs, et en général toutes les 
positions importantes à occuper pour défendre la vallée 
longitudinalement ou transversalement. 

8^ Les villages et les maisons isolées. 

Indiquer leur position par rapport au thalweg ou 
aux flancs, leur importance et le parti que peut en tirer 
la défense comme point d'appui, ou l'attaque comme 
couvert artificiel. 

9® Les communications. 

Routes et chemins parallèles au thalweg dans le fond 
de la vallée, sur les flancs ou sur les hauteurs; — routes 



- 291 — 

transversales, leur état d'entretien et la possibilité de 
leur emploi par les différentes armes. — Donner des 
renseignements analogues sur les débouchés tactiques^ 
tels que les terrains cultivés et les gorges, par lesquels 
les colonnes doivent chercher de préférence à attaquer 
ou à tourner la position opposée. 

Aperçu sur les voies de communication à utiliser en 
cas de retraite* 

Reconnatesance d^une hauteur» 

Dans une hauteur, considérée comme ligne de défense 
ou comme point d'appui, suivant son étendue, Tobserva- 
tion doit se porter principalement sur le sommet, sur 
les versants et sur le pied. 

1^ Le sommet de la hauteur. 

Forme de ht crête : Ligne droite ou infléchie; — pré- 
sente-t-elle des saillants ou des rentrants qui procurent 
des flanquements? 

Forme du sommet : pointu, aigu ou plat; dans ce 
dernier cas, étendue du plateau. — Ressauts remar- 
quables; peut-on y établir du canon? — Noter l'existence 
de combes ou de fondrières. 

Configuration du sommet : coupé ou praticable, favo- 
rable ou défavorable au mouvement des troupes et à 
Faction des diverses armes ; boisé ou découvert. 

Une hauteur dont le sommet est un plateau boisé 
pourvu de bonnes et nombreuses voies de communica- 
tion, est très-favorable à la défense. 

Nature du sol : rocheux, rocailleux, sablonneux, or- 
dinaire. La nature du sol influe à la fois sur la circula* 
tion des troupes et sur les effets meurtriers des projec- 
tiles, particulièrement des obus à fusée percutante. 

Commandement : hauteur du sommet au-dessus du 
pied ; son commandement sur les élévations et en gé- 
néral sur les points remarquables situés dans la zone 

Topographie. i 7 



— 298 — 

d'action de rartillerie de campagne. — Le sommet est-il 
dominé par d'autres hauteurs du côté du front d'attaque, 
circonstance défavorable, ou sur les derrières, circons- 
tance favorable? Par sa configuration comme par son 
élévation, est-il avantageux pour défiler les troupes? 
Indiquer les limites de la surveillance qu'on peut 
exercer sur les mouvements de l'ennemi et les distances 
de la crête à certains points remarquables. 

2o Lez versants, qu'on nomme aussi flancs ou revers. 

En examiner d'abord Vinclinatson ou la pente : ex- 
primée en degrés ou en grades; douce ou escarpée; 
concave ou convexe; uniforme ou variée; à gradins; 
accessible aux difTérentes armes, particulièrement à l'in- 
fanterie et k la cavalerie. 

Les pentes douces sont plus favorables à l'efficacité du 
tir que les pentes escarpées; pour les battre de son feu, 
le défenseur n'est pas obligé de se découvrir. Les pentes 
roides, au contraire, ne permettent pas un bon emploi 
des armes à feu portatives et empêchent l'action rappro- 
chée de l'artillerie, qui ne tire plus sous une pente plus 
forte que 5; elles obligent, en outre, le défenseur à s'ap- 
procher très-près de la crête et à se découvrir pour tirer 
sur l'assaillant qui les gravit. Ces considérations font 
préférer les pentes douces aux pentes roides dans une 
position défensive, malgré les facilités plus grandes 
que présentent les premières pour l'escalade. 

Les pentes uniformes sont plus favorables au tir que les 
pentes concaves ou convexes ; toutefois, si la flèche de la 
courbe du terrain, sur une pente convexe, se rapproche 
de la flèche de la trajectoire correspondant à la longueur 
de cette pente, on peut avoir un tir très-rasant. 

Les pentes à gradins facilitent l'escalade et l'accès de 
la position; cet inconvénient est diminué lorsqu'on peut 
amener facilement du canon sur les terrasses qu'on y 
remarque. 

Les pentes accessibles aux différentes armes, en raison 



- 299 — 

de leur inclinaison, ont été indiquées au chapitre III; ce 
sont celles qui sont franchissables en combattant, lorsque 
le terrain est d'ailleurs praticable sous tous les autres 
rapports. On distinguera celles que les troupes peuvent 
graviç en ordre compacte ou seulement en ordre dis- 
persé. 

Après l'inclinaison des versants, on notera leur con- 
figuration générale et la nature du sol : verss^nts prati- 
cables ou coupés de ravins, d'escarpements rocheux ou 
autres, etc.; découverts ou couverts de bois, de brous- 
sailles, de maisons isolées, d'enclos, de villages, etc. 
La défense a intérêt à avoir un versant découvert et 
coupé du côté du front d'attaque; couvert et praticable 
du côté des lignes de retraite. Il est avantageux que le 
revers opposé au front de la position favorise le défile- 
ment des troupes de réserve qui n'occupent pas le som- 
met. 

L'état des communkatîom qui donnent accès au sommet 
ou qui permettent de tourner la position, est aussi un 
point important dans la reconnaissance des flancs d'une 
hauteur. 

Comme dans la reconnaissance d'un bois, d'un vil- 
Jage, d'une vallée et, en général, de toute position ou 
ligne de défense, reconnaître les voies de communica- 
tion et les débouchés tactiques : du côté du front, en 
vue de la défense et de l'attaque; sur le sommet, en vue 
des communications des troupes entre elles; en arrière, 
en vue de l'arrivée des renforts et des facilités de la re- 
traite. — Attirer principalement l'attention sur les che- 
mins creux, sur les gorges, sur les dépressions du sol 
qui donnent aux troupes les moyens de gagner du ter- 
rain en se masquant de la vue et des feux de l'adver- 
saire. 

Les anciennes routes, tracées en pays de montagnes, 
avaient des pentes pouvant atteindre J, inclinaison au- 
delà dé laquelle elles étaient à peu près inaccessibles 



aux voitures. Les routes neuves ont une pente qai ne 
dépasse généralement pas îî» ce qui les rend accessibles 
aux voitures non enrayées. 

3<* Le pied de la hauteur. 

Déclivité plus ou moins grande de la partie inférieure 
de la hauteur; sa configuration générale, la nature de 
son sol et les moyens de communication, indiqués comme 
pour les versants. — S'il existe au pied de la hauteur 
des coupures parallèles au front, par exemple un cours 
d'eau, un fossé, un ravin, reconnaître soigneusement 
l'importance de ces obstacles et les points où l'ennemi 
pourrait le plus facilement les franchir. 

4<> Si la hauteur reconnue n'est pas isolée, étudierses 
relations avec les positions voisines de la ligne de défense 
dont elle fait partie. 

Appui réciproque qu'elles peuvent se prêter, particu- 
lièrement pour empêcher les mouvements tournants de 
l'ennemi. Indiquer la clefde ces diverses positions, c'est- 
à-dire celle dont la perte devrait amener l'évacuation 
des autres, etc. 

Ces considérations tactiques seront d'autant plus ju- 
dicieuses que la description topographique du terrain 
aura été mieux faite. 

Reconnaissance d'un défilé* 

D'une façon générale, on nomme défilé toute partie 
rétrécie de terrain qui, en raison de sa configuration, 
ne peut être franchie que par des troupes présentant 
un front peu étendu. 

Il y en a de deux sortes : !• les défilés artificiels, 
ponts, viaducs, etc., qui sont formés par des ouvrages 
d'art au moyen desquels les voies de communication j 

franchissent certains obstacles du terrain, cours d'eau, 
ravins, etc., et qui relient ainsi deux régions pratica- 
bles ; 2o les défilés qui sont formés par des voies de 



( 



communication traversant un pays défavorable à la 
marche des troupes, tels que les chemins creux, les cols 
rétrécis, les chemins dans les vallées étroites ou au mi- 
lieu de forêts impraticables, les routes bordées de haies 
épaisses ou de fossés profonds qui empêchent la troupe 
de se jeter sur les côtés, etc. 

Ces derniers défilés, qui sont pour la plupart naturels, 
sont, en général, plus longs et par suite plus dangereux 
h traverser que les défilés artificiels. 

On dit qu'une troupe défile, lorsque la formation 
qu'elle a prise lui permet de traverser un défilé; elle dé- 
bouche, quand elle en sort et qu'elle entre sur un ter- 
rain favorable au déploiement. 

Le passage d'un défilé en avant et surtout en retraite 
est toujours une opération critique, parce qu'une troupe 
peu nombreuse, mais placée dans une bonne position, 
peut arrêter une colonne très-profonde engagée dans un 
défilé. Le débouché d'un long défilé en présence de l'en- 
nemi est aussi une opération dangereuse, parce que la 
troupe qui débouche est forcée de présenter un front ré- 
tréci, alors que l'adversaire peut lui opposer un front 
beaucoup plus étendu et, par suite, des moyens de des- 
truction plus considérables. 

Les défilés étant très-nombreux et leur reconnaissance 
devant varier en conséquence, on ne donnera ici que des 
indications générales pouvant s'appliquer à tous les dé- 
filés de la deuxième catégorie, en réservant pour la re- 
connaissance d'un pont les détails qui peuvent concerner 
les autres défilés. 

Dans un défilé, on doit observer : 

10 La direction générale y désignée comme pour les voies 
de communication. — Faire connaître les principales 
sinuosités, s'il y a lieu. 

2o La longueur. — Le temps nécessaire pour franchir 
le défilé en dépend. 

30 La largeur y qui fixe le maximum d'étendue du front 



— 302 — 

de la colonne engagée. — Largeur constante ou va- 
riable ; dans le dernier cas, indiquer les parties évasées 
ou rétrécies du défilé. 

4<> Vétai du défilé^ considéré comme moyen de com- 
munication. 

Est-il praticable aux différentes armes et aux trans- 
ports; — la rupture d'une voiture amènerait-elle l'arrêt 
de la colonne; — quels sont les travaux à exécuter pour 
barrer le défilé ou pour en rendre le parcours possible 
ou plus facile ? 

5^ La nature des parois du défilé. 

En pays de montagnes : rochers, terrains escarpés, nus, 
couverts de broussailles ou boisés. — En plaine : ma- 
rais ou marécages, grandes haies vives, longs murs, 
larges fossés, cours d'eau. 

D'après la nature des parois, les défilés sont de deux 
espèces : !<> ceux dans lesquels il est possible d'occuper 
sur les flancs, avec de l'infanterie et même avec du 
canon, des positions dominantes d'où l'on puisse pro- 
téger la marche d'une colonne; 2o ceux où cette condi- 
tion avantageuse ne saurait être remplie. 

La reconnaissance doit indiquer à quelle catégorie 
appartient le défilé qu'on parcourt, et préciser, s'il y a 
lieu, les points à occuper sur les flancs, ceux que l'en- 
nemi^urait intérêt à tenir lui-même pour interdire le 
passage, et ceux que devrait occuper successivement 
l'arrière-garde dans une retraite. 

6<> La configuration des débouchés à l'entrée et à la 
sortie. 

L'entrée et la sortie du défilé sont-elles en ligne droite, 
circonstance défavorable pour déboucher; sont-elles si- 
nueuses, ce qui empêche le Wr d'enfilade ? S'élargissent- 
elles ou se rétrécissent-elles, et, par suite; peut-on dé- 
boucher sur un front plus ou moins étendu? — Est-il 
possible d'occuper, sur les flancs de la sortie, de bonnes 
positions qui permettent de protéger le déploiement des 



r 



— 303 — 

forces qiiî débouchent? — Examiner la configuration 
du terrain qui avoisine la sortie, pour reconnaître : 

10 Les facilités ou les difficultés qu'il présente pour 
le déploiement de la troupe qui débouche; 

2o Les positions que Tennemi aurait intérêt à occuper 
lui-même pour s'opposer au débouché de la colonne. 
Ces positions sont d'autant plus avantageuses, qu'elles 
permettent un plus grand déploiement de troupes, tout 
en fournissant des feux convergents sur la sortie. 

Examiner de même la configuration du terrain qui 
avoisine l'entrée, pour reconnaître les positions à occuper 
soit pour la défendre, soit pour l'attaquer. 

70 Les communications voisines par où il est possible 
de tourner le défilé. 

Le défilé doit-il être nécessairement traversé par toute 
la colonne, ou bien existe-t-il, et dans quel rayon, des 
communications qui permettent de l'éviter ou de le faire 
tourner par une partie des troupes? — Dans cette partie 
de la reconnaissance, ne pas négliger le plus petit sen- 
tier, parce qu'il peut souvent permettre de tourner et 
de rendre inutiles les travaux défensifs que l'ennemi a 
pu faire dans le défilé pour y interdire le- passage. 



ItecoiinatBsaiMse d'un pont* 

Le pont est le type des défilés artificiels peu étendus. 
Dans la reconnaissance de cet ouvrage d'art, on doit 
distinguer ; 

1<> La situation et les abords du pont. 

Est-il en plaine ou débouche-t-il dans une ville, dans 
un bourg ou dans un village? — Indiquer quelle est la 
rive qui commande l'autre à droite et à gauche du pont; 
— s'il existe des hauteurs qui le dominent et sur quelle 
rive elles se trouvent; s'il y a, par suite, intérêt à con- 
server ou à détruire le pont en temps de guerre; — dans 






— 304 — 

ce cas, indiquer. les moyens de protection ou de des- 
truction. 

Lorsqu'un cours d'eau sépare deux armées^ il est gé- 
néralement aiFantageux de conserver les ponts qui sont 
à l'abri des entreprises de l'ennemi, par suite d'une su- 
périorité bien décidée sur la rive opposée, et de détruire 
ceux qui sont dans des conditions contraires. 

Routes, chemins, rues qui aboutissent au pont; leur 
importance, leur construction, leur état, leur direction 
oblique au pont ou dans son prolongement; — incli- 
naison des rampes d'accès. 

Examiner la configuration générale du terrain qui 
avoisine les débouchés au même point de vue que dans 
un défilé ordinaire; indiquer si le défilé du pont se pro- 
longe par suite d'obstacles qui rendent impraticables 
les côtés de la route. 

S'il existe une tète de pont simple ou double, en 
donner la description succincte. Dans le cas contraire, 
Toflicier chargé d'une reconnaissance pourra indiquer 
les travaux k faire pour fortifier la tête du pont. 

2o La longueur et la largeur du pont. 

La longueur du pontdépend de la largeur de la rivière; 
sa largeur varie de 6 à 20 mètres. 

3^ La construction et la solidité du pont. 

Ponts permanents : en maçonnerie, en bois avec piles 
et culées en pierre, suspendus. 

Nombre de piles; largeur et hauteur des arches rela- 
tivement à la navigation du cours d'eau ; hauteur des 
parapets; inclinaison des rampes qu'on remarque dans 
les anciens ponts pour arriver au milieu du tablier; exis- 
tence des chambres de mine. 

Si le pont a besoin de réparations, indiquer succinc- 
tement leur nature, le temps qu'elles exigent, et le lieu 
où l'on peut trouver les matériaux nécessaires. 

Ponts mobiles : tournants ou roulants, de bateaux, de 



— 305 — 

pontons, de radeaux, de chevalets, sur pilotis, de voi- 
tures ou de charrettes, de charpente, volants. 

Pour les ponts mobiles autres que les ponts tournants 
on roulants, donner quelques détails sur les matériaux 
employés, sur les ressources qu'on peut trouver pour 
rfparer les avaries» sur la profondeur de Teau et sur la 
vitesse du courant, lorsqu'on doit tenir compte de ces 
éléments dans la construction du pont (Voir au cha- 
pitre II). 

Quel que soit le pont reconnu, indiquer son état, les 
moyens de le détruire et sa solidité, exprimée en raison 
des troupes qui peuvent l'utiliser : infanterie, cavalerie, 
artillerie de campagne, artillerie de gros calibre. 

Le défilé des troupes sur les ponts suspendus est tou- 
jours long, parce qu'on est obligé, par mesure de pré- 
caution, de ne faire passer à la fois que de petits déta- 
chements, qui doivent en outre rompre le pas. 

Dans la reconnaissance d'un pont suspendu, indiquer 
le temps nécessaire au défilé d'une colonne ayant une 
composition déterminée, en tenant compte de l'obliga- 
tion du fractionnement de la troupe. 

BXERGIGBS DE RECONNAlSSiNGES SUR LB TERRAIN. 

Nous avons classé dans ce chapitre, en prenant pour 
base le canevas donné par le programme mmistériel, 
les points principaux sur lesquels doit se porter l'at- 
tention dans les reconnaissances topographiques qu'un 
officier ou un sous-oificier peut être chargé de faire en 
campagne. 

Il est facile de se convaincre par expérience que, pour 
examiner vite et bien des objets quelconques présentant 
une certaine similitude, il faut en observer les détails, 
toujours dans le même ordre. 

C'est dans ce but qu'a été faite l'énumération métho- 
dique des renseignements à recueillir dans chaque es« 

17. 



- 306 — 



\ 



i 



pèce de reconnaissances. Ce classement, qui se grave 
facilement dans la mémoire, empêche d'omettre des dé- 
tails importants dans l'examen du terrain, et peut en 
même temps servir de guide dans les reconnaissances 
particulières dont il n'est pas question dans ce pro- 
gramme, i 

Mais, quelque importante que soit l'étude théorique 
des reconnaissances, il faut se rappeler qu'elle n'a d'au- 
tre but que de préparer aux exercices pratique^ sur le \ 
terrain, et que c'est à ces derniers qu'il feut dtfnner le 
plus de soins et le plus de temps. ; 

Les officiers, les sous-officiers et leâ engagée condi- 
tionnels y consacreix)nt donc des séances spéciales; ils ! 
devront, en outre, profiter de leurs Jw^omenades pour 
s'habituer à l'observation attentive du terrain: Les re- 
connaissances se feront, généralement, en vue d'une 
opération militaire bien déterminée, car c'est en préci- 
sant les questions qu'on donne le meilleur moyen de les 
résoudre convenablement. 

En résumé, pour bien reconnaître uii terrain^ il faut 
de la méthode dans l'observation, beaucoup de pratique 
et du jugement. A ces qualités, il est bon d'ajouter une 
certaine expérience des choses de la guerre et l'intelli- 
gence de l'idée générale en vue de laquelle est faite la 
reconnaissance. 



NOTES ET TABLEAUX 



COMPLÉMENTAIRES DU COURS. 



I. — Cartes rrançalsea et étrangères (1). 

(Addition au chapitre l^, page 34.) 



ÉCHELLES 



>IO.0OO«. 



40.660». 



20.000-. 



2Ô.OO0». 



PAYS: 



France. 



Angleterre.. 



France. 



Belgique. . 



Allemagne. 



DÉSIGNATION DES CARTES. 



10 Cartes topographlques. 

Qaelqnes cartes de villes françaises et étran- 
gères da Dépôt de la guerre. 

Carte des Ilet Britannique$ (cotes en pied 
de 0-,30). 

Environs de garnisons. — Plans de villes de 
France et d'Algérie.— Paris et sa banlieue 
(4 feuilles). — Départem. de la Seine (36 
feuilles, ^ éditions). 

Carte de la Belgique {%• édit.), en couleurs, 
avec courbes à réquidist. de H'' sur la rive 
gauche de la Meuse, de 6" sur la rive droite. 

Carte du Royaume de Pruite et du Gouver- 
nement de VAltctce-Lorraine (3,698 feuil- 
les en cours de publication), comprenant : 

L'ancienne carte des Etate Prutsiens (cour- 
bes à réquid. de 25 pieds décimaux prus- 
siens de 0»,3>I385, soit 7"',846); 

La carte du Wiethaden (courbes à équid. 
de 420 pieds semblables, soit 37»,662); 

Les nouvelles feuilles publiées par le service 
des levés de l'état-major prussien, qui re- 
présentent les régiont limitrophet de là 



(4) Quelques-uns des renseignements donnés dans cette note ont été 
mis à jour à l'aide de la publication mensuelle du service géographique 
de Tarmée intitulée : Liele det Cariée et Plane reçue aux Archivée, 



— 308 — 




ÉCHELLES 



25.000' 






40.000< 



42.000». 



60,000«. 



ALLEMAGNE. 

{Suite.) 



Suisse . 



• • • 



France. . . 

Belgique .". 

Daneharck. 
Russie . . . 

France. . . 



Algérie. • 



Allemagne. 



Ruiti», le SekletUDig-Holitein, ayec la 
partie du liltoral de VOldenbourg et du 
MechUmbourg - Sehwerin et VAlsae» - 
Lorraine (courbes à i'équid. de 20*, avee 
coorbes intermédiaires de 5") ; 

Nouvelle carte topographique du grand- 
duché de B(ide (courbes a équid. de 40", 
numérotées par dizaine de mètres : 4 , 2, 
3, etc., avec courbes intermédiaires de 5", 
suivant la pente); 

Carte de Saxe (courbes à traits pleins à Té- 
quid. de 40* et courbes pointillées de 
2- ,50 en 2» ,50); 

Carte topographique du Wurtemberg (cour- 
bes à réquid. de 6", — cotes en mètres; 
70 feuilles parues sur 743); 

Atlas topographique de la Bavière (hauteurs 
et courbes h Téquid. de 40'*i — cotes en 
mètres). 

Carte des pays bien peuplés de la Suisse 
(439 feuilles, dont 468 publiées, courbes 
à I'équid. de 40-. — De 400 en 400», 
courbes pointillées, cotes en couleur). 

Département de la Seine (2 éditions;.— 
Massif du Mont-Blanc (2 éditions). 

Carte de la Belgique (courbes à Téquid. de 
5-). 

Carte du Jutland. 

Carte de la circonscription de Saini-Péten- 
bourg. 

Nouvelle carte de la France ( courbes en 
couleurs relevées à l'estompe. — Etui de 
40» avec courbes pointillées de 50» en 
50"). — En cours de publication. 

Carte régulière de VÂlgérie (gravure sur 
zinc).—- En cours de publication. 

Bavière (hachures, cotes en perches de 

2»,94). 
Grand-duché de Bade , Banovre et Wur^ 

temberg. 



— 309 — 



ÉCHELLES 



50.000* 




63.360s 
75.000». 



80.000*. 



84.000*. 
400.000*. 



Espagne . . . 
Hollande. . . 
Italie . . . . 



DÉSIGNATION DES CARTES. 



Suisse . . . . 



Angleterre. . 

Autriche - 
Hongrie. 



Carte de V Espagne (en conleurs avec cour- 
bes à l'équid. de 20»). 

Carte de la Hollande (hachures, cotes en 
aunes de 0'",69}. 

Carte des États Sardes (hachures et lumière 
oblique). 

Sicile et ancien royaume de Naples (cour- 
bes à l'équid. de 40»). 

Carte des pays de montagne de la Suisse 
(449 feuilles, dont 76 publiées; courbes 
à l'équid. de 40»). 

Carie des lies Britanniques, 

Carte de h Monarchie austro-î^ongroise, par 
l'Institut militaire-géographique de Vienne 
(hachures , nombreuses cotes en mètres). 



Hesse-Cassel 



France. . . . 



Carte de la Hesse-Cassel, 

^Garte de la France (grayure ou report 

par feuilles, et édition zincographi- 

. que par quarts de feuille, hachures, 

o 1 cotes en mètres). 




Allemagne. 



RossiB. . . 
France. . . 



^^\ ou dans un angle de feuille. 
4, fCarte du massif des Alpes (7^ huilles, 
gravure sur pierre, en couleurs, — 
courbes à l'équid. de 20", renfor- 
cées de 80" en 80»). 

Tracé de la ft>ontière, en 4874, sur la Carte 
de France. 

Ancienne carte de la Prusse rhénane (ha- 
chures, sans cotes). 

Cartes de V Alsace' Lorraine, d'après la carte 
de Tétat-major français (38 feuilles mises 
à jour). 

Carte de la circonscription de Moscou, 

Carte de la France , publiée par le service 



- 310 — 



ÉCHELLES 



400.000*. 



426.000». 

444.000«. 
4 60.000». 



«00.000». 




TumsiE. . • 



ÂLLUU61CB. 



Portugal. . . 

Suède 
BT Norvège. 

Suisse . . . . 



Russie. . . , 

Autriche - 
Hongrie. 

Belgique. . • 

Danemarce. • 



DÉSIGNATION DES CARTES. 



France. 



tieinal do département de l'intérienr 
(planimétrie et niTellement) (4). 

Carte de la Régtnee de Tttmt (en coaleur). 
— Pas en vente. 

Ancienne carte des Étais Pruttiens (ha- 
chares, pas de cotes^. 

Nouvelle carte de V Empire d'ÀHemagne, 
composée de 674 feuilles, dont 367 parues 
comprennent la partie orientale de la 
Prutte, le Sehleiwig-Boltiein et lés an- 
ciens duchés de Seuee et de Beue (hachures 
et cotes en mètres ; sur le littoral, sondes 
en mètres et courbes indiquant les profon- 
deurs de S, 4, 6 et 40 mètres. 

Carte de Saxe (en cours de publication). 

Carte du Portugal, 

Carte de la Suède et de la Norvège ( ha- 
chures). 

Carte de la Suisse (hachures avec lumière 
oblique). 

Carte de la Russie (caractères russes, ha- 
chures, indication du nombre de maisons 
dans les localités). 

Carte de Y Autriche 'Hongrie par provinces 
(hachures). 

Carte de la Belgique. 

Carte du Jutland (planimétrique avec cotes 
des hauteurs). 

2' Cartes chorographlques. 

Nouvelle carte chorégraphique de la France 
(gravure sur zinc, courbes de niveau rele- 
vées à l'estompe). — Pas encore en vente. 



(4 ) Sur la demande des chefs de corps, les préfets délivrent un tableau 
d'assemblage de cette Carte et un état de demande pour les officiers qui 
veulent se procurer ces feuilles à moitié prix» c'est-à-aire à 40 c. la feuilICé 



r 



ÉCHELLES 



200.000 




300.000». 



320.00e«. 



TUOTSIB. 



Allemagne. 



400.000». 



GftÈCÈ. . 



Sdâde 
ET Norvège. 

Allemagne. . 

Autriche - 

Hongrie ; 

Turquie . . . 



— 311 — 



DÉSIGNATION DES CARTES. 



Carte de la France de la direction des cartes 
et plans du ministère des travaux publics. 
— Pas en vente. 

Carte des Alpes, par Raymond, mise au 
courant pour les chemins de fer, en 4882, 
par le Dépôt de la guerre (42 feuilles et 
un tableau d'assemblage). 

Carte de la Régence de TunU (planimétrie 
et nivellement, 4 9 feuilles).— Pas en vente. 

Cairte 'de VEurope centrale de Retmann 
(cotes en pieds de 0»,33). Les feuilles 
restant à paraître doivent être publiées 
par le termce des levés de Vétat-major 
prussien , qpi révisera également les an- 
ciennes feuilles. 

Carte du ^rand-duehé de Bade et du Wur- 
temberg, 

Carte de la Grèce ^ par Tétat-major fran- 
çais. 

Cartes provinciales de la Suède et de la 
iforvège. 

Carte de V Allemagne de Liebenow. 
{Ancienne carte de Sehéda» 



FRAt^CB. 



o 
"S* 



«£ 

KJ^ 



Algérie 



Tunisie. 



i Carte de France (gravure et report, 
hachures). 
Carte ^eVBurope eenfraZ* (hachures). 
Carte du massif des Alpes (en cou- 
leurs, 40 feuilles, courbes de niveau 
de couleur bistre, à l'équid. de 
AOÙ^, cotes nombreuses). 

Carte des provinces à*Orant à'Àlger et de 

Constantine (2 feuilles cour chacune). 
Carte des étapes de ces trois provinces. 

Carte de la Régence de Tunis (2 feuilles). 
Nouvelle carte des Itinéraires de la Régence 
j de Tunis (2 feuilles, planimétrie), — Pas 
en vente; 



— 312 — 



ÉCHELLES 



500.000'. 



600.000*. 



aoo.ooo*. 



864.000*. 



4.000.000». 



4.200.000*. 



4 .260.000». 




Feaxci. • . . 

ESPAGHB . . . 

Portugal. . . 
Fbancb- • • . 

Franci. . • . 



ÂLGiaiE. . . . 



Francs . . . 



Allbxagrb. . 



Autriche - 
Hongrie. 

Francs. . . . 



Francs. . • . 



DÉSIGNATION DES CARTES. 



NouTelle carte de la Franet, da génie (ea 
coolenra, à plusieurs types). 

Carte de VEtpagme (planimétrie). 

Carte du Portugal, 

Carte chorégraphique de la France (2 feuilles 
sur 6 publiées, région nord-est, hachures). 

Carte du nivêlUmeni général de la France 
(6 feuilles eu couleurs, à l'équid. de 4 00*, 
avec courbes renforcées de 400" en 400" 
et suppression d'une courbe sur deux pour 
les pentes raides. — Peu de noms sur la 
carte). 

Carte des chemine de fer francaie (9 feuilles 
en couleurs). 

Carte générale de V Algérie en 4 feuilles 
(édition de 4882, avec montagnes couleur 
oistre dessinées à Testompe. — Quelques 
cotes dans les feuilles du nord). 

Ancienne carte de la Framee^ do génie ( 4 
feuilles^. 



8* Cartes géographiques. 

Carte des chemine de fer de TAHemagne 
^Direction supérieure des chemins de fer 
' ae TAllemagnc). 

Carte des ehemint de fer de la monarcbie 
austro-hongroise (Ministère du commerce). 

Carte des élafet de France ( S feuilles. — 
Dépôt de la guerre). 

Carte de la France par régione de corps d'ar- 
mée et tubdtvisiont de régione (2 feuilles. 
— Dépôt de la guerre). 

Carte de la France par régiom de corps d'ar- 
mée, avec les eireonteriptiont des batail' 
lont de l'armée territoriale (Dépôt de la 
guerre). 



F 



— 313 — 



ECHELLES 




4.260.000». 



4 .600.000». 



Algérie . . . 



Europe 
centrale. . . 



Frange. . . . 



4.630.000*. 



2.000.000*. 



Algérie . . . 



Russie. . . . 



Afrique . . . 



DÉSIGNATION DES CARTES. 



Carte des chemins de fer d§ V Algérie (Di- 
rection des chemins de fer au ministère 
des traTauz publics).— Pas en Tente. 

Carte de VEurope centrale de Liebenow 
(chemins de fer, canaux, voies princi- 
pales. — 6 feailles, 4882). 

Carte de la France par régions de corps d'ar- 
mée et tubdivitiont de régions (Dépôt de 
la guerre). 

Carte des ehemins de fer français (Dépôt 
de la guerre). 

Carte générale de VÂlgérie (comprend la 
Tiênisie et une partie du Jlfaroc— Dépôt 
de la guerre). 

Carte du gouvernement du Turkestan , car 
le bureau topographique de l'état-major 
russe. 

Carte de V Afrique sous la domination des 

Romains (z feuilles. — Dépôt de la guerre). 

Carte de \ Afrique d'après les voyages les 

filus récents (photozincographie, 60 feuil- 
es, dont 6 publiées.— Dépôt de la guerre). 



— 314 — 



n.— -Exercice» de lecture de Ia carte & l*alde 

du plan en relief» 

(Addition aux chapitres UI et lY, p. 424, 464 et 464.) 

Plan relief du Dépôt de la guerre. — Un plan relief 
en plâtre, avec impression en noir, à l'échelle de 
1/10000® pour la planimétrie, a été exécuté, il y a quel- 
ques années, parle Dépôt de la guerre et envoyé à toutes 
les écoles régimentaires, pour servir à l'étude de la to- 
pographie et à celle des petites opérations de la guerre. 

Le terrain représenté est imaginaire, de manière à 
pouvoir grouper sur un petit espace les principaux acci- 
dents du terrain et un assez grand nombre de signes 
conventionnels. 

De plus, on a pris, pour les hauteurs, une échelle 
trois fois plus grande que celle de la planimétrie, afin 
de pouvoir représenter les mouvements de terrain d'une 
façon bien apparente, ce qui n'aurait pas eu lieu si on 
avait pris l'échelle de 1/10000% avec laquelle une hau- 
teur de 10 mètres n'aurait été représentée que par 
\ millimètre d'élévation. Des courbes de niveau, de 10 
en 10 mètres, sont tracées sur les mouvements de ter- 
rain. 

Une carte topographique, à l'échelle du 1/10000®, 
accompagne ce plan relief, ce qui permet de comparer 
très facilement, comme on l'a indiqué précédemment 
(p. 124 et 164), les différentes formes du terrain figuré 
sur le plan, avec leur mode de représentation sur la 
carte. Cette étude comparée est une bonne préparation 
aux exercices plus importants de la lecture des cartes 
sur le terrain même qu'elles représentent. 



— 315 — 

ÏÏMMm — Mesure des distances sur la earte. 

(Addition an chapitre lY, p. 463.) 

Emploi du curvimètre. — La mesure des distances 
é\xt la carte présente une assez grande difficulté avec 
l'emploi du compas ou du double décimètre, lorsque la 
ligne à mesurer n'est pas en ligne droite, ce qui est le 
cas général^ dans une carte topographique. 

On remplace avantageusement ces instruments par 
un autre, auquel on donne généralement le nom de 
curvimètre^ parce qu'il permet de mesurer les lignes 
courbes avec autant d'exactitude et de facilité que les 
lignes droites. 

Celte mesure est faite, en général, au moyen d'une 
petite roue dentée, semblable à une mollette d'éperon, 
h laquelle on fait suivre toutes les sinuosités de la ligne 
à mesurer. 

Dans les curvimètres les plus simples, la roue est 
supportée par une vis micrométrique, fixée dans une 
monture, dont un côté est muni, à une de ses extré- 
mités, d'une pointe, servant de guide pendant le mou- 
vement de la roue. Celle-ci se déplace latéralement, à 
mesure qu'elle roule sur la ligne à mesurer. 

En mettant d'abord cette roue à l'extrémité de la vis 
et en lui faisant suivre toute la ligne à mesurer, on peut 
ensuite trouver la longueur de celle-ci en plaçant la 
roue sur le zéro de l'échelle de la carte et en la rame- 
nant à la même extrémité de la vis, par un mouvement 
de rotation inverse du premier développement. Le point 
où s'arrête la roue sur l'échelle indique la distance 
mesurée. 

D'autres cummètres du même genre, plus perfec- 
tionnés, sont gradués pour une ou plusieurs échelles, de 
manière à permettre de lire la distance mesurée, soit 



--316- 

par remplacement de la roue sar la vis micrométrique, 
soit au moyen d'une aiguille ou d'un cui*seur qui reçoit | 
son mouvement de la roue. 

Pour obtenir une exactitude suffisante dans la mesure, I 
il est nécessaire de tenir l'instrument perpendiculaire ii{ 
la feuille. 

Indépendamment du curvimètre simple sans gradua-^ 
tion, qui est d un prix peu élevé, on peut citer, parmi 1 
les instruments de cette espèce, le curvimètre à cadran, 'i 
le curvimètre de Bellomayre, le campylomètre de Gau- 1 
met, la boussole-roulette du capitaine Peigné, le crayon '\ 
métreur. 



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V> — Copie • agrandlaaement et r£duetloil 
de* cartes. 

(IdditioB au cbapiire tT, p. 480.) 

Empîoidu pantographe. — La reproduction des cartes 
se fait, non seulement par le décalque et par la méthode 
du quadrillage, mais aussi à l'aide de certains procédés 
photographiques et au moyen de pantographes plus ou 
moins perfectionnés. 

Le pantograpke est un instrument qui permet de co- 
pier, d'agrandir et de réduire mécaniquement, dans une 
proportion donnée, un dessin quelconque, par exemple, 
une carte topographique à reproduire ou sur laquelle 
on voudrait prendre un canevas pour une échelle déter- 
minée. 

Les instruments de ce genre, que peuvent utiliser les 
officiers pour leurs travauii particuliers, sont très sim- 
ples (1). 

Ils se composent, en général, de quatre branches ou 
rëglesplates en bois, légères, AE, BD, BF, C£, qui sont 
graduées pour une proportion de i à 10, par exemple, 
et réunies par deux pivots fixes, B et E, et par deux 
coulisses mobiles & pivot, D et G. Ces quatre rfegles for- 
ment toujours entre elles un parallélogramme, lorsque 
les deux coulisses sont placées à la même graduatioi '^. ■:■: 
condition essentielle pour obtenir une repromiction biX*: ; ; ; , fj 
proportionnée du modèle. !S:-"''*vNV5 

Le pivot qui est au sommet E du parallélogramme ^/^AA jf • ' 
généralement pourvu d'une roulette de support, 1 /"lÏHAyAî 
soutient l'instrument et en facilite le mouvement lor,'""™^"^*-' 
qu'on dessine. i 

Le pivot qui se trouve au sommet B du parallélj 
gramme et les deux extrémités A et C des règles extl 
rieures AE et CE sont munis d'œillets où l'on intr] 
duil : 1" une pointe ou une vis destinée à fixer un poij 
de l'instrument sur la planche à dessin; S** un crayo 
pas trop dur pour dessiner, et 3° une pointe directrii i 



it inulilo de décrire ic 




- 318 — 
BÈche en métal ou en ivoire, qui doit suivre les lignes de 
la carte à reproduire. La place relative de ces trois 
objets varie suivant l'opéraliot] qu'on veut faire, copie, 
agrandissement ou réduction. 

Le modèle h copier est fixé h. l'aide de punaises sous 
la pointe sëcbe, qui doit en suivre les contours. La feuille 
de papier est placée de même sous le crayon, de ma- 
nière que le centre du dessin à reproduire corresponde 
au centre du papier. 

Pour l'agrandissement ou la réduction d'un dessin, 
on place la vis d'an'èt dans l'œillet gauche A {fig. 269). 

Pour l'agrandU$ement, l'opérateur met la pointe sèche 
dans l'œillet du milieu B et le crayon dans celui de 
droite C, puis on fait mouvoir le crayon sur le papier k 




dessin, en observant que la pointe sèche suive exacte- 
ment les diverses lignes du modèle k agrandir. 

Pour la réduction, la pointe sÈche est placée k droite. 
au point C, et le crayon au milieu, au point B. Dans ce 
cas, la main droite dn dessinateur promène la pointe 



— 320 — 



1 



VI. — Orientation ik l'aide de la lune 
et de la boussole. 

(Modification faite dans le texte, p. 492 et 493.) 



Pig. 230 (4) 




Pleine Lune (I^Jourt 



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Dernier quartier (Séjour) 

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F»5f. 232(4) 
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Pig. 233 (4) 
Premier «[uarticr (VFjom ) 

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(4) Dans les qoatre figures de cette page, qui correspondent au texte 
des pages 494 à 493, les parties ombrées sont celles où la lune est inyi- 
sible, soit parce qu'elle a disparu au-dessous de Phorizon, soit parce que 
le soleil est leTé. On a supposé, pour plus de simplicité dans les figures, 
qu'on se tronyait à l'époqoe où le soleil se lève et se couche à six heures. 



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— 322 — 

VII, — Mesure de» distances sur le terrain 

(Addition au chapitre Y.) 



Mesure des distances à cheval (p. 206) 

Lorsqu'on mesure des distances à cheval, on compte : 

Au pas^ le nombre de mouvements de l'épaule droite» 
environ 600 pas par minute et 1 kilomètre en dix mi- 
nutes ; 

Au trot enlevé, c'es^à-dire à l'anglaise, le nombre 
d'assis en selle, environ 400 par minute et 1 kilomètre 
en quatre minutes ; 

Au gahp, le nombre des foulées, environ 300 par mi- 
nute et 1 kilomètre en trois minutes. 

Emploi du télémètre pour la mesure des distances, 

p. 213 (1). 

La mesure des distances à l'aide d'un télémètre est 
basée sur une des propriétés du triangle rectangle. 

Dans une figure géométrique de ce genre, il suffit de 
connaître un des côtés et un des angles aigus pour en 
déterminer les autres éléments. 

Si donc un observateur veut connaître la distance qui 
le sépare du point 0, où il se trouve, au but B, il lui 
suffit de tracer une ligne OP, perpendiculaire à la 
ligne B en lui donnant une longueur déterminée, par 
exemple 20, 30, 40, SO mètres, et de mesurer ensuite 
mécaniquement, à l'extrémité P de cette petite base, un 
des angles aigus du triangle rectangle formé par le but 
B et par les deux points d'observation et P. 

(4) Cette rédaction remplace le 3« alinéa de la p. 843 du Cours* 



-. 323 — 

Ces instruments sonfgénéralement mu- 
nis de deux miroirs qui, lorsqu'ils font 
entre eux un angle de 45', donnent faci- 
lement la direction perpendiculaire sur 
laquelle on doit mesurer la petite base 
OP du triangle rectangle. Us sont, en 
outre, gradués de manière à donner mé- 
caniquement et sans calcul la distance 
cherchée, d'après Tinclinaison des mi- 
roirs réflecteurs, ou, dans le télémètre 
Gauthier, d'après la position de la len- 
tille prismatique qui sert à faire la 
deuxième visée. 

Parmi les télémètres à miroir et à pris- 
mes, on peut citer : 

Le télémètre Gauthier y un des pre- 
miers qui ont donné des résultats satis- 
faisants ; 

Le télémètre à prisme du colonel Goulier^ gradué 
jusqu'à 3,000 mètres j 

Ces deux instruments font partie des accessoires de 
batterie. On trouvera leur description dans le cha- 
pitre xv du Nouvel Aide-mémoire d* artillerie. 

Le télémètre Labbez, qui a été mis à la disposition 
des troupes d'infanterie, à partir de Tannée 1881, à 
raison de 4, dont 1 à lunette, par régiment d'infanterie 
et de 1 par bataillon de chasseurs; 

Le télémètre Mariage, établi sur deux modèles, l'un 
gradué jusqu'à 3,000 mètres (modèle de l'infanterie), 
l'autre jusqu'à 5,000 mètres (modèle de l'artillerie). Ce 
télémètre donne des résultats satisfaisants ; mais il est 
moins portatif et d'un prix plus élevé que celui qui est 
adopté pour l'infanterie. 

Citons encore les télémètres Gaumet, d'Azémar et 
Le Boukngé, 




— 324 — 

Ce dernier, qui est surtout utilisé dans les exercices 
pratiques de tir, est basé sur la vitesse de transmission 
du son; mais il ne peut étre^ employé que tout à fait 
exceptionnellement dans les levés topographiques. Il 
sert principalement pour apprécier la distance qui sé- 
pare un observateur d'une troupe ou d'une batterie qui 
fait feu. Même dans ce cas, il est bien difficile de dis- 
tinguer le bruit de la détonation, qui con*espond à la 
fumée d'un coup parti, dès que Faction est sérieusement 
engagée. On ne peut alors se baser que sur des salves 
d'infanterie ou des coups de canon dominant par instants 
le bruit de la fusillade. 

Le télémètre d'Azémar, qui est un instrument de 
poche d'un prix modéré et d'un emploi très facile, est 
à double réflexion; il donne, dans toutes les observa- 
tions, l'angle au sommet d'un triangla isocèle, dans 
lequel la base est de 1/50 d'un des côtés; de sorte que, 
dans cet instrument, c'est celte base qu'il faut détermi- 
ner sur le terrain; et, quand on l'a trouvée par une mé- 
thode très simple, il suffit de la multiplier par SO pour 
déterminer la distance. 

Nous ne croyons pas devoir donner ici la description 
de ces divers télémètres. Le mécanisme en est simple, 
et les notices qui les accompagnent suffisent pour en 
faire comprendre le fonctionnement. 



^ 



VIII« — Bleeure de» liauteur» mwr le terrain. 

(Addition aa chapitre Y, p. 2^.) 

Emploi du baromètre anéroïde. — Le baromètre 
anéroïde peut être employé très utilement pour la me- 
sure des hauteurs, dans les levés expédiés ou à vue, 
et dans les itinéraires. 



— 325 — 
Cet itastrument se compose d'un tube de laiton en 
hélice où on a fait le vide, et qui se redresse ou s'af- 
faisse, suivant que la pression atmosphérique diminue 



En négligeant l'influence de ta température, de la 
latitude et de la dilatation de l'air sur la pression at- 
mosphérique, — ce qui peut se faire sans inconvénient 
pour des observations barométriques faites en très peu 
de temps et presque au même point, — on peut dire que 
la pression atmosphérique et l'altitude varient propor- 
tionnellement et en sens inverse. Par conséquent, lors- 
qu'on connaît cette proportion, soit par des calculs, 
soit par expérience, il est facile de déterminer la diffé- 
rence de niveau entre deux points successivement 
occupés, où l'on aura noté les pressions atmosphéri- 
ques. 

Emploi du baromètre orométrique. — Certains baro- 
mètres anéroïdes, dits orométriqms, possèdent une 
double graduation du cadran, l'une extérieure en milli- 
mètres pour la pression atmosphérique, l'autre inté- 
rieure pour les altitudes (1). De plus, la bague portant 
le verre qui recouvre le cadran est mobile, et porte un 
index t qui sert de repère pour indiquer la pression 
atmosphérique au premier point d'observation {fig. 271). 



(1) Dbds le baromttre orométriiiue ponc 1« nÎTelIeineni dam l«s moa- 
lagnee moyenaes (CéreDDcs, Vosges, etc.), le csdriu inlériear indique la 
dislanw Terticale ea ufetrea. comptée de baa en bant, entre le point de 
station et un plan horiiODial de comparaisaa, situé à 3,000 mètrea an- 
dessua du nirean de la mer, lorsciDe la pression est de 0>,76 e( ta lempÉ- 
rature eonatante (20* an nivean de la mer et l'en moins par 165 mitres 
d'aititade). Dans le baromÈlre oromËlriquo poar le niveitement dans les 
banles montagnes (Alpes, Vytaia&, etc.), le plan de comparaison eil t 
6,S0() mbtrea au-dessus du niieau de U mer, ce qui permet de mesurer 
des bauteurs du celte éléialion. 



— 326 — 




Pour mesurer une hauteur avec ce baromôire, on 
stationne au point le plus bas et au point le plus élevé 
du mouvement de terrain à mesurer; on tient note des 
altitudes indiquées par Faiguille aimantée sur la gra- 
duation intérieure du cadran, et la différence entre les 
deux nombres observés donne la différence de niveau 
entre les deux stations, c'est-à-dire la hauteur cherchée. 

Exemple : 

Première observation : Hauteur marquée sur le ca- 
dran intérieur, 2080 mètres (pression, 767™™); 

Deuxième observation : Hauteur marquée^ 1960 mè« 
très (pression, 786°»"»,5) ; 

Différence de niveau : 2080 —1960 = 120 mètres. 

Pour que l'observation soit faite dans de bonnes con- 
ditions, il faut tenir le baromètre à la même tempéra- 
ture aux deux stations, en le mettant, par exemple, 
dans une poche intérieure de vêtement (gilet, dolman), 
puis lire la hauteur immédiatement après l'avoir sortit 



à 



— 327 — 

et après avoir fi^appé légèrement sur le veiTe avec 
l'ongle. Si on veut une plus grande précision, on attend 
environ un quart d'heure après l'arrivée à la seconde 
station pour lire la division en mètres, qui correspond 
à la pointe de l'aiguille aimantée. 

£n tenant compte, comme on l'a déjà dit, de ce que 
l'état de l'atmosphère, qui peut influer sur la pression 
marquée par le baromètre, ne peut guère changer pen- 
dant le cours de l'observation, qui dure généralement 
peu de temps (1), on comprend que ce mode d'observa- 
tion présente une assez grande exactitude. 

Emploi du baromètre altimétrique, — Certains baro- 
mètres anéroïdes, dits altimétriques, ont deux cadrans 
distincts : l'un pour les pressions atmosphériques, qui 
est fixe; l'autre pour les altitudes, qui est mobile. 

Cette disposition permet de lire, sans calcul, sur le 
baromètre, la différence de niveau entre deux points, et 
même la cote d'un point quelconque au-dessus du niveau 
de la mer, lorsqu'on connaît celle du point de départ 
de l'ascension ou de la descente. 

On opère à peu près comme avec le baromètre oro- 
métrique, avec cette différence que, à la première sta- 
tion, on amène sur le prolongement de l'aiguille aiman- 
tée, soit le zéro du cadran altimétrique, si l'on ne 
cherche que la différence de niveau de deux points, 
soit la graduation qui correspond à la cote exacte de la 
première station, lorsqu'on la connaît.^ 

Ce baromètre, plus cher que le précédent, évite un 
petit calcul, très simple d'ailleurs, et n'est pas plus 
juste que le baromètre oromélrique de même dimen- 
sion. 



(4) Il est recommandé de ne pas mettre, autant que possible, plus de 
trois quarts d*hcure entre deux observations barométriques. 



— 328 — 

Emploi du baromètre anéroïde simple. — Si l*on ne 
possède qu'un baromètre anéroïde sans cadran oromé- 
trique, on peut calculer approximativement l'élévation 
d'une hauteur, au moyen des différences de pression 
constatées à la station inférieure et h la station supé- 
rieure. Il suffit, pour cela, de connaître les données 
approximatives suivantes : - 

Une variation de pression d'un millimètre en moins 
ou en plus correspond à une différence de niveau d'en- 
viron ; 

11 mètres, lorsque le baromètre 

marque une pression de 79 à 75°«n, 

11 mètres 1/2 de 75 à 72mm^ 

12 mètres de 72 à 68mm, 

12 mètres 1/2 de 68 à 64mm^ 

13 mètres à 13 mètres 1/2. ... de 64 à 60mm. 

L'altitude, à la pression de 60 millimètres, est de 
2,000 mètres au-dessus du niveau de la mer, dans des 
conditions normales de température et d'état atmosphé- 
rique. 



\ 



EXAMENS DE FIN D'ANNÉE. 



QUESTIONNAIRE 



SUR 



LE COURS DE TOPOGRAPHIE. 



Établir la différence qui existe entre la topographie, la 
chorégraphie et la géographie. — Indiquer ce qu'on entend 
par cartes topographiques, chorographiques et géographiques. 
— Accessoirement, expliquer ce qu'est la projection horizon- 
tale d'un point, d'une ligne, d'une surface, d'un objet (p. 21 
à 27). 

2* Comment représente-t-on les arbres isolés, les buissons, 
les bruyères, les broussailles, les friches, les landes, les sables, 
les dunes et les galets, sur les cartes topographiques (p. 90 
à 92)? 

3* Qu'entend- on par hachures et d'après quelle loi con- 
V3ntionnelle sont^elles tracées? 

Démontrer que la teinte formée par les hachures est d'au- 
tant plus foncée que la pente est plus roide (p. 145 et 146). 

4* Qti'est-ce que s'orienter? — Dénommer les priilcipales 
directions de la rose des vents. 



- 330 — 

Indiquer les moyens de s'orienter à Taide de Tétoile polaire 
(p. 183 à 185). 

5* En langage militaire, qa*appelle-t-on terrain, — couverts 
du sol (p. 35 et 37)? 

Indiquer les qualifications à donner à un terrain considéré : 
1® au point de vue du relief; ^ au point de vue de la facilité 
dans Tobservation des mouvements des troupes ; 3"* au point de 
vue de la circulation des troupes; 4* au point de vue de remploi 
des troupes dans les opérations militaires; 5^ au point de vue 
de la variété des sites. Définir les coupures du terrain et les 
coupures dans le terrain (p. 257 à 261). 

6' Exercice pratique de lecture d'une carte, gradué d*après 
la force de l'élève (chapitre lY). 



B 



1* Qu'entend-on par échelle numérique et par échelle gra- 
phique?— Montrer, par un exemple, la nécessité des échelles. 
— Construire une échelle graphique simple et indiquer son 
emploi (p. 27 à 30). 

2« Gomment représente-t-on les carrières, les trous, les 
constructions souterraines, les escarpements réguliers et irré- 
guliers, les falaises, les rochers plats (p. 92 à 94) ? 

3** Examiner les divers cas particuliers qui peuvent se pré- 
renter dans le tracé des hachures (manière d'observer la loi 
du quart ; moyens de conserver la trace des courbes horizon* 
taies ; hachures entre deux courbes divergentes ; hachures à 
l'extrémité d'une pente ou aux points de rebroussement des 
courbes; cas de courbes successives très-éloignées ; représen- 
tation d'un col; brusque changement de pente ; intervalles 
des hachures entre une section principale et une section 
intermédiaire) ; application de ces cas particuliers en dessinant, 
avec des hachures, une croupe, un vallon, un mamelon ou un 
col (p. 146 à 149). 

4** Indiquer la manière de s'orienter à l'aide du soleil et 
d'une montre (p. 186 à 191). 

5<* Montrer, par quelques exemples, l'utilité des reconnais- 
sances pour compléter les renseignements fournis par les cartes. 



\ 



- 331 - 

Donner quelques indications sur la manière dont doit Mre 
rédigé le rapport joint à une reconnaissance, et sur les rensei- 
gnements principaux qui doivent figurer dans les sept colon- 
nes d*un tableau d'itinéraire ou, à défaut de tableau, dans les 
marges du dessin (p. 252 à 256). 

6» Exercice pratique de lecture d'une carte. 



V Faire connaître les échelles usitées en topographie et les 
circonstances dans lesquelles chacune d'elles est employée 
(p. 34). 

Qu'entend-on par erreur graphique; à quelle longueur 
correspond-elle suivant l'échelle employée (p. 30 et 31)? 

2« Dessiner les signes conventionnels administratifs (limites 
d'État, de département, d'arrondissement, de canton et de 
commune; préfecture, sous-préfecture, canton). 

Indiquer les conventions adoptées pour l'écriture des noms 
sur une carte topographique, et les types des lettres dont on 
se sert au dépôt de la guerre (p. 96 à 98). 

3* Comment représente-t-on les escarpements et les rochers? 

Gomment sont tracées les hachures sur les cartes de l'état- 
major; — permettent-elles d'apprécier exactement les diffé- 
rences de niveau ? 

En quels points les courbes ou les hachures sont-elles in- 
interrompues sur une carte topographique (p. 150 à 152)? 

4^ Montrer comment on peut se servir de la lune pour 
s'orienter (p. 191 à 193). 

b"* Indiquer, d'après l'ordonnance sur le service en campagne, 
les diverses espèces de reconnaissances spéciales ; — énumé- 
rer et définir les lignes de communication et les positions 
militaires (p. 261 à 263). 

6*" Exercice pratique de lecture d'une carte. 



D 

1* Définir la planimétrie, le nivellement et les signes coii- 
ventionnels.(p. 36). 



- 332 - 

%* Enumérer les cours d'eau naturels et définir les princi- 
pales expressions qui s'y rapportent (source, fontaine, embou- 
chure^ bouches, delta, estuaire, lit, rive, berge, amont, aval, 
atterrissement, barres, étiage, eaux moyennes ou hautes, bar- 
rage, vanne, chute, etc.). 

Indiquer par le dessin le mode conventionnel de représen- 
tation des eaux de la mer et des eaux courantes^ ainsi que de 
certains détails, tels que la direction du courant, le point où 
un cours d*eaa est flottable ou navigable, les barrages, la 
ligne de réunion des eaux d*un ravin, etc. (p. 39 à 42 ; 45 
à 48). 

3* Indiquer les avantages et les inconvénients de la repré* 
sentation des mouvements de terrain par des courbes ou par 
des hachures ; montrer que le figuré du terrain au moyen de 
courbes et de teintes lavées réunit les avantages et supprime 
les inconvénients des deux méthodes précédentes (p. 152 
à 154). 

4^ Définir la déclinaison de Taiguille aimantée. — Connaissant 
la déclinaison, montrer pratiquement comment on oriente une 
carte avec la boussole (p. 193 et 494). 

5" Indiquer sur quoi doit se porter Tattention dans la recon- 
naissance d'une route ou d'an chemin (dénomination, direc- 
tion générale, construction, état général, accidents dans le 
tracé et dans l'état de la voie, embranchements, objets remar- 
quables sur la route, abords.^ P. 263 à 268). 

6"* Exercice pratique de lecture d'une carte. 



E 



V Définir et exprimer la pente d'une ligne, d'un plan, d!u? 
terrain. Qualifier les différentes pentes (p. i03 à 107). 

2*» Indiquer l'objet des diverses espèces de canaux ; définit 
les principales expressions qui s'y rapportent (biefs, écluse^ 
chemins de halage, gares, ports, digues, tunnels). — Dessiner 
au 40,000'» et au 10,000% un canal avec ou sans digues, ayant 
une gare, un port, une écluse, un tunnel ; — dessiner un canal 
d'irrigation, un fossé (p. 42, 43, 48 et 49). 

3* Indiquer en quoi consiste le mode de représentation des 



\ 



•\ 



— 333 — 

formes du terrain par la méthode hypsométrique ; en faire 
connaître les principaux avantages (p. 154 à 156), 

4"" Montrer que la comparaison d'une carte et du terrain 
qu'elle représente suffît pour permettre de s'orienter (p. 194 
à 196). 

5° Indiquer sur quoi doit se porter l'attention dans la 
reconnaissance d'un chemin de fer (dénomination , direction 
générale, construction et profil de la voie, état général, acci- 
dents dans le tracé et dans l'état de la voie, embranchements, 
objets remarquables sur la voie et ressources que présentent 
les gares, abords, moyens de destruction, communications 
télégraphiques. — P. 268 à 374). 

b*" Exercice pratique de lecture d'une carte. 



F 

1 <» Définir les expressions suivantes : Altitude et cote d'un 
point ; point coté; commandement ou relief d'une hauteur ; dif- 
férence de niveau de deux points (p. 108 et 109). 

2** Ënumérer et définir les différents noms donnés aux 
terrain^ recouverts d'eaux stagnantes (lac, étang, réservoir, 
lagune, marais, marécage, mare, tourbière^ rizière, marais 
salant, saline). 

Indiquer, d'une façon générale, le mode de représentation 
des eaux stagnantes, et en particulier, des marais, des tour- 
bières, des rizières et des marais salants (p. 43 à 45, et 
49 à 5â). 

3® Trouver la cote d'un point situé entre deux courbes. 

Définir le profil, la coupe et l'élévation; — tracer, d'après 
une carte ou d'après une figure dessinée au tableau, un profil 
naturel, un profil surhaussé, un profil surbaissé (p. 156 à 161). 

4^ £n dehors des moyens ordinaires d'orientation, indiquer 
comment on peut s'orienter à l'aide de certains indices, au 
moyen de renseignements ou par l'observation attentive du 
terrain qu'on parcourt (p. 196 à 200). 

S*" Indiquer sur quoi doit se porter l'attention dans la 
reconnaissance d'un cours d'eau naturel ou artificiel (dénomi- 
nation, direction générale, profil, nature du cours d'eau, 
moyens de passage, affluents, objets remarquables, abords, 

19 



— 334 - 

navigabilité). ^- Donner quelques détails sur la recherche des 
points les plus favorables à rétablissement des ponts mobiles, 
sur la rccberche des gués et sur les conditions de leur emploi 
par les différentes armes; sur remploi de la glace comme 
moyen de passage (p. 274 à 279 et 56). 
6* Exercice pratique de lecture d'une carte. 



\ 



1* Indiquer les formes diverses qu*affecte le terrain; — défi- 
nir les mouvements ou accidents de terrain. — Enumérer les 
noms divers donnés aux plaines (p. 110 et lli). 

2* Enumérer les principaux moyens usités pour franchir 
les eaux, particulièrement les ponts fixes et leurs différentes 
parties, les ponts mobiles, les bacs, les passages de bateaux 
et les gués; — indiquer la manière de représenter ces divers 
objets (p. 52 à 60). 

3* Etablir la distinction qui existe entre les montagnes, 
les collines et les hauteurs; — indiquer les divers noms que 
prennent, suivant le cas, ces diverses élévations (mont et mon- 
tagne, pic, aiguille, corne, dent, d6me ou ballon, piton, puy, 
massif montagneux, chaîne de montagnes, chaînon, contre- 
forts, rameaux, nœud; monticule, coteau; mamelon, tertre ou 
butte, ondulations, rideaux, plis ou dos de terrain). 

Distinguer et définir les différentes parties d*une élévation 
(l"" les flancs, dénommés versants ou revers, suivant la posi- 
tion supposée de Tobservateur; on y remarque des gradins et 
des croupes; — 2* la partie supérieure : arête, crête, créts, point 
culminant, cime, sommet; ligne de partage et ses dépressions, 
col, port, pertuis; — 3» le pied. — P. 111 à 117). 

î'> Quelles senties diverses espèces de levés topographiqnes 
et quelles sont les trois opérations que comporte chacun d*eux? 

Indiquer les divers procédés au moyen desquels on peut 
connaître les distances. — Construire une échelle de pas (p. 203 
à 213). 

5* Indiquer sur quoi doit se porter Tattention danslarecon* 
naissance d'un bois ou d'une forêt (étendue, forme et orienta- 
tion ; position topographique du bois et configuration générale 
du terrain circonvoisin ; nature du bois; état du sol; Jisière; 



r" 



- 335 — 

détails de Tintérieur ; moyens de communication (p. 280 à 
284). • 
6* Exercice pratique de lecture d'une carte. 

H 

l» Trouver la pente et la longueur d'une ligne droite joignant 
deux points dont les projections sont cotées sur une carte 
(p. 473). 

2"* Faire connaître la classification des voies de communica- 
tion ordinaires, les dénominations qu'on donne à leurs points 
de jonction, et les qualifications qu'elles prennent d'après la 
nature de la chaussée et d'après le terrain qu'elles traversent; 
— indiquer les signes conventionnels qui servent à les repré- 
senter dans ces divers cas (p. 61 à 71), 

3** Définir les principales dépressions du sol (vallée et ses 
variétés, val, vallon, gorge, ravin, ravine, étranglement, cluse, 
porte ; entonnoir et ses variétés, trou, ouïes, cirques et combes 
(p. 117 à 121). 

Enumérer les différentes parties d'une vallée (flancs, berges, 
thalweg, tête ou col de la vallée, bouche de la vallée (p. 417 
k 119). 

Nommer et définir les mouvements de terrain élémentaires 
(croupe, vallon, mamelon, col et entonnoir), et faire voir qu'ils 
peuvent se réduire à deux (p. 121 à 123). 

4* Indiquer divers moyens pour mesurer la largeur d'un, 
cours d'eau qu'on ne peut pas traverser, et, en général, pour 
trouver la distance d'un point inaccessible (p. 215 à 221). 

5** Indiquer sur quoi doit se porter l'attention dans la recon- 
naissance d'un bâtiment isolé, château, ferme ou maison (si* 
tuation et grandeur, mode de construction, dépendances, 
ressources, travaux à faire pour la mise en état de défense, 
terrain environnant (p. 284 à 287). 

6' Exercice pratique de lecture d'une carte. 

I 

1* Tracer, sur un mamelon représenté par des courbes, un 
chemin ayant une pente donnée, par exemple -f^ (p. 173 et 
174). 



— 336 — 

2* RfipréscDter, au rsin ^^ ^u n««¥> ^^ cliemin de fer avec 
tunnel, viaduc, passage à niveau, passage en dessus^ passage 
en dessous (p. 71 et 72). 

3* Indiquer les cinq procédés employés pour représenter les 
formes du terrain. — Faire connaître en quoi consiste le figuré 
du terrain au moyen de plans en relief et le ligure au moyen 
de cotes (p. 123 à 127). 

i* Dans l'exécution d'un levé» qu*entend*on par se décliner? 

Indiquer la manière de tracer les angles en se déclinant : 
1* sans employer la boussole; 2' avec la boussole. — Montrer 
pratiquement comment on mesure un angle avec une boussole 
graduée (p. 221 à 226). 

S* Indiquer sur quoi doit se porter Tattention dans la re- 
connaissance d*un village (position topographique du village et 
configuration générale du terrain avoisinant, forme, mode de 
construction des maisons, enceinte et issues, intérieur, rensei- 
gnements statistiques (p. 287 à 294). 

6* Exercice pratique de lecture d'une carte. 



1» D*un point coté 50, reconnattre si Ton verra un point coté 
30 et séparé du premier par un mouvement de terrain coté 40. 

Étendre le problème à la recherche de l'horizon visible d'un 
point donné (p. 174 à 176). 

2^ Donner les signes conventionnels de planimétrie servant 
à représenter les principaux lieux habités et les constructions 
aux échelles du x»m ^^ ^^ im» (n^^ison, église, chapelle, 
gare, station, ferme, chalet, manufacture, fonderie, forge, 
scierie, verrerie, -télégraphe aérien^ phare, moulins à vent et 
à eau, ruines, village, bourg, ville ouverte, ville fermée, cime- 
tière). 

Définir la mosquée, le marabout, la borde, la censé, la bas- 
tide (p. 73 à 80). 

3^ Quels sont les principaux avantages du figuré du terrain 
au moyen de courbes horizontales (p. 127)? 

Définir l'équidistance naturelle. — Démontrer que l'écartc- 
ment des courbes horizontales équidistantes indique le degré 
des pentes (p. 131 à 134). 



— 337 - 

Â? Indiquer les procédés simples, employés dans l'exécution 
des levés irréguliers pour évaluer les hauteurs (Appréciation à 
la vue; à l'aide de niveaux simplifiés ; en mesurant les pentes 
avec le rapporteur) (p. 226 à 235). 

Donner des moyens pratiques de mesurer la hauteur d'un 
arbre ou d'une maison devant servir de terme de comparaison 
dans l'appréciation des hauteurs à la vue simple (p. 227 à 
229). 

Construire une échelle de pente et en faire connaître l'em- 
ploi (p. 232 à 235). 

5<* Indiquer sur quoi doit se porter l'attention dans la recon- 
naissance d'une vallée (Dénomination, direction, étendue, lar- 
geur, configuration générale, nature du fond, nature des flancs, 
villages et maisons isolées, communications) (p. 294 à 297). 

6'' Exercice pratique de lecture d'une carte. 



K 



* i» Comment trouve-t-on Féchelle ou Téquidistance omise 
sur une carte (p. 176) ? 

2** Indiquer la manière de représenter les ouvrages de forti- 
fication, les batteries et les villes fortifiées, sur les cartes to- 
pographiques. 

Donner les signes conventionnels d'une borne, d'un poteau, 
d'une colonne, d'un obélisque, d'un puits, d'une fontaine, d'une 
croix, d'un calvaire, d'un signal géodésique, d'un clocher 
signalé (p. 79 à U). 

3» Qu'entend-on par équidistance graphique ; quelle est-elle 
suivant l'échelle? — Démontrer que, sur des dessins faits à des 
échelles différentes, les mêmes pentes sont représentées par le 
même écartement des courbes, lorsque l'équidistance graphique 
est la même. — Comment varie l'équidistance graphique dans 
les pays plats ou très-accidenté» (p. 434 à 137) ? 

4* Quels sont les instruments employés dans l'exécution d'un 
levé à vue? 

En quoi consistent la méthode de cheminement, la méthode 
d'intersection, la méthode des recoupements et le procédé des 
alignements pour la détermination de la planimétrie des divers 



— 338 - 

joints importants d'un levé à vue ou d'un itinéraire (p. 237 à 
243)? 

5* Indiquer sur quoi doit se porter Tattention dans la recon- 
naissance d'une hauteur (sommet : forme, configuration, com- 
mandement; — versants : inclinaison, configuration générale, 
communications; — pied; — relations avec les positions voi' 
sines (p. 297 à 300). 

$* Exercice pratique de lecture d'une carte. 



1* Comment représente- t-on sur une carte les troupes des 
différentes armes aux principaux moments d'une action (p. 178 
àiSO)? 

2* Enumérer les principales espèces de cultures et donner 
leur mode conventionnel ae représentation (p. 84 à 86). 

3** Représenter une croupe et un vallon à l'aide de courbes, 
et indiquer le moyen de distinguer ces deux mouvements de 
terrain.. 

Démontrer les propriétés de la ligne de faite d'une croupe 
et du thalweg d'un vallon (p. 137 à 140). 

Comment représente-t-on un brusque changement de pente 
qui se produit entre deux sections principales (p. 144) ? 

4"* Quels sont les lignes et les points principaux dont il faut 
déterminer la position et les cotes pour exécuter le nivelle- 
ment dans un levé à vue ; — comment opère-t-on (p. 243 à 
245)? 

5* Faire connaître les limites des pentes accessibles aux dif- 
férentes armes; — indiquer les circonstances dans lesquelles 
les pentes sont favorables ou défavorables au tir (p. 108 et 
298 et 299). 

6* Exercice pratique de lecture d'une carte. 

M 

1» Quelle est la méthode la plus usitée pour copier, pour 
agrandir ou pour réduire les cartes (p. 180 à 182)? 

2* Enumérer les principales clôtures et donner leur mode 
conventionnel de représentation (p. 86 et 87). 



— 339 — 

3"^ Représenter^ au moyen de courbes et à une échelle donnée, 
un mamelon, un entonnoir, un petit plateau avec combe, un 
puy; faire voir comment les cotes permettent de distinguer 
chacun de ces mouvements de terrain (p. 140 à 143). 

4"* Indiquer comment on apprécie les distances, les angles 
et les hauteurs dans Texécution d'un croquis. 

Faire connaître remploi des crayons de couleur dans Texé- 
cution d'un croquis et dans les travaux de révision de la carte 
de France (p. 247 à 249 et 251). 

5* Définir un défilé en général et distinguer les deux princi- 
pales espèces de défilés. 

Indiquer sur quoi doit se porter Tattention dans la recon- 
naissance (f un défilé naturel d'une certaine étendue (direction, 
longueur, largeur, état, nature des parois, configuration des 
débouchés, communications voisines (p. 300 à 303) 

6** Exercice pratique de lecture d'une carte. 



N 



1" Montrer par un exemple que, si. la plauimétrie représentait 
les lignes inclinées du terrain par leurs longueurs réelles, le 
dessin ne donnerait pas une image exacte du terrain (p. 466 à 
168). 

â<* Distinguer les diverses espèces de terrains boisés suivant 
leur étendue, suivant le degré de hauteur des plantations et 
suivant les essences des arDres; — indiquer comment le dessin 
les représente dans les divers cas (p. 87 à 90). 

3' Représenter un col à l'aide de courbes; puis montrer, sur 
un dessin ou sur la main fermée, que le col est à la fois la ren- 
contre dedeux croupes et la tète de deux vallons (p. 143, 144, 
122 et 116). 

Définir le seuil ; en citer divers exemples. Indiquer oili se 
trouvent généralement les seuils de partage dans une ligne de 
faite séparant deux bassins contigus (p. 119 à 121). 

4* Qu'entend -on par levé de mémoire, levé par renseigne- 
ments; — Comment les exécute-t-on (p. 249 et 250)? 

5* Indiquer sur quoi doit se porter l'attention dans la recon- 
naissance d'un défilé artificiel peu étendu, comme un pont (si- 



— 340 — 

tuatton ci abords, longueur et largeur^ construction et solidité 
(p. 303 à 305). 
6* Exercice pratique de lecture d*une carte. 



OBSKtYÀTIONS. 

I. — Quelques demandes du questionnaire ne doivent être 
faites qn*à un certain nombre d*engâgés conditionnels ins- 
truits. C'est aux examinateurs qu'il appartient de choisir, 
parmi les six questions classées sous la même lettre, celles qui 
sont en rapport avec le degré d'instruction de chacun. 

II. — Un excellent moyen d'intéresser les engagés condi- 
tionnels aux exercices de lecture des cartes consiste à mettre 
entre leurs mains les cartes des environs de la garnison et des 
autres parties de la France qu'ils connaissent le mieux, et de 
leur laisser, en outre, la perspective d'être examinés à la fin 
de l'année sur la lecture de ces cartes. 

La question n* 6 devra donc être posée, autant que possible, 
sur une carte choisie par chaque volontaire. 

Il est bon de rappeler, à ce sujet, que, sur la demande du 
chef de corps, le ministre de la guerre autorise la délivrance 
de cartes d'état-major à des prix très-réduits pour les engagés 
conditionnels. 



TABLE DES MATIÈRES 



Pages. 

ivertissehent ds la quatrième édition 4 

Avertissement db la première édition 5 

Circulaire, programmes et instractioas du 30 septembre 4874 sur 

renseignement de la topographie dans ics corps de troupes. . . 

CHAPl TRB K 

Notioni préliminairei SI4 

Définitions 21 

Echelles 27 

Construction d'une échelle graphique simple 28 

Construction d'une échelle graphique composée. ........ 34 

Echelles usitées en topographie 34 

Division du cours 34 

CHAPITRE II. 

Désignation et représentatUm dès objets à la surfaes du sol. . • 36 

Planimétrie et nivellement 36 

Objets du terrain 37 

I. — Eaux 38 

Manière de représenter les eaux 45 

Moyens usités pour franchir certains obstacles et particuliè- 
rement les cours d'eau . 52 

Manière de représenter les objets du terrain qu'on emploie 

pour franchir les eaux ._ 57 

II. — Voies de communication 64 

Voies de communication ordinaires 64 

Définitions diverses relatives aux voies de communication. . . 63 

Mode de représentation des voies de communication ordinaires. 66 

Chemins de fer. — Mode de représentation 74 

ll\.— -Couverts du sot 72 

Lieux habités et constructions. — Leur mode de représentation. 73 
Cultures, terrains boisés et détails du sol. — Leur mode do 

représentation ^ 84 

Teintes conventionnelles dans les cartes coloriées 94 

lY. — Signes conventionnels administratifs et écriluns 96 

Abréviations de la carte de France à g^^ 99 



— 3« - 

CHAPITRE m. 

Eluiê «I fgwré dêi fùrmti du terrain 403 

Notions prélimioaires , 403 

liimiles des pentes accessibles aox différentes armes. 408 

Formes dif erses qu'affecte le tenaio 440 

Plaines, plateau, combe, fondrière, bruyères, steppes, landes. . 440 
Elévations: montagnes, collines, hauteurs; différentes parties 

d'une élévation ; croupe, col 444 

Dépressions : Tallée et ses Tariétés» seuil, cirque, combe, cluse. • 447 

Manièrw diverses de représenter les formes du terrain 4%2 

Mouvements de terrain élémentaires : croupe , vallon , mamelon , 

col 422 

Figuré du terrain au moyen de plans en relief. 424 

Emploi des cotes pour figurer le terrain 4^5 

Figuré du terrain au moyen de courbes 427 

Equidistance, ses avantages. Equidistance naturelle, équidis- 

tance graphique. • • 434 

Ecartements des courbes correspondant à différentes pentes. . • 436 
Représentation de mouvements de terrain élémentaires au moyen 

de courbes horizontales 437 

Figuré du terrain au moyen de hachures 4S5 

Représentation des escarpements et des rochers 450 

Avantages et inconvénients de la représeniation des mouvements 

de terrain par des courbes ou par des hachores 459 

Figuré du terrain au moyen de courbes et ôe feintes. 452 

Système de la lumière verticale 452 

Système de la lumière oblique 454 

Méthode hypsométrique 454 

Trouver la cote d*un point situé entre deux courbes 456 

Profil, coupe, élévation 457 

Exécution d'un plan en relief. 464 

CHAPITRE IV. 

Lecture et emploi de la carte, — Oriêntati<t% • . . . . 464 

I. — Exercices de lecture de la carte à Vaide du plan en relief, 464 

II. — Exercices de lecture de la carte sans comparaison avec le 

terrain 465 

III. — Exercices de lecture de la carte sur le terrain 470 

Problèmes sur la lecture des cartes 473 

Quelques applications militaires des exercices de lecture des 

cartes , 477 

Signes conventionnels des tionpes 478 

Copie, agrandissement et réduction des cartes 480 



— 343 — 

De Torientation, '^Points cardiftau» et rose dès wntt 483 

Orientation à Taide de Tétoile polaire 485 

Orientation à l'aide do soleil 486 

Orientation à Taide de la lune 494 

Orientation à Taide de la boussole , 493 

Orientation à Taide d'nne carte 494 

Orientation à Taide de certains indices 496 

Orientation par renseignements 498 

Orientation sans la recherche des points cardinaux. ...... 499 



CHAPITRE V. 

Exécution d'un levé à vuê, d'un croquis 204 

Nécessité pour tout officier de pouToir exécuter un lefé à rue. . . 204 

Diverses espèces de levés ' . . . . S02 

Mesure des distances 204 

Réduction des longueurs à Thorizon 243 

Problèmes sur la mesure des distances 245 

Mesure des angles 224 

Emploi de la boussole déclinatoire 223 

Mesure des hauteurs 226 

Appréciation à la rue simple 226 

Mesure d'une hauteur à l'aide de niveaux simplifiés. ...... 229 

Mesure des pentes à l'aide du rapporteur. 230 

Echelle de pente 232 

Tableau pour calculer les différences de niveau 234 

Exécution des levés irréguliers 235 

Levés expédiés avec instruments 235 

Exécution d'un levé à vue. --^Ilinéraires. — Instruments et mé- 
thodes employés 237 

Exécution d'un croquis 247 

Levés de mémoire. -~ Levés par renseignements 249 

Exercices sur le terrain 250 

Emploi des crayons de couleur 254 

CHAPITRE VI. 

Beeonnaissanees» • • 252 

Utilité des reconnaissances pour compléter les renseignements 

fournis par les cartes 252 

Mémoires 253 

Tableau d'itinéraire. 254 6ti et 255 

Dénomination du terrain d'après sa configuration générale. . . • 256 



— 344 — 

Pages. 

Mêconnaiêtameeê spéeialei (4).— Leur clas$$mêtU S64 

— JUgaes de communicatioD. 263 

Reconnaissance d'une route ou d'un chemin 263 

Reconnaissance d'un chemin de fer 268 

Reconnaissance d'un cours d'eau, d'nn canal 274 

Reconnaissance des lacs, des étangs, des marais, etc 280 

— Points de défense ou points d'appui 280 

Reconnaissance d'nn bois, d'une iorèt 280 

Reconnaissance d'nn château, d'une ferme, d'une maison isolée. 284 

Reconnaissance d'un hameau, d'un Tillage 287 

Tableau statistique 292 

— Lignes de défense 294 

Reconnaissance d'une vallée 294 

Reconnaissance d'une hauteur 297 

Reconnaissance d'un défilé 300 

Reconnaissance d'nn pont 303 

Extrcices de reconnaissances sur le terrain 305 

NoUi et tableaux eomplémeutairet du Coure 307 

1. Cartes françaises et étrangères (addition au chap.I*', p. 34).. 307 

IL Exercices de lecture de la carte à l'aide du plan en relief (addi- 
tion au cha p. IV,p.424, 464 et 464) 344 

Plan en relief du Dépôt de la guerre 34 4 

ill. Mesure des distances sur la carte (addition au chap.IY, p. 4 65). 34 5 

Emploi du cnrTimètre 345 

I V. Signes conrentionnels d'un quartier général d'armée et des états- 
majors, troupes et serncesd'nn corps d'armée (Tableau). 346 hit, 

V. Copie, agrandissement et réduction des cartes (addition au 

chap. IV, p. 480) 347 

Emploi du pantographe 34 7 

VI. Orientation à l'aide de la lune et de la boussole (modification 

faite dans le texte du chap. IVJ 492-494 

Tableau et figures des phases de la lune, pour servir à l'orien- 
tation 320-324 

VII. Mesure des distances sur le terrain (addition an chap. V). 322 

Mesure des dislances à cheval (p. 206) 322 

Emploi du télémètre pour la mesure des distances(p. 243) . . 322 

VIII. Mesure des hauteurs sur le terrain (addition au chap. V, 

p. 235) 324 

Emploi du baromètre anéroïde 324 

Emploi du baromètre orométrique 3â5 

Emploi du baromètre allimétrique 327 

Emploi du baromètre simple 328 

Qibettionnaire iur le court de topographie 329 



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I I 



(1) Reconnaissances ordinairet d'après l'instruction pratique du 3 octobre 
1876. 



Paris. -~ Imprimerie i. Baudoin et C% rat ChriAtia», 2. 



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A la ntêmm librairie 



IRSTRUCTION ET ÉDUCATION DU SOLDIT 

I. -7 Qseftionnaire sur les obligation! n^iairof des dispo- 
nibles, des r^rvistes, des hommes de Tannée territoriale et de 
sa réserve, à Vutage de Varmie de ien^e; parle commandant 
E. Poirotdu 439* régiment d'infanterie. 8* édition, mise à jonr. 
4883. Broch in-48 de 72 pages. 30 c. net. 

Prmneo par la poste. . • 35 c. 

Cartonné. 40 c. 

II. ^ Instruction sur lo dressage du soldat an combat 
en ordre dispersé, d'après le règlement du 42 jnin 4875; par 
un 0?FiciEA 8DFSBIEUR s'iNFANTBRiE. 3* édition. Broch. in-48 de 
72 pages. 50 c.^ 

m. — Instraction snr le dressage du soldat an service en 
campagne; par le commandant £. Poirot du 439* régiment 
d'Infanterie. 2* édition. Broch. in-IS de 424 pages. 70 c. 

IV. — Devoirs moraux du soldat. Précepte» et exempUt; par 

le commandant £. Poirot du 4 39* fégiment d'infanterie. ^ édition, 
4882. Broch. in-48 de 475 pages. 4 fr. 



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Cowrt d*étudet milUaitee. -»- Cours de tir. Ia-48 vrexi 67 figures; 

Epuisé, 

— Cours de topographie, rédigé conformément au programme 
ministériel. 4* édition, 4883. Gr. in-46, avec 274 figures dans 
le texte, planches et tableanx. 4 fr. 

— Cours de législation et d'administration. 3* édition, mise à 
jour, 4883. 4 vol. in-l8, 528 pages, tableaux et modèles. 4 fr. 

£tude sur la tactique de détail de l'inlanterie (Extrait du 
JourmU dei Sciencet militairet). Paris, 4874. Broch. in-8. 4 fr. 

Tableaux relatifo à la constitution de l'armée allemande, 

Çubliés par la section de statistique du corps d'état-roajor italien, 
réduction (Extrait du JouriMl des Sciences militaires), Brwrh. 
in-8 avec un grand nombre de tableaux. ^ • 2 fr. 



Parii.— Impr. L. Baudoin et G*, me Christine, 3. 




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